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SITUATION NATIONALE : Il faut arrêter Simon Compaoré

30 janvier 2018 Auteur :  

Il est l'unique ministre d'Etat du gouvernement Paul Kaba Thiéba II. Il occupe un poste stratégique dans un contexte où la sécurité est le défi majeur d'un pays permanemment agressé par les terroristes. Mais il reste celui qui, de par ses actions et propos, met en mal la tranquillité du pays.

Le ministre d'Etat Simon Compaoré, puisque c'est de lui qu'il s'agit, est, au fil du temps, le ministre le plus « gaffeur » du gouvernement, celui qui aurait le plus provoqué la colère, l'indignation et la réprobation au sein de l'opinion. « Ministre gaffeur »>, c'est peut-être trop fort, mais c'est toute l'impression que cela laisse voir dans la gestion de son département. Si ce n'était que la gestion de son ministère, les choses auraient gardé des proportions raisonnables. Malheureusement, chaque bourde du ministre met le pays sens dessus dessous. Et ça continue dans le silence coupable non seulement de son parti, le MPP dont il est le président par intérim, mais aussi du chef de l'Etat qui est obligé de jouer les sapeurs-pompiers pour sauver les meubles. Pendant combien de temps cela durera ? Si les choses continuent dans la même lancée, c'est le ministre lui-même qui mettra le feu au pays au lieu de le sécuriser. Il faut donc vite l'arrêter avant qu'il ne soit trop tard.

Que ce soit dans le précédent gouver­nement ou que ce soit dans l'actuel, le « one man show » du gouverne­ment reste sans conteste, le ministre d'Etat Simon Compaoré. Depuis son arri­vée au gouvernement, le virevoltant ministre d'Etat ne cesse de multiplier les impairs, provoquant colère et indignation et lui visible­ment n'a pas à s'en faire. Et pourtant ! En janvier 2016, l'ancien bourgmestre de la capitale entrait dans un gouverne­ment et pour la première. On dira qu'il aurait eu le gros lot. Il occupera d'a­bord un « gros » ministère, à savoir l'Administration du territoire, la Décentralisation et la Sécurité intérieure (MATDSI) puis est bombardé ministre d'Etat. Il ne rend compte qu'au chef de l'Etat. Rien à cirer avec un Premier minis­tre ou un quelconque collè­gue du gouvernement. Ça fait trop pour l'homme, dis­aient certains analystes.

simonnCertes, l'homme a dirigé le Conseil municipal de la capitale pendant 17 ans, mais quand il était encore moins «vieux», avait moins subi le poids de l'âge et des multiples agressions phy­siques. Objectivement, cela n'est pas fait pour l'aider. Dès les premiers mois de sa prise de fonction, son minis­tère a bouillonné avec la grève des administrateurs qui l'accusent de mettre plus de temps ailleurs, délaissant l'interne. Mais Simon Compaoré n'entend pas se faire dicter. Excès de zèle ? trop pressé ? Volontariste ? L'hyper actif ministre n'a pas tardé à se faire entendre. Il était le plus « vu » du gouvernement au point qu'on pouvait s'in­quiéter quand il ne disait rien. Dans le secteur de la sécurité, il multiplie les sor­ties dans les commissariats et autres casernes, lançant les boutades et les slogans pour galvaniser les troupes ; les bourdes, il en faisait aussi. Et pourtant, les hom­mes avaient besoin de plus que cela. A ceux qui ont vite fait de l'interpeller sur sa capacité à porter le bou­bou, il répondra, certes, iro­niquement, mais de façon catégorique, qu'il n'en est pas le tailleur. C'est lui, à la limite, qui anime le débat national. Le bouillonnant ministre d'Etat veut-il faire vite et bien pour son parti et déconstruire les arguments qui tendent à faire de lui un homme fatigué et incompé­tent ? Ses incessantes sorties dans les médias l'ont amené à dire souvent le contraire de certains de ses collègues membres du gou­vernement.

