• 24
  • Aoû

larleDepuis quelques années, la montée, pour ne pas dire le déchainement du grand banditisme avec les braquages et autres exécutions sommaires ont transformé nos grands axes routiers, nos centres urbains et mêmes nos domiciles en des lieux très peu sûrs. L’insécurité est partout au Burkina Faso, même dans les foyers. Mais l’on était loin de s’imaginer qu’elle pouvait atteindre un tel seuil de menace. L’explosion violente survenue le 15 juillet dernier à Larlé dans la capitale burkinabè a fini de convaincre même les plus optimistes que le Burkina Faso était en train de toucher le fond en matière d’insécurité. Dans ce quartier populeux, et pire dans une cour abondamment peuplée, un individu, un orpailleur (ce qui reste jusque-là à prouver) aurait pu stocker en seulement 11 jours des explosifs d’une quantité capable de pulvériser tout un quartier à l’insu des forces de défense et de sécurité. Autant dire que notre capitale pourrait bien être un terrain de jeux pour les groupes terroristes et autres narcotrafiquants. Puisque les explosifs ce sont les jouets des terroristes. Oui, bonnes gens, il ne vous reste plu qu'à prier pour ne pas avoir dans votre entourage des individus amateurs d'explosifs et travaillant sur des sites d'or. Sinon bonjour les dégâts ! Comme quoi, dans ce pays, l'on peut tout se permettre y compris stoker frauduleusement des explosifs dans une maison d’habitation. La sécurité publique ne tient plus à rien du tout!

  • 07
  • Aoû

blaiseL’information a été donnée par notre confrère Jeune Afrique sur son site web. Un des proches de Blaise Compaoré aurait confié à nos confrères que celui-ci voudrait clouer le bec à ses anciens lieutenants (Roch Marc Christian Kaboré, Salif Diallo et Simon Compaoré) devenus ses plus farouches opposants depuis bientôt 7 mois, c’est-à-dire depuis leur défection du parti présidentiel et la création du MPP (Mouvement du peuple pour le progrès). Mais ce n’est pas ça l’information, puisque tous les Burkinabè savent bien que s’il le pouvait, ce sera la première des choses que Blaise Compaoré aurait faite depuis que ses « seconds couteaux » sont devenus très tranchants et pire, très menaçant pour ses ambitions de pouvoir personnel et à vie. L’information, nous apprend Jeune Afrique, c’est que ce sont ces anciens seconds couteaux qui vont pousser Blaise au référendum « quitte à obtenir la révision de l’article 37 avant de s’en aller. Il en est capable ». C’est à perdre tout son latin et sa lucidité. Soit celui qui a mis nos confrères dans la confidence prend les autres pour des ignares, soit il sait Blaise Compaoré suffisamment perturbé par la défection de ses anciens lieutenants au point de le pousser à l’abomination. Ou encore, il a un agenda caché visant à sonder et piéger l’opinion nationale et internationale. Quelle idée de prendre le risque de convoquer un référendum inutile tant pour lui-même que pour la postérité, juste pour clouer le bec à ses anciens compagnons qui veulent désormais sa place ? Qu’est-ce que ça change dans les plans de Roch et ses compagnons ?

Cette nouvelle a tout pour être la plus farfelue que les Burkinabè aient jamais entendue. Car, autant la grande majorité d’entre eux savent leur Président très attaché au pouvoir qu’il ne quittera que sous astreinte, autant ils ne l’imaginent totalement perdu au point d’être prêt à embarquer le pays tout entier dans le chaos, juste pour assouvir une vengeance personnelle.

Le proche qui a donné cette information ne devrait pas être un ami ou quelqu’un qui veut du bien à Blaise Compaoré. A moins que ce ne soient encore ces parvenus et courtisans du palais qui cherchent à se donner de l’importance en distillant des informations mal ficelées dans leurs esprits tordus. Quelle image Blaise Compaoré veut-il donner de lui-même à la postérité en prenant une initiative aussi onéreuse et très risquée pour un pays pauvre très endetté, juste pour clouer le bec à trois individus et leurs supporters ? Ce n’est certainement pas ainsi qu’il va éviter que son image ne soit écornée. Bien au contraire, il ne peut mieux faire pour détruire cette image qu’en organisant ce référendum complètement insensé et inutile.

La meilleure façon pour Blaise Compaoré de rendre le pouvoir directement au MPP, c’est justement d’organiser ce fameux référendum et de s’en aller. En effet, avec tout ce qui précédera le référendum, en termes de luttes et autres campagnes politiques, il va réussir à enterrer définitivement son parti, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP). Toute chose qui ouvrira un grand boulevard pour l’opposition politique, particulièrement au MPP et à l’UPC, les principaux challengers du pouvoir.

