Votre pub ici  !
-->

DEMISSION DE TAHIROU BARRY : Que cache une défection aussi fracassante ?

30 janvier 2018 Auteur :  

Il faut désormais l'appeler ancien ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme. Tahirou Barry a démissionné du gouvernement Paul Kaba II le 26 octobre dernier. Cette démission restera gravée dans les annales de l'his­toire politique du Burkina parce que relevant de faits assez rares. Au-delà de l'effet de l'annonce de la démis­sion, qu'est-ce qui a bien pu pousser le jeune ministre à jeter l'éponge et à quitter le navire ? Tahirou Barry serait un ministre désillusionné. Par quoi ? Des traces se trouvent dans la publication faite sur sa page officielle facebook. Mais ce n'est pas tout ! Il y a bien d'autres raisons inavouables... Réponses !

 

Que s'est-il passé ? A-t- il pris les devants pour éviter une démission forcée ? Tahirou Barry est-il un stratège poli­tique ou un ministre qui en avait marre d'un gouverne­ment qui n'est pas à la hau­teur des enjeux ? Est-il un citoyen qui a découvert la réalité du pouvoir et s'en est défait ? tahirou Barry est-il déçu ? Bref, pourquoi tahirou Barry a démissionné ? Les interrogations sont bien nom­breuses pour une démission qui aura fait couler beaucoup d'encre et de salive. Cependant, il convient de faire un bref rappel. tahirou Barry a battu sa campagne présidentielle sur des thèmes comme la rupture, le change­ment radical et la bonne gou­vernance. On se rappelle qu'il n'a eu de cesse d'appeler les électeurs au changement. Finalement, il n'arrivera qu'en 3e position à cette élection. Roch Marc Christian Kaboré et son parti le MPP arrivent alors en tête mais n'ont pas obtenu la majorité nécessaire pour gouverner seul. Il faut des alliances. Le PAREN est approché. tahirou Barry, selon des confidences, hésite de s'allier à un parti qu'il a sévèrement critiqué pendant la campagne, mais les responsables de son parti ont décidé à l'unanimité d'aller à la majorité. Il s'y soumet. D'où le poste ministériel de la Culture à eux offert. L'intéressé, en allant dans le gouvernement, explique qu'il se serait donné tout au plus deux ans pour quitter le gou­vernement s'il n'arrive pas à faire changer les choses. Et c'est ce qui serait arrivé. Mais il n'attendra plus aussi long­temps que les 22 mois.

Au moins une semaine à l'a­vance, la décision avait été prise, soutient une personne très proche de lui. En début d'après-midi ce jour-là, tahirou Barry est aperçu dans les couloirs de la Primature. Il n'y est pas pour une audience, encore moins pour une séance de travail. Il se dirige au secrétariat du Premier ministre pour trans­mettre un courrier, lui-même. En quelques minutes, son pli est réceptionné avec un accusé de réception. En repartant, c'est le patron des lieux, Paul Kaba thiéba, qu'il croise. Sans nul doute, ce der­nier a été surpris de voir son ministre dans ses locaux sans un ordre du jour connu. Explication a rapidement été donnée à Paul Kaba thiéba qui refuse d'accepter la nou­velle. Démissionner ? Pas question ! Par conséquent, il demande, sur-le-champ, au ministre de la Culture de reti­rer son courrier. Peine per­due ; tahirou Barry rétorque que c'est déjà acté. Il n'est pas question de revenir là-dessus ! Dans l'impossibilité de faire plier le ministre de la Culture, le Premier ministre lui suggère une rencontre dans les heures qui suivent pour discuter, le temps pour lui d'évacuer une urgence avant. tahirou Barry accepte le principe de la ren­contre mais entend ne pas revenir sur sa décision. tahirou Barry attend la réac­tion de son PM. Rien ! Des heures après, c'est le Premier ministre qui convie le ministre Barry à une rencontre hors de la Primature. tahirou évite d'y aller sans savoir ce qui pou­vait encore être fait au cours de cette rencontre et ce qui y était prévu. Il n'y a plus rien à faire selon lui. tahirou Barry annonce alors sur sa page officielle facebook qu'il quitte le gouvernement et ne manque pas d'assener ses coups. Les réseaux sociaux s'emballent. Dans la nuit, le gouvernement dit avoir été surpris. Et pourtant, le ministre démissionnaire était de plus en plus mis à l'étroit dans une équipe dont il ne voit toujours pas la vision, confesse-t-il. Pourquoi ? Nous nous déci­dons de le rencontrer.

