• 23
  • Jui

Le règne des Gnassingbé continue

FaureEt de trois pour Faure Gnassingbé, le fils d’Eyadema, l’homme qui a régné d’une main de fer et à vie sur le Togo. Après un processus électoral laborieux, boycotté par une partie de l’opposition, le président sortant a été proclamé vainqueur de la présidentielle du samedi 25 avril dernier par la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Selon des résultats provisoires, il a obtenu 58,75% des voix, contre 34 % pour son poursuivant immédiat et principal concurrent, l’opposant Jean-Pierre Fabre. Cette proclamation des résultats est intervenue après trois jours de blocage et une montée inquiétante des tensions qui a suscité une mission d’urgence de deux chefs d’Etat de la CEDEAO, le Ghanéen John Dramani, président en exercice de l’institution régionale, et l’Ivoirien Alassane Ouattara.

Ces résultats devraient encore être confirmés par la Cour constitutionnelle. Mais en attendant, l’opposition, à travers son chef de file Jean-Pierre Fabre, les rejette et dénonce un coup de force électoral. Celui-ci affirme même avoir gagné les élections. Il disposerait de procès-verbaux de dépouillement dans les bureaux de vote qui confirment sa victoire. Au cours d’une conférence de presse tenue le mercredi 29 avril dernier, il a pratiquement appelé à la résistance face à ce « coup de force qui ne passera pas ». Pour lui, le peuple togolais a pris ses responsabilités en portant son choix sur sa personne. Il appelle donc ce peuple à défendre son choix. Sans nul doute que lui et ses partisans tenteront de se faire entendre dans les jours à venir. Toute chose qui risque de mettre à mal le fragile équilibre politique de ce pays qui cherche ses marques depuis de longues décennies déjà. Dans un pays où les élections sont généralement sources de violences meurtrières, la nouvelle situation engendrée par cette élection risque de précipiter le Togo dans de lendemains incertains.

Pourtant le vote s’est déroulé dans un climat apaisé à la satisfaction des observateurs et des acteurs politiques. En revanche, entre l’étape du dépouillement et l’annonce des résultats provisoires, il s’est passé trois jours de tension avec des résultats qui tombaient au compte-gouttes. Mais les choses se sont accélérées le mardi 28 avril avec une proclamation rocambolesque à l’ivoirienne des résultats par le président de la CENI à l’insu de ses vice-présidents comme s’il avait des choses à cacher. Cette façon cavalière et solitaire de fonctionner a entraîné des contestations et des divisions au sein de la Commission électorale. D’autant plus que l’analyse des résultats laisse entrevoir trois facteurs de risque pour la stabilité politique et institutionnelle. Le premier est que la carte politique togolaise reste encore dominée par des positions régionalistes et ethnicisâtes, avec l’opposition plus dominante au Sud, notamment dans la capitale Lomé incarnée, et une majorité au Nord à la cause des Gnassingbé depuis le défunt père de Faure. Le deuxième est que Faure a été élu par 1,2 millions de citoyens dans un pays qui en compte plus de 7 millions, avec une forte abstention, surtout au Sud. Le troisième facteur concerne la patrimonialisation du pouvoir avec l’instauration d’une famille régnante depuis près d’un demi-siècle.

Au pouvoir depuis 2005, après des élections sanglantes qui avaient fait des centaines de morts, Faure Gnassingbé avait réussi une réélection plus tranquille en 2010. Mais ce troisième mandat risque d’être le mandat de trop. Il confirme les réticences de certains opposants qui avaient décidé de boycotter le scrutin. Ils avaient posé comme préalable à leur participation, des réformes constitutionnelles pour, entre autres, limiter le nombre des mandats présidentiels et instaurer des élections à double tour. Mais finalement, ils n’ont pas obtenu gain de cause. Le rejet du processus électoral par une bonne partie des populations, notamment la jeunesse, relance la nécessité pour ce pays de réformes profondes pour sortir de l’archaïsme démocratique. Cette parodie de démocratie qui se joue sous les yeux de la communauté internationale, les organismes régionaux (CEDEAO, UEMOA, Union africaine) est lourde de menace pour la paix dans ce pays. Il ne faudra pas attendre que le pays brûle un jour avant de courir comme d’habitude en pompiers. Le peuple togolais a besoin du soutien de l’Afrique et de la communauté internationale pour construire un processus démocratique digne de ce nom.

L’organisation régulière des élections ne suffit pas pour construire la démocratie. S’y complaire, c’est accompagner le pays progressivement vers des révoltes violentes et dommageables pour la paix et la stabilité.

