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FONDS D’ENTRETIEN ROUTIER DU BURKINA: Plus de 400 millions aux vents !

03 août 2017 Auteur :  

Le contribuable burkinabè va perdre inutilement plus de 400 millions  FCFA, du fait de l’incurie des responsables de cette structure, rattachée au ministère en charge des infrastructures. Pour des actes difficilement concevables, la structure est condamnée à payer cette importante somme d’argent, qui aurait pu servir à résoudre de nombreux problèmes de routes auxquels les Burkinabè sont confrontés au quotidien, à une banque de la place. Les faits sont tout simplement déroutants.

Par Y. Ladji BAMA

La genèse des faits remonte en 2015. L’entreprise COPIAFAX SARL, œuvrant dans le domaine des travaux publics et dont le patron n’est personne d’autre que Tigahiré Kodjo, par ailleurs patron de l’entreprise Colombe Airlines, décroche un marché d’entretien routier de plusieurs centaines de millions au FER-B. Pendant ce temps, cette entreprise doit à sa banque qui la poursuit pour une somme de 375 277 949 FCFA, représentant le solde débiteur du courant ouvert dans les livres de ladite banque. Pour le payement de sa créance, la banque décide de pratiquer une saisie attribution, dans les mains de FER-B, des avoirs de COPIAFAX SARL au titre de l’exécution du marché qu’il lui a attribué. Pour ce faire, un exploit d’huissier de justicier a été signifié à FER-B qui, au nom de la loi, en pareille circonstance, est tenu non seulement de déclarer ses obligations envers la débitrice saisie, mais aussi de procéder au cantonnement des  sommes saisies . Mais à la surprise générale, et on ne sait à quel prix, les responsables de FSR-B refusent catégoriquement de s’y soumettre. Non content de ne pas déclarer ni procéder au cantonnement des sommes saisies, ils vont même les payer à COPIAFAX.  Face à ce refus injustifié et incompréhensible de la structure, les conseils de la banque saisissent le juge des référés. Constatant les manquements manifestes à la loi de FER-B en complicité avec la débitrice,  le juge l’a condamné à payer à la banque la somme de 401 139 626 FCFA. Par sa faute, le recouvrement d’une créance a été compromis. Lorsque munis de cette décision, les conseils de la banque demandent à FSR-B de s’exécuter, fidèle à son habitude de défiance, il fait la sourde oreille et refuse d’exécuter la décision de justice. Lorsque ceux-ci décident de recourir à l’exécution forcée, les responsables de la structure brandissent une certaine immunité d’exécution. Les saisies pratiquées sur les comptes de la structure ont été annulées sur cette base. Mais la banque et ses conseils ne se laissent pas compter. Pour eux, le privilège qu’est l’immunité d’exécution accordée à l’Etat et à ses démembrements ne saurait être un bon pour agir en dehors de la légalité républicaine qui soumet l’Etat au droit. Finalement, ils ont saisi encore le juge pour assigner FER-B en payement sous astreinte. Une fois de plus, le juge a accédé à leur requête. Depuis le 5 mai 2017, FSR-B a été condamné à payer les sommes dues sous astreinte de I 000 000 FCFA par jour de retard. Cela fait déjà 10 000 000 FCFA supplémentaires que FSR-B doit payer, et chaque jour qui passe voit cette somme grimper. Ainsi est gaspillé l’argent du contribuable. Aux dernières nouvelles, on apprend que les responsables de la structure, face à cette situation de plus en plus intenable, se seraient décidés à s’exécuter. Mais jusqu’à quand cela durera-t-il ? Pourquoi ont-ils choisi d’acheter cette bagarre inutile qui coûte tant d’argent au Trésor public ? Qu’ont-ils à voir avec l’entreprise COPIAFAX pour faire payer ses dettes par le contribuable ? Nous y reviendrons.

Y. Ladji Bama

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