• 16
  • Sep

afrique france432Blaise Compaoré a-t-il lu le livre de Mongo Beti, "La France contre l’Afrique" (1993, éd. La Découverte) ? Avouons que nous non plus. Mais en découvrant l’extrait dans un article intitulé « L’arrière-garde de la démocratie en Afrique » qu’un citoyen nommé Debrsèoyir Kwesi Christophe Dabiré, a publié dans Lefaso.net du 30 août dernier, nous pensons que si le président du Faso avait lu ce livre, il aurait sans doute hésité avant de se proclamer homme fort. Voici cet extrait : « Il y avait l’homme fort du Zaïre, que tout le monde connaissait en France et en Europe où il avait été longtemps admiré comme le tombeur, pour ne pas dire l’exécuteur de Patrice Lumumba, jusqu’à ce que l’on découvre que ses biens placés à l’extérieur du Zaïre équivalaient, en argent, à toute la dette de son pays. Il y avait l’homme fort du Togo, le Général Eyadema, qui n’avait encore défrayé la chronique en France que pour ses parties de chasse en compagnie de Jean-Christophe Mitterrand. Il y avait eu, jusqu’en 1982, l’homme fort du Cameroun, Ahmadou Ahidjo, oublié aujourd’hui, et d’ailleurs disparu. Il est établi aujourd’hui que c’était un horrible petit Néron, qui gouverna le pays pendant vingt-cinq longues années d’une main de fer et sans partage. Il y avait l’homme fort du Gabon, Omar Bongo ; il y avait l’homme fort de Brazzaville, Denis Sassou Nguesso, sorte de bouffon qui se prenait pour un marxiste, comme son homologue l’homme fort du Bénin, Matthieu Kérékou ; il y avait l’homme fort de Côte-d’Ivoire, Houphouët-Boigny, qui s’était fait construire dans son village une cathédrale plus vaste que Saint-Pierre de Rome, tandis que des enfants mouraient dans l’hôpital voisin faute de médicaments. Hommes forts, certes, mais gestionnaires débiles, dont les Etats étaient en pleine déroute économique et financière " (pages 183-184).

Cette image que l’auteur dépeint des hommes forts est bien loin d’inciter à l’enthousiasme de se prétendre homme fort. Sans savoir exactement la définition que peut bien Blaise Compaoré de cette notion, ni ses références dans l’histoire des Etats, les exemples d’hommes forts connus en Afrique illustrent le plus souvent les dérives de quelques petits dictateurs dans la gestion de leurs pays respectifs. Mobutu, Houphouët, Bongo, Eyadema étaient de leur vivant presque des dieux vivants. Ils étaient des guides éclairés, des timoniers, des pères de la Nation et que savons-nous encore. Ils avaient réussi à maintenir leur pays dans la paix et la stabilité, parfois dans l’abondance. Mais ils étaient aussi l’incarnation de la mal gouvernance et du pillage des ressources de leur pays par l’Occident. Ils sont morts laissant leur pays en proie à toutes les turpitudes.

Alors quel haut fait d’armes Mongo Beti aurait-il attribué à l’homme fort du Faso ? Certainement ceux qu’il a en commun avec les autres, à savoir : le pouvoir personnel, son long règne et cette tendance à prendre l’Etat pour son patrimoine personnel. Il y a aussi ce sentiment d’indispensabilité qui lui fait croire que sans lui le pays s’écroulera alors qu’il a travaillé à ce que le pays s’écroule effectivement après lui, comme tous les autres hommes forts.

Mais plus sérieusement, cet extrait du livre de Mongo Beti montre clairement que ce dont les pays africains ont besoin, ce sont d’abord des hommes et des femmes de parole, engagés et déterminés à servir leur pays partout où le devoir les appelle. Il ne s’agit pas de ces hommes de pouvoir ou d’appareils, qui se sont crus indispensables, des hommes forts sans lesquels les pays n’existeraient pas. Ce dont l’Afrique a besoin, et l’opposition politique burkinabè l’a si bien relevé, ce sont de grands hommes comme Nelson Mandela en Afrique du Sud, Alpha Oumar Konaré du Mali, John Jerry Rawlings du Ghana, etc. bref, des hommes qui ont compris que l’Etat et les institutions ne doivent pas être façonnés à l’image et à la taille d’un individu, d’un homme fort, qui ont su léguer à des successeurs des pays stables et démocratiques ,même si le cas malien peut inciter à la prudence. Justement, le Mali a périclité dans l’instabilité, entre autres, lorsque les institutions ont été soumises à la volonté d’un individu, le Président Amadou Toumani Touré, débarqué à 3 mois de la fin de son mandat.