  • 07
  • Mai

Les états-majors politiques s’enragent dangereusement !

electIl se passe des choses extrêmement graves dans cette transition, tant dans le discours des politiques que dans le comportement de certains acteurs qui, pour on ne sait quelle raison, tentent de provoquer inutilement des tensions. Chaque jour qui passe interpelle les consciences citoyennes sur les menaces qui pèsent sur la fragile stabilité politique et institutionnelle. Après avoir suscité la sympathie du monde entier avec cette insurrection opérée dans une relative stabilité politique et institutionnelle, le Burkina Faso risque de tomber dans les dérives violentes du fait de certaines officines de la terreur et de la calomnie. Des individus, consciemment ou non tentent de se faire peur en menaçant les autres qu’ils accusent d’être des apatrides on non suffisamment intègres à leurs yeux et contre qui, ils décident de la déchéance de leurs droits élémentaires de l’homme, même à celui d’un procès juste et équitable.

  • 28
  • Avr

camjbLa Constitution du Burkina Faso, en son article 12 stipule que « tous les Burkinabè, sans distinction aucune, ont le droit de participer à la gestion des affaires de l’Etat et de la société… ». L’alinéa 2 de cet article précise qu’ils sont « à ce titre, électeurs et éligibles dans les conditions prévues par la loi ». C’est donc clair comme l’eau de roche. Comme leurs compatriotes de l’intérieur, les Burkinabè de la diaspora ont le droit de voter et même d’être candidats aux différents scrutins. Maintes fois réclamé et toujours renvoyé ultérieurement depuis près de deux décennies maintenant, c’est finalement en 2009 que le vote de la diaspora burkinabè a été reconnu et codifié à travers l’adoption de la Loi N°19-2009/AN du 07 mai 2009 portant révision du Code électoral. L’article 265 précise que les dispositions relatives au vote des Burkinabè résidant à l’étranger n’entreront en vigueur que pour les scrutins à compter de 2015. Mais pratiquement rien n’a été entrepris en dehors de quelques missions de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) dans certains pays où des démembrements ont été mis en place. En Côte d’Ivoire, le gouvernement a passé un marché avec une société d’un des protégés de Guillaume Soro, Adama Bictogo, pour la délivrance de la carte consulaire biométrique, à l’insu de la CENI.

Dans la foulée et dans l’euphorie, la Charte de la Transition a entériné la décision du vote des Burkinabè de l’étranger en 2015. Mais à l’épreuve de la réalité du terrain et après avis technique de la CENI, le gouvernement de la Transition, constatant l’impossibilité d’organiser des élections libres et transparentes au niveau national et avec la participation de la diaspora, a décidé de surseoir au vote des compatriotes de l’étranger. Depuis, les partis politiques de l’ex-majorité crient hypocritement au scandale. Certaines personnalités comme le Pr Albert Ouédraogo, n’ont pas hésité à appeler publiquement les compatriotes de la diaspora à marcher sur les ambassades et consulats pour exiger le respect de leur droit. Mieux, il a même dénoncé une certaine « xénophobie » des Burkinabè de l’intérieur vis-à-vis de leurs frères de la diaspora.

Curieusement, c’est en Côte d’Ivoire que des voix continuent de s’élever pour exiger du gouvernement de la Transition qu’il revienne sur sa décision. Le Collectif des associations et mouvements de jeunesse burkinabè en Côte d’Ivoire (CAMJBCI) propose même de reporter les élections et de prolonger la transition jusqu’à ce que la CENI soit prête à organiser le vote des Burkinabè de l’étranger. C’est une revendication légitime, en ce sens qu’il s’agit d’un droit constitutionnel inaliénable. Cependant, compte tenu de la situation de transition dans laquelle vit le pays, toutes ses filles et tous ses fils devraient œuvrer à un retour rapide de la normalité constitutionnelle.

Malheureusement, le CAMJBCI s’est engagé dans une dynamique maximaliste allant jusqu’à menacer de fermer la représentation diplomatique du Burkina en Côte d’Ivoire et de nommer leurs propres diplomates, si le gouvernement ne revenait pas sur sa décision. Pour se faire comprendre et rassurer les compatriotes, le gouvernement a dépêché une mission dans certains pays. Si l’on peut polémiquer sur l’utilité d’une telle mission, l’on ne peut s’empêcher de dénoncer avec la plus grande énergie les incidents causés par des jeunes du CAMJBCI. Ces derniers ont laissé éclater leur colère vis-à-vis de la décision gouvernementale et empêché la tenue de la rencontre avec la communauté vivant à Abidjan. Ce hooliganisme répréhensible traduit, si besoin était, toute la déception de certaines officines de la fraude de voir leur plan tomber à l’eau. Tout porte à croire, après les incidents d’Abidjan, que derrière ces jeunes semblent se cacher des mains invisibles qui veulent à tout prix perturber la Transition. Mais que ce soit clair. Ce qui s’est passé à Abidjan, le 9 mars dernier, n’est nullement représentatif de la position des Burkinabè vivant en Côte d’Ivoire. C’est sans doute l’œuvre de quelques éléments incontrôlés ou manipulés qui s’excitent mais qui ne pourront en rien impacter sur la décision gouvernementale. Heureusement que certains compatriotes de l’extérieur et même de Côte d’Ivoire, ont dénoncé ces agissements et ces dérives violentes qui n’honorent ni leurs auteurs, ni le Burkina Faso. Que ce soit donc clair pour le CAMJBCI et ces jeunes incontrôlés : s’ils sont si patriotes, qu’ils organisent une caravane pour venir s’enrôler et revenir voter. Ce sera le signe qu’ils sont attachés à leurs droits de vote. S’ils ne peuvent pas contribuer à redresser le Burkina Faso, qu’ils aient au moins la décence de ne pas traîner son nom dans la boue. Vivement que la majorité des Burkinabè de Côte d’Ivoire se démarquent de ces comportements de brigands pour apporter leur pierre à l’édification du Burkina nouveau. Toutefois, il convient d’ores et déjà d’interpeller les politiques et la CENI sur la nécessité de tout mettre en œuvre dès maintenant pour que le vote des Burkinabè de l’extérieur soit effectif en 2020.

