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MENA : Qui en veut à Hakim ?

15 novembre 2016 Auteur :   Y. Ladji BAMA

Tout est parti d’une opération dite d’assainissement des finances publiques lancée, courant novembre 2011, au sein du ministère de l’Enseignement de base, en vue de mettre fin à certaines pratiques peu recommandables. Quand bien même ils sont logés par l’Etat, certains enseignants perçoivent indûment des indemnités de logement. L’opération évoquée visait donc à mettre fin à cette situation qui fait perdre à l’Etat d’importantes sommes d’argent. La hiérarchie du ministère avait demandé à tous les responsables de circonscription d’éducation de base de lui communiquer les noms des enseignants qui sont logés par l’Etat et perçoivent cette indemnité. A la date de l’opération, Hakim Salambéré était en poste à Matiacoali, dans le Gourma, dans la région de l’Est. Son nom s’est retrouvé, sans doute malencontreusement sur la liste communiquée à la hiérarchie par les responsables de sa circonscription. En effet, il est de notoriété publique que l’établissement où l’intéressé intervenait ne disposait pas de logements à même d’abriter des enseignants à cette période. C’était le début de l’enfer sur terre pour le jeune instituteur.

Malgré moult démarches, il n’est pas parvenu à voir sa situation changée. Son inspecteur, chef de la circonscription, reconnait qu’il s’agit d’une erreur. Il a même écrit à la directrice de la Solde. Mais rien n’y fait. Dans sa lettre, en date du 30 août 2013, il dit que des erreurs ont émaillé la conduite de l’opération dans sa circonscription. « … des enseignants non logés dans des bâtiments administratifs ont perdu leurs indemnités de logement et subissent en plus des saisis sur solde. Salambéré Hakim, matricule (…), se trouve dans cette situation. (…) Nous venons alors par la présente vous rassurer que l’enseignant en question a bel et bien droit à ses indemnités de logement durant le temps qu’il a passé dans cette école».

En dépit de cette lettre, la fameuse erreur ne sera pas corrigée. Et Hakim multipliera les va-et vient. Le 21 mai 2014, la directrice de la Solde, par bordereau d’envoi N°2014/00406/MEF/SG/DGB /DS/SEDP, saisissait le directeur des Ressources humaines du MENA du dossier Hakim Salambéré. En observation, on peut lire : « Bien vouloir rétablir l’indemnité de logement de l’intéressé à compter du 01/01/2012 ». Encore une fois, cette autre correspondance ne fera pas d’effet. Le directeur des Ressources humaines du MENA n’y donnera pas de suite, plus de 2 ans après. Et le pauvre instituteur continue son chemin de croix. Dans l’insouciance totale des responsables de la DRH du ministère. Nous nous sommes rendus au sein de cette Direction pour comprendre. Un responsable qui nous a reçus s’est dit surpris de l’existence d’une telle situation à laquelle il ne donne pas d’explication. Après avoir sollicité les pièces du dossier en notre possession pour en faire copie, il a promis de nous revenir.

Cela fait déjà plusieurs semaines que nous attendons ce retour. Pendant ce temps, l’infortuné et sa famille continuent de végéter dans la misère et l’angoisse du lendemain. Pourquoi une telle situation ? Pourquoi tant d’insouciance ? Pourquoi une affaire aussi banale prend-elle tant de temps pour être réglée ? Y a-t-il quelqu’un dans le circuit qui bloque ce dossier ? Sinon comment comprendre ce qui se passe ? Comment veut-on que l’intéressé survive avec sa famille et puisse donner le meilleur de lui-même avec un salaire ainsi réduit ? Les premiers responsables dudit département ministériel sont interpellés. Sans doute qu’il faut apporter des réponses urgentes à ces questions en vue de mettre fin enfin à cette situation qui n’a que trop duré. Affaire à suivre !

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