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ASSASSINAT DE NORBERT ZONGO: 18 ans de honte !

11 janvier 2017 Auteur :   Aimé NABALOUM

La journée du 13 décembre 2016 a débuté par le traditionnel dépôt de gerbes de fleurs au cimetière de Gounghin, suivi d’une marchemeeting organisée par la CCVC (Coalition contre la vie chère, la corruption et l’impunité des crimes économiques et de sang). De la place de la Nation, les marcheurs ont battu le pavé jusqu’au rond-point des Nations unies pour emprunter l’avenue Kwamé Nkrumah avant de revenir à la même place de la Nation où un meeting a été tenu. Les différents intervenants n’ont pas mâché leurs mots. Il n’est pas question que 18 ans après, le peuple réclame encore justice pour un crime tel celui contre Norbert Zongo et ses compagnons. Le président de la CCVC, Chrysogone Zougmoré, dira dans son allocution qu’il est clair que « le traitement des crimes de sang et des crimes économiques connait les mêmes misères que sous le règne du CDP de Blaise Compaoré. Comme si les nouveaux anciens acteurs de la scène politique avaient quelque chose à se reprocher et donc, à cacher ». nzSi sous la Transition, des signes d’espoir ont été donnés avec la réouverture du dossier, depuis lors, les choses trainent du côté de la Justice et les organisations professionnelles des médias entendent poursuivre le combat. « Nous n’allons jamais abandonner la lutte, a confié le président de l’AJB, Gezouma Sanogo, qui a réitéré l’appel aux journalistes à toujours se mobiliser pour que justice soit rendue à Norbert Zongo et à ses compagnons. Du côté de la famille, le sentiment est que les choses sont toujours à la case départ.

Bouche-cousue devant le palais de Justice

En début d’après-midi, une autre activité et pas des moindres, a été organisée et cette foisci dans le silence. Un sit-in silencieux pendant 13 minutes, de 15h à 15h13, a été observé devant le palais de Justice de Ouagadougou par des organisations professionnelles des médias et des organisations de défense des droits de l’Homme. A l’issue des 13 minutes de silence, un mémorandum a été remis à la Procureur du Faso près le TGI de Ouagadougou, Maiza Sérémé. Le mémorandum rappelle au monde judiciaire qu’il est plus que temps que justice soit rendue à Norbert Zongo et à ceux qui ont péri dans le feu avec lui.

maizaCes 18 années sans justice sont une honte, crient les signataires du mémorandum. « 18 ans après, notre Justice fait honte » et « aujourd’hui, plus rien ne devrait justifier l’inertie des juges ». Certes, « on ne peut pas imposer un délai mais il est temps qu’ils (ndlr : les juges) avancent plus vite que ça », s’est insurgé Jean Claude Méda du centre de presse Norbert Zongo.

En guise de réponse, la Procureur du Faso Maiza Sérémé dira : « Depuis la réouverture du dossier et la saisine du juge d’instruction, aucun effort n’est ménagé pour interpeller et déposer les présumés auteurs du crime odieux. Notre souci, qui est aussi

Le vôtre, est que audience soit tenue à la fin de l’instruction de ce dossier et que justice soit rendue à Norbert Zongo. Que les auteurs, les coupables puissent répondre de leurs faits (…) Comme vous le savez aussi, le dossier n’est pas facile. Le dossier connait des hauts et des bas mais nous sommes dans la dynamique de la recherche de la vérité. Et nous croyons que nous y arriverons avec l’aide de tous. »

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