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CAFOUILLAGE DANS L’OPERATION 40 000 LOGEMENTS DE DAPELGO: Simples erreurs ou tentative de fraude ?

29 septembre 2017 Auteur :  

Dans le cadre du projet 40 000 logements et dans le but, disait-il, d’appuyer l’auto-construction, le ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat procédait du 05 au 15 juin 2017, à la phase de souscription pour l’opération Relais Cité de Dapelgo, commune située à une trentaine de kilomètres au nord de Ouagadougou.

Trente mille (30 000) tickets de tombola dont vingt mille (20 000) pour la souscription en ligne et dix mille (10 000) pour la souscription physique avaient été mis en jeu. Plus de douze mille souscripteurs ont été enregistrés pour l’occasion, 12 098 (9 214 pour le dépôt physique et 2 884 pour l’inscription en ligne) selon les organisateurs. Les frais de souscription (non remboursables) s’élevaient, eux, à 12 000 FCFA (ticket + timbre), et pour s’inscrire, chaque souscripteur devait également reverser 100 000 FCFA comme caution.

La semaine qui a suivi, soit le 20 juin, avait lieu à la maison de la jeunesse et de la culture Jean Pierre Guingané, le tirage au sort. Un tirage au sort, piloté par la Loterie nationale du Burkina, devait permettre de désigner 2000 bénéficiaires. A l’issue du tirage au sort, il y avait ainsi 1850 numéros tirés comme gagnants de parcelles en bordure de voies non bitumées, et 150 autres comme gagnants de parcelles en bordure de voies bitumées. Lors du même tirage, 150 autres numéros ont été tirés au sort avec respectivement 100 comme liste d’attente pour les gagnants de parcelles en bordure de voies non bitumées, et 50 autres comme gagnants de parcelles en bordure de voies bitumées.  Une fois le processus du tirage aléatoire effectué sous le contrôle d’un huissier de justice, il aura fallu plusieurs jours pour que les résultats soient disponibles en ligne, en même temps qu’à la mairie de Dapelgo, et à la Direction générale de l’Urbanisme. Des résultats qui, publiés, ont été sources de questionnements pour plus d’un. Des personnes porteuses de numéros désignés gagnants lors dudit tirage n’étaient en effet pas sur la liste officielle publiée ou affichée.

Comment est-ce possible? Comment des perdants ont pu se retrouver sur la liste des bénéficiaires de parcelles?  Inutile de dire que cette situation a suscité des soupçons de tentative de fraude dans l’opération. Non, tient à rassurer l’huissier ayant supervisé le tirage. « Pour les résultats de l’opération, les numéros gagnants, saisis de façon manuscrite, ont été affichés le lendemain ». Affirme-t-il. Pour ce qui est des noms évincés, voici les justificatifs apportés par  l’huissier de justice chargé de s’assurer de la transparence dans le processus : « Il convient de préciser qu’au moment d’afficher les numéros gagnants, l’huissier n’avait pas la liste nominative de l’ensemble des souscripteurs. Cette liste saisie par la Direction de l’Urbanisme comportait les noms, prénom(s), date et lieu de naissance, numéro de téléphone, de carte d’identité, la profession et le numéro de ticket de participation sur un fichier Excel ». C’est pour adjoindre à ces données les numéros gagnants, les identités des titulaires ainsi que les références des parcelles, qu’une erreur se serait glissée. Ses explications : le processus consistait à lancer une recherche sur le fichier pour trouver les numéros gagnants. « Cette recherche peut ainsi donner plusieurs valeurs : le numéro du ticket comme les 4 derniers chiffres du numéro de téléphone ou de la CNIB. Si l’agent de saisie n’est pas attentif, il peut donc au lieu du numéro, rechercher, capturer et venir coller dans la liste, les informations sur une personne qui n’a pas réellement gagné ». C’est ce qui expliquerait donc «les omissions». Toujours selon Me Traoré, cette erreur peut avoir été portée sur les références d’une personne qui a déjà gagné et qui a été enregistrée, ce qui explique les doublons.

A la date du mercredi 26 juillet 2017, et suite à des réclamations reçues des semaines durant, un travail de vérification aurait permis de constater 45 gagnants omis. Si une liste pour rectifier les erreurs a, dit-on, été établie, sa publication est toujours attendue et les victimes de ce cafouillage attendent d’être établies dans leurs droits.

Par Amélie GUE

Amélie GUE

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