• 03
  • Déc

Mahamadou ISSOUFOU BC1Ils sont enfin libres. Ces 4 employés du puissant groupe français Areva qui exploite l’uranium au Niger, ont été libérés le 29 octobre dernier après trois ans de captivité. Enlevés par des éléments d’Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et emmenés dans le Nord-Mali, ces otages français savourent donc depuis peu la liberté. Cependant, ce happy end pour ces 4 hommes et leurs familles cache mal les contradictions de la politique française vis-à-vis du terrorisme international. Pendant que les médias de l’Hexagone soutiennent qu’une rançon évaluée entre 20 et 25 millions d’euros, soient entre 13,1 et 16,4 milliards de francs CFA, le gouvernement, par la voix des ministres de la Défense et des Affaires étrangères, soutient qu’il n’y a eu ni rançon, ni offensive militaire pour libérer les otages. La France, du reste, rappellent-ils, ne verse pas de rançon aux terroristes. Finalement, tout semble indiquer qu’il y a bel et bien eu paiement de rançon.

  • 21
  • Oct

coutumiersAvec le projet de mise en place du Sénat, Blaise Compaoré risque fort de diviser la société burkinabè, si ce n’est déjà fait. La fracture au sein de la communauté musulmane en est une parfaite illustration. Et voici apparye une opposition entre majorité pro-Sénat et minorité agitée qui cherche à mettre le pays à feu et à sang. C’est cette caricature que certains de ses partisans agitent dans nos villes et campagnes. Dans les faits, les concertations entre le président du Faso et les autorités coutumières et religieuses portaient en elles-mêmes, les germes de la division. En effet, si au niveau des communautés religieuses, les trois grandes composantes ont été prises en compte, il n’en demeure pas moins qu’en ce qui concerne la chefferie coutumière, il n’a été pris en compte que la chefferie moaga et du Gulmu. Dans un pays qui compte une soixantaine de groupes ethniques avec des formes différentes d’organisation politique selon les régions et les ethnies, l’on comprend difficilement le choix du Président de ne recevoir que les chefs et rois deux groupes. Certes, les mossis représentent la majorité ethnique au Burkina. Mais la république ne peut et ne doit exclure les groupes minoritaires. Bien au contraire, ceux-ci doivent faire l’objet de la plus grande protection. Peut-être, sommes nous pressés et que le Président a déjà prévu de rencontrer les chefs coutumiers des autres groupes ethniques du Burkina. Mais déjà et à juste titre, certains éléments de ces groupes ethniques s’estiment ignorés et qualifient l’attitude du président du Faso d’une confirmation de la « mossisation » de la république. Il faut donc vite corriger cette méprise.

  • 01
  • Oct

lat 2L’actualité politique nationale est toujours dominée par le processus de mise en œuvre du Sénat qui a relégué au second plan, les mesures gouvernementales visant à améliorer le pouvoir d’achat des Burkinabè et à lutter contre la vie chère. Ces mesures étaient censées calmer les tensions sociopolitiques qui menacent d’exploser à tout moment. Mais tout porte à croire qu’elles n’ont pas reçu l’accueil espéré. C’est comme si rien n’a été fait. Elles apporteront sans doute un petit plus face aux immenses besoins de la majorité des citoyens, en proie surtout au diktat de commerçants véreux et autres spéculateurs. Cependant, tout compte fait, chacun réalise que ces mesures ne changeront pratiquement rien dans son quotidien.

  • 23
  • Sep

pm bcNous l’avons écrit à plusieurs reprises. L’intervention de Blaise Compaoré dans la crise malienne a été la médiation de trop. Le temps passe et cette médiation commence à révéler certains de ses pans, mettant du même coup à nu, la méthode Compaoré. Dans un écrit en date du 11 juillet, un enseignant-chercheur malien, Pr Issa, n’est pas allé du dos de la cuillère pour fustiger cette méthode du pyromane pompier. Celui-ci décrit les coulisses de l’échec de la médiation en avril dernier entre les acteurs maliens à Ouagadougou. « Le scénario semblait écrit à l’avance. La technique de négociation semblait, elle aussi, rodée. Tout devait baigner dans l’huile. Même les imprévus devaient être prévus à l’avance. La médiation avançait en terrain connu. La blitzkrieg préparée lui assurait une victoire foudroyante », écrit le Pr N’Diaye qui s’est glissé parmi les invités sans être membre officiel de la délégation. Il ne faisait donc pas partie des délégations officielles invitées par le médiateur, mais était animé par la curiosité et l’intérêt du chercheur de comprendre le secret du médiateur Blaise Compaoré. « Comment cet homme à la poigne de fer, prompt à briser toute velléité de révolte dans son propre pays réussit-il à s’imposer comme médiateur dans des conflits sanglants de sa sous-région auxquels il a été mêlé de loin ou de près, voire soupçonné d’en être le parrain ? Allié de Savimbi dans la guerre d’Angola et de Charles Taylor au Liberia et en Sierra Leone, tour à tour soutien de Laurent Gbagbo et des rebelles ivoiriens, il officia comme médiateur en Côte d’Ivoire, en Guinée Conakry et dernièrement au Mali, bien qu’abritant à Ouagadougou, une représentation de la rébellion armée du MLNA. » Voilà le centre d’intérêt de cet universitaire. Il a donc effectué le déplacement à Ouagadougou ses propres, fait-il remarquer, pour comprendre. Mais tout porte à croire, qu’il s’est fait une bien mauvaise idée de l’efficacité de la méthode Compaoré. Du reste, il n’est pas le seul.

