• 26
  • Déc

Norbert ZongoLe 13 décembre prochain marquera le 15e anniversaire de l’assassinat de notre confrère Norbert Zongo et de ses compagnons. 15 ans de douleur des familles, 15 ans de lutte pour les Burkinabè épris de justice et 15 ans d’impunité pour les assassins et leurs commanditaires. 15 ans aussi de jeux politiques troubles qui ont compromis davantage l’atteinte des aspirations du peuple à la Justice. Presque tous les acteurs aussi du pouvoir, de la justice que des organisations politiques et de la société civile sont responsables de l’état actuel du dossier Norbert Zongo et de la gouvernance du pays. Les uns, par inaction ou par ruses et subterfuges pour conserver le pouvoir, ont fait des pieds et des mains pour empêcher la Justice de faire son travail.

  • 11
  • Déc

IBK Blaise-compaore-X1L’axe Ouagadougou-Bamako semble se brouiller chaque jour un peu plus. Les nouvelles autorités élues du Mali ne veulent plus se laisser marcher sur les pieds. Bien au contraire. Elles entendent assumer pleinement leurs responsabilités dans le recouvrement de l’intégrité territoriale du Mali et l’exercice de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national y compris à Kidal (Nord-Est), fief de la rébellion touarègue du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA). C’est justement là où les positions entre Ouagadougou et Bamako semblent s’entrechoquer. Le Président Ibrahim Boubacar Keita (IBK) du Mali ne voit d’un bon œil le fait que Blaise Compaoré ait offert gîte et couvert à l’état-major du MNLA dont les éléments continuent, à Kidal, de torpiller les espoirs de sortir de cette situation de ni paix ni guerre dans cette région. Tout porte à croire que le MNLA se plaît dans cette situation et veut l’imposer à Bamako.

Le médiateur Blaise Compaoré est, quant à lui, suspecté d’instrumentaliser ce mouvement pour rester en scelle dans le processus de retour à l’Etat de droit. Plusieurs raisons expliquent ces suspicions. Non seulement les leaders du MNLA sont établis à Ouagadougou, à partir d’où, ils dirigent le mouvement, mais c’est également là qu’ils tiennent leurs réunions et contestent régulièrement les propositions de sortie de crise du gouvernement malien. En outre, ces rebelles veulent imposer la poursuite de la médiation par Blaise Compaoré et surtout à Ouagadougou. Du côté du Mali, cela n’est plus envisageable. Le médiateur ayant fait le choix d’amitié ou de protections suspectes d’une des parties, sa neutralité est plus douteuse. Il n’est point question pour le gouvernement malien de mener des négociations sur le Mali hors du territoire malien. De son point de vue, si le MNLA est de bonne foi dans sa reconnaissance de l’intégralité territoriale du Mali, il n’y a plus de raison que des pourparlers inter-maliens ne puissent pas se mener sur le sol malien, notamment dans le cadre des réformes politiques et institutionnelles et du processus de réconciliation en cours.

Jusque-là, ce mouvement bénéficiait de la bienveillante indifférence, pour ne pas dire la complaisance de la France dans ses agissements à Kidal. Mais depuis l’enlèvement et l’assassinat de nos deux confrères de RFI (Ghislaine Dupont et Claude Verlon), la pression se resserre sur le MNLA et ses soutiens. Habitué à des pirouettes et des doubles jeux, le MNLA se mêle les pinceaux et avec lui, Blaise Compaoré. En effet, selon notre confrère « L’Evénement » dans sa livraison du 10 novembre dernier, il y a eu au moins deux clashs entre les deux chefs d’Etat au mois d’octobre dernier. Le Président malien aurait refusé à deux reprises de rencontrer son homologue burkinabè et menace même de dénoncer l’accord intérimaire de Ouagadougou. C’est dire que le MNLA empoisonne les relations entre les deux pays. La pression se retourne contre Blaise Compaoré. Confronté à des difficultés internes du fait de la crise sociopolitique née de la volonté de mise en place du Sénat, Blaise Compaoré semble, comme à ses habitudes, chercher dans la crise malienne, un moyen de se relancer sur le plan international. Mais cette fois, il est tombé sur un IBK qui n’est pas homme à se laisser marcher sur les pieds. Le climat est plus que tendu entre les deux hommes.

