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Quand le MPP prépare la victoire de ses adversaires !

15 avril 2018 Auteur :  

Le Mouvement du peuple pour leprogrès (MPP), le parti au pouvoir et son champion, le Président Roch Marc Christian Kaboré, risquent de créer les conditions de leur échec aux prochaines élections présidentielle, législatives et locales. La gouvernance du MPP semble s’essouffler déjà, seulement deux ans après l’accession au pouvoir du Président Kaboré.

Roch la solution est en train de se transformer en Roch le problème, tant l’on attend toujours en vain de voir la marque de l’homme sur la gouvernance quotidienne de la société burkinabè. Point n’est besoin d’égrener le chapelet des réalisations d’infrastructures socioéconomiques, des mesures prises dans l’amélioration de l’accès aux soins de santé, de renforcement de l’indépendance de la Justice, etc. Tout cela est bien beau et utile. Mais ça reste une goutte d’eau dans un océan de besoins. Le pouvoir reproduit les mêmes tares du système de la prédation de Blaise Compaoré avec les promotions de complaisance, les marchés octroyés aux proches et amis des gourous de la République, les malversations dans la gestion quotidienne dans bien des structures publiques, les conventions mouta mouta avec le privé.

Globalement, excepté le pouvoir personnel et presqu’absolu qu’exerçait Blaise Compaoré avec sa famille, l’on assiste aux mêmes pratiques de violations de l’éthique et de l’orthodoxie du bien public. En témoignent les révélations régulières par les médias de pratiques de mal gouvernance dans plusieurs secteurs de l’administration publique.

Face donc à cette impossible rupture, leurs anciens camarades du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), de la Nouvelle Alliance du Faso (NAFA), de l’Alliance pour la démocratie et la fédération, Rassemblement démocratique africain (ADF/RDA) ontdécidé de reprendre du poil de la bête. Pendant que le CDP annonce son retour au pouvoir dès 2020, la NAFA décide de démarrer la course pour la présidentielle en déclarant déjà son candidat en la personne de Djbrill Bassolé. De son côté, l’ADF/RDA annonce son retour prochain au devant de la scène politique. Il est vrai que le MPP est également sur les starting blocks pour la présidentielle de 2020 à travers des sorties des membres du Bureau politique ou exécutif national à l’intérieur du pays pour remobiliser les militants. Mais le meilleur avocat d’un parti au pouvoir, ce sont ses réalisations, ses actions en termes de réponses aux attentes des masses. Quels que soient les acteurs ou moyens mobilisés par le parti au pouvoir, il ne pourra convaincre que par ses résultats. Les sorties et autres initiatives du parti doivent s’accompagner d’actions courageuses et fortes en termes de lutte contre la corruption et la mal gouvernance, surtout en termes de sanctions des auteurs de pratiques contraires aux règles et principes de la bonne gestion des ressources publiques.

Pour y arriver, il faut déjà que le président assume pleinement ses responsabilités de chef de l’Exécutif et fasse le ménage dans son entourage immédiat et dans son gouvernement. Son équipe actuelle a montré toutes ses limites. Cela fait bientôt un an que nous le relevons. Mais le constat reste le même. Le chef ne veut pas décider et assumer. L’on a passé deux années à louvoyer. Tout cela contribue à raviver les appétits chez les adversaires qui se contentent juste de critiquer les limites du pouvoir, de faire des comparaisons avec les pratiques sous Blaise Compaoré pour établir soit des similitudes, soit un recul.

En tout état de cause, si dans les mois à venir, le président ne se réveille pas, il faut craindre qu’il crée les conditions de sa perte du pouvoir en 2020. Les espoirs de ses compatriotes maigrissent chaque jour un peu plus. Sa gouvernance est de plus en plus décriée, même à l’intérieur de la majorité et surtout du parti au pouvoir. Et c’est le pays qui s’enfonce dans le gouffre. A cette allure, l’on tombera irréversiblement dans l’impasse qui exposera le pays à l’instabilité institutionnelle et politique.

Boureima Ouédraogo

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