• 19
  • Fév

mpp logoLe paysage politique burkinabè s’est enrichi d’un nouveau poids lourd : le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP). Ce Mouvement a été porté sur les fonts baptismaux le 25 janvier par Roch March Christian Kaboré, Salif Diallo, Simon Compaoré et autres anciens ténors des groupuscules communistes révolutionnaires qui ont fait la Révolution (1983 – 1987), le Front populaire (1987 – 1989), l’Organisation démocratique populaire, Mouvement du travail (ODP/MT de 1989 à 1996), puis le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP de 1996 à 2012). Pour beaucoup d’entre eux, leurs chemins se sont croisés avec celui de Blaise Compaoré sous la révolution. Avec la Rectification, la direction collégiale des affaires entre les ténors de ces mouvements qui formaient l’organe de dirigeant du pouvoir d’Etat a fait progressivement place à un pouvoir personnel que tous devaient servir. Le contexte et les esprits marqués par l’avènement sanglant du Front populaire et la chasse aux sorcières qui s’en est suivie, n’autorisaient sans doutes pas de voix discordantes.

  • 04
  • Fév

2014Avalée comme ses sœurs aînées par les vagues du temps qui ne s’arrêtent jamais, l’année 2013 s’en est donc allée. Elle aura été marquée sans doute par des moments de joies, de vœux réalisés mais aussi de pleures et d’espoirs déçus. Point n’est besoin ici de revenir sur les grands moments qui ont marqué cette année. D’autres l’ont suffisamment et bien fait. Toutefois, nous ne pouvons nous déroger au devoir de satisfaire au rituel de ces instants où foisonnent de bons vœux, de bonnes résolutions pour réussir notre passage sur cette terre que nous espérons tous marquer par nos réussites personnelles et collectives, nos victoires. Selon nos visions et convictions, nos possibilités et nos choix de vie, nous promettons chaque année de faire plus et mieux que l’année écoulée.

  • 20
  • Jan

cdpLe Secrétariat exécutif national (SEN) du parti au pouvoir, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) montre des signes d’une extrême fébrilité. Après les sorties de certains militants l’accusant d’incompétence et d’être à la solde exclusive du « petit Président », François Compaoré, le SEN a cru bon de réagir, de la manière la plus virulente. La guerre est déclarée ouvertement à des militants qui, sans doute se reconnaîtront. En effet, dans le compte rendu de sa réunion du 2 décembre dernier, Assimi Kouanda et son équipe ne sont pas allés avec du dos de la cuillère pour fustiger les « actions irresponsables et de tendances liquidationnistes » de certains militants. Voici un extrait du compte rendu : « Les membres du SEN ont relevé le fait que depuis un certain temps, notre parti et sa Direction font l’objet d’écrits malveillants dans la presse de la part de ses pourfendeurs de toute espèce de l’intérieur ou de l’extérieur qui tentent de le désintégrer par des complots et de sordides manœuvres. Ainsi donc, des individus de nature identique, mais dont le cynisme et la déloyauté se disputent à l’envie, se lancent encore une fois contre notre parti. Ils ont débuté par faire courir des rumeurs malveillantes sur certains de nos camarades, puis sont passés aux tracts avant de tenter, à présent, d’utiliser d’obscurs arpenteurs de couloirs de ministères pour semer le doute sur les activités de notre parti et ses règles de fonctionnement. Les membres du SEN, préoccupés par l’exécution des directives de l’historique du Ve Congrès, n’ont jamais trouvé utile de perdre leur temps pour donner une réplique à des gens dont la frustration qui découle d’un égoïsme absolu, les pousse à des extrémités aussi dégradantes qu’inintelligentes. » Certains confrères, apparemment bien introduits dans les couloirs du CDP, ont clairement identifié ces fauteurs de troubles. Sont de ceux-là Roch Marc Christian Kaboré et Salif Diallo. Le temps où l’on tentait de les caresser dans le sens du poil est désormais révolu. Les anciens dignitaires relégués au rang de conseillers fantômes ne sont plus que des fauteurs de troubles utilisant d’obscurs individus pour ourdir des complots contre leur parti.

