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MEETING-CFOP DU 29 AVRIL: Menace d’une motion de censure contre le gouvernement Thiéba

03 août 2017 Auteur :  

Ce 29 avril 2017, c’est une opposition « caillou » (pour emprunter le mot à son 1er responsable), qui s’est retrouvée à la Maison du peuple de Ouagadougou pour protester contre la mauvaise gouvernance et la dégradation des conditions de vie des Burkinabè. Pour ce premier meeting de l’après-élection présidentielle de 2015 qui a vu l’arrivée du MPP au pouvoir, Zéphirin Diabré de l’UPC, Achille Tapsoba du CDP, Gilbert Noël Ouédraogo de l’ADF/RDA et les autres leaders des partis politiques membres du cadre de concertation du chef de file de l’opposition étaient présents.

 

 

Fort de sa trentaine de partis politiques d’obédiences idéologiques diverses, le CFOP a rendu publique, lors de ce meeting, la nouvelle plateforme politique des partis de l’opposition. Ladite plate- forme au nombre de 200, s’articule autour des points que sont la gouvernance politique et juridique ; la gouvernance administrative et locale ; la gouvernance économique et du développement ; la gouvernance sociale ; la gouvernance diplomatique et l’intégration régionale. Elle se veut être, ont déclaré ses auteurs, des marqueurs qui serviront désormais à l’interpellation du gouvernement. Autre précision apportée, le document préfigure l’architecture de ce qui pourrait être, le moment venu, un programme commun à tous les partis d’opposition. Le clou de la soirée aura été l’intervention du chef de file de l’opposition. Dans une salle surchauffée, une ambiance de meeting marquée par des « Prési ! Prési !»,  des « MPP Eyii !! Roch, Salif, Simon Eyiii…» des manifestants présents, Zéphirin Diabré tiendra pendant une quarantaine de minutes, en haleine son auditoire. Des OSC aux gouvernants actuels, en passant par les sujets brûlants de l’heure, « tout a été brossé».

Le pic aux OSC 

« Ne nous voilons pas la face! Il y a OSC et OSC ! Et nul n’est mieux placé pour en témoigner que le double chef de file que je suis, qui sait quelle OSC est arrivée au CFOP avant l’insurrection, et à quel moment. J’invite les OSC sérieuses à se démarquer des OSC opportunistes».

Sur l’opportunité du meeting : « Il y a lieu de s’étonner et même de rire… Y a-t-il une opposition sérieuse au monde qui ne rencontre pas ses militants, qui ne donne pas son opinion sur la marche du pays, qui n’interpelle pas le gouvernement ?(…) nos amis d’en face ont peur. Ils ont peur de la colère du peuple. Ils ont peur d’une nouvelle insurrection. Normal, l’assassin sait très bien que le coup de gourdin fait mal. Mais ils se trompent de stratégie. S’ils veulent éviter la colère du peuple, qu’ils règlent les problèmes du peuple! »

Le climat au sein de la nouvelle opposition : «Notre opposition, elle est nouvelle et elle est plurielle. (…)Nous ne sommes pas d’accord sur tout. Nous ne sommes même pas obligés d’être d’accord sur tout, parce que personne n’a consulté l’autre avant de se déclarer opposant. Mais à ce stade, nous sommes d’accord sur au moins une chose : c’est que le MPP gère mal le Burkina Faso».

Zéphirin Diabré à la rescousse du CDP ? 

«Les dirigeants MPP parlent du CDP comme si c’était le choléra, mais passent par des émissaires, amis et parents, pour établir le contact avec Blaise Compaoré. Quand on insulte un parti, on ne cherche pas à joindre son père fondateur.Dans tous les cas, les leaders du MPP sont mal placés pour donner des leçons de morale à qui que ce soit dans ce pays ».

Le PNDES : « Ils nous ont annoncé à grands renforts de publicité qu’ils avaient un PNDES et qu’à Paris, les Blancs leur ont donné 18.000 milliards de francs CFA. Depuis, rien !

Sur ce plan au moins, pour une fois, nous sommes d’accord avec le président de l’Assemblée nationale, le Dr Salifou Diallo. Si le Premier ministre revient l’an prochain pour son discours sur l’état de la Nation, et ne nous dit pas où sont rentrés les 18.000 milliards de Paris, non seulement l’hémicycle sera étroit pour lui, mais la ville de Ouagadougou sera étroite pour tout son gouvernement ».

Sécurité : « Nous sommes en danger. Les terroristes sont en train de nous terroriser.

Entre tueries et prises d’otages, notre peuple ne sait plus s’il faut se vouer au ministre de la Sécurité qui excelle dans la gesticulation, ou au ministre de la Défense qui nous a pompeusement promis de terroriser les terroristes. La lutte contre le terrorisme est l’affaire de tous les Burkinabè qui, historiquement, n’ont jamais ménagé leur vie pour préserver l’intégrité du territoire national ».

La gestion du MPP selon le CFOP : « Ce qui nous fait le plus mal, c’est le chômage de nos jeunes et la misère de nos femmes. Le MPP les a complètement oubliés ! Ils ont promis 750.000 emplois. Ils ont déjà créé 750.000 chômeurs !

On nous a promis la gratuité des soins. On l’attend toujours ! Ou plutôt, on a eu 2 comprimés de paracétamol. On nous a promis des améliorations dans nos écoles. On les attend toujours ! Et le vent continue d’emporter les toitures de nos écoles. Dans nos villes, il y a des familles qui ne peuvent pas aligner deux repas par jour.

Et on ose venir leur dire que Burkina is back ! Non, c’est la famine  is back !

La réconciliation nationale : « Sur ce plan, personne ne veut et ne va enjamber les cadavres de nos martyrs. Ce sera Vérité-Justice- Réconciliation. Toute l’opposition politique est d’accord pour ce tryptique ! Oui la vérité ! Comme disait quelqu’un qui a marqué l’histoire, elle est révolutionnaire. La vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Qui a fait quoi, quand, et où ? Quand nous disons qui, c’est tous les qui ! Quand nous disons quoi, c’est tous les quoi ! Et quand nous disons quand, c’est tous les quand ! Et quand nous disons où, c’est tous les où! Si nous sommes d’accord pour soulever le couvercle de la marmite, alors, soyons d’accord pour aller au fond de la marmite ! »

Le CFOP veut sanctionner le gouvernement : « Ce gouvernement a échoué. Et lorsqu’un gouvernement a échoué, on doit le sanctionner. Dieu merci, la Constitution et le règlement intérieur de l’Assemblée nationale ont prévu cette sanction démocratique et républicaine : elle s’appelle Motion de censure. Je prends l’engagement solennel de soumettre à l’ensemble des chefs de partis de l’opposition, l’idée d’une motion de censure contre le gouvernement de Paul Kaba Thiéba, et de vous rendre compte en toute transparence, de la décision qui sera prise! »1

Amélie Gué

Amélie GUE

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