En tout état de cause, le Burkina Faso, n’en déplaise aux partisans de l’indispensabilité et de l’immobilisme, n’a pas besoin d’hommes forts pour construire dans la durée des institutions fortes. La preuve est qu’après 28 ans de pouvoir, l’homme fort n’a pas encore réussi à asseoir ces institutions fortes. Même si on lui donnait encore autant d’années à la tête de l’Etat, il est fort à parier qu’il n’y arrivera pas. Car, les hommes forts ne peuvent pas construire des institutions fortes. S’il ya des institutions fortes, il ne peut y avoir d’hommes forts et vis-versa. Les institutions fortes imposent la démocratie et garantissent à tous les citoyens l’égalité en droit et en devoir. Les hommes forts mettent les institutions au service exclusif de leurs intérêts personnels, de leurs familles et réseaux clientélistes, allant parfois même dans la démesure. C’est sans doute ce qui fait dire à Mongo Beti que ce sont certes des hommes forts mais des « gestionnaires débiles ». Et il n’a pas tort. En tout cas pour les exemples qu’il a cités. Homme fort ne rime pas forcément avec un bon exemple d’homme d’Etat. Bien au contraire !

  • 01
  • Sep

LibertePresseDepuis quelques temps, certains animateurs des médias vivent une situation des plus inquiétantes. Notre confrère Newtown Ahmed Barry, Rédacteur en chef du bimensuel « L’Evènement », vient de tirer la sonnette d’alarme en faisant parvenir aux organisations professionnelles des médias, une alerte sur les menaces qui pèsent sur sa sécurité. Cette alerte de Newtown Ahmed intervient dans un contexte sociopolitique des plus précaires où certains deviennent de plus en plus fous à l’idée que la fin des haricots pourrait intervenir dans quelques mois. Ce contexte est également marqué par des évènements dramatiques que l’on tente de faire passer pour de banals accidents. Ce sont entre la mort suspecte du Juge Salifou Nébié le 24 mai dernier et l’explosion de Larlé le 15 juillet dernier. Dans ces deux cas, notre confrère L’Evènement s’est assez investi dans l’investigation et a livré une production qui est loin d’épouser les thèses officielles d’accidents. Bien au contraire, cette production contredit fortement ces thèses et laisse penser que le Journal, notamment certains de ses journalistes, en savent plus qu’il n’en faut. Ceci explique-t-il le cambriolage dont le Journal a été l’objet, le 31 juillet dernier ? Possible parce que, selon les premiers responsables du Journal, précisément le Rédacteur en chef Newtown, ce cambriolage est loin d’être un acte crapuleux mais bien plus un crime contre le Journal. Il pointe même un doit accusateur sur les services de l’Etat qui, malgré les multiples interpellations, n’ont rien fait jusqu’à ce que ce crime soit commis.

Mais au-delà de la personne de Newtown Ahmed Barry, son alerte a surtout l’avantage d’interpeller la communauté nationale et internationale sur les menaces sur la liberté d’expression et surtout de la presse. Les menaces ne concernent certainement pas Newtown Ahmed mais bien tous les journalistes qui se battent pour que le citoyen ait accès à l’information débarrassée de la manipulation politicienne. Par ces temps qui courent où les partisans du pouvoir s’attaquent ouvertement aux médias, il y a lieu effectivement de tirer la sonnette d’alarme.

Déjà, c’est le Premier ministre Luc Adolphe Tiao qui avait donné le ton, lors de la commémoration des 30 ans de Sidwaya en proclamant : « Il n’y a pas véritablement de pluralisme d’opinions dans la plupart de nos médias. Ainsi, dans sa grande majorité, notre presse n’excelle pas dans le pluralisme et l’équilibre de l’information. Les contenus qui nous sont servis relativement à la vie politique nationale le démontrent amplement; les analyses ayant pour la plupart tendance à privilégier les thèses de tel ou tel groupe politique ou d’organisation de la société civile».

Lors de la dernière session de son Bureau politique national le 2 août dernier, le Secrétaire exécutif national du CDP, Assimi Kouanda, a déclaré que certains médias avaient développé des « hypothèses invraisemblables en vue de ternir l’image du Burkina Faso » dans leur traitement des sujets relativement aux drames ci-dessus évoqués. C’est une accusation très grave. Des journaux burkinabè développent des hypothèses invraisemblables pour ternir l’image du pays. A d’autres époques, une telle accusation du CDP pourrait valoir aux journaux visés, de gros ennuis judiciaires, voire sécuritaires. Ironie du sort, Assimi Kouanda affirme que « sur d’autres sujets également, quelques-uns ont répandu des invectives contre le pouvoir et contre le CDP, au mépris du principe de l’équilibre de l’information ». C’est l’arroseur arrosé. Le Giga-parti qui, pendant des décennies, avait pratiquement monopolisé les médias d’Etat au service exclusif de sa propagande politico-médiatique, se plaint d’un déséquilibre de l’information en sa défaveur. Décidément, le changement est dans l’air et le CDP, inconsciemment, semble s’essayer à une opposition pleurnicharde.

