Y. Ladji Bama

Y. Ladji Bama

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L'information a pratiquement fait un effet sismique dans les milieux des affaires et diplomatiques burki­nabè. Jamais, de mémoire de diplomate ou d'homme d'affaires burkinabè, on avait vu ça. « Le groupe Coris signe un accord de siège avec le Burkina ».

L'implacable combat !

Ces dernières années, les Burkinabè ont été au centre de toutes les admirations du monde, du fait d'un certain nombre de combats héroïques qu'ils ont menés avec bravoure, pour l'émancipation de leur patrie. Sont de ces combats, celui mené en octobre 2014 contre le régime décadent et avilissant de Blaise Compaoré et celui de sep­tembre 2015 contre le putsch du Général félon Gilbert Diendéré.

18 mois après la soirée noire du 15 janvier 2016 de l’avenue Kwamé N’Krumah, au cours de laquelle une trentaine d’innocentes personnes ont trouvé la mort dans des circonstances effroyables au restaurant Capuccino et à l’Hôtel Splendid, un scénario quasi similaire s’est reproduit à un jet de pierre de là, toujours sur la même avenue.

Décidément, on ne sait plus où va ce pays finalement. On croyait l’affaire close depuis bien longtemps. Mais que nenni. Le dossier reste toujours entier. L’ONATEL continue de narguer en toute impunité le contribuable burkinabè qu’elle tente de gruger depuis des années. Cela, avec l’insouciance, si ce n’est la complicité de ceux-là mêmes qui sont censés l’en dissuader.

Manifestement, notre article sur les malversations financières de plus d’un milliard 200 millions FCFA, à la Maîtrise d’ouvrage de Donsin (MAOD), paru dans notre dernier numéro, a donné du fil à retordre au sommet de cette structure. Que d’embrouilles, que de précipitations fébriles, que de maladresses, ... Notre article semble avoir touché là où ça fait très mal. Suite à l’article, c’est le sauve-qui peut.

 

Depuis la sortie aux relents forts populistes du ministre en charge de la Fonction publique, Clément Sawadogo, évoquant l’éventualité d’une remise à plat des rémunérations dans la Fonction publique, en vue d’un arbitrage du peuple, le débat sur le fonds commun des agents des finances a connu un tournant décisif. Cette sortie a incontestablement contribué à aiguiser les appétits au sein des fonctionnaires, rendant la controverse plus que jamais acérée. Certains ont vite fait de voir là une occasion jamais rêvée de sortir définitivement de leur indigence, à travers l’élargissement du bénéfice du fameux fonds commun à tous. Il est même de plus en plus question d’une utopique harmonisation des traitements dans la Fonction publique, prétexte tiré du fait que tous les fonctionnaires, quel que soit leur positionnement dans l’administration, apportent tous et au même titre leur pierre à l’édifice de la nation. Pour cela, allèguent certains, personne ne devrait être mieux traité que l’autre, car tous seraient indispensables au même titre. Et voilà le front social s’enflammant de plus belle. Les attaques et contre-attaques entre fonctionnaires vont bon train. Le ministre Sawadogo et ses supérieurs peuvent se frotter les mains. Le coup a bien marché. La théorie du  diviser pour mieux régner a encore fonctionné. Pourtant, tout le monde sait très bien que nulle part au monde, l’égalité parfaite dans le traitement n’existe. Cela n’est jamais possible. C’est une loi de la nature. Les spécificités dans les emplois et fonctions vont nécessairement avec des spécificités dans les avantages. Chaque catégorie sociale a ses avantages que lui confère sa spécificité et que les autres ne pourraient avoir, au risque de chambouler tout l’ordre social et créer d’autres problèmes plus corsés. Que chacun arrête donc d’envier l’autre et se contente de ce qui lui revient et la société sera sauve. L’essentiel étant aussi que le montant du fameux fonds commun soit maintenu dans des proportions raisonnables.

Par Y. Ladji BAMA

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"Nous rêvons d'un Burkina Faso où le pauvre suscite chez le riche, compassion et solidarité; où le faible bénéficie de la protection des forts; où la solidarité n'est pas seulement un slogan mais une valeur essentielle dans nos rapports avec les autres; où toute vie humaine est sacrée;...Lire la suite