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François de Salle Bado, Consultant de l’UA en Centrafrique

03 décembre 2014 Auteur :   Aimé NABALOUM

« Quitter le CDP pour le MPP ne garantit pas qu’on ait changé de nature et de conviction »

francoisIl a longtemps dirigé des structures de défense et de promotion des droits humains, en l‘occurrence la Commission nationale des droits humains (CNDH) et le Secrétariat général de la Commission justice et paix (CJP) de la conférence épiscopale Burkina- Niger. Spécialiste des lois de travail, il est connu comme l’un des Burkinabè n’ayant pas leur langue dans la poche. De retour de Bangui (Centrafrique) où il est consultant des droits de l’Homme pour le compte de l’Union africaine, il a été témoin des événements ayant conduit au départ de Blaise Compaoré du pouvoir le 31 octobre 2014. Dans cette interview qu’il nous a accordée, le 07 novembre 2014, à Ouagadougou, François de Salle Bado nous donne sa lecture des derniers développements de la situation nationale. Le soulèvement populaire des 30 et 31 octobre 2014 est pour lui le réveil du peuple qui a longtemps subi des brimades et des injustices. Il estime que le Burkina Faso tient là l’occasion de refonder sa gouvernance et sa démocratie. Si Blaise Compaoré peut être qualifié de dictateur, c’est qu’il l’a été avec la bénédiction d’« intellectuels burkinabè de haute facture », dit-il, avant d’ajouter que « ce n’est pas parce qu’on change de vêtement qu’on change de nature ». Tout comme, poursuit-il, « ce n’est pas parce qu’on a quitté le CDP pour devenir MPP, devenir ceci ou cela qu’on a changé de nature et de conviction ». Malgré tout, François de Salle Bado demeure convaincu que le peuple burkinabè est plein d’espoir et qu’il existe encore des Burkinabè intègres mais appelle à un procès dès maintenant des dignitaires du régime de la 4e République. Lisez plutôt !

 

Le Reporter : Le Burkina traverse une situation exceptionnelle. Est-ce que cette démission de Blaise Compaoré était prévisible ?

François de Salle BADO : C’est vrai, la situation est vraiment exceptionnelle, en ce sens que depuis plus de 27 ans, nous avons vécu sous le régime de la IVe République avec un président en la personne de Blaise Compaoré. Mais relativement à votre question, il faut dire que la situation était inattendue. Connaissant l’homme et ses pratiques de longues dates, son mutisme dans lequel il aimait s’enfermer, tout son entourage ainsi que les intellectuels de haut vol qui l’ont accompagné, les gens ne pouvaient pas s’attendre à une démission de sa part. On s’attendait plus à ce qu’il y ait un retrait de la loi qui visait à prolonger son mandat, et je crois que c’était la revendication principale du CFOP et des organisations de la société civile. Mais avec la pression et la mobilisation, finalement ce qui devrait arriver est arrivé, à la surprise de tout le monde certes, mais aussi à la satisfaction de tous.

La principale revendication était le retrait de la loi et par la suite, les acteurs ont senti que le départ était jouable. Est-ce cela votre lecture ?

Et il faut beaucoup le saluer. Je suis arrivé de Bangui il n’y a pas longtemps et j’ai assisté à certaines manifestations. Pour dire vrai, c’est la première fois depuis que je suis engagé dans les mouvements de la société civile que politiquement j’ai participé à une marche, celle du 28 octobre 2014. J’y ai participé non pas en tant qu’engagé dans une organisation politique spécialement, mais en tant que simple citoyen révolté par la situation que nous vivions depuis de longues dates. J’y ai rencontré des gens qui ne sont pas du tout engagés dans des mouvements politiques ou associatifs mais qui étaient là. C’est dire que c’est un soulèvement populaire où les gens sont sortis pour manifester leur ras-le-bol. En cela, il faut dire qu’on a senti le travail d’unité du CFOP et des organisations de la société civile et de tout simple citoyen ayant pris conscience que le Burkina était à un moment historique, qu’il fallait se décider ou périr. On a senti cela.

Après 27 ans de règne, que faut-il retenir de Blaise Compaoré ? Un démocrate ? Un dictateur ou un autocrate ?

