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DEUX ANS DU PRESIDENT KABORE : Les racines indéboulonnables de la mal gouvernance

22 mars 2018 Auteur :  

Dans quelques jours, le Président Roch Marc Christian Kaboré bouclera ses deux années à la tête de l'Etat. Deux années difficiles pour le pays qui cherche encore vainement ses marques et ses populations qui se demandent encore si le changement espéré n'est pas un rêve impossible. 2017 s'achève comme sa sœur ainée 2016 qui n'a pas été à la hauteur des espérances.

Ll'on pourrait même dire qu'elle a été pire, sur tous les plans. Pendant que le pouvoir détruit les lueurs d'espoir les unes après les autres, l'opposition se montre complètement incapable d'offrir ou de proposer une alternative. Bien au contraire, elle croit trouver son salut en tirant sur l'ambulance, se contentant de crier au peuple ce qu'il sait et vit au quotidien, à savoir l'incapacité du gouvernement de Paul Kaba Thiéba à répondre à leurs légitimes aspirations au bien-être et à la paix sociale. D'autres encore semblent avoir fait le choix de rendre le pays ingouvernable. D'autres encore croient que leur heure a enfin sonné et que ce qu'ils recherchaient depuis les indépendances est à portée de main. Que retenir donc de l'année 2017 ? Retour sur une année difficile qui termine comme elle a commencé, dans le désespoir quasi généralisé.

La situation nationale au Burkina Faso a été essen­tiellement marquée au cour de l'année 2017 par la recrudescence de l'insécurité, avec la multiplication des attaques terroristes au Sahel, à l'Ouest et à Ouagadougou ; la persis­tance des scandales dans la gestion publique ; les débrayages et autres mouve­ments d'humeurs dans presque tous les secteurs qui plombent l'administration publique ; l'incompréhensible immobilisme qui frise l'in­compétence du gouverne­ment ; une difficile relance économique avec notam­ment, le Programme national de développement écono­mique et social (PNDES) ; quelques tentatives désespé­rées du pouvoir déchu de revenir sur la scène et enfin des signaux du côté de la Justice qui restent encore en deçà des fortes attentes. L'animation de la vie politique nationale a été globalement caractérisée par une sorte d'affrontement indirect entre Blaise Compaoré (par parti­sans interposés) et ses anciens disciples passés au MPP La sortie du Président Kaboré sur la chaîne de télévision TV5 Monde et la réaction surprise de Blaise Compaoré, relative­ment aux liens incestueux que ce dernier entretiendrait avec les groupes djihadistes, en disent long sur cette opposi­tion toujours pesante sur la vie politique nationale. L'arbitrage attendu de l'Union pour le progrès et le change­ment (UPC) ou de la Coalition des forces démocratiques pour le changement (CFDC, mutation de la coalition des perdants de 2015 ou zeph'2015) s'est révélé parti­san, partial en faveur des par­tisans de la restauration du pouvoir déchu en 2014. Les principaux faits politiques marquants sont, entre autres : le réajustement gouverne­mental, le congrès du MPP en mars, la reprise partielle des élections locales en mai, la mort de Salifou Diallo, les défections au sein du groupe parlementaire UPC, la crise au PAREN, la démission de Tahirou Barry et les scandales de Simon Compaoré.

Une année décevante sur le plan politique

L'année 2017 démarre par une polémique stérile et improductive sur le bilan de la première année du pouvoir Kaboré entre l'opposition et la majorité Pour l'opposition, 2016 a été une année per­due, tant le désespoir et l'ab­sence de perspectives rassu­rantes ont pris le dessus sur les fortes attentes sociales. Le « Mémorandum sur un an du Président Roch Kaboré », rendu public le 6 février, fut un véritable réquisitoire contre le pouvoir. Sans revenir sur les détails des échangesinutilement violents entre l'op­position et la majorité, l'on peut retenir que ces polé­miques ont eu au moins le mérite de mettre à nu les réalités et la pauvreté du dis­cours politique actuel caracté­risé par cette tendance à se valoriser en dévalorisant l'au­tre. Face au pouvoir hésitant et manifestement en manque de génie et d'audace, l'oppo­sition se complait dans la cri­tique facile sans aucune pro­position ou offre d'alternative, allant parfois jusqu'à soutenir ou à fermer les yeux sur des situations d'incivisme et de défiance de l'autorité de l'Etat.

