• 10
  • Juil

En sa séance du 9 mars dernier, le Conseil des ministres a adopté un décret portant création, attribution, organisation et fonctionnement d’un Haut Représentant du président du Faso. En attendant d’en savoir davantage sur le bien-fondé de cette trouvaille qui tombe à la surprise générale, l’on ne peut s’empêcher de s’interroger sur son opportunité. Si l’on en croit le compte rendu du Conseil des ministres, le Haut Représentant du président du Faso est « chargé de l’exécution des missions de représentation du président du Faso, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du territoire national et de toutes autres missions à lui confiées par le président du Faso ». La question qui s’impose tout de suite est celle de savoir quelles peuvent bien être ces missions de représentation du chef de l’Etat que, ni ses nombreux conseillers spéciaux et non spéciaux, ni ses nombreux chargés de missions, ni son directeur de cabinet, ni son Premier ministre, ni ses ministres, ni même le président de l’Assemblée nationale, dans une certaine mesure, ne peuvent assumer, au point de nécessiter la création d’un tel poste ? Quelle urgence de représentation dans le contexte sociopolitique national et international impose-t-elle la création de ce poste ? Les priorités du moment dans ce pays ne sont-elles pas ailleurs que dans de pareilles créations ? Dans un contexte de rareté des ressources, dans un contexte où on clame constamment que les finances publiques vont mal, un contexte où on manque de moyens pour faire face à des besoins existentiels des plus pressants, le budget qui sera alloué au fonctionnement d’un tel haut poste n’aurait-il pas pu servir plus utilement ailleurs ? Bref, sans doute que nous allons trop vite en besogne. Attendons de voir le Haut Représentant à l’œuvre. Sa raison d’être est peut-être plus importante que nous ne le croyons. Bon vent donc au Haut Représentant !

Par Y. Ladji BAMA

  • 10
  • Juil

Depuis ce début d’année, la scène politique nationale semble être gagnée par une certaine fébrilité, caractérisée par un durcissement, sinon un pervertissement du discours politique, dans les différentes chapelles. Les attaques et contre-attaques verbales se font de plus en plus virulentes. Cette situation a atteint son paroxysme incontestablement avec la publication du mémorandum de l’opposition, qui concluait notamment que 2016 a été une année perdue par le Burkina, sous la gouvernance du régime MPP. Il n’en fallait pas plus pour que le parti au pouvoir se fende d’une contre-attaque très musclée, dans laquelle il n’hésite pas à taxer les partis d’opposition de « putschistes » qui seraient en train de manœuvrer pour le renverser. Le ton et les mots utilisés dans cette réaction sont si durs et si insolites, surtout venant d’un parti au pouvoir, qu’ils n’ont pas manqué de susciter des questionnements chez certains observateurs de la scène politique nationale. C’est à se demander si le pouvoir ne se méprend pas sur son rôle et sa place dans le jeu politique. Que l’opposition ait le verbe dur pour apprécier l’action du gouvernement, cela procède de l’ordre normal des choses. Tel est le rôle traditionnel d’une opposition dans toutes les démocraties. Mais que le pouvoir, qui gouverne, au lieu de convaincre l’opinion à travers des actes concrets, décide de descendre sur le terrain de la stérile polémique verbale, il faut avouer que quelque chose ne va pas. Le plus inquiétant c’est qu’apparemment, le discours offensif semble être la nouvelle option du pouvoir. Même le PM, reconnu jusque-là comme un homme assez modéré dans le langage, a décidé d’emboucher la trompette de la « mal-cause ». Lui qui n’hésite plus à voir derrière l’action syndicale, une main manipulatrice, cherchant à faire tomber le pouvoir. Bien entendu, la réponse ne s’est pas fait attendre. « Si quelqu’un est mal assis et il tombe, c’est son problème… ». Lui a rétorqué en substance le Secrétaire général de la CGT-B, Bassolma Bazié. Vivement que tout cela connaisse un dénouement heureux pour le Burkina.