Pire, il compliquera la tache à ses soutiens, car tous ceux qui s’excitent aujourd’hui pour revendiquer la modification de l’article 37 espèrent protéger leurs avantages et rentes politiques en espèces sonnantes et trébuchantes. Un départ de Blaise Compaoré ne les arrangerait donc pas. Sans doute qu’ils ne seront pas prêts à s’engager dans un combat dont la finalité est de les jeter en pâture. Et Blaise Compaoré pourrait enregistrer de nouvelles défections dans ses rangs avant même le référendum. Au lieu de se battre pour une vengeance personnelle, ils iront monnayer soumissions à ceux qui sont en lice pour conquérir le fauteuil présidentiel.

En tous les cas, le combat de l’opposition c’est contre l’instauration d’un pouvoir personnel et à vie. C’est surtout pour créer les conditions d’une alternance politique et offrir l’opportunité au pays de vivre une transition démocratique et apaisée avec une passation des charges entre un Président sortant et un Président entrant en 2015. Si Blaise Compaoré peut réviser l’article 37 et partir, ça revient à la même chose que de respecter la Constitution, avec l’élégance démocratique en moins. Le Président entrant pourrait alors entreprendre une nouvelle relecture du même article 37 dans le sens de le verrouiller définitivement. Mais comme relever plus haut, cette bien curieuse confidence présidentielle ressemble plus à une plaisanterie qu’à un agenda politique sérieux. Même en panne d’intelligences politiques à ses côtés depuis un certain temps, Blaise Compaoré sait sur quel terrain, mettre les pieds !

  • 21
  • Juil

logo 2Sans tambour ni trompette, votre Journal a soufflé ses 7 bougies, ce 1er juillet 2014. C’est une année de plus, d’énormes challenges aussi, du fait d’un contexte sociopolitique national des plus incertains et des plus risqués. En effet, depuis quelques années, le bateau battant pavillon Burkina tangue en eaux troubles et s’éloignent dangereusement des cotes paisibles. En lieu et place de l’espérance et de l’émergence promises par celui qui préside à ses destinées depuis plus d’un quart de siècle maintenant, le Burkina Faso risque grandement l’immersion et le naufrage collectif. Depuis 7 ans, nous n’avons eu de cesse de mettre à nu la crise de la gouvernance et du politique qui enfonce, chaque jour un peu plus, le pays dans les abîmes d’un pouvoir personnel et à vie avec tout ce que cela implique de jouissance excessive et de refus de l’effort pour construire et préserver le bien commun. Nous n’avons eu de cesse d’interpeller la collectivité nationale sur l’impératif de repenser l’Etat, la politique, la gouvernance quotidienne de la société, le pouvoir dans un contexte républicain. Sans écouter le message, l’on a parfois tenté de nous assimiler à des prophètes de l’apocalypse, des oiseaux de mauvais augure, des aigris et que savons-nous encore ?

  • 27
  • Jui

blaisoDécidément, le Burkina émergent de Blaise Compaoré risque fort d’accoucher d’un Burkina immergé de toutes parts. Dans ce pays qui prétend à l’émergence en 2015, les hôpitaux manquent de tout et se transforment en des mouroirs. Faites le tour des centres hospitaliers régionaux, bien des services entiers restent bloqués par des appareils en panne : radiologie, scaner, etc. Les cas des centres hospitaliers universitaires de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso, les deux principales villes du pays, suscitent colère et indignation. Justement face à cette situation, les populations de Bobo Dioulasso ont à l’invitation du Balai citoyen, manifesté le 24 mai dernier pour exprimer leur colère. Cet hôpital de Bobo-Dioulasso dont le bloc opératoire est fermé depuis quelques mois fait aussi face à une panne dans les chambres froides de la morgue.

  • 03
  • Jui

blaiseBlaise semble avoir de sérieux soucis dans son projet de se maintenir coûte que coûte au pouvoir. Plus l’échéance 2015 avance, c’est-à-dire la fin du mandat en cours, plus il multiplie les initiatives inédites comme pour dire aux Burkinabè : j’ai changé maintenant, je ne reste plus dans mon palais et laisser mes ministres et commis se balader dans le Burkina profond pour parler et agir à mon nom. Désormais, il sera pratiquement de tous les grands évènements ou toutes tribunes sur le territoire national qui lui donnent l’occasion de prendre des bains de foule et de nouveaux engagements. Comme nous l’écrivions dans notre précédente édition, « Blaise Compaoré est confronté à une double bataille. D’une part, il faut un bilan qui justifie tous les qualificatifs que lui collent ses partisans et, d’autre part, il faut mobiliser les Burkinabè autour de sa volonté de rester au pouvoir. Les deux sont liés. La première doit servir d’alibi à la seconde. » L’on pourrait même ajouter un troisième défi. Il s’est trop emmuré dans son palais et ses « médiations à succès » qu’il donnait l’impression d’avoir abandonné les problèmes domestiques à ses ministres. En effet, depuis bien longtemps déjà, Blaise Compaoré ne parle à ses compatriotes que deux fois dans l’année : le 10 décembre, à la veille de la fête nationale, et le 31 décembre, à l’occasion de la Saint-Sylvestre. Ses sorties à l’intérieur du pays se comptent du bout des doigts. Là encore il faut des événements exceptionnels.

