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Déclaration sur la situation du médecin dans la région sanitaire du Centre-Est

22 mai 2018 Auteur :  

Notre région est confrontée à des crises récurrentes du secteur de la santé depuis plusieurs années particulièrement dans nos districts sanitaires qui ont vu les agents exiger le départ de leur premier responsable à savoir le Médecin-chef du district (MCD).

 

La condition du médecin et en particulier celle du MCD dans la région du centre-est est très inquiétante depuis plusieurs années. D’abord à Tenkodogo en 2014, le MCD a été démis de ses fonctions après des mouvements des Infirmiers Chef de Poste (ICP). A Ouargaye en 2017 le MCD a été obligé de quitter son lieu de travail ; puis à Pouytenga en 2018 où le médecin-chef a été remplacé suite à des mouvements d’agents et plus récemment à Bittou en 2018 où après une altercation entre le MCD et le Responsable Administratif et Financier (RAF) du district, des agents à travers leur syndicat ont réclamé son départ malgré de multiples médiations par les différentes autorités.

Malheureusement, devant tous ces éléments, les autorités de la région n’ont jamais pu trouver une solution pour que cette situation s’améliore.

Pour revenir aux faits, c’est le district sanitaire de Pouytenga qui fait l’actualité de la région. En effet, pour des accusations non fondées (malversations supposées dans la gestion financière, non-respect des agents, etc.), des agents de santé à travers leur syndicat ont usé de tous les moyens allant de l’arrêt de travail, au blocage des activités du district (campagnes de prévention contre le paludisme chez les enfants de moins de 5 ans, surveillance des maladies à potentiel épidémiques et/ou d’intérêt particulier) et même à la séquestration du MCD pour exiger le départ de ce dernier. Ceci a motivé des tentatives de médiation par les autorités de la région qui se sont avérées sans succès, le syndicat ayant même refusé parfois toute médiation.

Malgré que les différents contrôles de la Direction Régionale de la Santé  (DRS) et de l’Autorité Supérieure de Contrôle de l’Etat et de Lutte contre la Corruption (ASCE/LC) n’aient rien trouvé de suspect à la gestion financière du district par le MCD, ce dernier a été remplacé par la nomination le 22 février 2018 d’un nouveau MCD dans le but «d’apaiser la situation et permettre au district de fonctionner normalement ». Dans le même sens, les ICP qui s’étaient rendus coupables de fautes professionnelles:

  • Refus de transmettre le Télégramme Lettre Officielle Hebdomadaire (TLOH), qui est le véritable et l’indispensable outil de veille et d’alerte des épidémies. ;
  • Refus de mener les campagnes d’envergure nationale telles que la vaccination et la prévention du paludisme chez les enfants ;
  • Arrêts intempestifs de travail augmentant ainsi la mortalité déjà très élevée dans nos formations sanitaires ;
  • Fermeture des bureaux et séquestration des registres ;
  • Violence physique et psychologique.

Toutes choses qui mettent en danger la vie de la population de Pouytenga en particulier et celle du pays en général.

Les agents auteurs de ses forfaitures ont été remplacés par la nomination de nouveaux ICP suivant une note du gouverneur. Malheureusement, ces anciens ICP à travers leur syndicat continuent de faire diversion en disant ne pas reconnaître la note de nomination et en exigeant son annulation, allant même à observer un sit-in les 15 et 16 mars passés et une grève régionale le 5 avril passé. Les passations de service entre les ICP entrants et ceux sortants ont étés réalisées sous tension, souvent en l’absence des ICP sortants qui ont refusé d’y participer, certains ont  même fermé les locaux des Centres de Santé et de Promotion Sociale (CSPS) et sont partis avec les supports de gestion (livre de trésorerie, cahier de vente journalière). Il faut rappeler que cette situation perdure depuis près d’un an. 

Nous pensons que cette crise à Pouytenga n’a que trop duré (en rappel, il y a eu 6 MCD qui se sont succédé en l’espace de 7 ans au district de Pouytenga) ; et c’est toujours le médecin (MCD) qui est « sacrifié » pour apaiser les situations. 

A chaque fois, les autorités ont cédé devant les mouvements et menaces réclamant le départ des premiers responsables alors que des sanctions devraient découler de faits évidents et blâmables et non du fait de la pression exercée par des agents ou des syndicats sur les autorités.

Il est à croire qu’une solution serait de remplacer les MCD par les ICP à la tête des districts du Burkina pour en finir. Aussi, il faudrait à la longue confier le ministère de la santé aux responsables du syndicat des ICP de Pouytenga pour apurer totalement la crise.

La section régionale SYMEB du Centre-Est dénonce donc :

  • cet acharnement contre les médecins de la région du Centre-Est ;
  • la passivité avec laquelle les autorités gèrent les situations de crise dans nos formations sanitaires.

Le bureau régional du SYMEB Centre-Est, au nom de l’ensemble des confrères, s’indigne devant ces agissements qui n’honorent pas le secteur de la santé et

  • Premièrement, interpelle les autorités à prendre leurs responsabilités pour que :
    • les décisions prises dans le cadre de l’apaisement de la situation du district sanitaire de Pouytenga soient respectées et non remises en cause par qui que ce soit ;
    • des mesures strictes soient prises pour mettre fin à ces crises récurrentes dans nos districts, pour le bien-être des populations de la région ;
  • Deuxièmement, appelle à la solidarité agissante de tous les agents de santé (médecins, pharmaciens, paramédicaux) pour éviter l’impérialisme et le diktat d’un groupe d’agents aux intérêts complexes sur la santé des populations.
  • Troisièmement, le SYMEB Centre Est tiendra pour responsable le Gouverneur de la région du Centre Est pour toutes attitudes flegmatiques et de louvoiement tendant à remettre en cause la nomination des 18 infirmiers-chefs de postes (ICP) du district de Pouytenga sur la demande d’un groupe d’agents.
  • Quatrièmement, exhortons le gouvernement à faire preuve d’équité pour l’ensemble des corps de la santé selon le niveau de recrutement dans l’élaboration des Répertoires interministériel des métiers (RIME), en respectant les mêmes logiques de reclassement systématique s’il en est ainsi décidé, pour l’ensemble des catégories A3, A2, A1, PC, PA  dans le cadre de la fonction publique d’Etat et N3, N2, N1, U2, U1 dans le cadre de la Fonction Publique Hospitalière.

 Nous prenons l’opinion publique à témoin et nous tiendrons pour responsable le gouvernement pour toutes aggravations de la  dégradation  du climat social  dans nos différentes formations sanitaires.

Soyons des médecins dignes et intègres !

Vive le médecin du Burkina

                            

Le Délégué Général du SYMEB/Centre-Est

Dr Lozéni GANOU

Le Reporter

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