VIOLENCES ELECTORALES DE 2016 : A quand le jugement dans la région de l’Est ?

31 janvier 2018 Auteur :  

En mai 2016, les élec­tions municipales post-insurrection qui se tenaient sur toute l'éten­due du territoire national ont provoqué des violen­ces dans plusieurs localités du Burkina Faso et occa­sionné des morts et des dizaines de blessés. Ces affrontements entre mili­tants du même parti ou de partis adverses ont fait au moins trois morts et plu­sieurs blessés dans diffé­rentes provinces du pays.

Dans la région de l'Est, précisément à Kantchari, une des localités concer­nées, des camps dans le même parti politique, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) et du même village se sont constitués autour de deux candidats au fauteuil de maire. Les affrontements entre ces deux camps rivaux ont fait un mort et plusieurs blessés. Le Procureur du Faso a été saisi de l'affaire et cinq personnes, dont l'ancien maire de la commune, ont été appréhendées, a annoncé, à l'époque, le ministère de l'Administration territoriale et de la Sécurité.

 Depuis juin 2016, toujours pas de jugement et les familles se disent inquiètes. Pour cause, « le jour où ils ont dit que le jugement aura lieu à la Cour d'appel de Fada, tout le monde était content parce qu'on se dis­ait qu'enfin, il y aura la vérité. Arrivés à Fada, quand les juges sont ren­trés dans la salle, ils ont ouvert les dossiers et ont affirmé que leur plainte n'était pas venue et que c'est la plainte de l'autre camp qui était là ». Un res­sortissant de la localité, M. Ouoba, estime qu'il y a problème : « Les deux camps viennent déposer des plaintes, et au moment d'aller juger, vous prenez la plainte de ceux qui sont en liberté, vous amenez à la Cour d'appel et ceux qui sont incarcérés, vous n'en­voyez pas ». Et d'ajouter que les familles des déte­nus sont inquietes. « Nous voudrions demander au ministre de la Justice : les prisonniers de Diapaga, concernant la commune de Kantchari, vont-ils être finalement jugés ou tou­jours gardés ?» S'interroge un proche des familles concernées. Ce dernier affirme que les familles au village se trou­vent exposées. « J'ai fait plusieurs fois le déplace­ment, pour apporter quelque chose », confie-t-il.

De son témoignage, chaque semaine, certaines épouses quittent Kantchari pour Diapaga, deux locali­tés distantes de plusieurs dizaines de kilomètres, « alors que c'est une route qui n'est pas bonne et pen­dant l'hivernage, n'est pas praticable ». Le présumé responsable de la mort qui aurait reconnu au village son for­fait jouirait, lui, d'une liberté sans être inquiété. L'autre camp jugeant être lésé affirme attendre éga­lement la suite à donner à sa plainte. Affaire à sui­vre !

Votre commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Diagnostic

"Nous rêvons d'un Burkina Faso où le pauvre suscite chez le riche, compassion et solidarité; où le faible bénéficie de la protection des forts; où la solidarité n'est pas seulement un slogan mais une valeur essentielle dans nos rapports avec les autres; où toute vie humaine est sacrée;...Lire la suite