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SOCIETES DE PLACEMENT : Une arnaque silencieuse !

30 janvier 2018 Auteur :  

La problématique de l'emploi au Burkina est de plus en plus criarde. Son absence ou son manque n'en est pas moins criard que l'exploitation faite des demandeurs d'emplois et même des travailleurs. c'est dans ce contexte qu'est né le concept de contrats d'intérim ou de sociétés de placement. Une récente enquête menée par la Ligue des consommateurs du Burkina (LcB) révèle un accroissement notable des contrats d'intérim qui ne sont en réalité qu'une véritable arnaque des travailleurs.

 

Elles sont bien nom­breuses au Burkina. Les sociétés de pla­cement ou agences d'in­térim sont des sociétés nées pour être des inter­médiaires entre les entre­prises et les employés. Dans la pratique, Hien Gilbert, président de la Ligue des consomma­teurs du Burkina (LCB), explique que « les agen­ces d'intérim courtisent les grandes entreprises et leur proposent des contrats de partenariat en vertu desquels les agen­ces mettent à leur dispo­sition des travailleurs qui effectuent des tâches sous leurs ordres mais qui ne relèvent pas de leurs effectifs. Ainsi, les contrats d'intérim qui ne relevaient que d'une situation exceptionnelle sont devenus la règle, surtout concernant l'em­bauche des jeunes dans les grandes entreprises. » En outre, « ce genre de contrat est en train de se généraliser dans les sec­teurs des industries, des banques, de la télécom­munication et même dans les mines. »

Mais tout serait parti du code de travail de 2008, explique Hien Gilbert. Ledit code autorise le renouvellement à souhait du CDD, ouvrant la porte aux abus par les agences d'intérim qui se sont engouffrées. Si les entre­prises préfèrent les agen­ces en question, Hien Gilbert explique cela par des raisons, comme les contraintes budgétaires, la gestion des conflits individuels et collectifs, ainsi que la gestion administrative du person­nel. En effet, sur les contraintes budgétaires, il ressort que dans la pra­tique, l'employé soumis au contrat d'intérim ne relève pas des effectifs de la société où il travaille, et les sommes versées à l'a­gence, souvent farami­neuses comme salaires pour l'intérim, n'appa­raissent pas dans les charges du personnel.

Quand naîtra également un conflit de travail, l'en­treprise où se trouve l'employé n'a plus à se préoccuper des conflits sociaux que sont les grè­ves et autres débrayages, puisqu'elle n'a pas de contrat avec l'employé mais avec l'agence d'in­térim. L'entreprise s'éloigne également de plus en plus de ses employés au point qu'elle ne s'occupe plus des questions liées aux calculs et reverse­ments des cotisations à la CNSS et du prélèvement de l'IUTS. Tout cela revient à l'agence. En plus, ces types de contrats qui sont à renouveler continuellement mettent l'employé dans une situa­tion d'instabilité de sorte qu'il ne peut rien planifier, n'a pas de carrière et ne peut bénéficier d'un prêt bancaire conséquent.

Au cours de l'enquête menée par la Ligue des consommateurs, il est res­sorti que certaines agen­ces d'intérim exigent même des registres de commerce (RCCM) aux jeunes employés. Malgré le piège, certains jeunes dans la course effrénée vers l'emploi ne résistent pas. Et dès lors que les registres sont fournis, les jeunes sont considérés comme de simples pres­tataires de services. Si le contrat d'intérim n'est pas proscrit par le code de travail burkinabè, il devrait tout de même se faire pour pallier à des besoins ponctuels, déplore le président de la Ligue des consomma­teurs. Mais le constat déplorable reste frappant, c'est l'abus fait par les entreprises.

Le Reporter

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