Dans ce contexte, le réajuste­ment du gouvernement Thiéba en début février, devait permettre de relancer la machine de l'Exécutif. Malheureusement, il n'y a pratiquement pas eu de chan­gement. Au passage, le nom­bre des membres du gouver­nement est passé à 28 minis­tres (contre 25 dans le précé­dent) avec toujours les 4 secrétaires d'Etat. Il a aussi permis de régler des ques­tions de géopolitique natio­nale avec l'entrée de la région de l'Est et du Sahel dans le gouvernement, à tra­vers respectivement Oumarou Idani (Mines et Carrières) et Alkassoum Maïga (Enseignement supérieur, de l'Innovation et de la Recherche scientifique). Et le tour est joué. L'on prend presque les mêmes et on continue.

La création de la Coalition pour la démocratie et la réconciliation (CODER, fon­dée par les partis de l'ex­majorité et Le Faso Autrement de Ablassé Ouédraogo) et ses nombreuses sorties publiques, notamment sa rencontre avec Blaise Compaoré le 11 avril à Abidjan figurent parmi les faits politiques marquants de cette année. Toute la débau­che d'énergie pour prêcher la réconciliation des Burkinabè se révèle progressivement être une véritable tentative d'ar­naque politique dont le but ultime est de créer les condi­tions d'une remise en scène de politiciens en perte de cré­dibilité et craignant une retraite politique impréparée. La reprise, le 28 mai 2017, des élections municipales à 1,2 milliard de francs CFA est l'une des aberrations poli­tiques de cette année. Cette reprise a raisonné dans bien des esprits comme une prime à l'insouciance et l'indisci­pline politique. Dans la plu­part des 19 communes et arrondissements, la reprise était consécutive au blocage des conseils municipaux par des élus insatisfaits du choix des maires et qui ont conduit à la dissolution desdits conseils. Il y avait d'autres où les élections n'ont pu avoir lieu en 2016 du fait des vio­lences orchestrées par des militants de partis politiques, notamment le parti au pou­voir. L'Etat a dû décaisser 1,2 milliard pour réparer les conséquences de l'incon­science d'acteurs politiques sans prendre la moindre sanction contre les fauteurs de troubles. Cette reprise sonne comme une prime à la bêtise politique. Ce qui s'est passé à Saponé, avec la récidive des contestataires et qui a entrainé une nouvelle dissolu­tion du Conseil municipal illustre éloquemment l'incon­séquence des politiques et l'ir­responsabilité des autorités.

rpckComme nous l'écrivions dans notre édition N°219 du 1er au 15 août dernier, « la scène politique a connu une anima­tion particulière le dernier weekend du mois de juillet 2017. A lui seul le député Laurent Bado, propriétaire, pardon, fondateur du Parti de la renaissance nationale (PAREN), a fait l'actualité poli­tique, reléguant au second plan les sorties des plus hau­tes personnalités de l'Etat (Le président du Faso, le Premier ministre, le président de l'Assemblée nationale, les présidents d'institutions, les membres du gouvernement, etc.) à l'ouest du pays. Les samedi 29 et dimanche 30 juillet, le fondateur du PAREN a convoqué un congrès du parti en l'absence du Bureau exécutif national dont le prési­dent jusqu'alors en exercice, Tahirou Barry. Au terme de ce congrès, ce dernier a été éjecté de la Direction et exclu du parti ». Après de vaines tentatives de contester ce congrès de forçage, Tahirou s'était résolu à espérer que son collègue en charge des libertés publiques refusera de reconnaître le bureau issu de ce congrès qu'il a qualifié d'illégal. Mais finalement, ce bureau a été reconnu et a obtenu son récépissé. Laurent Bado a donc repris sa pro­priété privée et l'a confiée à Pouswendé Michel Béré, son nouveau messie.

Après le PAREN, ce fut le tour de l'UPC de vivre sa crise avec la démission de 13 de ses députés du groupe parle­mentaire du parti à l'Assemblée nationale. Ces derniers avec à leur tête Daouda Simboro, ont créé un nouveau groupe parlemen­taire UPC Renouveau démo­cratique (UPC/RD). Depuis, le parti du lion semble secoué par des turbulences qui trou­blent le sommeil du Président Zéphirin Diabré qui a du mal à en trouver la solution. Celle consistant à pousser les dépu­tés frondeurs à rendre leur mandat semble inopérante. Après des marches et autres mobilisations de la base contre les frondeurs, la Direction du parti et les mili­tants ont fini par se rendre à l'évidence que rien ni per­sonne ne pourra empêcher ces élus de poursuivre l'exer­cice de leur mandat. D'autant plus que l'Assemblée natio­nale a reconnu, conformé­ment aux textes en vigueur, le nouveau groupe parlemen­taire.