  • 05
  • Sep

tiaoDécidément, avec ce gouvernement de Luc Adolphe Tiao, on verra tout dans ce pays. Voilà un gouvernement qui fait expulser violemment des étudiants des cités universitaires, les jette dans la rue pour ensuite jouer les pompiers. Dans quel pays sommes-nous ? Comment un gouvernement peut se permettre autant de légèretés, à la limite, irresponsables avec la jeunesse ? Qui plus est, dans un contexte actuel de crise sociopolitique qui divise déjà le pays ?

  • 25
  • Aoû

manifLa gestion quotidienne de l’Etat burkinabè est caractérisée depuis deux décennies par une mal gouvernance avec son cortège de corruption rampante, de clientélisme politique, de collusion dangereuse entre le politique et l’économique (engendrant l’’émergence d’opérateurs économiques de compromission et de prête-noms, des mafieux en tous genres), une déliquescence morale et une crise éthique profonde, etc. Nous l’avons dit depuis le premier numéro du Journal Le Reporter en Juillet 2007, ce pouvoir-là n’est plus capable de faire la différence entre ses intérêts et ceux du peuple. Pire, il se croit investi de tous les droits sur le peuple dont il ne soucie même pas ni de la souffrance, ni de l’opinion.

  • 04
  • Aoû

Plus que jamais aux côtés des citoyens en lutte pour la démocratie et la bonne gouvernance

logo 2Depuis le 1er juillet dernier, votre Journal a 6 ans. Que le temps passe vite. Le bébé grandit lentement mais sûrement, dans un contexte socioéconomique des plus austères pour les parents qui font le choix de la quête permanente de vérité et de justice sociale. De plus en plus, l’origine familiale semble se constituer en un critère pour espérer un avenir radieux dans ce pays où l’agonie de la morale et de l’éthique, le déclin de la dignité et de la fierté semblent avoir formaté une nouvelle race de dignitaires. Oui, des dignitaires de la république pas forcément dignes de respect et de considération. Fort heureusement, il reste encore des hommes et des femmes, des jeunes et des vieux, des citadins et des ruraux dont l’intégrité les condamne à souffrir le martyre d’une gouvernance de l’Etat qui a perdu toute humanité et tout esprit d’équité.

  • 19
  • Juil

lat 2Décidément, le gouvernement que dirige Luc Adolphe Tiao semble manquer sérieusement de méthode et de stratégie. Il louvoie et réagit maladroitement même quand le bon sens commande d’attendre et d’observer. Tenez ! Il a fallu que l’opposition annonçât une journée de protestation pour que le gouvernement se rende enfin compte de son devoir d’imputabilité. Dans une circulaire en date du 12 juin, le Premier ministre a instruit les membres de son gouvernement de se rendre dans les 13 régions pour donner des informations sur les questions essentielles de la vie nationale, notamment la mise en place du Sénat. Ainsi donc le gouvernement fait adopter la loi par sa majorité à l’Assemblée nationale pour ensuite se rendre dans les régions en vue d’expliquer aux populations ce que c’est que le Sénat et les raisons qui ont motivé sa création. Si ce n’est un manque de respect, ça y ressemble. L’on aurait compris que ces missions gouvernementales interviennent avant même la transmission du projet de loi à l’Assemblée nationale. Mais non, le gouvernement a fait le choix de mettre les populations devant le fait accompli. Quelle terrible conception de l’imputabilité et de la prise en compte des attentes citoyennes dans les politiques gouvernementales. Du reste, dans bien des régions, les populations n’ont pas manqué de leur cracher leurs vérités. Finalement, ces sorties n’auront presque servi à rien. Si ce n’est de ridiculiser certains ministres qui se sont fait bombarder de questions dont ils se sont montrés incapables d’apporter des réponses. Heureusement, le ridicule ne tue pas !

"Nous rêvons d'un Burkina Faso où le pauvre suscite chez le riche, compassion et solidarité; où le faible bénéficie de la protection des forts; où la solidarité n'est pas seulement un slogan mais une valeur essentielle dans nos rapports avec les autres; où toute vie humaine est sacrée;...Lire la suite