• 07
  • Sep

Blaise Compaoré a-t-il compris le message ?

senatLes Burkinabè s’inquiétaient du silence de leur Président face à la fracture sociopolitique qui caractérise la situation nationale depuis l’adoption de la loi portant institution du bicamérisme au Burkina Faso. Après avoir été battu sur le terrain de la mobilisation par l’opposition politique, le parti présidentiel et ses acolytes sont rentrés dans un mutisme avec quelques sorties aussi malheureuses les unes que les autres. La plus effrayante de ces sorties sera l’œuvre du grand Sachem lui-même. En effet, apparemment exaspéré par on ne sait quoi, le Président Compaoré a sorti une véritable bourde intellectuelle et politique, qui plus est, à l’étranger, notamment en Côte d’Ivoire où il a déclaré péremptoirement qu’une marche n’avait jamais changé une loi, ni en France,ni aux Etats-Unis,. Avis aux professeurs d’histoire et aux journalistes qui pullulent dans les couloirs du palais de Kosyam. Mais le plus grave restait à venir. A la faveur de la commémoration du cinquantenaire de la Radiodiffusion et de la télévision du Burkina (RTB), il a accordé une interview qui a donné froid à tous ceux qui espéraient qu’il allait sonner la fin de la réaction et rappelé ses troupes à l’ordre. Erreur, il ne fera pas mieux que les Assimi Kouanda et autres. Bien au contraire. Mais la pression est si forte qu’il a fini par tempérer les ardeurs. Depuis le 12 aôut, il a changé son fusil d’épaule. Mais il ne l’a pas encore définitivement renoncé à tirer.

  • 25
  • Aoû

Le piège se referme sur le système Compaoré

opposDimanche 28 juillet 2013, l’opposition politique réunie autour de son chef de file a fait une véritable démonstration de force. A son appel, des milliers, voire des dizaines de milliers de Burkinabè sont descendus dans la rue pour dire non au Sénat et à la révision de l’article 37 de la Constitution portant limitation des mandats présidentiels. A Ouagadougou, Il y a bien longtemps que les rues n’ont pas accueilli autant de monde en colère. Cette extraordinaire mobilisation indique que les Burkinabè sont prêts et capables d’apporter un changement. L’opposition n’est qu’un outil pour cette foule déterminée à défendre la démocratie, la justice sociale en réponse à un pouvoir épuisé par tant d’ébauches d’énergies et de ruses juste pour rouler tout le monde dans la farine. Ce pouvoir a fini par oublier le peuple. Ce dimanche 28 juillet 2013, ils étaient encore plus nombreux que le 29 juin dans la rue pour donner un message on ne peut plus clair au pouvoir : ça suffit ! Le peuple ne se laissera plus faire. Il reste plus à espérer que ce message sera entendu à Kosyam et que le gouvernement ne va pas continuer à dormir tranquille au risque de se réveiller là où il ne souhaite pas. Kosyam doit retenir son souffle. Le locataire des lieux doit certainement se poser mille et une questions. Va-t-il puiser au plus profond de lui-même toute la sagesse et la lucidité que recommande la situation nationale ? Il faut l’espérer !

  • 04
  • Aoû

L’ultime combat ?

blaise francoisÇa y est ! Le Burkina est dans l’œil du cyclone. Il fonce droit dans le chaos. La marche du 6 juillet pour soutenir la paix et la démocratie, a finalement été l’occasion pour le CDP (Congrès pour la démocratie et le progrès) et ses alliés d’afficher clairement leur agenda politique : d’abord, la mise en place du Sénat et ensuite, la modification de la Constitution pour en finir avec la limitation des mandats présidentiels. Ceux qui doutaient que le pouvoir en soit encore à une telle perspective, ont désormais la preuve que ces gens-là ne changeront que lorsqu’ils n’auront pas le choix. L’heure est grave, très grave ! Ce régime, si l’on le laisse manœuvrer, finira par tout détruire, même ce qu’il a pu faire de bien pour ce pays. Puis, il l’enfoncera davantage dans la déchéance morale, politique, économique, sociale, éthique et intellectuelle. Il faut espérer que le Président Blaise Compaoré sorte de son silence mortel pour rappeler à l’ordre, ses courtisans, frères et amis. Là aussi, il ne faut pas trop rêver. Tout semble indiquer que c’est la voix du maître qui a retenti haut et fort dans les rues de Ouagadougou et de Bobo Dioulasso le 6 juillet dernier.