Comme nous l’écrivions dans notre précédente édition, le CDP risque de traverser des zones de fortes turbulences. La sérénité apparente du SEN tranche nettement avec la grogne qui monte et qui risque d’aboutir à une implosion de l’intérieur. Loin de vouloir jouer les oiseaux de mauvais augure, il y a des signes qui ne trompent pas. Le discours va-t’en guerre du SEN indique clairement que la rupture est presque consommée avec certains militants. Il traduit également la quiétude ébranlée de Assimi Kouanda et ses mentors. Il reste maintenant à savoir jusqu’où les mis en cause sont capables d’aller. De plus en plus, il apparaît clair qu’ils ne sont pas prêts encore à sortir du bois. Pour autant, accepteront-ils l’humiliation suprême qui est en train de se préparer contre eux sans réagir ? Rien n’est moins sûr. L’on semble entrer progressivement dans une bataille par réseaux interposés. Toute chose qui pourrait nuire au plan du parti relatif à la relecture de l’article 37. Ce plan, révélé par notre confrère Courrier confidentiel dans sa livraison du 10 décembre dernier, recommandait une union sacrée au sein du parti. Ce plan prévoit la création de comités d’initiative de pétitions pour recueillir 50 000 signatures pour demander un référendum sur la révision de l’article 37. Mais déjà rendu public, ce plan secret risque fort de faire flop. Les coups durs se multiplient pour le SEN. Mais tout semble indiquer que Assimi Kouanda, fort du soutien que lui accordent jusque-là les frères Compaoré, persiste dans la défiance des anciens barons du parti.

Au lieu de jouer à l’apaisement et au rassemblement en vue de resserrer les rangs, le SEN préfère donc s’essayer à la bagarre. Il est sans doute en train de tomber dans le piège des autres. A défaut de claquer la porte et d’aller voir ailleurs, ceux-ci semblent vouloir mener la vie difficile au SEN et le pousser à la faute. Jusque-là, ils réussissent merveilleusement cette guerre des nerfs. Sans doute que passée cette étape, d’autres actions suivront. Ce match CDP contre CDP est assurément plus tactique et risque de déjouer tous les pronostics et d’être éprouvant à terme pour le parti. Et c’est peu dire. Le plus difficile reste à venir. Les mois à venir ne seront pas de tout repos pour la Direction actuelle du parti. Elle va devoir se battre sur deux fronts : en interne contre les militants déçus et à l’extérieur contre tous ceux qui sont opposés à la relecture de l’article 37 de la Constitution pour mettre fin à la limitation des mandats présidentiels à deux quinquennats. Assurément, certains laisseront des plumes dans cette bataille qui promet d’être âprement disputée. Sans doute que l’argent coulera à flots. Mais, il faut craindre que ce ne soit pas suffisant. L’année 2014 qui s’annonce sera soit celle de la consécration soit de la traversée du désert pour bien des puissants d’aujourd’hui. S’ils n’y prennent garde, ils risquent de se retrouver parmi les « gens dont la frustration qui découle d’un égoïsme absolu les pousse à des extrémités aussi dégradantes qu’inintelligentes.» Rira bien qui rira le dernier.

  • 26
  • Déc

Norbert ZongoLe 13 décembre prochain marquera le 15e anniversaire de l’assassinat de notre confrère Norbert Zongo et de ses compagnons. 15 ans de douleur des familles, 15 ans de lutte pour les Burkinabè épris de justice et 15 ans d’impunité pour les assassins et leurs commanditaires. 15 ans aussi de jeux politiques troubles qui ont compromis davantage l’atteinte des aspirations du peuple à la Justice. Presque tous les acteurs aussi du pouvoir, de la justice que des organisations politiques et de la société civile sont responsables de l’état actuel du dossier Norbert Zongo et de la gouvernance du pays. Les uns, par inaction ou par ruses et subterfuges pour conserver le pouvoir, ont fait des pieds et des mains pour empêcher la Justice de faire son travail.

  • 11
  • Déc

IBK Blaise-compaore-X1L’axe Ouagadougou-Bamako semble se brouiller chaque jour un peu plus. Les nouvelles autorités élues du Mali ne veulent plus se laisser marcher sur les pieds. Bien au contraire. Elles entendent assumer pleinement leurs responsabilités dans le recouvrement de l’intégrité territoriale du Mali et l’exercice de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national y compris à Kidal (Nord-Est), fief de la rébellion touarègue du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA). C’est justement là où les positions entre Ouagadougou et Bamako semblent s’entrechoquer. Le Président Ibrahim Boubacar Keita (IBK) du Mali ne voit d’un bon œil le fait que Blaise Compaoré ait offert gîte et couvert à l’état-major du MNLA dont les éléments continuent, à Kidal, de torpiller les espoirs de sortir de cette situation de ni paix ni guerre dans cette région. Tout porte à croire que le MNLA se plaît dans cette situation et veut l’imposer à Bamako.