Difficile donc de dire dictateur ou autocrate ?

Ces termes n’ont aucune importance, mais vous devez retenir malheureusement que dans cette dictature ou dans cette autocratie, ce sont des intellectuels de haute facture, des Burkinabè qui l’ont accompagné. Je me rappelle certains de mes professeurs qui nous ont enseignés en droit des valeurs, et ce sont les mêmes professeurs, ces mêmes intellectuels qui sont autour de ce monstre qu’ils ont fabriqué et dont ils n’ont plus la maîtrise. Alors, dictateur ! Il est venu par la démocratie. On dit chaque fois que les élections se déroulent bien, les institutions fonctionnent, les signaux sont au vert, tout va bien comme le dit Mamane (ndlr : chroniqueur nigérien à RFI). Pourtant dans la réalité, ce n’est pas ça et c’est cela le drame. S’il y a eu dictature ou autocratie, il l’a fait avec des intellectuels burkinabè.

Selon vous, quel a été le vecteur principal de cette grosse mobilisation ?

A quelque chose malheur est bon. Le ciment de cette révolte et de cette unité est la souffrance. C’est ce que chacun a vécu dans sa chair, dans son âme et dans sa spiritualité. On dit souvent que si les gens ne réagissent pas, c’est qu’ils n’ont pas suffisamment souffert et c’est pour cela qu’on laisse les choses. Aussi, la souffrance certes, mais c’est aussi l’action des partis politiques, des organisations de la société civile en termes de sensibilisation et de réveil des consciences. Surtout ces deux dernières années, l’opposition s’est réunie autour du CFOP pour conduire un combat collectif. J’ose espérer que les hommes politiques sauront mesurer à sa juste valeur, le travail fondamental des organisations de la société civile et des simples citoyens. C’est la preuve qu’on a besoin d’hommes crédibles devant le peuple pour le sensibiliser.

Pendant longtemps, vous avez été à la Commission nationale des droits humains (CNDH), avez-vous senti à un certain moment une main extérieure qui voulait influencer votre travail ?

francois1Blaise Compaoré est parti mais il y a encore d’autres Blaise CompaoréC’est vrai que j’ai été président de la Commission nationale des droits humains (CNDH) pendant une dizaine d’années et c’est en mars 2013 que j’ai cédé mon poste à un nouveau président. J’ai aussi été Secrétaire national de la conférence épiscopale de la Commission justice et paix pendant aussi une dizaine d’années. Mais je dois dire que je suis un esprit totalement indépendant. Qui que vous soyez, pour exercer une influence par rapport à ce que je fais, ce n’est pas évident. Pour que j’accepte une influence, il faut que ce soit en accord avec mes convictions. Une fois que c’est contraire, il faut savoir que nous n’allons pas marcher ensemble. C’est dans cet esprit que j’ai dirigé les institutions. On avait coutume de célébrer chaque 10 décembre, la commémoration de la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Beaucoup de gens venaient tout simplement pour écouter le message du président de la CNDH. Le message que j’y livrais était totalement différent de ce qu’on avait l’habitude d’écouter. Je traduisais la réalité en toute objectivité et beaucoup sortaient pour me dire, « Monsieur Bado, vous avez été courageux hein ! »

Parmi ces gens, y avait-il des proches du pouvoir ?

Eh oui ! Je me rappelle que Paramanga Ernest Yonli, Premier ministre en son temps, à la sortie, est venue vers moi et m’a dit : « Monsieur le président, c’est vrai que vous ne nous avez pas fait de cadeau mais c’est un message que nous avons bien entendu ». Je crois que c’est cette culture que nous devons avoir. Quand vous êtes responsable de quelque chose, il faut travailler en toute responsabilité de manière à ne pas dire des choses contraires et de manière à couvrir indument les autorités. Mais quand vous passez tout le temps à faire des éloges d’un régime et dire des choses qui ne tiennent pas la route, en ce moment, vous ne faites rien de positif. C’est cet esprit qui nous a conduits. Personne ne nous a influencés.

Actuellement, des documents sortis des maisons des dignitaires de l’ancien régime sont en train d’être vendus à la criée sur la place publique. En termes de défense des droits humains, quelle lecture en faites-vous ?