Boureima OUEDRAOGO    

  • 18
  • Mar

bassDécidément, l’ombre de Blaise Compaoré planera encore longtemps sur l’animation de la vie politique au Burkina. En effet, pendant que ses partisans pleurent son absence qui les rend orphelins et sans repère, ses anciens adversaires continuent de tirer à boulets rouges sur son œuvre de patrimonialisation de l’Etat. Au niveau de la société civile, c’est sa tête qui est réclamée pour qu’il réponde de ses actes devant les tribunaux.

Mais c’est surtout chez le Général de Gendarmerie Djibrill Yipéné Bassolé, ci-devant son ministre des Affaires étrangères et de la Coopération régionale, son envoyé privilégié dans ses opérations de médiation que la méthode Blaise Compaoré resurgit de la pire des manières. En effet, avec le comité de soutien à la candidature de Bassolé, l’on revoit l’Action des jeunes pour la candidature de Blaise Compaoré (AJCBC) en 2005. Ces jeunes, surgis de nulle part, qui avaient parcouru les villes et campagnes du Burkina pour battre le macadam ou la terre poussiéreuse en vue d’inciter la 3e candidature de Blaise Compaoré. En son temps, l’on avait bien compris que quelqu’un finançait en sous mains, ces marches et meetings au profit de Blaise Compaoré. Mais lui n’était au courant de rien, comme à ses habitudes d’ailleurs. Il a simplement bénéficié de la sympathie de la jeunesse qui voulait qu’il poursuive son œuvre de construction du Faso. Naturellement, il a accepté de répondre favorable à leur appel et s’est porté candidat en 2005.

Depuis début janvier 2015, soit 10 ans plus tard, des transfuges de la Fédération associative pour la paix et le progrès avec Blaise Compaoré (FEDAP/BC) ont été mobilisés pour inviter le Général Bassolé à prendre congé de l’armée et se porter candidat à la présidentielle du 11 octobre 2015. Comme les bêtises du genre « nous n’avons pas de pétrole, mais nous avons Blaise Compaoré » de l’AJCBC en 2005, voici les « âneries » (pour reprendre les termes de notre confrère L’Observateur Paalga) des griots du général. Le coordonnateur dudit comité, Adama Kima, ancien coordonnateur du Comité de soutien à la candidature d’Alassane Ouattara (CADO) en Côte d’Ivoire, transfuge de la FEDAP/BC, a déclaré péremptoirement que « c’est Dieu qui a donné Djibrill Bassolé aux Burkinabè. ». C’est une insulte au peuple burkinabè. Quel fils de ce pays n’a pas été donné par Dieu au peuple ? Et lui, Dieu l’a-t-il donné à Bassolé ?

A peine a-t-on fini de digérer ces âneries qu’un autre témoignage hallucinant nous est servi par notre confrère en ligne Lefaso.net, dans sa livraison du samedi 28 février dernier. Mamoudou H. Dicko, ancien député CDP, qui a rejoint le parti de Djibrill Bassolé, la NAFA (Nouvelle Alliance du Faso) affirme : « Il n’y a jamais eu de relations privées entre El Hadj Djibrill Bassolé et moi. La première fois que je l’ai rencontré dans ma vie, c’est le samedi 17 janvier 2015, vers 12h. J’ai échangé avec lui personnellement pour voir quelles sont ses ambitions dans le futur, quelles sont ses ambitions pour le Burkina. Il m’a convaincu. J’ai vu en lui le futur candidat crédible pour la présidentielle de 2015. Je peux témoigner aussi, en toute sincérité, que ce n’est pas lui qui a voulu être candidat. Il y a eu des jeunes, il y a eu des hommes politiques qui ont voulu porter sa candidature. Ce n’est pas quelque chose qu’il a lui-même instrumentalisé. Et je n’étais même pas sûr qu’il allait accepter, n’eût été tout dernièrement, à Dédougou, où il a dit qu’il répondrait favorablement. Mais, nous sommes très fiers qu’il accepte cette candidature, parce que c’est quelqu’un de vraiment présidentiable. Et Inch Allah, nous allons l’accompagner pour qu’il aille à Kosyam. »

