• 26
  • Déc

2014, l’année de tous les dangers !

cdpLa situation sociopolitique nationale baigne dans un calme plat inquiétant. Après les levers de boucliers autour de la mise en place du Sénat et la relecture de la Constitution le 12 novembre dernier, les différents états-majors politiques semblent s’emmurer dans les calculs et l’élaboration de stratégies pour l’offensive ou la contre-offensive. Le pouvoir semble se chercher à travers la construction d’alliances et des ralliements. Mais il mobilise peu, pour l’instant. Ou du moins, il ne mobilise ceux que les autres ont déjà rejetés depuis longtemps. Tous les scénarios sont envisagés avec des plans A, B, C, etc. Pendant ce temps, le parti présidentiel, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), se lézarde de l’intérieur. Les voix discordantes se multiplient. Les clans se dressent et prêts à en découdre. A force de chercher une large coalition autour du projet de mise en place du Sénat et de la relecture de la Constitution, le Président Compaoré et l’équipe dirigeante du CDP risquent de se faire surprendre par l’ampleur de la grogne à l’intérieur du parti. Les conditions de l’implosion sont en train d’être réunies.

  • 11
  • Déc

Un pas de plus dans l’incertitude

assnatComme annoncé dans notre précédente édition, l’Assemblée nationale a adopté le mardi 12 novembre dernier, le projet de loi portant modification de la constitution en vue d’introduire des dispositions transitoires lui permettant de légiférer en toute légalité et en attendant la mise en place du sénat. Les deux groupes parlementaires de l’opposition (Alternance, démocratie et justice – ADJ et union pour le progrès et le changement - UPC) ont boycotté cette séance plénière. Contrairement donc à la loi portant création du sénat, le groupe parlementaire ADF-RDA (Alliance pour la démocratie et la fédération, Rassemblement démocratique africain) a apporté sa caution à cette révision constitutionnelle. Le front républicain composé de la mouvance présidentielle se met progressivement en place. Lentement, le pouvoir se prépare à des batailles politiques inutilement dangereuses. Le pays s’enfonce dans l’incertitude.

  • 03
  • Déc

Fin de règne pour les réseaux mafieux ?

yacouba barryLes 24 et 25 octobre derniers se sont tenus à Ouagadougou, les états généraux des lotissements. Environ 500 participants représentant l’Etat et ses services centraux et déconcentrés, les collectivités territoriales, les experts de la question foncière, les organisations de la société civile (OSC), les partenaires techniques et financiers se sont penchés sur cette lancinante question des lotissements marqués par une gestion scandaleuse, voire mafieuse, au cours de ces dernières années. Presque tous les lotissements opérés, surtout dans les villes de Ouagadougou et de Bobo Dioulasso ont été entachés de pratiques suspectes et de « deals mafieux ». Parfois, ce sont les premiers responsables des conseils municipaux ou d’arrondissements qui sont indexés. Mais les états généraux semblent avoir avalisé l’impunité pour les « suspects sérieux » de deals de parcelles. Ils ont fait des recommandations, somme toute pertinentes, mais qui risquent de mourir dans les tiroirs à étouffer les dossiers gênants de la république et de ses protégés.

  • 10
  • Nov

assami2Depuis quelques temps, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), parti au pouvoir, tente de reprendre la main face au réveil de l’opposition politique réunie autour du Chef de file de l’opposition (CFOP). Ce réveil inattendu a déjoué bien des plans du pouvoir et créé même une certaine panique qui a poussé à des sorties et initiatives malheureuses et surtout, mis à nu la faible capacité du Secrétariat exécutif national (SEN) à gouverner le parti présidentiel. Cette situation a provoqué des agitations, encore fébriles certes, mais qui pourraient, si rien n’est fait, faire place à une implosion ou tout au moins des batailles rangées en interne. Des militants dénoncent « l’incompétence » du SEN et appellent à sa démission pure et simple et à la tenue d’un congrès extraordinaire. Dans une déclaration qui circule encore sous les manteaux et dont nous avons obtenu une copie, ces militants égrènent un long chapelet de griefs contre le SEN. Jusqu’où peut aller cette fronde naissante ?

