• 25
  • Aoû

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Depuis quelque temps, l’actualité est marquée par les débats concernant l’intention du Ministre de la santé, M. Smaïla OUEDRAOGO, de mettre fin au contrat du Directeur Général de la Centrale d’Achat des Médicaments Essentiels Génériques (CAMEG) en vue de nommer à sa place quelqu’un à sa convenance. La situation qui prévaut à la CAMEG intéresse et interpelle la Confédération Générale du Travail du Burkina (CGT-B) pour trois raisons essentielles : 1. La CAMEG joue un rôle très important dans la politique sanitaire dans la mesure où elle assure l’essentiel de l’approvisionnement du pays en produits pharmaceutiques ; 2. Elle emploie plus de 260 travailleurs; 3. Le dossier de la CAMEG pose un problème de gouvernance puisqu’il s’agit des critères et des conditions de désignation du Directeur Général d’une structure ; 4. Monsieur le Ministre de la santé a adressé une correspondance en date du 11 juillet 2016 à la CGT-B pour, dit-il, lui « faire la situation sur la gestion de celle-ci » et lui demander de porter à la connaissance de ses représentants à la CAMEG « l’information juste». Et juste après cette correspondance du Ministre, la CGT-B a reçu du Directeur Général un recueil de documents concernant la CAMEG. Après avoir pris connaissance des différents documents, la CGT-B a adressé au Ministre de la santé une correspondance pour d’abord le remercier d’avoir mis à sa disposition les documents, ensuite lui faire part de ses préoccupations. Celles-ci sont relatives : • d’une part au risque de saignée financière de la CAMEG au cas où la rupture du contrat du Directeur Général se ferait dans l’illégalité et donne lieu encore au paiement de dommages et intérêts ; • d’autre part au statut de la CAMEG qui fonctionne curieusement comme une association avec des acteurs dont les rôles et les parts restent assez obscurs. En terminant sa correspondance, la CGT-B a fait part de sa disponibilité à échanger directement avec lui sur la question. Sur cette base, le Ministre, dès la réception de celle-ci a proposé à la Confédération une rencontre le même jour à 18h. Ainsi, une délégation de la confédération s’est rendue au cabinet du Ministre. A l’occasion, celui-ci a fait une genèse du dossier en mettant en exergue les éléments suivants : 1. le texte issu de la délibération du Conseil d’administration de 2002 qui a fait passer la durée du mandat des administrateurs de deux à trois ans est un faux, parce que la page des signatures est une copie d’un document de 1998 ; 2. la CAMEG dans son fonctionnement actuel accorde les pleins pouvoirs au Conseil d’Administration au détriment de l’Assemblée Générale qui devrait être l’instance suprême ; 3. la session du Conseil d’Administration qui a procédé au renouvellement du mandat du Directeur Général n’avait pas ce point à son ordre du jour et le PCA qui est un conseiller technique du Ministre n’a pas évoqué ce point avec lui avant le Conseil d’Administration. La CGT-B note une volonté affichée du Ministre de la santé de passer en force pour rompre le contrat du Directeur Général. En outre elle fait observer que même si selon le Ministre le texte de 2000 est un faux, il reste que c’est lui qui régit la société depuis plus de 15 ans et tous les mandats passés ont été exécutés sous le régime de ce texte. Dans ce sens, des procédures devraient être engagées contre ceux qui sont suspectés de falsification, et la décision judicaire pourrait situer tout le monde. Pour la CGT-B donc, le Ministre devrait se soucier prioritairement de toiletter les différents textes et surtout de traiter la question du statut de la CAMEG qu’il a trouvée sur sa table dès sa nomination. En tout état de cause, comme nous l’avons indiqué dans notre correspondance, la CGT-B exprime « son rejet total de toute gestion du dossier pouvant entrainer un préjudice quelconque aux travailleurs et à leur outil de travail qu’est la CAMEG ». Le gouvernement actuel et en particulier le Ministre Smaïla OUEDRAOGO portera l’entière responsabilité d’une condamnation de la CAMEG et devra y répondre, tôt ou tard des dommages causés à la CAMEG, tout comme ses prédécesseurs qui ont posé les mêmes actes. Du reste, en réponse aux propos du Ministre, la délégation de la CGT-B a indiqué qu’elle se gardait de s’immiscer dans les débats de textes en cours. Cependant, elle rappelle les deux préoccupations qu’elle a soulignées dans sa correspondance, à savoir : - la nécessité de gérer le dossier du contrat du Directeur Général de sorte à éviter à la CAMEG une nouvelle saignée qui résulterait d’une condamnation à payer des dommages et intérêts pour une rupture illégale du contrat ; en rappel, trois ruptures précédentes de contrat de Directeurs Généraux jugées illégales ont coûté à la CAMEG plusieurs dizaines de millions de F CFA ; - la priorité à accorder au traitement de la question du statut de la CAMEG en faisant d’elle une société d’Etat. La CGT-B réaffirme ici sa disponibilité à contribuer à la recherche de solutions à la crise que vit la CAMEG avec comme axe la défense de l’intérêt général, celle des travailleurs de la CAMEG. Elle invite ses militant(e)s, l’ensemble des travailleuses et des travailleurs de la CAMEG à rester vigilants pour déjouer toutes les manœuvres d’où qu’elles viennent qui viseraient à les détourner de cette voie juste. Pain et Liberté pour le Peuple ! Unité-Solidarité-Action ! Pour le Bureau National Confédéral Bassolma BAZIE Secrétaire Général