C’est clair comme l’eau de roche, Bassolé a très bien appris de son maître. Il s’est trouvé des gens comme Adama Kima et des intellectuels comme Mamoudou Dicko (professeur d’université) qui sont tous prêts à tout et à crier sur tous les toits qu’il est le messie après le dieu Blaise Compaoré. Une fois qu’ils l’auraient installé à Kosyam, ils en feront un dieu.

Finalement, à force de trop s’accoquiner avec les griots et autres zélateurs, Djibrill Bassolé risque d’infantiliser sa candidature et lui enlever tout crédit ou tout intérêt. Déjà, sa casquette de général, même s’il tente de s’en débarrasser, est un facteur handicapant pour bien des Burkinabè. Si en plus, ses hommes doivent se livrer à de telles dérives langagières, les Burkinabè qui ont encore un bon sens et qui savent que la flatterie et la flagornerie des courtisans ont perdu Blaise Compaoré, s’en démarqueront. Si avant d’être président, on l’affuble de tant de louanges, imaginez-vous ce que l’on fera de ce pays une fois que ce dernier sera investi président.

Du reste, l’on en est encore loin. Les probabilités que cela arrive sont très minces. En tous les cas, si Bassolé veut sortir la tête haute de cette première étape de son aventure politique, il doit bâtir sur du vrai et surtout en toute humilité. Personne ne lui dénie ses qualités d’homme d’Etat, ni son droit de rêver de la Présidence comme tous les Burkinabè. Mais ce n’est pas en chantant qu’il est exceptionnel qu’il convaincra ses compatriotes de ses capacités à incarner le changement. Son ancien patron avait chanté et fait chanter tout le temps que sans lui le Burkina n’existerait plus. Mais voilà qu’après sa fuite, le Burkina tient, même difficilement, sur ces deux pieds et que lui ambitionner de le gouverner !

  • 05
  • Mar

cdpIl y a à peine 5 mois, ils soutenaient tous mordicus que sans Blaise Compaoré, le Burkina ne peut être que ruines et désespoirs. Ils juraient même que celui-ci était leur dieu (Astaghfiroulay) ! Certains étaient dans la salle de conseil des ministres ce mardi 21 octobre 2014, quand Blaise Compaoré et son gouvernement ont décidé d’introduire un projet de loi portant modification de l’article 37 de la constitution en vue de s’offrir une nouvelle virginité politique pour 15 nouvelles années. Ils n’ont jamais soutenu, en tout cas publiquement, la lutte du peuple contre ce projet de monarchie. Bien au contraire, ils continuaient à chanter avec tous les courtisans que Blaise Compaoré reste le seul homme d’Etat de notre époque et que le Burkina ne pouvait se priver de cette divine providence que le ciel lui a faite.

Mais seulement 10 jours après, la résistance du peuple insurgé a eu raison de leur dieu. Ce dernier a plié bagages et a fui avec sa famille et quelques ouailles laissant le gros de la marmaille orpheline. Certains ont rasé les murs pendant quelques semaines après un séjour forcé à la gendarmerie où ils ont trouvé refuge. D’autres ont retourné intelligemment leurs vestes, prétendants avoir joué un rôle dans le succès de l’insurrection. D’autres encore, ont préféré rejoindre l’opposition à Blaise Compaoré.

Mais voilà que subitement, le parti du dieu et ses acolytes se réveillent et tentent de se mettre dans les starting-blocks pour la présidentielle post-Blaise Compaoré. Le congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) de Blaise Compaoré, malgré le cure d’amaigrissement qu’il subit continuellement, découvre finalement que sans son fondateur, le Burkina Faso ne disparaîtra pas de la carte du monde. Il veut donc participer au processus électoral sans lui mais tout en lui réaffirmant sa loyauté. Il compte, sans doute, sur les moyens et les réseaux qu’il mettrait à sa disposition. Depuis leur exil de Yamoussokro et du Bénin, les frères Compaoré (Blaise et François), continueraient de pistonner le parti. Leurs ombres planent sur chaque sortie ou regroupement du parti. Ils seraient également les soutiens de certaines dissidences au sein du parti.

