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GOUVERNEMENT-SYNDICATS DE L’EDUCATION : Un accord aux allures de programme politique

15 avril 2018 Auteur :   Nerwatta KAFANDO

Ça y est ! Le gouvernement et la coordination des syndicats de l’éducation ont mis fin au bras de fer qui les opposait depuis bientôt quatre mois. Nuitamment, en ce samedi 27 janvier 2018, ils sont parvenus à un accord autour de la satisfaction de la plate-forme revendicative des organisations syndicales.

Beaucoup d’encre et de salive ont coulé sur ce bras de fer  qui a pris l’allure d’une crise nationale majeure, en ce sens que l’année scolaire était menacée. L’on peut donc féliciter le gouvernement et les syndicats pour avoir pris la mesure des conséquences néfastes de leur bras de fer. Cependant, l’on ne peut s’empêcher de se demander si cet accord résout la question essentielle de la crise du système éducatif avec en toile de fond, la formation au rabais de l’élite de demain dont le niveau est chaque année un peu plus inquiétant.

D'abord, il faut saluer l’esprit de transparence des acteurs qui, pour une fois, ont sacrifié au devoir de transparence en rendant public le protocole d’accord. Tout le monde a pu donc se faire une idée du contenu de cet accord. Si seulement l’on pouvait appliquer les mêmes principes sur les accords signés avec les agents du ministère de l’Economie et des Finances, notamment du Trésor et des Impôts et avec les magistrats. Pour ce qui est du contenu de l’accord, l’on peut noter que des 23 points regroupés en 4 axes principaux, seuls deux n’ont pas été traités et les discussions s’y rapportant  doivent se poursuivre. Il s’agit du point 7 relatif au système LMD où gouvernement et syndicats se sont accordés pour  poursuivre la  réflexion et du point 21. Ce point relatif à « la correction des incohérences et des iniquités constatées à travers le reversement des agents publics de l’Etat en lien avec la loi 081. Pour le reste, le gouvernement s’est engagé à y apporter des réponses dans l’immédiat ou dans quelques semaines et mois.

Dans l’ensemble, les syndi- cats ont obtenu satisfaction, pourrait-on dire. Le gouver- nement aussi a fait preuve de bonne volonté. L’on  est loin de cette sortie hasardeuse du Premier ministre. Malheureusement, en retour, il  n’a  pas été très exigeant avec les syndicats sur la qualité  de  l’enseignement. Tout le monde s’en plaint. L’essentiel des points de l’accord  et  donc  de  la  plateforme,  traite  de  questions transversales, sauf celle relative à  la  qualité  de l’enseignement  que  l’on  a  noyée dans     l’amélioration des conditions de vie, de travail et d’études (des enseignants, des  personnels   non  enseignant, des  élèves et  étu- diants), la construction et la réhabilitation   d’infrastructures  scolaires  et  éducatives, les documents et outils pédagogiques,   l’environnement physique et  organisationnel des  établissements d’enseignement,   le   contrôle   de régularité des établissements privés, etc. En somme,  la responsabilité et la rigueur attendue de chaque ensei- gnant et autre agent de l’é- ducation n’ont pas été claire- ment traitées.

Globalement, à lire le protocole d’accord, on croirait avoir affaire à un extrait d’un programme politique d’un candidat à une élection présidentielle, notamment dans le volet éducation. Le gouvernement aurait pu prendre ces mesures lui-même sans attendre un bras de fer avec les syndicats. Quels que soient les coûts à supporter par l’Etat, l’on peut dire que ce qui est contenu dans l’accord est un minimum pour un Etat qui a le souci de la formation de l’élite de demain.

Pour autant, cet accord est loin de résoudre la crise de l’école burkinabè. Le gouvernement et ses partenaires sociaux vont devoir ouvrir une réflexion en profondeur, débarrassée des intérêts personnels ou de groupes, en vue de rechercher des solutions structurelles et durables pour réhabiliter le système éducatif burkinabè, surtout dans sa dimension qualité.

En tous les cas, cet accord est bon à prendre en ce qu’il a permis de lever les mots d’ordre de grève et de non-évaluation  des élèves. Il ne reste plus qu’à espérer que ce soit le début d’engagement de tous les acteurs pour un système éducatif plus qualitatif, plus performant et compétitif avec la crème du privé (non pas ces écoles de marchands mais les établissements privés qui offrent un enseignement de qualité mais qui malheureusement, ne sont pas accessibles pour les enfants du citoyen moyen). En ce sens, le gouvernement doit prouver sa bonne volonté en respectant scrupuleusement  ses engagements. Et comme il n’a rien exigé des syndicats, il ne doit rien attendre en retour.

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