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JUSTICE POUR LES VICTIMES DE L'INSURRECTION : Pourquoi les autorités jouent au saute-mouton ?

31 janvier 2018 Auteur :  

Le 4 novembre 2017, à l'appel de la Coallition contre la vie chère, la corruption et l'impunité (CCVC), de nomb­reux Ouagalais ont fait le ralliement de la place de la Révolution pour marcher « contre l'impunité des crimes de sang et des crimes économiques et pour la justice ». La marche a été suivie d'un meeting au cours duquel les messages de protestation et de condamnation ont été lus par des leaders d'OSC.

 

Il n'est pas un seul seg­ment de la société bur­kinabè aujourd'hui qui ne se plaigne du fait de l'in­capacité des actuels diri­geants à proposer des solu­tions idoines et pérennes aux préoccupations fonda­mentales ainsi qu'aux multi­ples problèmes qui assaillent au quotidien nos populations des villes et campagnes ». C'est ainsi que les seize organisations de la société civile initiatri­ces de la marche-meeting ont annoncé les couleurs. Les marcheurs, partis de la place de la Révolution, ont rallié les ruines de l'an­cienne Assemblée nationale pour réclamer justice et ren­dre hommage aux victimes. Après les slogans, « François Compaoré en prison, Blaise Compaoré en prison, Djibrill Bassolé en prison, Gilbert Diendéré en prison, les chefs militaires complices du coup d'Etat du 16 septembre 2015 en pri­son », le président du MBDHP, Chrysogone Zougmoré, dans son dis­cours, a condamné le jeu du pouvoir incapable de rendre justice. « Il y a de cela 3 ans et 4 jours, le 31 octobre 2014, ici même, en ces lieux hautement symbo­liques et chargés d'émotion, le peuple a franchi une étape importante dans sa marche irréversible pour son émancipation politique, économique et sociale ».

osc2Malheureusement, les auto­rités judiciaires et politiques burkinabè « jouent à saute- mouton sur la vérité et la justice pour les martyrs, incapables de dire qui a ordonné de tirer et qui a tiré sur les dignes filles et fils ». Quant au représentant des blessés, Issouf Nacanabo, il a crié sa colère et celle de ses camarades qui vivent dorénavant avec des inca­ pacités physiques sans un égard particulier du pou­voir. Les blessés exigent que toute la lumière soit faite sur les évènements et que jus­tice leur soit rendue.

Au regard de tout cela, les organisateurs de la marche ont pris l'engagement de se battre pour la satisfaction d'une plate-forme de reven­dication minimale. Il s'agit de la vérité et de la justice pour les martyrs de l'insur­rection, la prise en charge effective et totale des blessés, la vérité et la justice sur tous les dossiers de crimes de sang impunis, l'identification et la saisie des biens et fonds détournés par les dignitaires du régime de Blaise Compaoré, en fuite ou sur le territoire national et de les recouvrer, l'ouverture de
procédures judiciaires sur tous les cas de crimes écono­miques ou de malversations révélés, etc.

Le Secrétaire général de la CGT-B, par ailleurs porte- parole de l'Unité d'action syndicale (UAS) à la marche, Basolma Bazié, s'est égale­ment indigné que les dos­siers depuis trois ans restent encore sans jugement et que le monde syndical mettra tout en œuvre pour que jus­tice soit rendue et « ce n'est pas négociable ». Il a égale­ment saisi l'occasion pour fustiger l'actuel code du tra­vail et rappeler au gouverne­ment que les tergiversations sur le nouveau texte sur les libertés syndicales seront combattus parce qu'il pré­sente des dispositions liberticides

Aimé Nabaloum

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