Les dissidences au CDP ont déjà donné naissance à deux partis politiques : la Nouvelle alliance du Faso (NAFA) de Djibril Bassollé et l’Union pour un Burkina nouveau du Colonel Yacouba Ouedraogo, respectivement général de gendarmerie, ministre des affaires étrangères et Colonel, ministre des sports et des loisirs de Blaise Compaoré jusqu’au 30 octobre 2014. Tous deux ont pris congé de l’armée et sont candidats à la candidature pour la présidence du Faso en octobre 2015. Un autre ex-colonel, Jean-Baptiste Natama également diplomate et directeur de cabinet de la Présidente de la commission de l’Union africaine, se prépare pour le rendez-vous de la bataille pour le fauteuil présidentiel. A la différence des deux précédents, lui au moins, ne cachait pas ses ambitions même avant la fuite de Blaise Compaoré. Il avait commencé à susciter sur les réseaux sociaux, des réflexions et débats qui traduisaient clairement son émancipation progressive du système Compaoré. Ses partisans ont également créé un nouveau parti pour soutenir sa candidature : la Convergence patriotique pour la renaissance/ Mouvement progressiste (CPR/MP). D’autres partis suivront à ce que l’ont dit.

Le CDP risque de se retrouver finalement avec un squelette tant son amaigrissement risque de se poursuivre dans les jours à venir. Mieux, en interne, ceux qui resteront risque de se livrer une bataille à mort pour le positionnement sur les listes électorales et même pour le renouvellement de l’organe dirigeant du parti. A l’externe, des voix s’élèvent de plus en plus pour exiger son exclusion aux prochaines élections. Comme on le voit, le parti de Blaise Compaoré risque de payer au prix fort son inconséquence et ses dérives qui ont conduit aux événements des 30 et 31 octobre. Ce ne serait du reste que justice. On ne piétine impunément le peuple pendant 27 ans et croire que celui a la mémoire si courte pour oublier tout de suite ce qu’il a subi et supporté, parfois dans la douleur et le sang.

A quelque chose malheur est bon. Il a donc fallu que Blaise Compaoré s’entête et que des Burkinabè perdent la vie par dizaines afin que certains réalisent qu’il peut avoir une vie au Faso sans ce dernier. A moins que comme le susurrent certains, la plus part de ces candidatures soient suscitées en vue de morceler les voix et d’éviter que ses ennemis jurés du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), ne remportent haut la main la présidentielle dès le premier tour. Mais déjà, l’inflation des candidatures parmi les fidèles de Blaise Compaoré est une première victoire morale contre l’imposture selon laquelle ce pays n’avait pas encore secrété un homme d’Etat capable de prendre le relais.

Dans tous les cas, ces candidatures ont beau être suscitées, elles ne sauraient prospérer dans le contexte actuel. Ceux qui croient encore battre campagne et gagner avec le nom et l’image de Blaise Compaoré se trompent royalement. On ne parle même des incultes et autres somnambules qui rêvent d’un retour aux affaires. C’est fini et bien fini. Les élections d’octobre viendront tout parachever. Il faut espérer que tous sauront enfin penser à l’intérêt général et à la construction d’institutions fortes et non des hommes forts.

  • 16
  • Fév

gouvDepuis quelques semaines, l’échiquier politique national est en pleine effervescence. Des déclarations ou des appels à candidatures par-là, des créations de partis politiques ou des retours sur scène par là. La perspective de la présidentielle du 11 octobre 2015 semble éveiller les appétits, même chez certains de ceux qui il y a à peine quelques mois, rêvaient d’une présidence à vie de Blaise Compaoré. N’est-ce pas Rosalie Bassolé, l’épouse de Djibrill Bassolé, qui le 10 mai 2014, investissait Blaise Compaoré « Roi » à Réo, en présence de son époux. « Ognini Blaise » (le roi bien-aimé Blaise), avait-elle déclaré pour marqué son soutien inconditionnel à Blaise Compaoré dans sa boulimie du pouvoir. Mais ça c’est de l’histoire ancienne déjà. Entre-temps son époux, à ce que l’on dit, est passé dans le camp de ceux qui ont travaillé à faire chuter le roi Blaise. Il a même accepté d’être traité volontiers de Judas de Blaise Compaoré. Du reste, Bassolé ne saurait être prisonnier des excès de zèle de son épouse. Bref, après la mise en échec du projet de monarchie de Blaise Compaoré par le peuple insurgé, certains se découvrent désormais présidentiables, nourrissant de grandes ambitions pour le Burkina et pour son peuple. C’est leur droit de citoyen burkinabè d’avoir des ambitions, quand bien même cela peut heurter la conscience de ceux qui ont une certaine lecture morale de la politique. A côté de Bassolé dont la candidature serait portée par un nouveau parti politique, la Nouvelle Alliance du Faso (NAFA) fondé par des transfuges de l’ancienne majorité présidentielle (CDP, ADF/RDA, UPR, etc.), il y aura sans doute des candidats d’autres partis qui n’avaient de projet politique que le pouvoir à vie de Blaise Compaoré. Il y a également les candidatures annoncées de l’ancien ministre des sports, le Colonel Yacouba Ouédraogo, et de l’ancien Secrétaire permanent du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP), Jean-Baptiste Natama.

