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Navrante escalade langagière !

10 juillet 2017 Auteur :  

Depuis ce début d’année, la scène politique nationale semble être gagnée par une certaine fébrilité, caractérisée par un durcissement, sinon un pervertissement du discours politique, dans les différentes chapelles. Les attaques et contre-attaques verbales se font de plus en plus virulentes. Cette situation a atteint son paroxysme incontestablement avec la publication du mémorandum de l’opposition, qui concluait notamment que 2016 a été une année perdue par le Burkina, sous la gouvernance du régime MPP. Il n’en fallait pas plus pour que le parti au pouvoir se fende d’une contre-attaque très musclée, dans laquelle il n’hésite pas à taxer les partis d’opposition de « putschistes » qui seraient en train de manœuvrer pour le renverser. Le ton et les mots utilisés dans cette réaction sont si durs et si insolites, surtout venant d’un parti au pouvoir, qu’ils n’ont pas manqué de susciter des questionnements chez certains observateurs de la scène politique nationale. C’est à se demander si le pouvoir ne se méprend pas sur son rôle et sa place dans le jeu politique. Que l’opposition ait le verbe dur pour apprécier l’action du gouvernement, cela procède de l’ordre normal des choses. Tel est le rôle traditionnel d’une opposition dans toutes les démocraties. Mais que le pouvoir, qui gouverne, au lieu de convaincre l’opinion à travers des actes concrets, décide de descendre sur le terrain de la stérile polémique verbale, il faut avouer que quelque chose ne va pas. Le plus inquiétant c’est qu’apparemment, le discours offensif semble être la nouvelle option du pouvoir. Même le PM, reconnu jusque-là comme un homme assez modéré dans le langage, a décidé d’emboucher la trompette de la « mal-cause ». Lui qui n’hésite plus à voir derrière l’action syndicale, une main manipulatrice, cherchant à faire tomber le pouvoir. Bien entendu, la réponse ne s’est pas fait attendre. « Si quelqu’un est mal assis et il tombe, c’est son problème… ». Lui a rétorqué en substance le Secrétaire général de la CGT-B, Bassolma Bazié. Vivement que tout cela connaisse un dénouement heureux pour le Burkina.

Par Y. Ladji BAMA

Y. Ladji Bama

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