  • 15
  • Aoû

Risques dinnondationsCeci est une déclaration du réseau national de plaidoyer sur les risques d’inondations au Burkina Faso. Au gouvernement et aux populations, une vingtaine d’associations fait des recommandations.

"Le début de cette saison pluvieuse 2016-2017a été marqué par une série de vents violentset se poursuit par des cas d’inondations enregistrésdans plusieurs localités sur le territoire national.

En effet, à ce jour, nous enregistrons selon des données du Gouvernement, 47 000 personnes victimes d’inondations.

Quatre (06) régions dont le Nord, le Centre Nord, le Centre Est et le Centre Ouest, le Centre et le Sahel sont touchées par les inondations. Cela contribue à fragiliser davantage les conditions de vie et les moyens d’existence des populations.

Ces inondations ont malheureusement fait de nombreuses victimes dont on dénombre 15 morts sur toute l’étendue du territoire.

Cette situation vient nous rappeler la tristement célèbre date du 1er septembre 2009 et sonne pour tous comme un appel à la vigilance. C’est en cela que nous saluons le mérite du message du Gouvernement, appelant l’ensemble des citoyens à plus de vigilance et de responsabilité.

C’est pourquoi, nous, membres du Réseau National de Plaidoyer sur la Réduction des Risques de Catastrophe, par la présente déclaration,

Saluant les efforts consentis par le Gouvernement burkinabè en matière de Réduction des Risques de Catastrophes.

Conscients que la réduction des risques d’inondation passe par une réponse appropriée aux facteurs de vulnérabilité que sont : la méconnaissance des risques, la faible préparation de la population à faire face aux risques, le manque et/ou l’insuffisance des ouvrages d’assainissement pour drainer les eaux de pluie, le mauvais entretien des caniveaux existants, la précarité des constructions, l’installation dans les zones à risque d’inondation, la mauvaise coordination des secours, etc.

Considérant que, selon les prévisions saisonnières et caractéristiques agro-climatiques de la saison de pluies 2016 présentés par la Direction Générale de la Météorologie, le Burkina Faso pourrait connaître une pluviométrie normale avec une tendance excédentaire sur l’ensemble du territoire pour les périodes de juillet-août-septembre ;et queces prévisionsindiquent les risques d’une forte concentration de l’activité pluvieuse en quelques décades, ce qui porte les germes ou prémices de graves inondations préjudiciables à la sécurité humaine et aux activités agro-pastorales.

Pour ce faire, nous exhortons les populations :

A adopter des comportements citoyens à travers le maintien d’un cadre de vie sain en bannissant par exemple les mauvais comportements consistant à déverser les déchets dans les caniveaux, et à construire sur les caniveaux et dans des zones inondables, etc.;

A rester vigilantes et à se préparer constamment à d’éventuels risques, conformément aux mesures de précaution proposées par le Gouvernement.

