• 27
  • Jui

blaisoDécidément, le Burkina émergent de Blaise Compaoré risque fort d’accoucher d’un Burkina immergé de toutes parts. Dans ce pays qui prétend à l’émergence en 2015, les hôpitaux manquent de tout et se transforment en des mouroirs. Faites le tour des centres hospitaliers régionaux, bien des services entiers restent bloqués par des appareils en panne : radiologie, scaner, etc. Les cas des centres hospitaliers universitaires de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso, les deux principales villes du pays, suscitent colère et indignation. Justement face à cette situation, les populations de Bobo Dioulasso ont à l’invitation du Balai citoyen, manifesté le 24 mai dernier pour exprimer leur colère. Cet hôpital de Bobo-Dioulasso dont le bloc opératoire est fermé depuis quelques mois fait aussi face à une panne dans les chambres froides de la morgue.

  • 03
  • Jui

blaiseBlaise semble avoir de sérieux soucis dans son projet de se maintenir coûte que coûte au pouvoir. Plus l’échéance 2015 avance, c’est-à-dire la fin du mandat en cours, plus il multiplie les initiatives inédites comme pour dire aux Burkinabè : j’ai changé maintenant, je ne reste plus dans mon palais et laisser mes ministres et commis se balader dans le Burkina profond pour parler et agir à mon nom. Désormais, il sera pratiquement de tous les grands évènements ou toutes tribunes sur le territoire national qui lui donnent l’occasion de prendre des bains de foule et de nouveaux engagements. Comme nous l’écrivions dans notre précédente édition, « Blaise Compaoré est confronté à une double bataille. D’une part, il faut un bilan qui justifie tous les qualificatifs que lui collent ses partisans et, d’autre part, il faut mobiliser les Burkinabè autour de sa volonté de rester au pouvoir. Les deux sont liés. La première doit servir d’alibi à la seconde. » L’on pourrait même ajouter un troisième défi. Il s’est trop emmuré dans son palais et ses « médiations à succès » qu’il donnait l’impression d’avoir abandonné les problèmes domestiques à ses ministres. En effet, depuis bien longtemps déjà, Blaise Compaoré ne parle à ses compatriotes que deux fois dans l’année : le 10 décembre, à la veille de la fête nationale, et le 31 décembre, à l’occasion de la Saint-Sylvestre. Ses sorties à l’intérieur du pays se comptent du bout des doigts. Là encore il faut des événements exceptionnels.

  • 21
  • Mai

bcQu’est-ce qui fait courir tant le président du Faso ? Après le forum des femmes à Banfora, la foire de Sindou dans la Léraba, la Semaine nationale de la culture à Bobo Dioulasso, la Journée du paysan à Fada N’Gourma, voici le président du Faso à Bagré, où pour la première fois, il a délocalisé la session ordinaire du Conseil des ministres du mercredi 30 avril dernier. Si les premiers rendez-vous relèvent de son agenda habituel, la délocalisation du Conseil des ministres est, sauf omission de notre part, une première sous la 4e République, c’est-à-dire depuis près de 23 ans, à seulement moins de 20 mois de la fin de son ultime mandat.

Il venait juste de rentrer de Singapour où il est allé à la conquête d’investisseurs pour le Burkina. Il est rentré avec, semble-t-il, des promesses fermes d’investissements dans plusieurs secteurs de la vie publique burkinabè (économie, santé, énergie, eau potable, etc.). C’est dire que Blaise Compaoré est subitement devenu très actif sur le terrain de la recherche des voies et moyens de sortir son pays du sous-développement et de la pauvreté endémique.

  • 04
  • Mai

grevesSemaine après semaine, la situation nationale ne cesse de s’enfoncer dans un marécage boueux et extrêmement glissant. Depuis la défection des fondateurs du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) des rangs du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), le discours politique a pris des tournures hallucinantes avec des dérapages de toutes sortes. Ces deux premiers week-ends du mois d’avril ont été marqués par deux grands rassemblements organisés respectivement par le MPP à Ouagadougou et le CDP et ses alliés du Front républicain à Bobo Dioulasso. Chaque camp ayant rempli un stade est allé avec ses propos guerriers et menaçants. Comme l’avait dit Roch Marc Christian Kaboré à Bobo Dioulasso le 1er mars dernier, certains politiciens parlent de paix mais dans leurs pratiques et discours, ils préparent la guerre. Certes, l’on peut lui rétorquer que même dans son camp, tous les discours ne sont pas forcément dans le sens de la paix. Mais l’on peut, au moins, lui concéder que ceux d’en face, qui ont sans doute du mal à contenir leurs colères et leurs inquiétudes de voir la fin des haricots avec le départ de Blaise Compaoré en 2015, se montrent plus entreprenants dans la médiocrité, voire l’irresponsabilité à travers certains ténors.

