Arouna OUEDRAOGO

Arouna OUEDRAOGO

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Navrante escalade langagière !

Depuis ce début d’année, la scène politique nationale semble être gagnée par une certaine fébrilité, caractérisée par un durcissement, sinon un pervertissement du discours politique, dans les différentes chapelles. Les attaques et contre-attaques verbales se font de plus en plus virulentes. Cette situation a atteint son paroxysme incontestablement avec la publication du mémorandum de l’opposition, qui concluait notamment que 2016 a été une année perdue par le Burkina, sous la gouvernance du régime MPP. Il n’en fallait pas plus pour que le parti au pouvoir se fende d’une contre-attaque très musclée, dans laquelle il n’hésite pas à taxer les partis d’opposition de « putschistes » qui seraient en train de manœuvrer pour le renverser. Le ton et les mots utilisés dans cette réaction sont si durs et si insolites, surtout venant d’un parti au pouvoir, qu’ils n’ont pas manqué de susciter des questionnements chez certains observateurs de la scène politique nationale. C’est à se demander si le pouvoir ne se méprend pas sur son rôle et sa place dans le jeu politique. Que l’opposition ait le verbe dur pour apprécier l’action du gouvernement, cela procède de l’ordre normal des choses. Tel est le rôle traditionnel d’une opposition dans toutes les démocraties. Mais que le pouvoir, qui gouverne, au lieu de convaincre l’opinion à travers des actes concrets, décide de descendre sur le terrain de la stérile polémique verbale, il faut avouer que quelque chose ne va pas. Le plus inquiétant c’est qu’apparemment, le discours offensif semble être la nouvelle option du pouvoir. Même le PM, reconnu jusque-là comme un homme assez modéré dans le langage, a décidé d’emboucher la trompette de la « mal-cause ». Lui qui n’hésite plus à voir derrière l’action syndicale, une main manipulatrice, cherchant à faire tomber le pouvoir. Bien entendu, la réponse ne s’est pas fait attendre. « Si quelqu’un est mal assis et il tombe, c’est son problème… ». Lui a rétorqué en substance le Secrétaire général de la CGT-B, Bassolma Bazié. Vivement que tout cela connaisse un dénouement heureux pour le Burkina.

Par Y. Ladji BAMA

Le péril des lourdeurs !

Une des caractéristiques majeures du régime Kaboré est sans aucun conteste sa lourdeur dans ses prises de décisions et ses actions. Cela a pu se constater dès le berceau même de ce régime. L’on a pu le voir avec le temps mis pour parvenir à composer le tout premier gouvernement de ce régime. Après sa prestation de serment, les Burkinabè ont rongé les freins pendant de longues semaines avant de voir le Président Kaboré nommer son Premier ministre. Par la suite, la lenteur et l’immobilisme marqueront pratiquement tout le parcours du nouveau régime durant sa première année de gouvernance. Sur la plupart des fronts sur lesquels il est attendu, le pouvoir du Président Kaboré se fait toujours attendre. Les promesses de campagne du président sont, dans leur quasi-totalité, en attente d’être mises en œuvre. La gouvernance vertueuse dans une administration performante et crédible ; la lutte contre la corruption et le favoritisme ; l’amélioration des transports ; etc. restent jusque-là des vœux pieux. Après un an de pouvoir, le citoyen ne voit toujours rien poindre à l’horizon sur tous ces plans. Que d’atermoiements. Que de rendez-vous manqués. C’est ainsi qu’il a fallu attendre plusieurs attaques terroristes dans le Nord et que l’Armée nationale essuie de lourdes pertes pour songer à sa réorganisation à travers la mise en place d’un nouveau commandement. La dernière illustration de cet attentisme étouffant au sommet est la décision du président, depuis décembre 2016, de procéder à un réaménagement du gouvernement pour l’adapter aux impératifs de l’heure. Voilà bientôt 2 mois que cette annonce a été faite. Et depuis, plus rien. Comment comprendre tout cela dans un contexte où tous sont unanimes que l’heure est grave et qu’il faut aller vite dans la recherche de solutions aux problèmes qui assaillent le pays? Qui vivra verra !

Par Y. Ladji BAMA

"Nous rêvons d'un Burkina Faso où le pauvre suscite chez le riche, compassion et solidarité; où le faible bénéficie de la protection des forts; où la solidarité n'est pas seulement un slogan mais une valeur essentielle dans nos rapports avec les autres; où toute vie humaine est sacrée;...Lire la suite