MINISTÈRE DE LA SANTÉ : Un département «hors la loi» ?

30 janvier 2018 Auteur :  

Sous le régime Compaoré, le minis­tère de la Santé avait commencé à donner le bon exemple à travers le recrute­ment des Directeurs géné­raux des centres hospitaliers par la procédure d'appel à candidature. C'est ainsi que la quasi-totalité des DG des centres hospitaliers natio­naux et même régionaux ont été recrutés par cette procédure, reconnue par tous comme gage de transparence, de bonne gouvernance et de promo­tion basée sur le mérite.

Malheureusement, depuis l'accession au pouvoir du régime MPP, cette façon de faire a été rapidement relé­guée aux calendes grecques, au profit des vieilles pratiques basées sur le copinage. C'est ainsi que depuis 2016, l'on assiste à des nominations sans appel à candidature des DG des CHR et CHU, dont les cas les plus emblématiques res­tent sans aucun conteste ceux du CHR de Tenkodogo et, plus récemment, du CHU Yalgado Ouédraogo de Ouagadougou. Pour un régime qui a promis de faire de la transparence et de la « méritocratie » son cheval de bataille durant son quinquennat, c'est à ne plus rien comprendre. Le plus écœurant c'est que tout cela se fait au grand mépris des lois de la République. Les textes portant statuts particuliers des centres hospitaliers universitaires et autres centres hospitaliers régionaux sont pourtant assez clairs sur la question. L'article 21 des statuts parti­culier des CHU dit ceci : « Le Centre hospitalier universi­taire est dirigé par un Directeur général recruté suivant la procédure d'ap­pel à candidature...».

Jusqu'à présent, sauf erreur ou omission, ces textes n'ont pas encore été dénoncés. Ils sont donc en vigueur et ce sont eux qui régissent ce domaine. Pourquoi donc les mépriser ? C'est vrai que le dernier alinéa de l'article susmentionné prévoit que « par dérogation, le Conseil des ministres peut pourvoir directement au poste de Directeur général » dans certaines conditions bien précises. Mais cette excep­tion doit-elle devenir la règle ? Où sont le change­ment et la transparence tant promis ? Sur ce point, ne peut-on pas dire que même le régime Compaoré était nettement en avance ? Assurément. Fait encore plus navrant, c'est que le Trésor public est en train d'être saigné à blanc pour faire face à certains préjudi­ces causés à certains DG recrutés par appel à candi­dature et débarqués au grand dam des textes en vigueur. Il ressort que dans certains cas, l'Etat a été attaqué en Justice et condamné à payer plusieurs dizaines de millions FCFA au titre de dommages et intérêts à des DG illégalement débarqués en vue de pouvoir nommer des copains ou des militants à leur place. Où allons-nous avec tout cela ? Est-ce pour retomber dans de pareilles bassesses que des jeunes burkinabè ont donné leur vie les 30 et 31 octobre 2014. Non.

Un sursaut d'orgueil s'im­pose. Il faut résolument rompre définitivement d'a­vec ces pratiques lugubres des temps anciens et jouer franc-jeu avec ce peuple qui a donné son suffrage en toute bonne foi. Croire qu'on peut ruser avec celui- ci en lui vendant des illu­sions est une voie sans issue. Affaire à suivre !

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