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KOGLWEOGO : La situation est-elle vraiment sous contrôle ?

06 décembre 2016 Auteur :   Aimé NABALOUM

Lors du discours d’investiture, le président du Faso a tapé du poing sur la table. « L’incivisme, la remise en cause de l’autorité de l’Etat, et d’une manière générale, le non-respect de la loi par les citoyens et les personnes morales doivent cesser immédiatement», a-t-il commandé. Mais voici une injonction qui peine à être respectée sinon qu’elle est tombée dans l’oubli. Moins d’un an après, l’autorité de l’Etat est foulée allègrement aux pieds et par qui veut.

Depuis que les groupes d’auto-défense appelés Koglweogo ont vu le jour, l’Etat a eu toute la peine du monde à se faire respecter par ce monde qui, malgré tout ce qu’il a pu faire de bien, défie cette même autorité de l’Etat chaque jour que Dieu fait. Le ministre d’Etat les a managés.Ils ont refusé d’être dissouts. Le président du Faso a avoué qu’on ne saurait dissoudre ce qui n’existe pas. Les Koglweogo ont fini par être reconnus comme une initiative locale de sécurité. Le même groupe refuge aujourd’hui d’être rattaché au ministère de Simon Compaoré. Ils exigent d’être mis sous la tutelle de la Présidence du Faso. Quelle sera la suite à attendre ? Qui pourra mettre son doigt au feu que les Koglweogo ne l’obtiendront d’ailleurs pas ?

Une fois rattachés à la Présidence, il ne restera plus qu’à les constitutionnaliser. Où se trouve donc l’autorité du tout-puissant ministre d’Etat en charge de la sécurité intérieure ? Où se trouve l’autorité du chef de l’Etat qui se mure dans un silence condescendant ? Cette initiative locale de sécurité dicte-t-elle sa loi pour le moment aux voleurs et à des assaillants ? A qui le tour ? Pauvre autorité de l’Etat, où es-tu ?

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