Blaise Compaoré va devoir faire le choix entre le MNLA et le Mali, susurrent certains Maliens qui l’accablent de tous les péchés d’Israël. L’on se demande pourquoi les autorités burkinabè continuent à héberger ces chefs rebelles touaregs dont le double jeu constitue l’un des principaux goulots d’étranglement du retour à la paix et à la stabilité politique au Mali. Depuis le déclenchement de la crise malienne, ce mouvement a montré qu’il n’était nullement fiable. Pire, il se satisfait de cette situation de ni paix ni guerre dans la région occupée de Kidal qui reste encore le bastion de tous les trafiquants et autres marchands d’otages. Le MNLA ne contrôle rien à Kidal et s’est montré incapable de faire face aux djihadistes et autres islamistes qui y entrent et ressortent comme ils veulent. Mieux, ses éléments s’y pavanent toujours avec leurs armes et n’hésitent pas à s’en prendre aux autorités officielles de Bamako de passage ou leurs représentants sur place.

Pour Bamako, cette situation ne peut pas continuer. Elle doit cesser. Pour cela, Blaise Compaoré doit, selon eux, rappeler ses hôtes à l’ordre. De plus en plus isolé, le MNLA commence à lâcher du lest. Le jeudi 14 novembre, il a évacué des locaux du gouvernorat et de la Radio télévision du Mali à Kidal pour laisser l’administration de l’Etat s’y déployer. Ce sont des prémisses de bonnes dispositions à revenir dans la république. Mais cela suffira-t-il à rassurer Bamako ? Certainement pas. Pour montrer sa bonne foi, il doit se résoudre à accepter de négocier avec les autorités légitimes du Mali, la reddition totale du mouvement. Persister dans la recherche d’un territoire autonome qui ne peut exister sans l’aval de Bamako serait la preuve qu’il n’a d’ambition que la déstabilisation du pays. Et à un moment donné, ça risque de finir mal.

L’Azawad n’existe pas. C’est la conviction d’IBK et de son gouvernement ainsi que de bien des populations du Nord-Mali qui ne se reconnaissent pas dans le combat du MNLA. Alors, pourquoi s’entêter à soutenir un mouvement sans avenir et qui plus, est plus porteur de crises et de conflits que de paix et de développement ? A moins que derrière le MNLA, il n’y ait d’autres enjeux qui échappent aux intérêts du Burkina Faso et du Mali. Le Burkina Faso ne peut pas continuer à héberger les leaders du MNLA si ceux-ci ne se résolvent pas à mettre fin à leurs pratiques belliqueuses et d’agressions contre le Mali. Il faut mettre fin à cette tragicomédie.

  • 03
  • Déc

Mahamadou ISSOUFOU BC1Ils sont enfin libres. Ces 4 employés du puissant groupe français Areva qui exploite l’uranium au Niger, ont été libérés le 29 octobre dernier après trois ans de captivité. Enlevés par des éléments d’Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et emmenés dans le Nord-Mali, ces otages français savourent donc depuis peu la liberté. Cependant, ce happy end pour ces 4 hommes et leurs familles cache mal les contradictions de la politique française vis-à-vis du terrorisme international. Pendant que les médias de l’Hexagone soutiennent qu’une rançon évaluée entre 20 et 25 millions d’euros, soient entre 13,1 et 16,4 milliards de francs CFA, le gouvernement, par la voix des ministres de la Défense et des Affaires étrangères, soutient qu’il n’y a eu ni rançon, ni offensive militaire pour libérer les otages. La France, du reste, rappellent-ils, ne verse pas de rançon aux terroristes. Finalement, tout semble indiquer qu’il y a bel et bien eu paiement de rançon.

  • 21
  • Oct

coutumiersAvec le projet de mise en place du Sénat, Blaise Compaoré risque fort de diviser la société burkinabè, si ce n’est déjà fait. La fracture au sein de la communauté musulmane en est une parfaite illustration. Et voici apparye une opposition entre majorité pro-Sénat et minorité agitée qui cherche à mettre le pays à feu et à sang. C’est cette caricature que certains de ses partisans agitent dans nos villes et campagnes. Dans les faits, les concertations entre le président du Faso et les autorités coutumières et religieuses portaient en elles-mêmes, les germes de la division. En effet, si au niveau des communautés religieuses, les trois grandes composantes ont été prises en compte, il n’en demeure pas moins qu’en ce qui concerne la chefferie coutumière, il n’a été pris en compte que la chefferie moaga et du Gulmu. Dans un pays qui compte une soixantaine de groupes ethniques avec des formes différentes d’organisation politique selon les régions et les ethnies, l’on comprend difficilement le choix du Président de ne recevoir que les chefs et rois deux groupes. Certes, les mossis représentent la majorité ethnique au Burkina. Mais la république ne peut et ne doit exclure les groupes minoritaires. Bien au contraire, ceux-ci doivent faire l’objet de la plus grande protection. Peut-être, sommes nous pressés et que le Président a déjà prévu de rencontrer les chefs coutumiers des autres groupes ethniques du Burkina. Mais déjà et à juste titre, certains éléments de ces groupes ethniques s’estiment ignorés et qualifient l’attitude du président du Faso d’une confirmation de la « mossisation » de la république. Il faut donc vite corriger cette méprise.