Il n’y a donc pas que les ambitieux du MPP qui avaient démissionné parce que Blaise Compaoré refusait de leur céder le pouvoir par l’organisation en interne de sa succession qui sont très ambitieux. D’autres étaient restés fidèles mais rêvaient secrètement de sa chute. Les deux mois de transition sont déjà riches en expressions des ambitions dans les cercles qui formaient le clan Compaoré. A priori, l’on peut se réjouir de ce que la chute de celui-ci favorise la saine émulation des ambitions. D’autant plus que même dans les organes de transition, certains purs produits du système Compaoré ont pu se glisser comme des acteurs de premier plan, tenant des discours révolutionnaires et autres promesses de rupture avec ce système. Il ne faut donc pas s’attendre à ce que la chanson bien prisée des Burkinabè depuis le 31 octobre ne soit juste qu’un slogan populiste. En effet, tout le monde chante que « plus rien ne sera comme avant ». Mais au fond, beaucoup ont intérêt à ce que tout redevienne comme avant. En plus de ceux qui dévoilent leurs ambitions, il y a ceux qui ont des agendas cachés qui travaillent à obstruer la bonne marche de la transition ou à en profiter au maximum. Ceux-là ont intérêt à prolonger la transition ou en tout cas que certains de ses aspects, notamment les questions de justice, ne soient pas réglés.

A côté de ceux-là, il y a tous ceux qui croient que la transition est une occasion pour régler tous leurs problèmes. Ceux-là, à coups de manifestations spontanées, expriment des revendications parfois fondées mais irréalistes au regard du temps et des missions des organes de transition. Ça grogne de partout. Et le gouvernement semble débordé. Malheureusement pour lui, c’est désormais la fin de l’Etat de grâce avec les organisations syndicales. Après les contestations des nominations ou le maintien de certains responsables à leurs postes, voici venu le temps des revendications syndicales. En effet, dès le 4 février prochain, la Coalition contre la vie chère (CCVC) entre en scène. Elle revendique la baisse du prix des hydrocarbures d’au moins 100 à 150 FCFA. Elle dispose des éléments qui montrent que c’est faisable. Mais le gouvernement a déjà opéré une baisse de 25 FCFA jugée insignifiante. Pour se faire entendre, elle annonce un sit-in qui sera suivi d’une grève si rien n’est fait. Bref, le gouvernement Zida va devoir affronter sa véritable première fronde avec les syndicats et les organisations de la société civile réunis au sein de la CCVC.

Deux mois seulement après son installation, le gouvernement de la transition sera confronté à la fois au choc des ambitions des politiques qui auront sans doute des répercussions dans l’animation de la vie politique nationale, d’autant plus que des voix s’élèvent pour exiger la prise des mesures pour interdire certaines candidatures. Mais, il n’y a pas que le terrain politique, le front social va aussi entrer en ébullition et il va falloir trouver des réponses crédibles et concrètes aux revendications. Le dialogue gouvernement-syndicats s’annonce donc très houleux et il faut espérer qu’au bout, chaque camp saura trouver la sagesse pour préserver la transition de tous les poids qui pourraient inutilement la plomber. Mais c’est surtout au gouvernement de faire le choix de la transparence, de la vérité et de la justice.

  • 03
  • Fév

potiondevie2015Adieu 2014, année de gloire et d’honneur pour le peuple burkinabè ; bonjour 2015, année d’espoir mais aussi d’inquiétudes et de craintes. Ainsi donc 2014 a rejoint la vague implacable du temps. En ce début de l’année 2015, nous voudrions, avant tout propos, sacrifier au rituel des vœux de bonne et heureuse année à tous nos lecteurs, à tous les Burkinabè de toutes les conditions et à tous les Africains. Au nom de toute l’équipe du Journal Le Reporter, nous voudrions vous souhaiter une bonne et heureuse année 2015. Nous formulons les vœux que cette année 2015 soit le départ d’une belle histoire de reconstruction de l’Etat de droit dans le respect de la diversité, l’inclusion de tous les acteurs mais surtout l’engagement et la détermination de toutes les filles et tous les fils de ce pays à servir avec loyauté l’intérêt général.

