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«GENERALE DE LA MICRO-FINANCE » : Où sont passés les millions des paysans ?

30 janvier 2018 Auteur :  

Des ressortissants de la province du Ganzourgou, membres de plusieurs groupements de paysans, ne savent plus où donner de la tête. Sur la base de promesses de prêts qui leur seront octroyés, ils ont versé aux mains des responsables d'une structure de micro-finance dénommée «Générale de la micro-finance », des sommes s'éle­vant à ce jour à plusieurs millions FCFA comme garantie. Pour une affaire qui ne devait durer que quelques semaines, plus d'une année après, toujours pas de traces des prêts en question ni des cautions versées.

 

Juin 2016, une équipe de la structure dénommée « Générale de la micro­finance » (GMF) rencontre et échange avec des pay­sans de la localité. Il est alors demandé à ceux qui mènent des activités comme l'agriculture et l'élevage de s'organiser en groupements afin de bénéficier de prêts pour investir dans leurs activi­tés. Ainsi, pour 100 000 FCFA déboursé, en tant que caution, l'on obtient un prêt de 500 000 FCFA, pour avoir 1 000 000 FCFA, il faudra débourser 200 000 FCFA ; etc. Adhérant à l'i­dée, beaucoup de paysans s'inscrivirent. Deux semaines suffisaient pour obtenir le crédit. Leur aurait-on promis en son temps, affirment les pay­sans. Mais des semaines passent, des mois aussi. Toujours pas de nouvel­les. Ils décident finale­ment d'aller aux nouvel­les. Contactée, la struc­ture aurait fait compren­dre que «l'argent est beaucoup, l'Etat refuse que ça sorte». Une agence de la structure de microfinance étant implantée à Zorgho, ils y multiplièrent les démar­ches pour avoir des infor­mations sur l'octroi de financement. Promesse leur était toujours faite de faire remonter l'informa­tion à Ouagadougou.

gmf2Las d'attendre, des membres de groupements effectue­ront le déplacement à plusieurs reprises dans la capitale pour rencontrer la responsable de la structure. Madame Siri, s'appelle-t-elle. Ne vou­lant pas donner un délai qui ne sera pas «encore» respecté, cette dernière leur promet de s'atteler à trouver une solution. Chez les visiteurs, l'on crie à l'arnaque. L'heure n'était plus à attendre un quelconque prêt, mais à réclamer le rembourse­ment pur et simple de leur argent donné comme cautions. Si quelques-uns, à force de multiplier les passages, ont eu gain de cause, beaucoup d'autres atten­dent toujours. «Nous n'a­vons pas de force, ça dure; nous avons été trop flattés», soutiennent cer­tains. Afin de payer la caution pour espérer avoir un prêt, d'autres n'avaient pas hésité à s'endetter ou prendre certains risques. «J'ai vendu mon bœuf pour la caution», confie l'un d'eux. Ne parvenant pas à payer les crédits contractés, certains ont fui les villages pour se retrouver sur des sites d'orpaillage. «On nous a trop menti dans cette affaire», lâche un paysan, l'air désespéré.

La «Générale de la micro-finance» se défend.

«Nous ne leur avons pas donné quelques semai­nes, mais un mois à 45 jours », déclare Mme Siri. La GMF aurait été appro­chée par une banque lon­donienne, « Polo Bank », dit-elle. Ladite banque sur laquelle nous n'avons pu obtenir des informa­tions, aurait décidé de financer le projet avec une enveloppe de 2. 500 000 000 FCFA. Le prin­cipe, octroyer des prêts aux éleveurs et agricul­teurs pendant la saison hivernale, et leur accor­der 9 mois pour rem­bourser. Comment expli­quer que des groupe­ments qui ont déboursé des millions comme cau­tion soient sans nouvelles plus d'une année après? Le projet a été interrompu du fait du coup d'Etat de septembre 2015 et jus­qu'à très récemment, la banque londonienne était toujours hésitante. Justifie Mme Siri. « Après avoir fait tous les dossiers, les bailleurs disent qu'ils sont venus, ils ont demandé à l'ambassadeur des Etats- Unis qui a dit que le pays était en rouge. Que d'at­tendre d'abord. Ça ne veut pas dire que c'est en 2015. On a fait le projet en 2016, et compte tenu des problèmes antérieurs, ils ont dit de patienter ». Pour eux, «On ne peut pas financer de l'argent dans un pays où il n'y a pas de stabilité». Avant juin 2016, une première vague aurait, avant que le problème ne survienne, bénéficié d'un finance­ment de la même banque. Foi de Mme Siri. Le 24 juillet 2017, quand nous la rencontrions, celle-ci annonçait avoir rendez-vous en banque pour la finalisation de procédure d'octroi d'ar­gent à la structure. Les choses allaient rentrer dans l'ordre au plus tard fin juillet, disait-elle. Plus d'un mois après, nos multiples visites au siège de la GMF et nos multi­ples coups de fil sont res­tés sans suite.

Situation similaire à Sapouy.

Des dires de la première responsable, toutes les communes de Ouagadougou ont béné­ficié de crédits. Ousmane Ouedraogo, paysan de la localité de Sapouy, que nous avons contacté, raconte. « Ils sont venus faire une réunion au niveau de la mairie. Quand ils ont parlé, les gens ont déposé les cau­tions. Trois semaines après, ils ont reçu des financements. Nous on a été la 2e vague. Ils sont venus le 20 juin 2016, ils ont fait les propositions. Ils nous ont convoqués à Ouaga pour déposer nos cautions. Le 24 juin 2016, on est allé déposer les cautions, mais jusqu'à présent, on n'a pas de suite ». Ils seraient plus de 20 groupes dans le Ziro. Le groupement de M. Ouédraogo avait à lui seul versé 810 000 FCFA. «Mais entre- temps, cela fait 3 mois de cela qu'on a été là bas. On a demandé nos cautions ce jour-là; ils ont trimbalé, ils sont venus vers 16h nous remettre 500 000FCFA. Il nous restait 310 000FCFA ».

Les remboursements semblent donc être faits au cas par cas, en fonc­tion de la détermination de chaque groupe. Quand est-ce que tous les paysans rentreront en possession de leur argent ? Que cache la Générale de la micro­finance à ses clients ? Affaire à suivre !

Amélie GUE

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