Par Y. Ladji BAMA

  • 10
  • Juil

Une des caractéristiques majeures du régime Kaboré est sans aucun conteste sa lourdeur dans ses prises de décisions et ses actions. Cela a pu se constater dès le berceau même de ce régime. L’on a pu le voir avec le temps mis pour parvenir à composer le tout premier gouvernement de ce régime. Après sa prestation de serment, les Burkinabè ont rongé les freins pendant de longues semaines avant de voir le Président Kaboré nommer son Premier ministre. Par la suite, la lenteur et l’immobilisme marqueront pratiquement tout le parcours du nouveau régime durant sa première année de gouvernance. Sur la plupart des fronts sur lesquels il est attendu, le pouvoir du Président Kaboré se fait toujours attendre. Les promesses de campagne du président sont, dans leur quasi-totalité, en attente d’être mises en œuvre. La gouvernance vertueuse dans une administration performante et crédible ; la lutte contre la corruption et le favoritisme ; l’amélioration des transports ; etc. restent jusque-là des vœux pieux. Après un an de pouvoir, le citoyen ne voit toujours rien poindre à l’horizon sur tous ces plans. Que d’atermoiements. Que de rendez-vous manqués. C’est ainsi qu’il a fallu attendre plusieurs attaques terroristes dans le Nord et que l’Armée nationale essuie de lourdes pertes pour songer à sa réorganisation à travers la mise en place d’un nouveau commandement. La dernière illustration de cet attentisme étouffant au sommet est la décision du président, depuis décembre 2016, de procéder à un réaménagement du gouvernement pour l’adapter aux impératifs de l’heure. Voilà bientôt 2 mois que cette annonce a été faite. Et depuis, plus rien. Comment comprendre tout cela dans un contexte où tous sont unanimes que l’heure est grave et qu’il faut aller vite dans la recherche de solutions aux problèmes qui assaillent le pays? Qui vivra verra !

Par Y. Ladji BAMA

  • 02
  • Avr

En observant le comportement de certains dans la gestion de la chose publique, on se demande parfois si elles ont une réelle conscience de l’importance de la responsabilité qui est la leur en tant qu’agent public. C’est à croire que certains sont venus juste pour travailler à mettre à mal l’état des finances publiques.

  • 08
  • Fév

Depuis le 4 janvier, l’Armée burkinabè a un nouveau parton, en la personne du Général Oumarou Sadou. L’homme était jusque-là relativement inconnu du commun des Burkinabè. Beaucoup ont entendu son nom pour la première fois à la faveur de sa nomination en tant que chef d’Etat-Major général des armées (CEMGA), en remplacement du Général Pingrenoma Zagré. Osons croire qu’il s’agit là de l’homme neuf que l’on appelait de tous les voeux à la tête de cette armée, en vue d’opérer sa nécessaire mue.

  • 11
  • Jan

Suite aux violences survenues dans l’arrondissement 8 de Ouagadougou le 6 décembre dernier, consécutivement au vote de défiance contre le maire dudit arrondissement, le MPP, parti au pouvoir, a enfin décidé de taper du point sur la table. Dans un communiqué rendu public dès le lendemain, le président par intérim de ce parti a dit condamner « avec énergie cette dérive barbare antidémocratique qui est aux antipodes des valeurs républicaines prônées et défendues par le parti ».

  • 06
  • Déc

tablette Huawei MediaIl est maintenant clairement établi que certains des nouveaux anciens hommes au pouvoir, malgré le message fort envoyé à travers l’insurrection, malgré leurs promesses de changement, n’entendent pas renoncer à certaines vieilles et vilaines pratiques. Ces gens qui se réclament des insurgés croient toujours pouvoir continuer de ruser avec leurs concitoyens. La réalité incontestable selon laquelle le Burkina a radicalement changé et que les Burkinabè entendent désormais être gouvernés autrement semble être une vue de l’esprit pour ces gens.

  • 29
  • Nov

fdsLe Burkina est sans nul doute lancé dans le combat contre le terrorisme. Auparavant pays de négociation, souvent de refuge pour djihadistes, le Burkina était ce pays où de nombreux Etats en conflit venaient reconstruire leur paix, faisant de son président, le médiateur ès-qualité de la sous- région. La dernière médiation assurée par l’ex-Président Blaise Compaoré a été celle de la crise au Nord-Mali entre les groupes terroristes et l’Etat malien.

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"Nous rêvons d'un Burkina Faso où le pauvre suscite chez le riche, compassion et solidarité; où le faible bénéficie de la protection des forts; où la solidarité n'est pas seulement un slogan mais une valeur essentielle dans nos rapports avec les autres; où toute vie humaine est sacrée;...Lire la suite