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AU PALAIS DE JUSTICE: Un avocat condamné pour licenciement abusif de sa secrétaire

08 février 2017 Auteur :   Aimé NABALOUM

Reconnu coupable de licenciement abusif, l’avocat a été condamné, notamment au payement de dommages et intérêts ainsi que d’une amende. Mais le « défenseur de la veuve et de l’orphelin » refuse de s’exécuter.

Après une longue période de vives tensions entre l’avocat et sa secrétaire, c’est une affaire de dossier d’un client du cabinet mal géré qui a fini par tout gâcher. La secrétaire est licenciée « pour faute lourde ». Dans sa lettre, l’avocat explique que la faute en question est la dernière d’une longue série de fautes commises par sa secrétaire et pour ce faire, elle n’est plus en mesure de rester dans le cabinet dans les liens d’un contrat de travail. Nous sommes en fin octobre 2005. Il était 18h, l’heure de la descente. Si la secrétaire s’y attendait, parce que la journée fut houleuse entre les deux collaborateurs, l’heure à laquelle la lettre lui est remise l’a tout de même surprise. Ainsi prenait fin une assez longue collaboration. A noter que la secrétaire était presqu’à la retraite au moment de son licenciement. Mais l’affaire ne se terminera pas avec cette lettre de licenciement. La désormais ex-secrétaire de l’avocat portera son affaire devant l’Inspection du travail. Faute de conciliation, un procès-verbal de non-conciliation est dressé et l’affaire échoit sur le bureau du juge du travail. Commence un véritable marathon judiciaire. Inutile de s’attarder sur le calvaire de la secrétaire pour se trouver un avocat pour plaider sa cause devant les juges. Son vis-à-vis étant un avocat. Les décisions de justice se succèdent.

De la première instance jusqu’en cassation. Et à chaque fois, l’avocat est perdant. Jusqu’à ce que la décision de première instance soit rendue, l’avocat ne s’est jamais présenté devant le juge. L’avocat devra payer à son ex-secrétaire, des dommages-intérêts, une indemnité compensatrice de congés payés, une indemnité compensatrice de préavis, une indemnité de licenciement. Il tarde à s’exécuter malgré les courriers transmis par l’huissier commis pour exécuter la décision. Las d’attendre, l’huissier finit par faire saisir ses comptes dans des banques de la place. L’avocat réagit et contre-attaque ces saisies. Les procédures s’entremêlent. Mais auparavant, deux mois après que sa secrétaire l’a attrait en Justice, l’avocat avait également initié une plainte contre cette dernière pour avoir soutiré des documents de son cabinet en partant. La plainte a été initiée pour « vol de matériel, à savoir : le chrono contenant le mémoire de l’ensemble du courrier confidentiel du cabinet, le ZIP informatique contenant la mémoire stockée et toutes les saisies de documents faites au cabinet ». Là non plus, l’avocat n’a été suivi par aucun juge. La secrétaire a été relaxée pour infraction non constituée. L’affaire reste toujours pendante devant les juridictions. Quand ce long feuilleton qui n’a que trop duré livrera-t-il son verdict final ? Affaire à suivre !

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