Pour la première fois, depuis 28 ans maintenant, le Burkina entre dans une nouvelle année sans Blaise Compaoré dont le nom et le destin personnel avaient fini par se confondre avec celui de la nation entière. Pourtant, rien au début de l’année 2014 n’indiquait que Blaise Compaoré allait finir ainsi, humilié et chassé de « son » palais de Kosyam. Mais 2014 nous a rappelé que face un peuple déterminé à refuser l’arbitraire, aucun pouvoir si puissant soit-il ne pouvait résister durablement. Il a fallu 10 jours francs pour mettre en déroute toute l’oligarchie Compaoré qui avait installé ses tentacules dans toutes les sphères de l’administration publique, du monde des affaires, de la politique, etc. En 10 jours, l’histoire du Burkina a changé radicalement d’orientation. En effet, jusqu’au 21 octobre 2014, la révision de l’article 37 de la Constitution pour permettre à Blaise Compaoré d’échapper à la limitation des mandats relevait de simples conjectures, parfois même de procès d’intention. Mais depuis ce 21 octobre, le gouvernement est passé à l’acte. Contraignant le peuple à réagir. Après une dizaine de jours d’échauffement, le peuple burkinabè, par une insurrection populaire, a décidé d’écrire une nouvelle page de son histoire les 30 et 31 octobre. Sans Blaise Compaoré.

Pour y arriver, des Burkinabè ont dû sacrifier leurs vies dans cette bataille contre le projet de monarchie que Blaise Compaoré et les siens ont voulu imposer au peuple. D’autres garderont toute leur vie, des séquelles de cette bataille héroïque contre l’imposture et la forfaiture. Hommage au peuple combattant et aux martyrs de la révolution d’octobre 2014. Puisse leur sacrifice contribuer à redonner à leur pays son statut et image de pays des Hommes intègres. Mais la tâche reste ardue. Il reste à définitivement tourner la page du système Compaoré, ce système de gouvernance fondé sur la roublardise, la ruse, les crimes économiques et de sang, le déni de justice, etc. Il faut réussir la transition enclenchée depuis novembre 2014. Il faut à tout prix maintenir la paix et la stabilité en 2015. Cela passe par un accompagnement des organes de la Transition par tous les acteurs. Il ne s’agit pas de poursuivre dans l’hypocrisie et la complaisance qui ont perdu Blaise Compaoré et sa clique qui avaient fini par se croire indispensables. Il s’agit d’assurer une veille citoyenne sur le déroulement de la transition, d’encourager les bonnes pratiques, de dénoncer les travers mais surtout de veiller au respect strict de la Constitution et de la charte.

Burkinabè de toutes les conditions sociales, le pays vous appelle. Cette année 2015 doit être l’année du Burkina Faso. Il l’a entamée avec fierté et bravoure. Il doit la terminer de la même manière en réussissant l’organisation des élections et le transfert du pouvoir à des autorités légitimes, élues démocratiquement. Chaque citoyen doit pouvoir contribuer à l’atteinte de cet idéal qui devrait être commun à tous les Burkinabè. Main dans la main, les Burkinabè doivent résolument se tourner vers l’avenir, tout en ne perdant pas de vue les menaces que font encore peser sur leur pays, les survivances de leur passé très récent.

A tous les citoyens africains qui affronteront une année électorale dans leur pays, nous leur souhaitons de réussir dans la paix et la dignité, le choix démocratique de leurs gouvernants. Nos pays doivent définitivement tourner la page des élections à plusieurs vainqueurs et donc sources de toutes les tensions. Vivement qu’en cette année 2015, l’Afrique puisse donner au reste du monde une image autre que celle de toutes les affres politiques et guerres fratricides.

Pour notre part, nous voudrions rassurer nos lecteurs, que nous resterons fidèles à notre engagement, à notre serment. Tout en apportant notre contribution à la réussite de la Transition, nous ne transigerons pas sur notre devoir et notre liberté d’informer. Nous continueront de fouiller partout où besoin sera et demandons aux Burkinabè de bonne foi de dénoncer tous ceux qui croient qu’ils peuvent se prévaloir de leur turpitude. Nous devons bâtir le Burkina nouveau sur le devoir de vérité et de justice. Car rien de solide ni de durable ne peut se construire dans le mensonge, le double langage et la fourberie. N’en déplaise donc à ceux qui espèrent que la Transition soit une opportunité d’effacer leurs passés troubles et de se faire une nouvelle virginité morale et politique, nous allons poursuivre sans relâche, et quoi que cela nous en coûte, notre mission d’informer l’opinion publique nationale et internationale sur la vie publique de notre pays et au-delà.

Bonne et heureuse année 2015, dans une volonté commune de vivre ensemble en paix et dans un environnement politique et institutionnel stable et porteur d’espoirs !

  • 18
  • Jan

cdpDepuis quelques temps, des partis politiques de l’ancienne majorité présidentielle rivalisent de déclarations de demandes de pardon, d’excuses. Presque tous reconnaissent avoir commis des erreurs politiques ou d’appréciation. D’autres partis de la même mouvance n’ont même plus le courage de donner signe de vie. Curieusement, toutes ses formations politiques ont encore le courage de vouloir participer à la Transition en cours. Certaines d’entre elles-mêmes essaient de noyer leur bêtise dans une responsabilité collective de toute la classe politique. L’un dans l’autre, il y a une reconnaissance de la faute commise. Or, quand on commet une faute politique qui a abouti à un bouleversement sociopolitique de l’ampleur de ce que le Burkina a vécu en fin octobre, l’on ne devrait pas se faire prier.