  • 22
  • Oct

Blaise Compaoré fait peur !

blaiseDans notre précédente édition, nous relevions qu’avec son Blaise Compaoré finira par enterrer ce qui reste de la crédibilité de certains leaders religieux. Nous avons par la suite été apaisé par la sortie du Premier ministre à la télévision nationale le 17 septembre dernier, lorsqu’il a déclaré que « nous n’allons pas imposer le Sénat ». Bien des analystes avaient vu dans cette déclaration de Luc Adolphe Tiao, un revirement dans l’entêtement du pouvoir à mettre en place cette deuxième Chambre qui divise profondément la société burkinabè. Mais voilà que Blaise Compaoré revient à la charge, une fois de plus, à l’extérieur du pays, pour réaffirmer sa volonté d’instaurer le Sénat. Mieux, il a fini de convaincre plus d’un qu’il n’est pas encore prêt à quitter le pouvoir en 2015. Bien au contraire, il reste convaincu d’avoir le choix. Plus grave, son seul choix sera déterminant. On croit rêver. Finalement, et c’est désormais clair pour tous, la Constitution burkinabè ne vaut que par le seul choix de Blaise Compaoré. On prend de plus en plus peur à l’écouter.

  • 02
  • Oct

senatre

Après le flop des tentatives de forcing pour la mise en place du Sénat controversé et rejeté par bien de ses compatriotes, Blaise Compaoré a décidé d’élargir les bases de la concertation. Par un communiqué du 6 septembre dernier, il annonce avoir instruit le gouvernement à poursuivre les concertations avec toutes les composantes sociales. Une semaine après, il a reçu tour à tour, les communautés religieuses (catholique, protestante et musulmane). Le moins que l’on puis dire à l’écoute des leaders religieux à leur sortie d’audience, c’est que ce projet de sénat va diviser davantage et profondément les burkinabè. Blaise Compaoré risque ainsi de tuer définitivement la crédibilité de certains leaders religieux. Ce n’est vraiment pas leur bagarre, ce sénat. Certains l’ont compris mais d’autres non ! Et c’est vraiment regrettable !

  • 01
  • Oct

Jusqu’où peut aller Blaise Compaoré !

Blaise compaoreeeeeeBlaise Compaoré et son gouvernement semblent se tromper royalement de combat. Ni les « mesurettes » annoncées en pompe comme des « mesures fortes » pour répondre aux pressantes attentes sociales, ni les promesses d’élargissement des concertations à toutes les couches sociales ne pourront asseoir la pertinence encore moins l’opportunité du Sénat et de la relecture de l’article 37. Seules l’acceptation du jeu républicain et la fin de la confusion entre l’Etat et Blaise Compaoré pourraient véritablement offrir au Burkina Faso des chances de sortir indemne de ce long règne sans partage. Ce sera une erreur politique de croire aujourd’hui que l’on peut détourner l’attention et la vigilance des Burkinabè en lutte (pas ceux qui conçoivent leur bonheur individuel dans le malheur et la misère de la majorité) de leur combat actuel. L’on s’étonne que parmi les mesures dites fortes, le gouvernement ait oublié l’essentiel : la bonne gouvernance avec des sanctions exemplaires contre tous les délinquants à cols blancs qui ont plongé le pays dans la déchirure actuelle. Et c’est là surtout qu’il faut désespérer de ce pouvoir qui a fini par montrer que le bien commun à tous les Burkinabè qu’est l’Etat n’est plus en sécurité en ses mains. Que peut-on en espérer encore. Seulement qu’il ne conduise pas le pays dans le chaos généralisé. L’Etat dont rêvent bien des Burkinabè n’est pas celui qui n’existe que par un individu ou des clans.

  • 23
  • Sep

Il faut arrêter cette interminable hypocrisie

arsene yeLa situation sociopolitique nationale sent très mauvais depuis la crise née de la mise en œuvre des réformes politiques issues du Conseil consultatif sur les réformes politiques (CCRP). Le blocage institutionnel dans lequel l’on se retrouve aujourd’hui est la conséquence logique du système politique qui a gouverné ce pays au cours du quart de siècle de règne de Blaise Compaoré. Ce système exclusivement orienté autour du pouvoir personnel, des intérêts de clans et réseaux familiaux ou de coteries ne pouvait que déboucher sur cette situation. Mais dans ce monde d’aujourd’hui, devenu village planétaire avec les technologies de l’information et de la communication alliées à l’augmentation sensible du niveau d’instruction des jeunes, il n’est point possible de maintenir les peuples dans une démocratie du silence et de la peur permanente. Avec ces projets de réformes, le système Compaoré a fini par mettre à nu ses limites objectives dans le contexte actuel du monde et des aspirations du peuple burkinabè, notamment dans sa frange instruite et urbaine. Il ne lui reste plus que deux options : s’entêter et plonger le pays dans le chaos ou accepter que l’heure de la fin a sonné et négocier une transition paisible avec à la clé une sortie honorable.

"Nous rêvons d'un Burkina Faso où le pauvre suscite chez le riche, compassion et solidarité; où le faible bénéficie de la protection des forts; où la solidarité n'est pas seulement un slogan mais une valeur essentielle dans nos rapports avec les autres; où toute vie humaine est sacrée;...Lire la suite