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EJECTION DE TAHIROU BARRY DE LA PRESIDENCE DU PAREN: Bado a donné, Bado a repris

29 septembre 2017 Auteur :  

Les samedi 29 et dimanche 30 juillet, le fondateur du PAREN a convoqué un congrès du parti en l’absence du Bureau exécutif national, dont le président, jusqu’alors en exercice Tahirou Barry. Au terme de ce congrès, ce dernier a été éjecté de la Direction et exclu du parti.

Boureima OUEDRAOGO

 

Ce congrès devrait, selon son thème (« La réconciliation, condition de la fraternité retrouvée pour l’unité d’action »), être celui d’apaisement et de remobilisation des militants pour un nouveau départ pour le parti. Mais finalement, l’on a plutôt assisté à un véritable procès en sorcellerie et par contumace de l’équipe sortante, surtout le président Tahirou Barry contre qui le fondateur Laurent Bado a dressé un réquisitoire très sévère. Il en voulait terriblement à Tahirou Barry que l’on croyait pourtant être son « bon petit ». Et il semble avoir rongé ses freins depuis bien longtemps. Le congrès a été le moment choisi pour laisser exploser sa colère contre celui dont il voulait être le Premier ministre s’il était élu président du Faso. De l’ouverture du congrès jusqu’à son passage à l’émission « Sur la brèche » de la Télévision nationale du Burkina (TNB), Laurent Bado n’a pas eu un seul mot gentil vis-à-vis de Tahirou Barry, l’actuel ministre de la Culture. Ce dernier semble devenir, à ses yeux, le diable en personne. Son péché ? Avoir voulu pousser le député Laurent Bado à la retraite forcée et surtout d’avoir pris des décisions engageant le parti sans se référer au père fondateur du parti qu’est Laurent Bado. Or, lui le fondateur du parti, avait été érigé par le congrès de juillet 2006 comme l’unique centre de décision du parti ou tout au moins celui dont tout doit partir et à qui tout doit revenir. Ce congrès l’a élevé à la dignité de père-fondateur du parti. A ce titre, il lui a donné les prérogatives de « réformer toute décision des  instances du parti ; de proposer de responsables du parti, de convoquer un congrès extraordinaire si la situation l’exige ». Tous ces privilèges lui ont été accordés au moment où il quittait librement la Direction du parti qu’il a fondé. Autant dire qu’il n’a cédé qu’une coquille vide à ses successeurs tout en continuant de concentrer entre ses mains le vrai pouvoir de décision. Fort de tous les pouvoirs dus à son statut de père-fondateur. Il ne saurait être tenu à l’écart des décisions concernant le parti.

Tahirou Barry a donc commis, à ses yeux, de nombreux crimes de lèse-majesté. Pour avoir voulu s’émanciper du père-fondateur, Tahirou Barry l’apprend amèrement à ses dépens. Même les confidences qu’il avait faites au fondateur ont été finalement portées sur la place publique. Le fondateur du PAREN devenu le père fouettard a choisi de laver le linge sale de la famille sur la place publique. Même les dessous y ont été étalés.

De ce congrès, l’on retiendra finalement une seule chose. Le PAREN est la chose de son fondateur et son président n’est qu’un faire-valoir qui doit prendre ses ordres, ou tout au moins avoir l’accord préalable de celui-ci avant de prendre des décisions engageant la vie du parti. Autrement, il se rend coupable d’une faute politique impardonnable, d’une « piraterie ». L’on retiendra également que Laurent Bado refuse d’être mis à la retraite. Avis donc à la nouvelle équipe. Le fondateur vous tient à l’œil.

Exit donc Tahirou Barry, le « prédateur », le « pirate ». Bienvenue à Pouswendé Michel Béré, ingénieur informaticien et nouveau messie du fondateur. Il reste maintenant à savoir s’il n’hérite pas d’un parti en lambeaux. Car cette sortie du fondateur sur le président sorti risque de porter un coup sérieux à l’image du parti et à ses dirigeants actuels. Car, finalement, le PAREN, c’est la chose de Laurent Bado. Il en fait ce qu’il veut. Le président du parti n’est rien et ne peut décider sans lui. C’est lui qui a voulu que Tahirou soit président du parti. C’est lui également qui a décidé qu’il doit partir et il a été éjecté. Bado a donc donné et Bado a repris. Point barre !

Que fera Tahirou Barry ? Va-t-il contester ces décisions du congrès devant les tribunaux compétents ? Va-t-il se résigner à accepter son sort ? Quels rebondissements peut-on attendre de cet épisode malheureux ? Autant de questions qui restent en suspens, au regard du profile bas et du silence radio observés par le ministre de la Culture qui se refuse à tout commentaire pour l’instant.

Boureima Ouédraogo

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