  • 19
  • Juil

Les magistrats en guerre contre l’incivisme au sommet de l’Etat

justice bfLes syndicats de magistrats ne sont pas contents de leur ministre de tutelle. Ils l’ont fait savoir au président du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), le Président Blaise Compaoré, dans une déclaration datée du 25 juin dernier. Cette levée de boucliers dans le corps de la magistrature fait suite aux sorties incompréhensibles et même hasardeuses des ministres en charge des mines et de la justice suite à l’affaire des 23 kilos d’or, que détient illégalement la Brigade nationale de lutte anti-fraude de l’or (BNAF) avec le soutien du ministre de tutelle (voir Le Reporter N°119 et N°120). Les magistrats reprochent à ces ministres d’avoir critiqué une décision de Justice (qui a pourtant l’autorité de la chose jugée) et d’avoir publiquement remis en cause l’indépendance de la magistrature. Ce courroux s’explique aussi par le refus de membres du gouvernement d’exécuter une décision de Justice. Cette affaire a sans doute été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Car, les décisions de Justice rangées dans les tiroirs par le gouvernement, il y en a à la pelle. Même le président du CSM piétine les décisions de la Justice. Reste donc à espérer que cette exigence des syndicats de magistrats sonnera le tocsin et pourquoi pas secouer le cocotier.

  • 19
  • Juil

Les marcheurs pris à parti par les forces de l’ordre

Sénat-8Le 29 juin dernier, les partis de l’opposition ont organisé sur l’ensemble du territoire national, une marche de protestation contre la mise en place de la deuxième chambre parlementaire, le Sénat , mais aussi contre ce qu’ils ont qualifié de mauvaise politique du gouvernement. A Ouagadougou, des milliers de gens ont honoré ce rendez-vous à la place de la Nation qui était le lieu du rassemblement. Mais les choses ont fini par tourner à l’envers. La marche s’est transformée en courses-poursuites entre policiers et manifestants.

  • 10
  • Juil

La prééminence clan Compaoré, les amis et les anciens ministres

longotAu Burkina Faso, pour être du secteur des mines, il faut être du clan présidentiel ou avoir été ministre des mines. Si tel n’est pas le cas, il faut être un proche de la famille présidentielle. Ce sont là, des révélations d’une investigation de Africa Mining Intelligence paru en avril 2013 sur le secteur minier burkinabè. T out serait dirigé de main de maître par le locataire de Kosyam, le président du Faso Blaise Compaoré lui-même, et le maître de chœur est son petit frère François Compaoré. Ce sont eux qui gèrent l’or du pays. Mais ils y ont associé des anciens ministres des Mines.

  • 23
  • Jui

Le poisson pourrit par la tête

pmC’est désormais une réalité acceptée de tous au Burkina Faso. Les villes et campagnes du pays sont progressivement entrain de se transformer en cités inciviques où la rue dicte sa loi au mépris des règles et principes qui régissent le vivre-ensemble. A qui la faute ? A la société dans tous ses segments, des familles aux gouvernants en passant par l’école, les espaces de socialisation des jeunes, etc. Mais la responsabilité première incombe surtout aux gouvernants qui ont contribué à délégitimer l’Etat et les institutions au profit des clans et réseaux de coteries. Quelles actions conduire pour redresser cette pente dangereusement glissante ? Du 30 au 31 mai dernier, près de 400 personnes venues des 13 régions du pays ont été conviées par le ministère en charge des droits humains à une réflexion collective et inclusive. C’était dans le cadre du forum national sur le civisme. Une fois de plus, le gouvernement refuse de mener le vrai combat.

  • 06
  • Jui

Un entêtement aux dessous inavouables

senatDepuis quelques semaines, le gouvernement s’active pour la mise en place du Senat. Issue des propositions consensuelles du Conseil consultatif sur les réformes politiques (CCRP), la mise en place du Sénat divise la classe politique et l’opinion publique nationale. Elle sonne comme un anachronisme incompréhensible avec l’évolution des processus démocratiques en Afrique de l’Ouest mais aussi et surtout du contexte national de vie chère et de ploutocratie institutionnelle étouffante et inopérante. Cet entêtement et cet empressement du gouvernement semblent cacher des dessous inavouables couverts sous le vernis du renforcement de la démocratie. Mais plus que la création de nouvelles institutions de service, le renforcement de la démocratie commence par une volonté politique de respecter les principes élémentaires : séparation des pouvoirs avec son corollaire d’indépendance du législatif et du judiciaire, alternance à la tête de l’Etat, transparence et recevabilité dans la gestion du bien commun, égalité des citoyens en droits et en devoirs, etc. Sur ce terrain-là, le pouvoir Compaoré est terriblement absent. Une absence qui a fini par rendre suspecte toute initiative de réforme qu’il entreprend. Cette fois, la tension monte d’un cran et risque d’accélérer l’explosion.

"Nous rêvons d'un Burkina Faso où le pauvre suscite chez le riche, compassion et solidarité; où le faible bénéficie de la protection des forts; où la solidarité n'est pas seulement un slogan mais une valeur essentielle dans nos rapports avec les autres; où toute vie humaine est sacrée;...Lire la suite