Mais le plus incompréhensible, c’est quand le Secrétaire exécutif du CDP affirme que : « Même si nous ne sommes pas d’accord avec leurs écrits, leurs commentaires et leurs affirmations, nous nous battrons toujours pour qu’ils aient le droit d’exister, car c’est cela notre conception de la démocratie et de la liberté d’expression ». Jusque-là, personne n’a tenté une remise en cause du droit de tous les journaux à exister. Pourquoi le CDP aura-t-il besoin de se battre pour que des journaux aient le droit d’exister ? Contre qui veulent-ils se battre ? Des forces ou groupes internes ou externes au CDP ? C’est à ne rien comprendre en ce sens que si des menaces existent contre le droit des journaux à exister, surtout ceux qui font « des invectives au pouvoir et au CDP », il ne faut pas chercher plus loin dans les cercles du pouvoir. À moins qu’Assimi Kouanda, dans ses envolées lyriques, ne soit une fois de plus allé vite en besogne en trahissant des combats internes pour protéger le droit de certains journaux à exister.

Mais au fond, ces sorties des responsables du CDP sur les médias, sans vouloir rejeter les critiques, ne sont pas bons signes dans le contexte sociopolitique actuel où certains courtisans zélés sont devenus des véritables dangers publics, prêts à tout pour défendre leurs mentors. Dans tous les cas, le pouvoir a le devoir de protéger tous les citoyens et d’assurer leur sécurité. Il sera donc tenu pour responsable de tout ce qui adviendrait à un journaliste burkinabè ou exerçant sur le territoire burkinabè. Car, comme le disait feu Norbert Zongo, certains sinistres individus sont prêts à faire taire des journalistes pour « protéger leur festin macabre ». Il faut que ça cesse !

  • 24
  • Aoû

larleDepuis quelques années, la montée, pour ne pas dire le déchainement du grand banditisme avec les braquages et autres exécutions sommaires ont transformé nos grands axes routiers, nos centres urbains et mêmes nos domiciles en des lieux très peu sûrs. L’insécurité est partout au Burkina Faso, même dans les foyers. Mais l’on était loin de s’imaginer qu’elle pouvait atteindre un tel seuil de menace. L’explosion violente survenue le 15 juillet dernier à Larlé dans la capitale burkinabè a fini de convaincre même les plus optimistes que le Burkina Faso était en train de toucher le fond en matière d’insécurité. Dans ce quartier populeux, et pire dans une cour abondamment peuplée, un individu, un orpailleur (ce qui reste jusque-là à prouver) aurait pu stocker en seulement 11 jours des explosifs d’une quantité capable de pulvériser tout un quartier à l’insu des forces de défense et de sécurité. Autant dire que notre capitale pourrait bien être un terrain de jeux pour les groupes terroristes et autres narcotrafiquants. Puisque les explosifs ce sont les jouets des terroristes. Oui, bonnes gens, il ne vous reste plu qu'à prier pour ne pas avoir dans votre entourage des individus amateurs d'explosifs et travaillant sur des sites d'or. Sinon bonjour les dégâts ! Comme quoi, dans ce pays, l'on peut tout se permettre y compris stoker frauduleusement des explosifs dans une maison d’habitation. La sécurité publique ne tient plus à rien du tout!