On en tire les conséquences et on démissionne. En effet, l’insurrection populaire a montré clairement que Blaise Compaoré et tous ses soutiens ramaient à contre-courant des attentes du peuple et s’apprêtaient à violer ses suprêmes aspirations au changement, à plus de démocratie et de liberté.

On peut donc demander pardon pour la faute commise. Mais on ne peut pas espérer continuer à traîner sa bosse indésirable sur l’échiquier politique. Par respect pour leurs militants qu’ils ont trompés et trahis, pour la mémoire des fils de ce pays tombés sur le champ d’honneur et par leur faute, certains politiciens doivent avoir la décence morale de dire définitivement adieu à la politique. Cela s’appelle avoir le sens de la responsabilité, de l’honneur et de la dignité. On ne peut pas avoir vendu son âme au diable et continuer impunément à prêcher l’évangile.

Ironie du sort, ces partis politiques et ces politiciens qui hier encore, n’avaient de projet de société que le soutien de Blaise Compaoré et son projet de monarchie se sont découvert une nouvelle utilité sociale. Ils veulent apporter leur contribution à la Transition. En dehors du culte de la personnalité et de l’indispensabilité de Blaise Compaoré, ces spécialistes du retournement de veste, sans honte ni éthique semblent enfin savoir faire autre chose que de chanter les louanges de Blaise Compaoré. Se rendant à l’évidence que le Burkina Faso n’a pas sombré dans le déluge après Blaise Compaoré, ils sortent progressivement de leurs trous en demandant pardon et ou en s’excusant. Que c’est trop facile.

En vérité, bien de ces entrepreneurs politiques avaient conçu la scène politique comme un marché sur lequel ils investissent en capital de compromissions et même d’indignités. Ça marchait tellement bien puisque des individus sans mérite particulier avaient réussi à se faire des dividendes et des rentes politiques bien plus consistantes que tout autre investissement.

En contraignant Blaise Compaoré à la fuite, le peuple a du même coup mis fin à un vaste marché d’escroquerie qui nourrissait tout un monde. C’est la fin des haricots pour tous les prébendiers politiques accrochés à la générosité bien intéressée du prince et qui ne savent rien faire d’autre que vivre au-dessus de leurs moyens grâce au commerce de leur dignité et de leur honneur. Certes, l’erreur reste humaine et ne commet pas de faute qui n’entreprend. Reconnaître une faute qui a coûté la vie à des dizaines de personnes et espérer les faire passer par pertes et profits pour rebondir sur la scène politique relève purement et simplement d’une indécence morbide et inacceptable. Ne serait-ce que temporairement, tous les leaders politiques qui par leurs compromissions, leur participation active et passive au projet de modification de l’article 37 de la Constitution, doivent avoir la décence morale de se retirer de la scène politique. Les partis politiques concernés, à commencer par le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), doivent, à défaut de s’auto-dissoudre, tout au moins mettre définitivement à la touche tous les leaders qui ont porté et défendu cette initiative de malheur. C’est bien de demander pardon ou de s’excuser. Mais, nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes. Comme l’a si bien écrit Norbert Zongo dans L’Indépendant N°00, «Les peuples comme les hommes finissent par payer leurs compromissions politiques, avec des larmes parfois, du sang souvent, mais toujours dans la douleur». Ceux qui hier encore commerçaient avec Blaise Compaoré, ne peuvent que s’en prendre à eux-mêmes. Ils ne peuvent pas rêver d’impunité pour leurs compromissions. Entre Burkinabè, l’on peut se pardonner.

Mais chacun doit se garder de prendre les autres pour ce qu’ils ne sont pas au risque de raviser inutilement des tensions et des haines. Dans tous les cas, le Burkina Faso a pris un virage vers plus d’espoir d’assainissement et d’apaisement de la scène politique, avec en toile de fond, le bannissement définitif de toute idée de pouvoir à vie. Tous ceux qui aspirent à participer à la vie politique nationale et surtout à y jouer les premiers rôles ne doivent plus être de la race de ces hommes et femmes   sans convictions, prêts à toutes les compromissions.

Les réformes en cours doivent permettre de lutter efficacement contre les entreprises politiques mafieuses.

"Nous rêvons d'un Burkina Faso où le pauvre suscite chez le riche, compassion et solidarité; où le faible bénéficie de la protection des forts; où la solidarité n'est pas seulement un slogan mais une valeur essentielle dans nos rapports avec les autres; où toute vie humaine est sacrée;...Lire la suite