A suivre et respecter les consignes de sécurité que le gouvernement viendrait à donner afin de réduire considérablement les éventuels dommages qui pourraient survenir des inondations

Recommandons au Gouvernement de :

Renforcer les dispositifs de secours existants sur le plan matériel, financier et technique ;

Engager des travaux de curage et drainage des eaux de pluies dans certains centres urbains et mettre en place un mécanisme permanent chargé de cette opération chaque année avant l’installation de la saison pluvieuse ;

Développer la culture de la sécurité et de la prévention à travers des actions de sensibilisation de proximité à l’endroit des populations en général et celles vivant dans les zones à risque d’inondation en particulier ;

Identifier et préparer des sites de recasement des populations en cas de sinistre ou d’évacuation préventive;

Rendre disponibles aux citoyens et aux communautés à la base les informations sur les prévisions agro-météorologiques et climatiques adaptées, en langage simple  et compréhensible par toute la population ;

Mettre en place une cellule technique de veille et de concertation sur les risques d’inondations sur l’ensemble du territoire national conformément aux dispositions de la loi 012/2014 et au regard de la récurrence de ce type de catastrophe.

Réaffirmons enfin la nécessité pour l’Etat de gérer de façon participative les risques de catastrophes, comme préconisé par le Cadre d’Action de Sendai (CAS) 2015 - 2030, afin de soutenir un développement durable et pour tous !"

Ouagadougou, le 22 juillet 2016

Ont signé :

Réseau MARP BURKINA WEP
ODE ATAD
CPF SEMUS
CEAS Media Vert
Association Santé et Développement ACGRC
SELF HELP AFRICA IJACOD
Christian Aid FEPAC UA
Diakonia SOS Sahel International
DIOBASS Burkina Faso AEERB
TENFOREST Tin-Tua
  Association Koom
  • 08
  • Juil

familialeCeci est une déclaration du syndicat des travailleurs de la santé humaine et animale (SYNTSHA)- section de la Gnagna à propos de la semaine nationale de la planification familiale (SNPF) de 2016. La section syndicale fait des reproches médecin-chef du district sanitaire de Manni qui aurait fait main basse sur des financements des activités de la semaine nationale.

Depuis mi-mai 2016 une crise secoue le district sanitaire de MANNI. Cette situation fait suite à la semaine nationale de la planification familiale (SNPF) tenue du 9 au 15 mai 2016. Déjà le 08 mai 2016, lors d’une rencontre préparatoire de ladite activité, les agents de santé des maternités du centre médical et du CSPS de MANNI ont souhaité que leur prise en charge pour l’animation des stands, soit comme pour leurs confrères de GAYERI à savoir 5000f/jour au lieu de 2500f. En rappel, le même problème de prise en charge s’était posé à la SNPF 2015 et le Médecin Chef du district(MCD), Docteur HARO Emmanuel avait répondu que pour cette activité il peut se passer des services des agents de la maternité du centre médical de MANNI quand bien même ils sont les principaux acteurs. Le premier jour de l’activité, le MCD avait convoqué les représentants des agents à une réunion. C’est au cours de cette réunion qu’il leur fit comprendre qu’il n’a pas de solution à leur problème (augmentation de la prise en charge.) et il a même poussé l’outrecuidance en disant qu’il n’est pas prêt à trouver une solution audit problème.

C’est après avoir jeté à la figure des agents de tels propos (refus d’augmenter la prise en charge même s’il a la possibilité, dixit le MCD) qu’il les expulsa de la salle de façon très humiliante. En lieu et place des agents des maternités du centre médical et du CSPS de MANNI, le MCD fit venir des agents d’autres CSPS pour animer les stands avec une prise en charge de 4000f/jour. Ces dits agents sont venus faire des prestations à la maternité du CM de MANNI sans même que le premier responsable de la maternité ne soit informé.La section SYNTSHA de la GNAGNA saisie de la situation, rencontra le MCD et convoqua le 14 mai 2016 une Assemblée générale (AG). Au cours de cette AG, les participants ont souhaité que le MCD arrête les manœuvres de division de l’équipe médicale et qu’il respecte les agents de santé quelle que soit leur grade et leur fonction. De plus, les participants ont exigé la transparence dans la gestion du district sanitaire de MANNI. Il s’agit par cette revendication d’exiger la transparence dans la gestion des différentes activités et plus précisément de la SNPF et aussi que le MCD mette les accords du district à la disposition du SYNTSHA.