Le médiateur Blaise Compaoré est, quant à lui, suspecté d’instrumentaliser ce mouvement pour rester en scelle dans le processus de retour à l’Etat de droit. Plusieurs raisons expliquent ces suspicions. Non seulement les leaders du MNLA sont établis à Ouagadougou, à partir d’où, ils dirigent le mouvement, mais c’est également là qu’ils tiennent leurs réunions et contestent régulièrement les propositions de sortie de crise du gouvernement malien. En outre, ces rebelles veulent imposer la poursuite de la médiation par Blaise Compaoré et surtout à Ouagadougou. Du côté du Mali, cela n’est plus envisageable. Le médiateur ayant fait le choix d’amitié ou de protections suspectes d’une des parties, sa neutralité est plus douteuse. Il n’est point question pour le gouvernement malien de mener des négociations sur le Mali hors du territoire malien. De son point de vue, si le MNLA est de bonne foi dans sa reconnaissance de l’intégralité territoriale du Mali, il n’y a plus de raison que des pourparlers inter-maliens ne puissent pas se mener sur le sol malien, notamment dans le cadre des réformes politiques et institutionnelles et du processus de réconciliation en cours.

Jusque-là, ce mouvement bénéficiait de la bienveillante indifférence, pour ne pas dire la complaisance de la France dans ses agissements à Kidal. Mais depuis l’enlèvement et l’assassinat de nos deux confrères de RFI (Ghislaine Dupont et Claude Verlon), la pression se resserre sur le MNLA et ses soutiens. Habitué à des pirouettes et des doubles jeux, le MNLA se mêle les pinceaux et avec lui, Blaise Compaoré. En effet, selon notre confrère « L’Evénement » dans sa livraison du 10 novembre dernier, il y a eu au moins deux clashs entre les deux chefs d’Etat au mois d’octobre dernier. Le Président malien aurait refusé à deux reprises de rencontrer son homologue burkinabè et menace même de dénoncer l’accord intérimaire de Ouagadougou. C’est dire que le MNLA empoisonne les relations entre les deux pays. La pression se retourne contre Blaise Compaoré. Confronté à des difficultés internes du fait de la crise sociopolitique née de la volonté de mise en place du Sénat, Blaise Compaoré semble, comme à ses habitudes, chercher dans la crise malienne, un moyen de se relancer sur le plan international. Mais cette fois, il est tombé sur un IBK qui n’est pas homme à se laisser marcher sur les pieds. Le climat est plus que tendu entre les deux hommes.

Blaise Compaoré va devoir faire le choix entre le MNLA et le Mali, susurrent certains Maliens qui l’accablent de tous les péchés d’Israël. L’on se demande pourquoi les autorités burkinabè continuent à héberger ces chefs rebelles touaregs dont le double jeu constitue l’un des principaux goulots d’étranglement du retour à la paix et à la stabilité politique au Mali. Depuis le déclenchement de la crise malienne, ce mouvement a montré qu’il n’était nullement fiable. Pire, il se satisfait de cette situation de ni paix ni guerre dans la région occupée de Kidal qui reste encore le bastion de tous les trafiquants et autres marchands d’otages. Le MNLA ne contrôle rien à Kidal et s’est montré incapable de faire face aux djihadistes et autres islamistes qui y entrent et ressortent comme ils veulent. Mieux, ses éléments s’y pavanent toujours avec leurs armes et n’hésitent pas à s’en prendre aux autorités officielles de Bamako de passage ou leurs représentants sur place.

Pour Bamako, cette situation ne peut pas continuer. Elle doit cesser. Pour cela, Blaise Compaoré doit, selon eux, rappeler ses hôtes à l’ordre. De plus en plus isolé, le MNLA commence à lâcher du lest. Le jeudi 14 novembre, il a évacué des locaux du gouvernorat et de la Radio télévision du Mali à Kidal pour laisser l’administration de l’Etat s’y déployer. Ce sont des prémisses de bonnes dispositions à revenir dans la république. Mais cela suffira-t-il à rassurer Bamako ? Certainement pas. Pour montrer sa bonne foi, il doit se résoudre à accepter de négocier avec les autorités légitimes du Mali, la reddition totale du mouvement. Persister dans la recherche d’un territoire autonome qui ne peut exister sans l’aval de Bamako serait la preuve qu’il n’a d’ambition que la déstabilisation du pays. Et à un moment donné, ça risque de finir mal.