Ainsi, il contre disait sur une radio FM privée, le ministre de la Justice à propos d'une évasion- fusillade à la MACO. Et Simon Compaoré fonce sans rien écouter. Sa devise est que s'il n'était pas capable de faire le job, c'est à la personne qui lui a taillé la tenue de revoir sa copie et pas lui. Avec les Koglweogo, Simon balbutie, hésite et par moments même, encense ces groupes d'auto­défense au point qu'il est aujour­d'hui difficile de savoir, de façon exacte, la posi­tion du ministre de la Sécurité sur les Koglweogo. Et ce n'est pas tout. Même si le rema­niement ministé­riel lui a retiré le secteur de l'Administration du territoire, le « chef suprême des Koglweogo » comme on l'ap­pelle, ne s'arrêtera pas. Vint l'affaire dite des transporteurs qui avaient piqué une vive colère à la suite des propos tenus par le ministre qui, visiblement, avait pris le parti des policiers qui « bas- tonnaient un chauffeur ». Il n'en fallait pas plus.

Les transporteurs ne veulent plus rien entendre de lui. Plus de dialogue avec le ministre d'Etat ; ils exigent même son départ du gou­vernement. Le pays est blo­qué pendant des jours sans transporteurs sur les routes, avec le corollaire des consé­quences négatives sur les plans économique et social. Il a fallu l'implication directe du chef de l'Etat à travers une audience avec les transporteurs pour que le trafic routier reprenne. On note également le bras de fer du ministre avec l'Union nationale de la police (UNAPOL). Le syndicat de la police a secoué la hiérar­chie policière et le ministère pour des services payés mal gérés. Simon Compaoré commandite alors une enquête par ses services techniques. Les résultats sont ahurissants. Des cadres de la police se faisaient des sous sur le dos des flics. Que fera le ministre d'Etat de ce rapport qui accable des cadres supérieurs de la police ? Rien ! Sa consigne serait « que cela ne se répète plus » ! Pas plus ! Mais l'UNAPOL, sans le dire, fustige sans concession aucune la gestion même du ministère par Simon Compaoré, au point de demander son éviction à la tête du département. Simon reste raide ccroché à son fauteuil. Le dialogue se rompt entre lui et le syndicat. C'est le chef de l'Etat une fois de plus qui entre dans la danse pour « remonter les bretelles » aux flics tout en promettant de régler le pro­blème. La République aurait encore plus tremblé par le fait du ministre d'Etat si le mouvement des policiers avait duré plus longtemps que les 48 heures. A quoi sert le ministre si le chef de l'Etat doit voler chaque fois à son secours ? Et que fait le PM dans tout ça?

Autre bourde de l'ancien maire de la commune de Ouagadougou et certaine­ment la plus humiliante pour lui reste sa sortie noc­turne au domicile d'un député frondeur de l'Union pour le progrès et le chan­gement (UPC) en début octobre 2017. La vidéo, même hilarante, est écœu­rante. D'abord, l'accoutre­ment du ministre d'Etat. Paré d'un gilet pare-balles de couleur blanche et d'une kalachnikov , il promet le feu à ceux qui troubleraient la quiétude de la famille du député. Un ministre qui se joue le « django » dans un domicile privé, il faut être de la trempe de Simon Compaoré pour le faire. Le fait est d'une extrême rareté qu'il ne passe évidemment pas inaperçu. Un ministre d'Etat se rendant au domi­cile d'un citoyen pour le pro­téger, au prétexte qu'il est menacé, ne se justifie nulle­ment pas. Dans aucune République qui se respecte, cela n'a jamais été vu, sauf dans un film western. La pilule est dure à avaler. Un ministre, de surcroît de la Sécurité, ne devrait pas se comporter de la sorte. Soit le ministre n'a pas confiance en ses hommes, soit il n'a pas l'autorité nécessaire pour faire faire. Et si c'est le cas, c'est un manque de leadership avéré. Simon Compaoré montre progres­sivement des signes évidents de fatigue, de manque de concentration et de discer­nement à travers ses actes posés. Il est temps qu'il s'en rende compte, rende le tablier et aller profiter tran­quillement de ses vieux jours.

Mais là, c'est une autre paire de manche au point qu'on pourrait se deman­der : finalement, qui arrê­tera Simon Compaoré ? Le CFOP quand à lui n'est pas tendre. Dans une déclara­tion datée du 30 octobre 2017, il dit preparer une plainte en justice contre le ministre d'Etat pour port illé­gal d'arme de guerre. L'opposition voit dans tous les agitements du ministre, une preuve «d'incapacité». Par, conséquent, «un tel ministre doit être congédié». Mais la suite, il appartient au chef de l'Etat d'en tirer toutes les conséquenses.

Aimé Nabaloum

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