Tahirou « naïf » ?

« Enfin libre de pouvoir respi­rer l'air de la liberté », lance- t-il avec un grand sourire. C'est un tahirou Barry à l'aise et décontracté que nous avons rencontré ce soir-là. Il parle de ce qu'il a vécu, certes, avec une légère passion. Les raisons de son départ sont à rechercher dans le management du gouverne­ment et du pays de façon générale, explique le ministre démissionnaire lui-même. En conséquence, les cibles sont le Premier ministre et le chef de l'Etat. La lettre publiée en dit long sur ce qui se passe au sein de l'équipe gouverne­mentale. tahirou Barry recon- nait ne pas se sentir dans un gouvernement aux abonnés absent, un gouvernement mal conduit, reconnu pour ne réagir au lieu d'anticiper et de poser des actes. Il poursuit en expliquant que dès les pre­miers Conseils des ministres, « avec toute ma naïveté », il aurait suggéré aux ministres la réduction des salaires pour prendre non seulement l'exemple de l'Assemblée nationale, mais aussi donner un signal fort sur la volonté de changement. Il n'en a pas fallu plus pour provoquer le courroux de certains de ses collègues ministres en pleine séance. Si les uns pensent faire des cauchemars en voyant le montant du salaire de ministre réduit, d'autres estiment qu'il faut vite les rehausser, estimant d'ailleurs lesdits salaires très bas pour des ministres. Le comble, des ministres négocient directe­ment leur rémunération men­suelle avec le chef de l'Etat.

Première désillusion ! Des villas sont proposées aux ministres dans le quartier huppé de Ouaga 2000. Le désormais ex-ministre de la Culture, lui, y renonce, préfé­rant rester dans son domicile privé. Dès lors, il devient la bête noire de certains minist­res, le considérant comme celui qui veut mettre du sable dans le couscous. L'ex-minis­tre dit avoir senti que l'orien­tation et les aspirations de l'insurrection sont sur le point d'être travesties. Seconde dés­illusion ! Pour le département de la Culture, le ministre dit s'être battu pour que tous les pans du ministère et surtout le tourisme puisse connaitre un coup de fouet au regard des attaques terroristes. Rien ! Mettait-on des bâtons dans ses roues ? Il peut y croire mais soutient que cela dénote tout simplement d'un manque de vision.

Outre les désillusions au niveau du gouvernement, l'ancien ministre est dans le viseur de son parti suffisam­ment en peine. Il est donc dif­ficile de ne pas y voir une fuite en avant. Mais pour lui, sa vie ne saurait être liée à un récé­pissé. Quelle que soit la déci­sion qui sera prise par le ministère en charge des liber­tés publiques, « nous n'atta­querons pas », soutient-il. En effet, le renouvellement du bureau du parti amène à un renouvellement de récépissé par le ministère. En attendant un quelconque avenir pour tahirou Barry, « j e passerai quelques jours avec ma famille avant d'aller me reposer », conclut-il.

Aimé Nabaloum

E-mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Votre commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

 Votre pub ici  !

Diagnostic

 Votre pub ici  !
 Votre pub ici  !
 Votre pub ici  !
"Nous rêvons d'un Burkina Faso où le pauvre suscite chez le riche, compassion et solidarité; où le faible bénéficie de la protection des forts; où la solidarité n'est pas seulement un slogan mais une valeur essentielle dans nos rapports avec les autres; où toute vie humaine est sacrée;...Lire la suite