J’ai effectivement observé la vente de ces documents et j’ose espérer qu’aussi bien les acteurs de la transition et d’autres défenseurs des droits de l’Homme sont intéressés par ces genres de documents et qu’ils vont certainement les capitaliser pour servir ultérieurement. Mais ce sont des choses qu’il faut prendre avec beaucoup de réserve. Toujours est-il que, si ces documents sont authentifiés, ils peuvent être utiles pour des éventuelles actions en Justice ou des procès qui vont avoir lieu. Il faut reconnaître qu’il est important que la lutte contre l’impunité qu’on n’a jamais exercée depuis plus de 27 ans, commence aujourd’hui par le procès des dignitaires, tous ceux qui ont été impliqués, de près ou de loin dans la gestion de régime, il faut qu’il y ait un audit au niveau de toutes les institutions et que franchement pour une fois, on mette fin à toute cette impunité qui a régné pendant 27 ans. Cela permettra de changer les mentalités et c’est très important. Je tiens à souligner que pour ma part, la personne de Blaise en tant que telle ne me dit rien. Parce que Blaise Compaoré incarnait un système. Est-ce que son départ du pouvoir met fin au système ? C’est là que le combat doit commencer. Pendant plus de 27 ans, beaucoup de Burkinabè ont été corrompus et c’était devenu comme du naturel. Tout dernièrement, je vais acheter des pneus pour mon véhicule et au moment de faire la facture, la dame à la caisse me dit : « Je mets quel montant ». J’ai répondu à combien j’ai acheté la pneumatique ? Mets ce montant ! Ça veut dire qu’il y a un certain nombre de pratiques qui ont été institutionnalisées. Est-ce que les Burkinabè qui ont manifesté leur ras-le-bol auront-ils ce même courage pour mettre fin à toutes ces pratiques, pour changer de mentalité ? Voilà le vrai combat qui nous reste, voilà le vrai combat pour ma part. Nous devons rester extrêmement vigilants pour que ce soulèvement populaire soit une véritable renaissance pour le Burkina. Je pense que c’est un combat qui sera difficile mais pas désespérant.

Ce combat semble commencé. La transition peine à s’amorcer. Quelles sont les valeurs que la personne recherchée doit incarner ?

Par rapport à cette transition, un pays ne se gère pas comme une famille. Il ne faudra pas laisser dans un pays, un pouvoir vacant, ne serait-ce que pour une demi-heure ou une journée. Je pense que l’installation du Lt-Colonel Zida à la tête de cette transition provisoire a été une bonne chose. S’il n’y avait pas quelqu’un qui prenait immédiatement les rênes du pouvoir pour tenter d’instaurer l’autorité de l’Etat, l’ordre et la discipline, je pense qu’on risquait de courir à la catastrophe. Dans un premier temps, il fallait une personne qui incarne l’autorité de l’Etat. Le vœu exprimé par tout le monde est de voir les militaires retourner jouer leur rôle traditionnel à la caserne. Mais connaissant aussi l’histoire du Burkina, il ne faudra pas les chasser comme si on voulait se débarrasser d’eux. Qui sait si ce n’est pas eux qui ont épargné au Burkina un bain de sang ? Je ne suis pas dans les secrets des dieux, mais il me semble que l’un ou l‘autre aurait joué un rôle important, sinon la situation aurait été plus grave. Est-ce vrai ? Est-ce faux ? Je n’en sais rien. Nous devons travailler dans cette période ensemble. S’ils acceptent de céder immédiatement le pouvoir à une autorité civile désignée de commun accord, bravo ! On continue. Mais s’ils veulent diriger la transition jusqu’à l’élection d’un nouveau président, avant de se retirer définitivement en caserne, nous devons nous entendre pour cela. L’objectif final c’est de demander aux militaires, de grâce, retournez dans les casernes et laissez la politique aux civils. Je suis optimiste pour une gestion consensuelle de cette transition. L’essentiel a été fait. Le reste, ça va prendre le temps qu’il faut mais tout va bien se passer.

Le plus urgent pour vous, ce n’est donc pas que les militaires cèdent le pouvoir aux civils ?