  • 07
  • Aoû

blaiseL’information a été donnée par notre confrère Jeune Afrique sur son site web. Un des proches de Blaise Compaoré aurait confié à nos confrères que celui-ci voudrait clouer le bec à ses anciens lieutenants (Roch Marc Christian Kaboré, Salif Diallo et Simon Compaoré) devenus ses plus farouches opposants depuis bientôt 7 mois, c’est-à-dire depuis leur défection du parti présidentiel et la création du MPP (Mouvement du peuple pour le progrès). Mais ce n’est pas ça l’information, puisque tous les Burkinabè savent bien que s’il le pouvait, ce sera la première des choses que Blaise Compaoré aurait faite depuis que ses « seconds couteaux » sont devenus très tranchants et pire, très menaçant pour ses ambitions de pouvoir personnel et à vie. L’information, nous apprend Jeune Afrique, c’est que ce sont ces anciens seconds couteaux qui vont pousser Blaise au référendum « quitte à obtenir la révision de l’article 37 avant de s’en aller. Il en est capable ». C’est à perdre tout son latin et sa lucidité. Soit celui qui a mis nos confrères dans la confidence prend les autres pour des ignares, soit il sait Blaise Compaoré suffisamment perturbé par la défection de ses anciens lieutenants au point de le pousser à l’abomination. Ou encore, il a un agenda caché visant à sonder et piéger l’opinion nationale et internationale. Quelle idée de prendre le risque de convoquer un référendum inutile tant pour lui-même que pour la postérité, juste pour clouer le bec à ses anciens compagnons qui veulent désormais sa place ? Qu’est-ce que ça change dans les plans de Roch et ses compagnons ?

Cette nouvelle a tout pour être la plus farfelue que les Burkinabè aient jamais entendue. Car, autant la grande majorité d’entre eux savent leur Président très attaché au pouvoir qu’il ne quittera que sous astreinte, autant ils ne l’imaginent totalement perdu au point d’être prêt à embarquer le pays tout entier dans le chaos, juste pour assouvir une vengeance personnelle.

Le proche qui a donné cette information ne devrait pas être un ami ou quelqu’un qui veut du bien à Blaise Compaoré. A moins que ce ne soient encore ces parvenus et courtisans du palais qui cherchent à se donner de l’importance en distillant des informations mal ficelées dans leurs esprits tordus. Quelle image Blaise Compaoré veut-il donner de lui-même à la postérité en prenant une initiative aussi onéreuse et très risquée pour un pays pauvre très endetté, juste pour clouer le bec à trois individus et leurs supporters ? Ce n’est certainement pas ainsi qu’il va éviter que son image ne soit écornée. Bien au contraire, il ne peut mieux faire pour détruire cette image qu’en organisant ce référendum complètement insensé et inutile.

La meilleure façon pour Blaise Compaoré de rendre le pouvoir directement au MPP, c’est justement d’organiser ce fameux référendum et de s’en aller. En effet, avec tout ce qui précédera le référendum, en termes de luttes et autres campagnes politiques, il va réussir à enterrer définitivement son parti, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP). Toute chose qui ouvrira un grand boulevard pour l’opposition politique, particulièrement au MPP et à l’UPC, les principaux challengers du pouvoir.

Pire, il compliquera la tache à ses soutiens, car tous ceux qui s’excitent aujourd’hui pour revendiquer la modification de l’article 37 espèrent protéger leurs avantages et rentes politiques en espèces sonnantes et trébuchantes. Un départ de Blaise Compaoré ne les arrangerait donc pas. Sans doute qu’ils ne seront pas prêts à s’engager dans un combat dont la finalité est de les jeter en pâture. Et Blaise Compaoré pourrait enregistrer de nouvelles défections dans ses rangs avant même le référendum. Au lieu de se battre pour une vengeance personnelle, ils iront monnayer soumissions à ceux qui sont en lice pour conquérir le fauteuil présidentiel.

En tous les cas, le combat de l’opposition c’est contre l’instauration d’un pouvoir personnel et à vie. C’est surtout pour créer les conditions d’une alternance politique et offrir l’opportunité au pays de vivre une transition démocratique et apaisée avec une passation des charges entre un Président sortant et un Président entrant en 2015. Si Blaise Compaoré peut réviser l’article 37 et partir, ça revient à la même chose que de respecter la Constitution, avec l’élégance démocratique en moins. Le Président entrant pourrait alors entreprendre une nouvelle relecture du même article 37 dans le sens de le verrouiller définitivement. Mais comme relever plus haut, cette bien curieuse confidence présidentielle ressemble plus à une plaisanterie qu’à un agenda politique sérieux. Même en panne d’intelligences politiques à ses côtés depuis un certain temps, Blaise Compaoré sait sur quel terrain, mettre les pieds !

