Boureima Ouédraogo

Boureima Ouédraogo

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L'affaire à fait grand bruit et a même suscité des levers de boucliers. En effet, au moment où la capitale burkinabè s'apprêtait à accueillir la 7e édition du Festival international de la liberté d'expression et de presse (FILEP), les confrères de la Télévision nationale, par une note de la Rédaction que l'on peut qualifier d'historique, dénonçaient l'immixtion du politique, notamment du ministre en charge de la communication, Rémis Fulgance Dandjinou, dans la gestion et le traitement de l'informa­tion. C'était suite au rendez-vous manqué de l'émission « Sur la brè­che » qui devait recevoir le ministre démissionnaire, Tahirou Barry. Tous les défenseurs de la liberté de presse, profondément attachés à l'indépen­dance des médias y compris publics, ne peuvent que condamner toute entrave à l'exercice de cette liberté, notamment l'immixtion du politique dans les contenus des médias publics.

Le Burkina Faso va mal et même très mal. Et ce n'est pas être alarmiste de le dire. C'est un constat. Le pays a mal à sa gouvernance, à sa classe politique dans son ensemble, à sa société civile et à ses citoyens, individuellement et collectivement. Trois ans après l'insurrection populaire qui était pourtant censée offrir de nouvelles perspectives politiques, institutionnelles et socioéconomiques pour la grande masse des Burkinabè, le pays continue de tanguer, de patauger des eaux marécageuses.

Comme nous l'avions annoncé dans nos précéden­tes éditions, le rapport de la commission d'enquête du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), le rapport que l'on a tenté de cacher au peuple, a fini par tomber dans la sphère publique. C'est notre confrère, «Courrier confiden­tiel», dans sa dernière livraison du 25 octobre, qui l'a publié en inté­gralité.

L'actualité politique s'est emballée ces dernières semaines avec le retour sur scène des partisans et du frère cadet de Blaise compaoré (François qu'il se prénomme) et la liberté provisoire accordée au premier unique Général de gendarmerie Djibrill Bassolé, en conflit avec la loi.

Cela fait déjà 30 ans que le Capitaine Thomas Sankara a été assassiné avec 12 de ses compagnons et dont Blaise Compaoré a enjambé les cadav­res pour se propulser à la tête de l'Etat au nom d'une prétendue rectification de la Révolution. Cela fait également 30 ans que sa famille espère des signaux d'une justice, car, c'est bien la première (et la dernière) fois qu'un prési­dent a été assassiné au Burkina Faso.

Le 16 septembre 2017, le Burkina Faso a commémoré le deuxième anniversaire de la résistance au coup de force de Gilbert Diendéré et du RSP qui s'étaient emparé du pouvoir de la Transition en 2015. Cette commémoration s'est déroulée dans un contexte national marqué par l'indignation, le découragement et même le dépit chez la grande majorité de celles et ceux qui ont bravé les balles assassines des barbouses du Général félon.

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"Nous rêvons d'un Burkina Faso où le pauvre suscite chez le riche, compassion et solidarité; où le faible bénéficie de la protection des forts; où la solidarité n'est pas seulement un slogan mais une valeur essentielle dans nos rapports avec les autres; où toute vie humaine est sacrée;...Lire la suite