  • 21
  • Mai

bcQu’est-ce qui fait courir tant le président du Faso ? Après le forum des femmes à Banfora, la foire de Sindou dans la Léraba, la Semaine nationale de la culture à Bobo Dioulasso, la Journée du paysan à Fada N’Gourma, voici le président du Faso à Bagré, où pour la première fois, il a délocalisé la session ordinaire du Conseil des ministres du mercredi 30 avril dernier. Si les premiers rendez-vous relèvent de son agenda habituel, la délocalisation du Conseil des ministres est, sauf omission de notre part, une première sous la 4e République, c’est-à-dire depuis près de 23 ans, à seulement moins de 20 mois de la fin de son ultime mandat.

Il venait juste de rentrer de Singapour où il est allé à la conquête d’investisseurs pour le Burkina. Il est rentré avec, semble-t-il, des promesses fermes d’investissements dans plusieurs secteurs de la vie publique burkinabè (économie, santé, énergie, eau potable, etc.). C’est dire que Blaise Compaoré est subitement devenu très actif sur le terrain de la recherche des voies et moyens de sortir son pays du sous-développement et de la pauvreté endémique.

  • 04
  • Mai

grevesSemaine après semaine, la situation nationale ne cesse de s’enfoncer dans un marécage boueux et extrêmement glissant. Depuis la défection des fondateurs du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) des rangs du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), le discours politique a pris des tournures hallucinantes avec des dérapages de toutes sortes. Ces deux premiers week-ends du mois d’avril ont été marqués par deux grands rassemblements organisés respectivement par le MPP à Ouagadougou et le CDP et ses alliés du Front républicain à Bobo Dioulasso. Chaque camp ayant rempli un stade est allé avec ses propos guerriers et menaçants. Comme l’avait dit Roch Marc Christian Kaboré à Bobo Dioulasso le 1er mars dernier, certains politiciens parlent de paix mais dans leurs pratiques et discours, ils préparent la guerre. Certes, l’on peut lui rétorquer que même dans son camp, tous les discours ne sont pas forcément dans le sens de la paix. Mais l’on peut, au moins, lui concéder que ceux d’en face, qui ont sans doute du mal à contenir leurs colères et leurs inquiétudes de voir la fin des haricots avec le départ de Blaise Compaoré en 2015, se montrent plus entreprenants dans la médiocrité, voire l’irresponsabilité à travers certains ténors.

  • 16
  • Avr

urneLa présidentielle 2015 est assurément l’un des scrutins à gros enjeux depuis l’avènement de la 4e République. Jamais une présidentielle n’a suscité autant de passions, depuis celle du 1er décembre 1991. Cette année-là, Blaise Compaoré avait en face une opposition très forte avec des figures historiques de la politique burkinabè (Gerard Kango Ouédraogo, du RDA, feu le Pr Ki-Zerbo, Pierre Tapsoba, Pierre Claver Damiba, Pierre Emmanuel Tapsoba, tous de la CNPP/PSD, Hermann Yaméogo alors patron de l’ADF pour ne citer que ceux-là). L’on ne vendait pas cher la peau du Capitaine qui venait de ranger l’uniforme pour les grands boubous et les costards. Mais l’opposition s’était fait coiffer dans l’obscurité par le beau Capitaine qui s’est fait le plaisir de lui couper les oreilles. Depuis, elle ne s’est pratiquement plus jamais relevée. Bien au contraire, ses principaux animateurs ont fini par rejoindre le large rassemblement (le premier programme de Blaise Compaoré). Certains (notamment la Convention nationale des patriotes progressistes, Parti social-démocrate – CNPP/PSD) par fusion avec l’ODP/MT (Organisation pour la démocratie et le progrès, Mouvement du travail) pour créer le CDP en 1996 ; d’autres avaient déjà intégré le gouvernement depuis 1992 (cas de l’Alliance pour la démocratie et la fédération – ADF).

"Nous rêvons d'un Burkina Faso où le pauvre suscite chez le riche, compassion et solidarité; où le faible bénéficie de la protection des forts; où la solidarité n'est pas seulement un slogan mais une valeur essentielle dans nos rapports avec les autres; où toute vie humaine est sacrée;...Lire la suite