Amélie GUE

Amélie GUE

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Les Ouagavillois le savent, en tout cas, pour ceux qui sont des usagers de la RN4 passant par le pont du canal de Zogona, la voie est en chantier. A ce niveau, si les travaux en cours ralentissent le circuit, la partie extérieure du parc Bangr-weogo elle, fait marquer des arrêts à plus d’un.

De jeunes garçons parlant mooré (une des langues nationales du Burkina), français, et voulant se "faire la passe" sur une jeune fille à moitié nue, couchée en plein air, filmée et qui n'est visiblement pas consentante. C'est le triste constat qu’il était donné de faire dans une vidéo qui depuis hier soir est énormément partagée sur les réseaux sociaux. 


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Qui sont ces jeunes ? Où la vidéo a-t-elle été faite ? Et qu’est ce qui est en cours comme actions à l’encontre des auteurs de ce qu’on pourrait qualifier de viol ?

Pour avoir réponses à ces questions, j’entame en cette matinée de vendredi, ma ‘’tournée’’ par la Gendarmerie de Paspanga. J’explique la situation au commandant de brigade de recherche Abdoulaye Savadogo, à qui que je fais voir également la vidéo qui défraie la chronique sur les réseaux sociaux. Quelques appels passés par ce dernier, et des pistes d’informations sont données. Les faits se sont déroulés dans une maison abandonnée à Ouaga 2000, les garçons qu’on aperçoit viennent d’un lycée situé dans le quartier patte d’oie de Ouagadougou. J’apprends également avec mon interlocuteur que les différentes familles, celle de la fille et celles du groupe de garçons, ont opté pour des pourparlers chez un « chef  traditionnel». Un règlement à l'amiable, c'est le terrain d'entente qui a été trouvé. Aussi impensable que cela puisse paraître dans pareille situation, c'est la solution choisie. Cela n'est malheureusement pas nouveau dans une société qui a toujours vu le viol comme une « honte » qui ne doit être connue, surtout pour la victime, qui est amenée à garder le silence, à cacher son mal être.

Que faire ? Quelle solution pour que ce comportement ne reste pas impuni ? « Malheureusement il faut que ce soient les parents ou soit la victime qui puissent venir déposer plainte » affirme le Commandant de Brigade. A défaut, le Procureur du Faso qui peut s’auto saisir de l’affaire.

Me voilà donc au Palais de justice. Le Procureur du Faso que je parviens à rencontrer après une première visite infructueuse, affirme avoir pris connaissance de la vidéo. A ma question de savoir si poursuite il y’aura, étant donné que les premiers concernés ont opté pour un « règlement à l’amiable », je m’entends dire, « Nous ne sommes pas concernés par le règlement à l'amiable ».

« Les auteurs vont répondre de leurs actes » annonce Maiza Sérémé.

Les garçons ont échappé à un lynchage au lycée

Ma tournée continue l’après midi, au sein de l’établissement scolaire que fréquente les jeunes garçons qui apparaissent dans la vidéo, qui j'apprendrai, sont au nombre de trois. Un élève de la classe de 4e et les deux autres, en classe de 3e. L’administration aurait eu l'information (vers fin janvier) mais n’aurait obtenu d’éléments qui attestent les faits. Aussi, « on a dit, ce sont les parents de la victime qui sont habilités à porter plainte ». Les élèves continuaient donc à suivre normalement les cours, jusqu’à ce jeudi 15 février. Date choisie par des frères de la fille qui auraient décidé d’en découdre avec les garçons et débarquent à l’ecole de ces derniers. Les fautifs échappent à un lynchage et sont confiés à la brigade de gendarmerie de Kosyam. Les choses s’étant aussi accélérées avec la mise en ligne et les partages sur les réseaux sociaux de la fameuse vidéo, l’école, identifiée par certains, est sous les feux des projecteurs. M. Sokoto, le responsable administratif du lycée affirme avoir reçu ce jour au moins trois visites. Parmi les visiteurs, une délégation envoyée par le ministère de la promotion de la femme, qui aurait décidé de prendre l’affaire en main (Lire également un récent communiqué du MFSNF). A la question de savoir la suite de l’affaire, « Le dossier est à la gendarmerie » répond-il. Les membres de l’administration ont également énuméré une problématique : de leurs dires, les faits ayant eu lieu hors de l’établissement, ils n’auraient pas une base légale pour sanctionner les fautifs.

 

Les trois garçons sont à la gendarmerie de Paspanga

De certaines informations reçues ce soir, le Procureur du Faso s’est autosaisi de l’affaire et les trois élèves sont à la gendarmerie de Paspanga. Deux présumés complices, sont également annoncés pour etre entendues. Si l'affaire fait en ce moment l'actualité, la vidéo et les faits dateraient eux de plus d’un mois. 

Aux dernières nouvelles également, une équipe de l’association des femmes juristes qui s’est rendu ce soir dans un autre établissement, cette fois, celui de la fille, a constaté à travers une affiche au tableau, que cette dernière a été expulsée de l’école. « Par mesure de protection », pour éviter des regards sur elle, aurait eu comme explication le surveillant général de l’école pour qui, il  s'agit plutôt de « porno ». L’équipe apprendra qu’avec le consentement des parents, il est question de lui faire changer d’établissement. L'adolescente de 15 ans est en classe d'examen.


  

En mai 2016, les élec­tions municipales post-insurrection qui se tenaient sur toute l'éten­due du territoire national ont provoqué des violen­ces dans plusieurs localités du Burkina Faso et occa­sionné des morts et des dizaines de blessés. Ces affrontements entre mili­tants du même parti ou de partis adverses ont fait au moins trois morts et plu­sieurs blessés dans diffé­rentes provinces du pays.

Visé par un mandat d'arrêt international depuis mai 2017 dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat du journaliste Norbert Zongo, François Compaoré ou l'ex-petit président (frère cadet du président déchu Blaise Compaoré) avait cru bon de revenir sur la scène, trois ans après sa fuite du Burkina.

Ce 15 octobre 2017 a marqué le 30e anniversaire de l'assassinat de Thomas Sankara et ses compagnons. Dans cet entretien qu'il nous a accordé, Me Ambroise Farama, avocat de la famille Sankara revient sur ce dossier et ses dernières évolutions. La question du sort réservé aux restes des disparus depuis l'ouverture des tombes pour l'expertise d'ADN qui taraude certains esprits depuis lors trouve une réponse à travers cet entretien. Ces restes sont gardés en lieu sûr, dit-il. La levée de fonds pour la construction d'un mémorial Thomas Sankara, la dernière sortie du Général Gilbert Dienderé sont bien d'autres sujets abordés.

Il fait partie des personnes qui se sont retrouvées à l'hôpital, lors du putsch de septembre 2015. Aujourd'hui, Honoré Sawadogo est le président de l'association des blessés du coup d'Etat du CND. Deux ans après, c'est un « résistant »>, agent de la Fonction publique burkinabè, aux sentiments mitigés que nous avons rencontré.

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Diagnostic

"Nous rêvons d'un Burkina Faso où le pauvre suscite chez le riche, compassion et solidarité; où le faible bénéficie de la protection des forts; où la solidarité n'est pas seulement un slogan mais une valeur essentielle dans nos rapports avec les autres; où toute vie humaine est sacrée;...Lire la suite