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AFFAIRE DON DE MATERIEL A LA POLICE NATIONALE: Le DG de la police répond à Armabel

03 août 2017 Auteur :  

Depuis lors, il n’y avait pas de réponse. Nous avons pu obtenir une lettre du Directeur général de la Police nationale, Lazare Tarpaga, adressée au DG de ETAF Armabel. Le DG voulait-il plier l’affaire ? Elle risque de prendre une autre tournure judiciaire.

Par Aimé NABALOUM

 

Acculé ? Fatigué ? Impuissant ? Exaspéré ? Sans solution ? Difficile de dire exactement ce qui a motivé cette lettre. Mais, le désormais ex-DG de la Police nationale, Lazare Tarpaga, a fini par se décider à répondre, à la date du 7 décembre 2016, aux nombreuses lettres du DG de Armabel restées sans suite. Selon les termes du courrier que nous avons pu obtenir, le DG de la police de l’époque ne voulait plus que Armabel s’adresse à lui pour avoir des explications sur la répartition du don à la Police nationale, ainsi que sur les motifs de la suspension de la société Armabel par ses  services ? En tout cas, ce sont les deux problèmes qui opposent les deux Directeurs généraux.

« J’ai l’honneur de vous inviter à vous adresser dorénavant à la Justice pour le traitement de ces affaires ». A écrit Lazare Tarpaga au DG de Armabel. Veut-il plier l’affaire ? Veut-il s’en débarrasser ? Toujours est-il que cette manière de procéder est vraiment curieuse. Les deux hommes ne sont pas des inconnus l’un pour l’autre. Ils se sont déjà rencontrés, à plusieurs reprises. Le DG Tarpaga avait été sans concession lors d’une de ces rencontres à propos du don. En effet, le DG de Armabel ayant multiplié les demandes d’explications auprès du DG et du directeur du matériel et du budget de la police, le Commissaire Emmanoel Kaboré, Lazare Tarpaga avait fini par faire une descente dans les bureaux de Armabel. Le message ce jour-là était clair. « Je veux savoir si vous avez une dent contre mon collaborateur Kaboré », avait lancé le DG Tarpaga au DG de Armabel. Et il poursuit en ces termes : « Vous pouvez attaquer le ministre, le DAF, le DG mais pas Kaboré.  (…) Vous pouvez continuer à écrire, ça n’ira nulle part ; vous pouvez demander à votre avocat… »

Puis les courriers se sont poursuivis. A l’origine, la société Armabel fait un don de matériel d’une valeur de 109 500 000 FCFA à la Police nationale. Quelques années après, des sources font savoir à Armabel que son don fait l’objet de multiples interrogations au sein de la Police nationale. Certains évoquent même une gestion opaque du don. La société Armabel entreprend de savoir ce qu’il en est. Elle interpelle les responsables de la Police nationale et du ministère de la Sécurité. C’est le branle-bas ! Plus d’une dizaine de lettres ont été initiées et envoyées à tous ceux qui pourraient donner des éléments d’explications. C’est le silence total ! Dans ces lettres, Armabel demande un document qui retrace la répartition exacte du don. Ces explications sont d’abord refusées. Acculé, le DG fait envoyer une liste de répartition. Mais celle-ci ne semble pas convaincre. Armabel insiste et la Police nationale finit par envoyer d’autres documents. Malheureusement, lesdits documents contiennent des conflits de dates. Pas seulement les conflits de dates, mais la nature même des matériels donnés pose un gros problème. Il y a une différence entre le PV d’enlèvement et le document de répartition. Armabel dit ne pas reconnaître certains qui ne sont pas venus de son magasin et persiste pour avoir la vérité. Il pointe du doigt le directeur du matériel et du budget de la Direction générale de la Police nationale, Emmanoel Kaboré. Aucun document n’est convaincant. Les sources persistent sur les éléments d’information qu’elles détiennent ; toute la vérité n’est pas dite à Armabel. Il y a du flou dans la gestion du matériel.

C’est dans ce contexte alors que la boutique de Armabel sera régulièrement inspectée et suspendue. La suspension a été prolongée et en définitive, la boutique a été rouverte. L’armurier lui-même fera l’objet de convocation et d’audition par le bureau des armes. Mais, Armabel n’hésite pas à établir un lien entre son exigence de clarté de la répartition de son don et la suspension de ses activités commerciales par le ministère de la Sécurité. Mais le Commissaire Hien n’y voit pas de lien. Il explique alors que la société Armabel a eu la malchance d’être contrôlée au moment où il avait des soucis avec la Direction générale de la Police nationale. En outre, le contrôle était étendu sur tout le pays et non à un seul armurier, dit-il. Cependant, le lien est trop étroit pour ne pas être établi par Armabel. Les officiers de police qui ont conduit les multiples enquêtes dans les bureaux de Armabel ont été également confondus dans leurs faits et gestes. Des correspondances leur ont été envoyées afin qu’ils s’expliquent. La commissaire Kando qui a conduit une perquisition chez Armabel, sans mandat, a été interpellée pour s’expliquer. Silence ! Elle aurait conclu à un manque d’armes dans  le magasin. Lesquelles des armes manquent ? Elle n’y a jamais répondu.

Il y a eu aussi cette enquête des inspecteurs techniques du ministère de la Sécurité à propos du don de matériel, une enquête biaisée du fait que tous les enquêteurs n’aient pas signé le rapport mais aussi que tous les acteurs n’ont pas été rencontrés. Ce rapport a également été rejeté avec force du fait qu’il n’a pas établi clairement à qui le don a profité en définitive. Saura-t-on la vérité un jour ? Affaire à suivre !

Aimé Nabaloum

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