L’Azawad n’existe pas. C’est la conviction d’IBK et de son gouvernement ainsi que de bien des populations du Nord-Mali qui ne se reconnaissent pas dans le combat du MNLA. Alors, pourquoi s’entêter à soutenir un mouvement sans avenir et qui plus, est plus porteur de crises et de conflits que de paix et de développement ? A moins que derrière le MNLA, il n’y ait d’autres enjeux qui échappent aux intérêts du Burkina Faso et du Mali. Le Burkina Faso ne peut pas continuer à héberger les leaders du MNLA si ceux-ci ne se résolvent pas à mettre fin à leurs pratiques belliqueuses et d’agressions contre le Mali. Il faut mettre fin à cette tragicomédie.

  • 03
  • Déc

Mahamadou ISSOUFOU BC1Ils sont enfin libres. Ces 4 employés du puissant groupe français Areva qui exploite l’uranium au Niger, ont été libérés le 29 octobre dernier après trois ans de captivité. Enlevés par des éléments d’Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et emmenés dans le Nord-Mali, ces otages français savourent donc depuis peu la liberté. Cependant, ce happy end pour ces 4 hommes et leurs familles cache mal les contradictions de la politique française vis-à-vis du terrorisme international. Pendant que les médias de l’Hexagone soutiennent qu’une rançon évaluée entre 20 et 25 millions d’euros, soient entre 13,1 et 16,4 milliards de francs CFA, le gouvernement, par la voix des ministres de la Défense et des Affaires étrangères, soutient qu’il n’y a eu ni rançon, ni offensive militaire pour libérer les otages. La France, du reste, rappellent-ils, ne verse pas de rançon aux terroristes. Finalement, tout semble indiquer qu’il y a bel et bien eu paiement de rançon.

  • 21
  • Oct

coutumiersAvec le projet de mise en place du Sénat, Blaise Compaoré risque fort de diviser la société burkinabè, si ce n’est déjà fait. La fracture au sein de la communauté musulmane en est une parfaite illustration. Et voici apparye une opposition entre majorité pro-Sénat et minorité agitée qui cherche à mettre le pays à feu et à sang. C’est cette caricature que certains de ses partisans agitent dans nos villes et campagnes. Dans les faits, les concertations entre le président du Faso et les autorités coutumières et religieuses portaient en elles-mêmes, les germes de la division. En effet, si au niveau des communautés religieuses, les trois grandes composantes ont été prises en compte, il n’en demeure pas moins qu’en ce qui concerne la chefferie coutumière, il n’a été pris en compte que la chefferie moaga et du Gulmu. Dans un pays qui compte une soixantaine de groupes ethniques avec des formes différentes d’organisation politique selon les régions et les ethnies, l’on comprend difficilement le choix du Président de ne recevoir que les chefs et rois deux groupes. Certes, les mossis représentent la majorité ethnique au Burkina. Mais la république ne peut et ne doit exclure les groupes minoritaires. Bien au contraire, ceux-ci doivent faire l’objet de la plus grande protection. Peut-être, sommes nous pressés et que le Président a déjà prévu de rencontrer les chefs coutumiers des autres groupes ethniques du Burkina. Mais déjà et à juste titre, certains éléments de ces groupes ethniques s’estiment ignorés et qualifient l’attitude du président du Faso d’une confirmation de la « mossisation » de la république. Il faut donc vite corriger cette méprise.

  • 01
  • Oct

lat 2L’actualité politique nationale est toujours dominée par le processus de mise en œuvre du Sénat qui a relégué au second plan, les mesures gouvernementales visant à améliorer le pouvoir d’achat des Burkinabè et à lutter contre la vie chère. Ces mesures étaient censées calmer les tensions sociopolitiques qui menacent d’exploser à tout moment. Mais tout porte à croire qu’elles n’ont pas reçu l’accueil espéré. C’est comme si rien n’a été fait. Elles apporteront sans doute un petit plus face aux immenses besoins de la majorité des citoyens, en proie surtout au diktat de commerçants véreux et autres spéculateurs. Cependant, tout compte fait, chacun réalise que ces mesures ne changeront pratiquement rien dans son quotidien.

"Nous rêvons d'un Burkina Faso où le pauvre suscite chez le riche, compassion et solidarité; où le faible bénéficie de la protection des forts; où la solidarité n'est pas seulement un slogan mais une valeur essentielle dans nos rapports avec les autres; où toute vie humaine est sacrée;...Lire la suite