  • 16
  • Avr

urneLa présidentielle 2015 est assurément l’un des scrutins à gros enjeux depuis l’avènement de la 4e République. Jamais une présidentielle n’a suscité autant de passions, depuis celle du 1er décembre 1991. Cette année-là, Blaise Compaoré avait en face une opposition très forte avec des figures historiques de la politique burkinabè (Gerard Kango Ouédraogo, du RDA, feu le Pr Ki-Zerbo, Pierre Tapsoba, Pierre Claver Damiba, Pierre Emmanuel Tapsoba, tous de la CNPP/PSD, Hermann Yaméogo alors patron de l’ADF pour ne citer que ceux-là). L’on ne vendait pas cher la peau du Capitaine qui venait de ranger l’uniforme pour les grands boubous et les costards. Mais l’opposition s’était fait coiffer dans l’obscurité par le beau Capitaine qui s’est fait le plaisir de lui couper les oreilles. Depuis, elle ne s’est pratiquement plus jamais relevée. Bien au contraire, ses principaux animateurs ont fini par rejoindre le large rassemblement (le premier programme de Blaise Compaoré). Certains (notamment la Convention nationale des patriotes progressistes, Parti social-démocrate – CNPP/PSD) par fusion avec l’ODP/MT (Organisation pour la démocratie et le progrès, Mouvement du travail) pour créer le CDP en 1996 ; d’autres avaient déjà intégré le gouvernement depuis 1992 (cas de l’Alliance pour la démocratie et la fédération – ADF).

  • 04
  • Avr

saliaDepuis les démissions au sein du CDP en début d’année, le maire de la commune de Bobo Dioulasso, Salia Sanou ,ne cesse de multiplier les sorties malheureuses. Tout Secrétaire général provincial du CDP qu’il est, il montre des limites sérieuses quant à ses capacités à lire l’actualité politique. Après avoir annoncé qu’il n’y avait pas de démissions dans les Hauts-Bassins, Salia Sanou revient à la charge pour proclamer que si eux le veulent, Djamila, la fille de Blaise Compaoré, sera présidente du Faso. C’est simplement honteux. Il ne faut pas avoir peur des mots. Malgré le démenti par la démonstration de force du MPP à Bobo Dioulasso, Salia Sanou n’a pas su tirer leçons de ses dérives langagières pour s’inscrire dans une dynamique plus responsable l’homme du 3e âge qu’il est. Sa dernière sortie est la plus grave. En effet, dans une interview accordée au Journal en ligne, Lefaso.net, il affirme sans aucune gêne que le meeting du MPP n’a pas mobilisé des personnes ressources mais plutôt des badauds et autres citoyens de seconde zone. C’est extrêmement grave au double plan politique et éthique. Comment le maire d’une commune peut-il se hasarder à catégoriser ses concitoyens selon des normes de qualités dont lui seul connaît les critères ?

  • 18
  • Mar

fouleSauf par extraordinaire changement dans la recomposition du paysage sociopolitique, la question du départ de Blaise Compaoré est définitivement scellée. Les chances de relecture de l’article 37 qui l’empêche de briguer un nouveau mandat après celui qu’il exerce actuellement, se réduisent chaque jour un peu plus. Certes, ses partisans ne désarment pas. Ils continueront à s’exciter fébrilement à travers des meetings et autres rassemblements de peu de convaincus. Ils continueront d’inviter Blaise Compaoré à ne pas céder le fauteuil présidentiel. On les comprend. L’échéance 2015 avance à grands pas. Ses partisans sont de plus en plus confus et ne savent pas ce que veut ou peut leur champion. Ils ne veulent pas non plus lui donner impression de ne rien faire et de laisser le terrain de l’agitation politique à l’opposition. D’autant plus que le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), issu de leurs rangs a apporté un renfort non négligeable à l’opposition et parcourt ville et campagne pour prôner le changement. C’est donc de bonne guerre.

  • 03
  • Mar

bcompFranchement, la détresse doit avoir atteint un seuil insoupçonné à Kosyam. Pendant que les Burkinabè espèrent de leur Président des réponses concrètes à leurs attentes citoyennes, celui-ci semble avoir ouvert ses portes à de bien curieux personnages qui en sortent avec des déclarations parfois troubles, voire irrespectueuses à l’endroit du peuple. Sont de ceux-là le fameux sénateur français et vrai faux conseiller de François Hollande, Jeanny Lorgeoux et le non moins fameux Pr Franklin Nyamsi. Si le premier s’est contenté de déclaration tendancieuse mais digne d’intérêt, le second s’est érigé comme d’autres, en mercenaire de la plume, faisant feu de tout bois sur tous ceux qui osent penser que Blaise Compaoré doit partir en 2015.

"Nous rêvons d'un Burkina Faso où le pauvre suscite chez le riche, compassion et solidarité; où le faible bénéficie de la protection des forts; où la solidarité n'est pas seulement un slogan mais une valeur essentielle dans nos rapports avec les autres; où toute vie humaine est sacrée;...Lire la suite