Un autre fait marquant de l'actualité politique au cours de cette année 2017 aura été la démission surprise de Tahirou Barry, ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme. En seulement 22 mois de pouvoir, le régime Kaboré enregistre une démis­sion bruyante qui aurait pu confirmer tout le mal que les Burkinabè pensaient de ce gouvernement de Paul Kaba Thiéba. Malheureusement, Tahirou Barry a très mal exploité le buzz que sa démis­sion a suscité. En tenant coûte que coûte à se montrer comme un parangon de la vertu qui ne pouvait accepter de se taire et de cohabiter un pouvoir insouciant et incapa­ble de rompre avec la mal gouvernance, Tahirou Barry s'est grillé tout seul. Finalement, sa démission qui aurait pu être un acte poli­tique courageux et fort d'un jeune leader s'est muée en une sorte de tentative dés­espérée d'un homme perdu et qui cherche à profiter d'un buzz qu'il a volontairement créé à cet effet. Ou alors d'un homme politique qui a perdu ses soutiens et qui en veut àses partenaires et collègues de ne l'avoir pas soutenu dans son bras de fer avec son ex-mentor, Laurent Bado. Bref, ces multiples sorties sans observer le minimum de réserve après sa démission, ont contribué à en donner une portée de moindre importance.

L'on ne peut passer sous silence le « scandale tranqui- los » du ministre d'Etat en charge de la sécurité, Simon Compaoré (Voir bêtisier poli­tique). Cette énième bourde du ministre d'Etat, débar­quant nuitamment chez un député frondeur de l'UPC pour rassurer ce dernier et sa famille que leur sécurité sera assurée, traduit si besoin était, une certaine infantilisation de la gouvernance et le peu de sérieux que certains accordent à leur statut de gouvernant. Enfin, pour boucler les faits politiques marquants, l'on peut noter cette sortie hasar­deuse du Premier ministre Paul Kaba Thiéba himself face aux militants de la majorité le 30 novembre dernier. Le Premier ministre Paul Kaba Thiéba tentant vaille que vaille à justifier son incapacité à impulser une rupture d'avec le pilotage à vue de l'action gouvernementale mais sur­tout de faire plaisir aux cadres du MPP qui ne veulent plus le sentir et exigent en sourdine son départ, a étalé sa mécon­naissance de la scène poli­tique burkinabè. Mieux, il ne semble même pas avoir cons­cience de l'impopularité gran­dissante et de la crise de confiance que suscite son gouvernement non seulement auprès des populations, mais surtout au sein même de la majorité présidentielle où son incompétence est clairement décriée.

L'administration publique constamment plombée par des grèves et des débrayages

Du point de vue de la gouver­nance administrative, l'on est encore loin des réformes pro­mises par le Président Kaboré. Bien au contraire, l'adminis­tration burkinabè est prati­quement plombée par des mouvements de revendica­tions de toutes sortes. Du ministère des Finances aux transporteurs en passant par les travailleurs de l'Action sociale, de la Culture, de la santé, c'est le printemps des grèves et des débrayages par­fois sauvages. Les bras de fer qui ont marqué les esprits au cours de cette année sont sans conteste ceux qui ont opposé le gouvernement d'une part, aux syndicats des agents du Trésor du Burkina (SATB) et des agents des Impôts et des Domaines (SNAID), et d'autre part, à l'Union des chauffeurs et rou­tiers du Burkina. L'on peut y ajouter la crise qui a opposé le Syndicat des travailleurs des travaux publics, du bâti­ment, de l'hydraulique et assi­milés du ministère des Infrastructures (SYTTPBHA-MI) à leur ministre. L'on pourrait y ajouter la grève sans service minimum des agents de la santé qui a fait couler beau­coup d'encre et de salive du fait de ses conséquences dés­astreuses.

Ces mouvements, en plus de perturber le fonctionnement de l'administration, ont pro­voqué d'importantes pertes pour l'économie nationale que jusque-là personne ne s'est risqué à évaluer. Globalement, l'administration burkinabè reste encore minée par l'absence d'une culture des résultats. L'esprit de fonc­tionnaire ayant droit à de meilleures conditions de vie et de travail sans se soucier du mérite est encore présent chez bien des acteurs. Les pra­tiques bureaucratiques avec leur corollaire d'affairisme et de clientélisme constituent encore les principaux goulots d'étranglement de l'adminis­tration.

Les racines indéboulonnables de la mal gouvernance

zefLe gouvernement burkinabè, malgré les professions de foi et la déclaration de bonnes intentions, a du mal à s'é­manciper du règne de la mal gouvernance instauré par le pouvoir déchu. Du point de vue de la bonne gouver­nance, le gouvernement Thiéba éprouve du mal à convaincre par les actes. Les levers de boucliers sur certai­nes initiatives gouvernemen­tales illustrent parfaitement cette crise de confiance qui rend presque tous les projets suspects aux yeux de bien des Burkinabè. Les exemples sont légion.

