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AN 3 DE L'INSURRECTION : Retour sur des heures chaudes

30 janvier 2018 Auteur :  

La bataille autour de l'article 37 aura été la plus rude que Ouagadougou a connue ces dernières années après les temps forts de l'affaire Norbert Zongo et les émeutes de la faim. l'entêtement de Blaise Compaoré à faire un passage en force pour modifier la Constitution en son article 37 afin de se positionner à la présidentielle de 2015 lui a été fatal. Marches, meetings et autres formes de protestation ont été utilisées pour contraindre l'en­fant terrible de Ziniaré sans succès. Il finira alors par prendre la fuite en plein midi un certain 31 octobre 2014, en direction d'Abidjan. Retour sur quelques heures chaudes de cette lutte du peuple burkinabè.

 

Ils sont peut-être très peu à croire que Blaise Compaoré entendrait rai­son et écouterait le bruit qui venait des rues de la capi­tale et des grandes villes du pays. Et Blaise Compaoré resta droit dans ses bottes. Conséquences, ce sont des foules immenses qui ont pris d'assaut les artères de la capitale les 30 et 31 octo­bre 2014, des foules qui ont même tenté de se rendre au palais de Kosyam pour transmettre directement leur message à son locataire, Blaise Compaoré. Mais tout a commencé à pendre de l'envergure avec le fameux Conseil des ministres extraordinaire.

Mardi 21 octobre 2014 : Peu avant midi, le gouver­nement, à l'issue du Conseil des ministres extraordinaire, prend la décision de sou­mettre à l'Assemblée natio­nale un projet de loi modifi­catif de la Constitution. Le même jour, soit à 15h préci­ses, des OSC donnent la réplique, livrent une décla­ration dans une salle de conférences d'un hôtel de Ouagadougou. Elles appel­lent le peuple à la désobéis­sance civile. Il n'y a plus rien à espérer du président du Faso. Les tensions montent de partout.

Le mercredi 22 octobre 2014 à 10h: Le Chef de file de l'opposition politique (CFOP) annonce que « les masques sont tombés » et que le pouvoir a affiché sa volonté de modifier la Constitution. Elle appelle la population à une marche de protestation le 28 octo­bre sur toute l'étendue du territoire. Mais les popula­tions n'attendront pas jus­qu'à cette date. Les jours qui suivent, dans les rues, les OSC paradent et mobilisent les foules. Des points chauds sont organisés pour sensibi­liser et appeler à la protesta­tion. Nuit et jour, la protesta­tion va crescendo. Des bar­ricades sont érigées sur les grandes voies. En plus, des foules de jeunes organisent, les jours suivants, des visites devant les domiciles des députés du CDP et de la majorité afin de les mettre en garde sur le vote qu'ils entendaient faire. Une semaine durant, Ouagadougou est en ébulli­tion. Le Balai citoyen orga­nise une caravane de sensi­bilisation et de mobilisation.

D'autres OSC maintiennent la pression dans les quar­tiers.

Le 27 octobre 2014: Les femmes de Ouagadougou, contre la décision du maire, entrent dans la danse avec Saran Séré/Sérémé en tête et organisent une marche historique dite « marche des spatules ». Elles exigent le retrait du projet de loi.

Le 28 octobre 2014: La marche de protestation du CFOP connait une mobilisa­tion jamais égalée présa­geant ce que sera la journée du 30 octobre. Le message est clair, tous à l'Assemblée nationale pour suivre le vote de la loi. La forfaiture ne doit pas passer. Les manifes­tants sont dispersés dès 10h à coups de gaz lacrymogè­nes à partir du rond-point des Nations unies. Commencent une chasse poursuite dans la zone. Mais cela n'entamera pas la ténacité des manifestants qui se replient dans les quartiers à nouveau.

Matinée du 30 octobre 2014: Ouagadougou grouille de monde. Personne ne sait d'où est sortie cette foule. Le pays retient son souffle. Les dépu­tés de la majorité qui ont passé la nuit à l'hôtel Azalaï commencent à rejoindre l'hémicycle. Ils sont rejoints par ceux de l'opposition. Dès 9h, la foule amassée dans les environs de l'Assemblée avance pro­gressivement, faisant tom­ber successivement les bar­rières de police, de gendar­merie et du RSP. Dès 9h25, la grande foule est là après avoir fait céder toutes les barrières sur la route de l'Assemblée. Juste quelques minutes, l'Assemblée est prise, mise en feu. Blaise Compaoré reste toujours sur sa position mais affaibli. Il annonce le retrait de la loi, mais l'opposition et la foule répondent par un non caté­gorique, et exige sa démis­sion. Blaise Compaoré est esseulé. Il tente, en début d'après-midi, de reprendre du poil de la bête. Rien ne fera bouger les lignes. Les manifestants et l'opposition persistent, plus question d'é­couter un Blaise Compaoré sauf sa démission. La suite, ce sont de vaines tentatives de rester mais il finira par s'enfuir en Côte d'Ivoire.

Aimé Nabaloum

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