La réponse du MCD à cette revendication des travailleurs au cours de l’audience du 25 mai 2016 est plus que révoltante : concernant la transparence dans la gestion et précisément dans la gestion de la SNPF, le MCD dit que c’est trop lui demandé que de vouloir la transparence. Il dit n’avoir pas de compte à rendre au SYNTSHA. Pour ce qui est des accords il dit tout simplement qu’il ne les donnera point au SYNTSHA. L’appréciation globale qu’on fait de la situation est que la transparence est la chose la moins partagée au district de MANNI, En analysant le financement sur la SNPF en notre possession, on se rend compte que des rubriques ont été financées alors que des dépenses n’ont pas été effectuées sur le terrain. Il s’agit par exemple de la location de chaises et de la sonorisation qui sont financées à hauteur de 105.000F alors que pendant l’activité c’est le matériel du district qui a été utilisé à cette fin. Ainsi plus de 450.000f soit près de la moitié des 996 875f financé pour la SNPF n’a pas été utilisé sur le terrain. Où est allé cet argent restant ? Dans la poche du MCD ? Ce dont on est sûr, ce n’est pas dans la SNPF qui s’est déjà réalisée.

A l’image de la SNPF, nul doute que si rien n’est fait, les plus de 120 millions de financement que l’état et ses partenaires ont accordé au district de MANNI en 2016 seront gérés de la sorte. Le financement de 2015 n’a d’ailleurs pas échappé à cette gestion mafieuse. A titre illustratif, Alors que l’ECD a estimé qu’en dehors des SONU, le financement de l’Etat a été exécuté à 100% (confère le plan d’action 2016 du district) nous constatons amèrement l’absence du matériel et des réactifs commandés sur le budget de l’Etat 2015. Où se trouve l’appareil d’électrophorèse commandé sur ledit budget ? En tout état de cause le district de MANNI est en attente de cet appareil pouvant soulager la souffrance des populations qui ne seront plus obligées de se déplacer jusqu’à KAYA (à 130Km) pour faire cet examen. Où se trouve la petite bouteille d’oxygène commandée sur le même budget ? Combien de malades dépendant de l’oxygène seraient sauvés s’ils avaient bénéficié de l’oxygène au cours de leur évacuation ?

Le MCD interpelé à maintes reprises sur cette question nous a tout simplement dit que le fournisseur, un certain LEBGO GROUP, ne décroche plus leur appel. Pourquoi le fournisseur a-t-il été intégralement payé sans avoir livré la bouteille d’oxygène? Des malversations comme celle-là, pullulent au district de MANNI. La gratuité des soins tant annoncée sera-t-elle vraiment utile à la population de MANNI si l’argent destiné pour relever le plateau technique se trouve détourner pour d’autres fins ? A titre d’exemple, l’appareil d’électrophorèse est sans trace à ce jour alors que l’électrophorèse fait partie des examens devant être gratuits. Les accords demandés par le SYNTSHA constituent un simple document Excel où sont compilés les détails des différentes activités financées par les partenaires. Pourquoi le MCD tient-il à garder ce document à sa propre discrétion ?

Le SYNTSHA prend acte du mépris affiché par le MCD de MANNI vis-à-vis des travailleurs et de leur syndicat et le tiendra pour responsable de la dégradation du climat social. C’est pourquoi le SYNTSHA, section de la GNAGNA :

- Dénonce cette attitude de mépris du MCD contraire à un partenariat social constructif ;

- interpelle de nouveau le MCD de MANNI sur sa gestion et exige de lui un bilan sérieux de la SNPF et la mise à la disposition du SYNTSHA les accords du district;

- appelle les travailleurs des districts de MANNI et BOGANDE à se mobiliser, et à se tenir prêts pour exiger un traitement sérieux de leurs revendications.

  • Non à une gestion mafieuse du district de MANNI !
  • Non au détournement des fonds destinés aux soins des populations !
  • Oui à une gestion transparente !
  • Oui à une santé accessible aux populations !

Pain et Liberté pour le Peuple !

BOGANDE le 07/06/2016

Le bureau de la section

* Le titre est de la rédaction

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"Nous rêvons d'un Burkina Faso où le pauvre suscite chez le riche, compassion et solidarité; où le faible bénéficie de la protection des forts; où la solidarité n'est pas seulement un slogan mais une valeur essentielle dans nos rapports avec les autres; où toute vie humaine est sacrée;...Lire la suite