Pas forcément. Mon vœu est qu’à la fin de la transition et dès que nous aurons élu un nouveau président, les militaires retournent en caserne, après avoir joué un rôle non moins important pendant la transition. Ce soulèvement populaire interpelle chacun d’entre nous, même les militaires qui sont actuellement au pouvoir. Je suis convaincu qu’ils ne vont pas poursuivre ce que les autres ont fait, qu’ils vont céder le pouvoir. Dans tous les cas, dans cette période de transition, nous n’allons pas vivre des drames comme certains pays le vivent. Je sais de quoi je parle.

Que diriez-vous au cas où on vous faisait appelle pour gérer la transition, vous qui voyez comment les choses se passent en Centrafrique ?

Il y a beaucoup de personnes au Burkina, des intellectuels, des compétences existent et sont en mesure d’apporter leur contribution pour la gestion de ce pays aussi bien pendant et après la période transitoire. Nous avons entendu le Lieutenant-Colonel parler de comité qui sera mis en place pour désigner le président de la transition. Nous devons rester à la disposition et c’est cet esprit qui doit nous animer, être à la disposition pour servir le pays. Lorsqu’on vous désigne quelque part dans un poste de responsabilités, c’est pour servir, et les gens ne comprennent rien. Ils pensent que quand on nomme quelqu’un c’est pour se servir. Pourtant non, en servant les autres c’est là qu’on trouve son bonheur. Par contre, quand les gens y vont avec en tête que la charité bien ordonnée commence par soi-même et oublient les véritables destinataires, cela crée des situations désagréables. Sinon nous devons tous être prêts à servir notre pays quelles que soient les situations dans lesquelles nous sommes.

D’aucuns craignent qu’une alternance véritable n’ait lieu. On redoute que ce soit les dignitaires du régime défunt qui reviennent aux affaires. Faites-vous la même lecture ?

francois2« Il faut que ça commence aujourd’hui par le procès des dignitaires »Je suis entièrement d’accord avec vous. (Il soupire). Nous avons connu, et quand vous regardez bien, les révolutionnaires de depuis 1983, ce sont les mêmes qui sont pratiquement là, hormis quelques-uns. Ils sont venus en tant que révolutionnaires, lorsque dans les années 1990, avec le vent de la démocratisation, ils se sont transformés en démocrates et ont continué à gérer le pays. Ce sont eux qui tiennent toujours les rênes du pouvoir. De révolutionnaires ils sont devenus démocrates. Avec le nouveau vent qui est là, ce n’est pas exclu que l’on retrouve les mêmes personnes. C’est pour cela que je dis que les Burkinabè doivent être vigilants. Je crois personnellement au changement de la personne humaine. Les gens peuvent être sincères et dire qu’ils ont changé mais il faut que nous soyons prudents pour voir s’ils ont réellement changé. De mauvais on peut devenir bon, comme de bon on peut devenir mauvais. Ceux donc qui étaient là dès les premiers moments de la Révolution et qui ont eu à poser des vilains actes peuvent changer mais c’est à nous d’apprécier la situation. Certains, c’est comme des loups qui se sont transformés en agneaux. Il appartient au peuple d’être vigilant. Avec ce soulèvement populaire, il y a le sentiment général de la renaissance. Ce n’est pas parce qu’on change de vêtement qu’on change de nature, ce n’est pas parce qu’on a quitté le CDP pour devenir MPP ou ceci ou cela qu’on a changé de nature et de conviction. Je salue beaucoup de cadres qui étaient au CDP et qui ont démissionné. Je salue leur courage et je salue également le combat qu’ils ont mené. Il y en a qui ont fait amende honorable. Il faut saluer cela mais nous ne pouvons pas du tout oublier leur rôle historique dans ce qui s’est passé. On peut les pardonner mais on ne peut pas oublier. Lorsque quelqu’un dit que refuser de modifier l’article 37 est anti démocratique et vient après faire amande honorable à un certain moment, voyez-vous, ça sème le doute quelque part. On ne peut pas écarter quelqu’un définitivement, mais nous devons rester vigilants. Pour cela, tous ceux qui ont accompagné le président Compaoré pendant ces 27 ans de règne, ils doivent être jugés par l’histoire. Alors, s’ils ont commis des infractions, des délits et des crimes, ils doivent être jugés pour que ça serve de ciment pour une renaissance véritable du Burkina Faso. Si on laisse cela et si les mêmes travers doivent se perpétuer et que les gens ne changent pas de comportements et de mentalité, ça veut dire que ce soulèvement populaire n’aurait servi à rien. Blaise Compaoré est parti mais il y a encore d’autres Blaise Compaoré qui existent toujours au Burkina...

