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MEDIAS ET SECURITE: Des journalistes à l’école du Colonel Barry

29 septembre 2017 Auteur :  

 

Le Burkina est actuellement en proie à de nombreux défis sécuritaires et cela fait appel à toutes les contributions possibles des différentes composantes de la société. Dans un tel contexte, les médias, sans conteste, restent des vecteurs incontournables pour la construction d’un environnement sécurisé aussi bien pour les autorités que pour les citoyens. L’atelier initié par le centre de presse Norbert Zongo s’inscrit alors dans ce sens. Il a donc été le cadre pour les professionnels de la question sécuritaire et ceux de l’information d’échanger sur la responsabilité des médias, la perception à avoir de la criminalité et la relation des faits criminels et terroristes. La responsabilité de l’homme de média l’oblige à faire écho de ces faits criminels tout en se préservant de provoquer un sentiment d’insécurité chez les populations.

Il est alors important que les hommes de médias se familiarisent avec des outils nécessaires pour la couverture des faits dans l’unique but de favoriser un  environnement serein tant souhaité. Les communications au cours de l’atelier ont été assurées par les experts du CESDS. Elles ont été scindées en deux grandes parties, à savoir la défense et la sécurité. En matière de défense, l’expert  du CESDS, le Colonel Auguste Denise Barry, directeur exécutif du centre, a planté le décor en faisant un tour de l’environnement international et du contexte spécifique des interventions militaires lors des crises et conflits dans le monde. On retient que les crises et conflits dans le monde sont successifs, complexes et difficiles à cerner. L’environnement international est donc permanemment marqué par des stratégies géopolitiques et de géostratégie dont chaque entité se prémunit afin de pouvoir exister, s’insérer et même dominer tout ou une partie du monde. En outre, en plus de la question de l’Etat, une unité de base, de plus en plus contestée, il existe bien d’autres critères de regroupements que sont la religion, l’ethnie, la région, les idéologies, etc. Plus encore, regrette-t-il, au sein des mêmes regroupements, les sous-regroupements s’opposent et s’entredéchirent. Toute chose qui complexifie les analyses en vue d’actions quelconques de résolution. Il en conclut qu’au-delà de tout, la stabilité du monde est une exception, le changement étant la règle. Lesdits changements, précisera Auguste Denise Barry, sont caractérisés par leur rapidité et les incertitudes. Le communicateur s’est également appesanti sur un lexique presque précis du monde de la défense. 

L’autre volet de la formation a concerné la sécurité et celle urbaine proprement dite. Il s’est agi d’analyser la manière dont les médias traitent l’information sécuritaire et leur influence sur le sentiment d’insécurité des populations. Le Contrôleur général de police, Alain Désiré Ouilma, et ses collègues membres du centre ont mis l’accent sur la nécessité de prise de précautions par les médias en vue de ne pas accentuer la peur et la psychose au sein de la population quand il s’agit de traiter l’information sécuritaire. Dans un contexte national marqué par le terrorisme, les médias, tout en relayant l’information, devront être à même de déconstruire les discours et les logiques terroristes. Comment y parvenir ? Les médias devront rester dans leur mission première qui est de traiter l’information avec professionnalisme, neutralité et vitalité. Dans le même élan, il est ressorti que les femmes et les personnes vulnérables sont une catégorie de citoyens presque exposée. La prise en compte de cet aspect et leur implication dans la prise de mesures sécuritaires serait un atout pour renforcer le sentiment de sécurité.

Un appel a été lancé à l’endroit des femmes de médias pour œuvrer à construire une tendance inverse du sentiment d’insécurité grandissant. Quand bien même la responsabilité première incombe à l’autorité de créer ces conditions de sécurité-là. A l’issue de la  session, les participants et les responsables du Centre national de presse Norbert Zongo ont été unanimes qu’il faille créer un cadre permanent de concertation et de formation avec le CESDS en vue de mieux maîtriser le traitement de l’information aussi bien sécuritaire que celle liée à la défense.

AN

Aimé Nabaloum

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