La loi sur l'allègement des procédures (gré à gré) de contractualisation des projets de partenariat public-privé (PPP), votée le 03 juillet 2017, a fait couler beaucoup d'en­cre et de salive. Selon le gou­vernement, cette loi a été éla­borée sur la base d'un constat de la «faiblesse du taux de contractualisation des parte­nariats public-privé (PPP) due à la complexité et à la lon­gueur des procédures actuel­les qui prennent entre 9 et 12 mois, voire plusieurs années ». Il invoque comme preuve, le fait que « le pre­mier contrat PPP signé en 2017 dans le domaine de l'é­nergie solaire a été entamé depuis 2009 ». Ce qui n'est vrai puisque le Conseil des ministres du 16 mars 2016 avait déjà attribué un marché PPP pour la modernisation et la sécurisation des titres de transport et la ré-immatricula­tion des véhicules.

Au quotidien, les malversa­tions et autres abus des biens publics sont encore légion. Les médias continuent de dénoncer ces pratiques. Les détournements de médica­ments destinés à la prise en charge gratuite des patients par des agents de santé, les détournements au Fonds d'appui à la formation pro­fessionnelle et à l'apprentis­sage (FAFPA), les délits d'ini­tiés dans les marchés publics (cas de l'Institut national de la statistique et de la démogra­phie) et du Conseil supérieur de la communication (CSC) sont assez illustratifs de la persistance de l'affairisme et de la mal gouvernance dans l'administration publique. En l'état actuel de cette adminis­tration, il est difficile de pro­mouvoir une gouvernance économique respectueuse des principes éthiques et moraux de la gestion publique. La rupture annoncée sera un leurre tant que le pouvoir ne prendra pas à bras-le-corps la réforme de l'administration publique pour en faire une administration chargée de produire et délivrer des servi­ces publics de qualité. Ces quelques cas montrent que l'on s'éloigne progressive­ment de la bonne gouver­nance économique. De même, l'administration publique burkinabè n'a pas encore fait sa mue vers une administration républicaine capable de gérer les affaires publiques conformément aux principes et règles en la matière.

Restaurer l'autorité de l'Etat ou périr

Le pays ne s'est jamais autant mal porté, confronté à des cri­ses multiformes, à des adversi­tés et des menaces sur tous les fronts (politique, social, écono­mique et sécuritaire). Le pays attend d'être gouverné. Trop de priorités pour un pouvoir qui a du mal à affirmer sa vision et le sens dans lequel il veut aller. L'autorité de l'Etat est au plus bas et fait constam­ment l'objet de défiance de toutes sortes. La justice semble finalement un mythe inaccessi­ble, un vœu pieux. L'économie est au point mort ou, tout au plus, tourne au ralenti. L'incivisme et l'indiscipline sont devenus la chose la mieux par­tagée. La chienlit s'installe pro­gressivement. La déception a gagné même les rangs du parti au pouvoir.

Sans vouloir offenser le Premier ministre et les memb­res de son gouvernement, l'on peut affirmer qu'en deux ans, ils ont plus réussi à décevoir l'espoir qu'à le maintenir. Plus grave, le président du Faso, lui-même, n'a pas encore réussi à donner des gages de sa capacité à porter réellement le changement promis. Il faut impérativement restau­rer l'autorité de l'Etat. Pour cela, il faut un leadership éclairé et ferme. C'est ce qui est attendu du président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré. Cela exige, avant tout, qu'il songe enfin à s'entourer d'une équipe gouvernemen­tale et de collaborateurs à la hauteur des défis actuels de gouvernance. S'il veut réussir les 3 ans restants de son man­dat, il n'a d'autre choix que de refonder son gouvernement. Paul Kaba Thiéba a montré trop de limites qui malheureu­sement lui ont fait perdre le crédit et la légitimité nécessai­res à la restauration de la confiance en l'Etat. Il faut en tirer toutes les leçons. A trop tergiverser là où il faut agir et manquer de poigne là où il faut, l'on risque de mettre le pays définitivement en danger. Globalement, l'analyse du bilan des deux premières années du régime Roch Kaboré indique clairement une faillite de la classe politique actuelle. Autant le pouvoir a du mal à porter et proposer une rupture d'avec le système Compaoré et ses avatars, autant l'opposition tente de surfer sur ces insuffisances et limites sans proposer la moin­dre alternative. Dans son ensemble, le pays est plombé par une absence d'offre poli­tique à la hauteur des attentes. L'on assiste à une personnali­sation du jeu politique au détriment du leadership autour des projets d'alternative, por­teurs d'espoir pour la jeunesse et les couches sociales vulné­rables.

Boureima Ouédraogo

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