Avez-vous tout de même des espoirs pour l’avenir du pays malgré cette crise ?

Je suis d’abord très content du déroulement des événements. Il y a eu la prise de conscience de la grande majorité des Burkinabè qui ont subi des souffrances morales, physiques et spirituelles et qui ont décidé du changement. C’est aussi l’action des politiques et des OSC. Ces organisations de la société civile ont joué un grand rôle de veille vis-à-vis des partis politiques et c’est à saluer. Maintenant, tout le monde doit comprendre qu’il n’y a pas de limite entre l’action politique et l’action civile. Les politiques doivent tenir compte de ce que les OSC disent. C’est d’ailleurs grâce aux actions conjuguées qu’on a abouti à ce que nous vivons aujourd’hui. Aux USA, des OSC et des syndicats décident de soutenir tel ou tel candidat et cela ne pose aucun problème pour que les aspirations des OSC et syndicats soient prises en compte. Les esprits des gens doivent évoluer. En partant, les Burkinabè qui ont vécu beaucoup de choses doivent faire la révolution des mentalités et des comportements pour une vraie renaissance. S’ils ne sont pas prêts à le faire, ça ne va rien changer. Moi, je suis plein d’espoir parce que j’ai toujours cru que le Burkina Faso n’a pas atteint un degré de putréfaction, de corruption tel qu’il est devenu irrécupérable. Il y a encore beaucoup de Burkinabè qui sont intègres et je crois en cela et je ne désespère pas pour le Burkina en faisant cet effort supplémentaire, et tout le monde trouvera son compte.

Parlant de votre mission en Centrafrique, la situation dans ce pays semble toujours incontrôlable, est-ce qu’il n’y a pas de risque que l’on perdure dans ce cycle de violence ?

J’ai peur que vous n’ayez raison, en ce sens que la Centrafrique est un pays qui connaît ces violences et cette instabilité pratiquement depuis les indépendances, un pays extrêmement riche mais dont les populations sont extrêmement pauvres. De nos jours, il y a une crise d’autorité, cette autorité qui n’arrive pas à s’exercer partout sur le territoire. Il y a des groupes armés, les ex-Séléka, les rebelles sont venus occuper le Nord et veulent même la partition du pays. En juillet 2014, un accord de cessation des hostilités a été signé à Brazzaville mais cet accord trouve beaucoup de difficultés dans son application, au regard des intérêts extrêmement divergents. Actuellement, il n’y a pas non plus d’armée. L’absence de l’autorité jumelée à celle de l’absence de l’armée a laissé pratiquement la place à des groupes armés qui prennent chacun une partie du pays et veulent le gérer à leur façon. C’est cela qui constitue la difficulté. Les partis politiques actuellement en RCA sont devenus aphones. On ne sent plus leur impact. C’est plutôt des groupes politico-armés qui dominent la scène et cherchent à s’enrichir. Les forces internationales également sont présentes mais elles n’ont pas les moyens pour se faire entendre ; ce ne sont que quelques villes qui sont concernées. Les forces humanitaires et internationales font en sorte qu’au moins le dialogue politique soit instauré pour tendre vers une réconciliation nationale en vue des élections prévues pour le 1er trimestre de 2015. Mais le chemin est très long avec beaucoup de difficultés pour s’entendre avec les groupes armés. Beaucoup se sont armés dans un esprit mercantile parce que quand on parle de désarmement, démobilisation réinsertion, il y a de l’argent à gagner dedans. Beaucoup se sont donc armés en vue de monnayer leurs armes. Les USA disaient qu’il fallait changer la vision du désarmement parce que la vision a accentué l’esprit mercantile. Personne ne sait quelle sera la meilleure voie du désarmement. Il faut que dans ce pays, notre action puisse avoir un impact.

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