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Construction de la maison du Burkina à Abidjan

03 octobre 2014 Auteur :   Y. Ladji BAMA

La malédiction !

maisonAprès plus de 20 ans d’atermoiements, l’on croyait le projet de construction de la Maison du Burkina à Abidjan enfin sur les rails, avec la pose de la première pierre de l’édifice le 27 mars 2014. Mais que nenni. Le bâtiment censé être livré en 20 mois, à compter de la date de cette pose symbolique de première pierre, tarde à sortir de terre, près de 5 mois après. Un petit détour sur le site du chantier, en plein coeur du quartier Plateau d’Abidjan, courant août dernier et l’on reste ahuri. Rien de substantiel n’est encore visible sur place. En dehors de quelques fouilles réalisées, le terrain reste désespérément nu. Et pire, à en croire certains bruits de coulisses, demain ne serait pas la veille pour cette fameuse maison. La cérémonie du 27 mars dernier n’aurait été qu’une banale mise en scène voulue pour des fins purement politiciennes. C’est à croire qu’il y a une malédiction sur ce projet qui n’a que trop duré.

 

Qui l’eut cru ? Le 27 mars 2014 a été un grand jour pour la communauté burkinabè résidant en Côte d’Ivoire. L’évènement tant attendu a fini par avoir lieu ce jour-là. La fameuse Maison du Burkina annoncée de longues années, pour laquelle on a fait saigner à blanc les membres de cette communauté durant des décennies est en train de se concrétiser. Du moins, c’est ce qu’on a fait croire. Cela fait plus de 20 ans qu’on fait cotiser les Burkinabè de Côte d’Ivoire, dans le cadre d’une contribution dite volontaire, à travers la carte consulaire, en vue de la construction de cette maison. 20 ans d’imbroglio où toutes sortes de spéculations ont été entendues sur la gestion de cette manne financière, sans qu’un bilan véritable ne soit jamais fait par les autorités diplomatiques qui se sont succédé à Abidjan. Bien au contraire, des chiffres donnés par les uns et les autres se suivent et se contredisent.

L’évènement était donc très solennel, ce 27 mars. Devant un parterre de personnalités issues des hautes sphères de l’Etat ivoirien, de personnalités diplomatiques et des responsables de la diaspora burkinabé en Côte d’Ivoire, sans oublier une population fortement mobilisée pour la circonstance, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération régionale, Djibrill Bassolé, flanqué de son collègue de l’Habitat et de l’Urbanisme, Yacouba Barry, a procédé au lancement officiel des travaux de construction de la bâtisse. Le rêve vieux de plus de 20 ans est en passe de devenir réalité. Les discours ne manquent pas de piquant à l’occasion. Une chancellerie, digne de la représentation du Burkina Faso à Abidjan. Voilà ce qui se réalisé très bientôt sur le terrain de 3977 m2, situé à proximité de l’Agence nationale de la BCEAO, en plein cœur du quartier du Plateau d’Abidjan. La maquette de l’édifice affichée en grandeur nature fait rêver. Une fois réalisée, la bâtisse pourra rivaliser fièrement avec les nombreux gratte-ciel de ce quartier chic de la capitale ivoirienne.

« Le bébé sera beau… »

koutabaJustin Koutaba avait tenu à l’occasion un discours bien particulier. Tous ceux qui avaient osé critiquer les péripéties de ce projet en ont eu pour leur compte (Ph : DR)L’Ambassadeur du Burkina à Abidjan, Justin Koutaba, dira qu’il s’agit, à travers l’érection de cette bâtisse au Plateau, d’exprimer le rayonnement de la diplomatie burkinabè, la fierté de la communauté burkinabè en Côte d’Ivoire et de consolider les liens d’amitié et de coopération avec la Côte d’Ivoire. « … le bébé sera beau et fera votre fierté d’hommes laborieux et intègres. Vitrine du rayonnement diplomatique de notre petit grand pays, la stature imposante de cet immeuble haut de 17 niveaux comprenant 2 sous-sols, 1 rez-de-chaussée et 15 étages, symbolisera les ambitions émergentes du Burkina Faso, traduira les aspects qualitatifs et quantitatifs de la diaspora burkinabè en Côte d’Ivoire et dans le monde. Vous trouverez dans cette infrastructure innovante qui abritera l’Ambassade, le Consulat, une salle de conférences de 800 places, des bureaux pour vos associations de notables, de femmes, de jeunes, d’opérateurs économiques ». Laisse entendre le représentant de Blaise Compaoré en Côte d’Ivoire, face à une assistance qui l’applaudit à se rompre les bras. Mais Justin Koutaba ne s’arrête pas là. Il profite de la belle aubaine pour régler ses comptes avec tous ceux qui ont osé dire du mal de ce projet à un moment donné. Tous ceux qui ont osé entretenir des soupçons inutiles et malveillants sur la conduite du projet…

Du rêve à la réalité puis au rêve !

Puis l’euphorie de cette cérémonie aux relents populistes retombe. Les mois passent. Rien ne sort de terre. La société turque DECOTEK, chargé de la transformation concrète du rêve en réalité tarde à déployer son arsenal sur le terrain. Pourtant, le jour du lancement des travaux, le président de son Conseil d’administration Metin Günduz, avait fait la promesse de livrer le bâtiment dans les délais prévus. C’est-à-dire 20 mois après. Déjà 5 mois sont perdus. Pourra-t-elle commencer les travaux avec ce gros retard et tenir dans ces délais ? La question se pose et nombreux sont ceux qui commencent à douter de l’aboutissement de ce projet. Ils sont nombreux à s’interroger aussi sur la portée réelle de la cérémonie du 27 mars. Une mise en scène savamment orchestrée depuis Ouagadougou, pour amadouer les esprits, au plus fort des contestations dans la diaspora burkinabè de Côte d’Ivoire, au sujet de la carte consulaire biométrique très controversée et bien d’autres sujets de discorde. Une manière aussi pour le pouvoir de gagner la sympathie des Burkinabè de Côte d’Ivoire à un moment où l’opposition commençait à gagner du terrain de ce côté-là. Telles sont les convictions de bon nombre d’observateurs. Du côté de l’Ambassade du Burkina à Abidjan, impossible d’obtenir la moindre explication sur ce retard. Toutes nos tentatives pour obtenir un entretien avec l’Ambassadeur se sont soldées par des échecs. Selon certains bruits de coulisses, les financements pour l’exécution du projet évalué à plus de 20 milliards FCFA seraient encore loin d’être bouclés. Une convention serait en négociation avec l’entreprise turque en vue de la réalisation des travaux avec ces propres fonds. Par la suite, l’entreprise pourrait exploiter une partie du bâtiment sur un certain nombre d’années en vue de rentrer dans ses fonds qu’elle aura investis. Au départ, l’entreprise semblait marcher pour la proposition. Mais par la suite, elle se serait ravisée. D’où le grand retard dans le démarrage effectif des travaux. La réalité  semble redevenir rêve. Cette Maison du Burkina verra-t-elle le jour un jour ? Bien malin qui saura y répondre.

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"Nous rêvons d'un Burkina Faso où le pauvre suscite chez le riche, compassion et solidarité; où le faible bénéficie de la protection des forts; où la solidarité n'est pas seulement un slogan mais une valeur essentielle dans nos rapports avec les autres; où toute vie humaine est sacrée;...Lire la suite