  • 01
  • Oct

lat 2L’actualité politique nationale est toujours dominée par le processus de mise en œuvre du Sénat qui a relégué au second plan, les mesures gouvernementales visant à améliorer le pouvoir d’achat des Burkinabè et à lutter contre la vie chère. Ces mesures étaient censées calmer les tensions sociopolitiques qui menacent d’exploser à tout moment. Mais tout porte à croire qu’elles n’ont pas reçu l’accueil espéré. C’est comme si rien n’a été fait. Elles apporteront sans doute un petit plus face aux immenses besoins de la majorité des citoyens, en proie surtout au diktat de commerçants véreux et autres spéculateurs. Cependant, tout compte fait, chacun réalise que ces mesures ne changeront pratiquement rien dans son quotidien.

  • 23
  • Sep

pm bcNous l’avons écrit à plusieurs reprises. L’intervention de Blaise Compaoré dans la crise malienne a été la médiation de trop. Le temps passe et cette médiation commence à révéler certains de ses pans, mettant du même coup à nu, la méthode Compaoré. Dans un écrit en date du 11 juillet, un enseignant-chercheur malien, Pr Issa, n’est pas allé du dos de la cuillère pour fustiger cette méthode du pyromane pompier. Celui-ci décrit les coulisses de l’échec de la médiation en avril dernier entre les acteurs maliens à Ouagadougou. « Le scénario semblait écrit à l’avance. La technique de négociation semblait, elle aussi, rodée. Tout devait baigner dans l’huile. Même les imprévus devaient être prévus à l’avance. La médiation avançait en terrain connu. La blitzkrieg préparée lui assurait une victoire foudroyante », écrit le Pr N’Diaye qui s’est glissé parmi les invités sans être membre officiel de la délégation. Il ne faisait donc pas partie des délégations officielles invitées par le médiateur, mais était animé par la curiosité et l’intérêt du chercheur de comprendre le secret du médiateur Blaise Compaoré. « Comment cet homme à la poigne de fer, prompt à briser toute velléité de révolte dans son propre pays réussit-il à s’imposer comme médiateur dans des conflits sanglants de sa sous-région auxquels il a été mêlé de loin ou de près, voire soupçonné d’en être le parrain ? Allié de Savimbi dans la guerre d’Angola et de Charles Taylor au Liberia et en Sierra Leone, tour à tour soutien de Laurent Gbagbo et des rebelles ivoiriens, il officia comme médiateur en Côte d’Ivoire, en Guinée Conakry et dernièrement au Mali, bien qu’abritant à Ouagadougou, une représentation de la rébellion armée du MLNA. » Voilà le centre d’intérêt de cet universitaire. Il a donc effectué le déplacement à Ouagadougou ses propres, fait-il remarquer, pour comprendre. Mais tout porte à croire, qu’il s’est fait une bien mauvaise idée de l’efficacité de la méthode Compaoré. Du reste, il n’est pas le seul.

  • 05
  • Sep

tiaoDécidément, avec ce gouvernement de Luc Adolphe Tiao, on verra tout dans ce pays. Voilà un gouvernement qui fait expulser violemment des étudiants des cités universitaires, les jette dans la rue pour ensuite jouer les pompiers. Dans quel pays sommes-nous ? Comment un gouvernement peut se permettre autant de légèretés, à la limite, irresponsables avec la jeunesse ? Qui plus est, dans un contexte actuel de crise sociopolitique qui divise déjà le pays ?

  • 25
  • Aoû

manifLa gestion quotidienne de l’Etat burkinabè est caractérisée depuis deux décennies par une mal gouvernance avec son cortège de corruption rampante, de clientélisme politique, de collusion dangereuse entre le politique et l’économique (engendrant l’’émergence d’opérateurs économiques de compromission et de prête-noms, des mafieux en tous genres), une déliquescence morale et une crise éthique profonde, etc. Nous l’avons dit depuis le premier numéro du Journal Le Reporter en Juillet 2007, ce pouvoir-là n’est plus capable de faire la différence entre ses intérêts et ceux du peuple. Pire, il se croit investi de tous les droits sur le peuple dont il ne soucie même pas ni de la souffrance, ni de l’opinion.

"Nous rêvons d'un Burkina Faso où le pauvre suscite chez le riche, compassion et solidarité; où le faible bénéficie de la protection des forts; où la solidarité n'est pas seulement un slogan mais une valeur essentielle dans nos rapports avec les autres; où toute vie humaine est sacrée;...Lire la suite