  • 21
  • Juil

logo 2Sans tambour ni trompette, votre Journal a soufflé ses 7 bougies, ce 1er juillet 2014. C’est une année de plus, d’énormes challenges aussi, du fait d’un contexte sociopolitique national des plus incertains et des plus risqués. En effet, depuis quelques années, le bateau battant pavillon Burkina tangue en eaux troubles et s’éloignent dangereusement des cotes paisibles. En lieu et place de l’espérance et de l’émergence promises par celui qui préside à ses destinées depuis plus d’un quart de siècle maintenant, le Burkina Faso risque grandement l’immersion et le naufrage collectif. Depuis 7 ans, nous n’avons eu de cesse de mettre à nu la crise de la gouvernance et du politique qui enfonce, chaque jour un peu plus, le pays dans les abîmes d’un pouvoir personnel et à vie avec tout ce que cela implique de jouissance excessive et de refus de l’effort pour construire et préserver le bien commun. Nous n’avons eu de cesse d’interpeller la collectivité nationale sur l’impératif de repenser l’Etat, la politique, la gouvernance quotidienne de la société, le pouvoir dans un contexte républicain. Sans écouter le message, l’on a parfois tenté de nous assimiler à des prophètes de l’apocalypse, des oiseaux de mauvais augure, des aigris et que savons-nous encore ?

  • 27
  • Jui

blaisoDécidément, le Burkina émergent de Blaise Compaoré risque fort d’accoucher d’un Burkina immergé de toutes parts. Dans ce pays qui prétend à l’émergence en 2015, les hôpitaux manquent de tout et se transforment en des mouroirs. Faites le tour des centres hospitaliers régionaux, bien des services entiers restent bloqués par des appareils en panne : radiologie, scaner, etc. Les cas des centres hospitaliers universitaires de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso, les deux principales villes du pays, suscitent colère et indignation. Justement face à cette situation, les populations de Bobo Dioulasso ont à l’invitation du Balai citoyen, manifesté le 24 mai dernier pour exprimer leur colère. Cet hôpital de Bobo-Dioulasso dont le bloc opératoire est fermé depuis quelques mois fait aussi face à une panne dans les chambres froides de la morgue.

  • 03
  • Jui

blaiseBlaise semble avoir de sérieux soucis dans son projet de se maintenir coûte que coûte au pouvoir. Plus l’échéance 2015 avance, c’est-à-dire la fin du mandat en cours, plus il multiplie les initiatives inédites comme pour dire aux Burkinabè : j’ai changé maintenant, je ne reste plus dans mon palais et laisser mes ministres et commis se balader dans le Burkina profond pour parler et agir à mon nom. Désormais, il sera pratiquement de tous les grands évènements ou toutes tribunes sur le territoire national qui lui donnent l’occasion de prendre des bains de foule et de nouveaux engagements. Comme nous l’écrivions dans notre précédente édition, « Blaise Compaoré est confronté à une double bataille. D’une part, il faut un bilan qui justifie tous les qualificatifs que lui collent ses partisans et, d’autre part, il faut mobiliser les Burkinabè autour de sa volonté de rester au pouvoir. Les deux sont liés. La première doit servir d’alibi à la seconde. » L’on pourrait même ajouter un troisième défi. Il s’est trop emmuré dans son palais et ses « médiations à succès » qu’il donnait l’impression d’avoir abandonné les problèmes domestiques à ses ministres. En effet, depuis bien longtemps déjà, Blaise Compaoré ne parle à ses compatriotes que deux fois dans l’année : le 10 décembre, à la veille de la fête nationale, et le 31 décembre, à l’occasion de la Saint-Sylvestre. Ses sorties à l’intérieur du pays se comptent du bout des doigts. Là encore il faut des événements exceptionnels.

  • 21
  • Mai

bcQu’est-ce qui fait courir tant le président du Faso ? Après le forum des femmes à Banfora, la foire de Sindou dans la Léraba, la Semaine nationale de la culture à Bobo Dioulasso, la Journée du paysan à Fada N’Gourma, voici le président du Faso à Bagré, où pour la première fois, il a délocalisé la session ordinaire du Conseil des ministres du mercredi 30 avril dernier. Si les premiers rendez-vous relèvent de son agenda habituel, la délocalisation du Conseil des ministres est, sauf omission de notre part, une première sous la 4e République, c’est-à-dire depuis près de 23 ans, à seulement moins de 20 mois de la fin de son ultime mandat.

Il venait juste de rentrer de Singapour où il est allé à la conquête d’investisseurs pour le Burkina. Il est rentré avec, semble-t-il, des promesses fermes d’investissements dans plusieurs secteurs de la vie publique burkinabè (économie, santé, énergie, eau potable, etc.). C’est dire que Blaise Compaoré est subitement devenu très actif sur le terrain de la recherche des voies et moyens de sortir son pays du sous-développement et de la pauvreté endémique.

"Nous rêvons d'un Burkina Faso où le pauvre suscite chez le riche, compassion et solidarité; où le faible bénéficie de la protection des forts; où la solidarité n'est pas seulement un slogan mais une valeur essentielle dans nos rapports avec les autres; où toute vie humaine est sacrée;...Lire la suite