• 13
  • Juil

ouattaraIl était le plus adulé des leaders politiques ivoiriens par les Burkinabè, qui ne supportaient l’exclusion dont il était victime. Considéré pendant longtemps comme victime de « l’ivoirité », la loi d’exclusion inventée et mise en œuvre par son associé d’aujourd’hui, Henri Konan Bédié, Alassane Ouattara a usé de tous les moyens et tous ses réseaux et ses soutiens nationaux et internationaux pour parvenir à ses fins : la conquête du pouvoir d’Etat. Après une rébellion armée qui a coupé le pays en deux pendant près de 10 ans (2002 – 2010), une crise post-électorale qui a fait près de 3000 morts, Alassane Ouattara a pu finalement accéder à la magistrature suprême en Côte d’Ivoire. Passons sur sa responsabilité personnelle, ne serait-ce que morale dans ce drame ! Passons également sur le rôle incontestable de ses hommes dans le massacre post-électoral, notamment pendant et après la prise d’Abidjan en mars 2011.

Les conditions dans lesquelles il a accédé au pouvoir, exigeaient qu’il œuvre à réconcilier la société ivoirienne avec elle-même à travers un processus sincère de vérité, justice puis le pardon. Mais, à peine installé qu’Alassane Ouattara a sollicité de la Cour pénale internationale qu’elle ouvre une enquête sur la crise post-électorale. Mais en fait d’enquête, l’on n’a vu jusque-là qu’une justice des vainqueurs. Seuls Laurent Gbagbo, l’ancien président, et son bras droit Blé Goudé, ont été extradés à la Haye. Des dizaines de partisans de l’ancien président, dont son épouse Simone Gbagbo, ont été pendant longtemps déportés à l’intérieur du territoire dans des casernes gardées par d’anciens chefs rebelles dont certains sont mis en cause dans divers rapports de l’ONU comme auteurs de crimes abominables. Mais Ouattara au pouvoir, la justice est à double vitesse : d’une part, une impunité garantie pour tous « ses » anciens rebelles impliqués dans des crimes et de sang et des trafics en tous genres et, d’autre part, une chasse aux sorcières maquillée par une justice dont l’impartialité et l’indépendance sont plus que douteuses.

En ce qui concerne la gestion quotidienne de l’Etat, Alassane Ouattara a inventé le « rattrapage ethnique » qui vise à permettre aux cadres originaires de la région Nord de la Côte d’Ivoire, hier victimes de l’ivoirité, d’être prioritairement promus aux postes de hautes fonctions dans l’administration et dans les institutions publiques. Et ce n’est pas tout ! Sur le plan politique, Ouattara travaille à exclure systématiquement les pro-Gbagbo, allant jusqu’à instrumentaliser la Justice pour récupérer le parti de Gbagbo ou tout au moins, aider des leaders plus conciliants à son égard à le récupérer. Tout est mis en œuvre pour le bannissement politique de certains Ivoiriens qui ont commis le crime de rester fidèles à Gbagbo.

Après donc un long processus d’auto-victimisation, Alassane Ouattara au pouvoir devient maître dans l’exclusion. Mais depuis que celui par qui il est devenu roi (Blaise Compaoré) a été chassé du pouvoir par son peuple, Alassane Ouattara dévoile définitivement son vrai visage. Il se moque de la démocratie et de la morale politique. En effet, après avoir soutenu son ancien mentor dans sa boulimie, il semble en vouloir au peuple burkinabè d’avoir fait capoter leurs plans et ses tentatives de médiation intéressées. Depuis le début de la Transition, il semble afficher un certain mépris pour le processus en cours et est même suspecté d’être du côté de ceux qui tentent de le saboter et de le faire échouer. Comme si cela ne suffisait pas, il a profité du sommet de la CEDEAO où, avec ses semblables du syndicat des chefs d’Etat qui ont été incapables d’imposer le principe de la limitation des mandats présidentiels dans tous les pays membres de la communauté, pour s’ériger en donneur de leçons d’inclusion au Burkina Faso. C’est l’hôpital qui se moque de charité. Quand un maître de l’exclusion exige des autres l’inclusion, c’est à perdre son latin, surtout quand le ton utilisé frise l’injonction. En effet, de retour du sommet et rendant compte de leurs travaux, le Président Ouattara affirme à la presse ivoirienne que : « En ce qui concerne le Burkina Faso, le sommet a demandé la tenue d’élections inclusives, sans discrimination dans les meilleurs délais, c’est-à-dire comme prévu par les Burkinabè eux-mêmes, le 11 octobre 2014. Et nous avons insisté sur le fait que l’exclusion ne sera pas acceptable. Nous considérons que tout ce qui doit être fait doit être conforme à la Constitution du Burkina- Faso. » Voilà un monsieur qui a encouragé Blaise Compaoré à tripatouiller la Constitution du Burkina Faso et qui veut s’ériger en défenseur de la même Constitution, plus que ceux qui ont risqué leur vie pour la défendre.

Au lieu de se mêler de ce qui ne le regarde pas, Ouattara gagnerait à pratiquer l’inclusion dans son pays en rompant avec cette justice des vainqueurs (en faisant poursuivre Guillaume Soro, ses « com’zones » et tous les mercenaires de son camp) et d’autre part, en mettant finn à cette honteuse pratique du rattrapage ethnique dans l’administration. Après, il pourrait être digne de donner des leçons aux autres. Pour le moment, il est très mal placé pour parler d’inclusion. L’élégance et le respect de la dignité du peuple burkinabè commandaient que Ouattara se contente du communiqué final du sommet qui est loin de ses propos belliqueux. Du reste, il peut crier comme il veut, mais il ne changera rien au processus en cours. Le Burkina Faso sera ce que les Burkinabè voudraient qu’il soit, et rien d’autre ! N’en déplaise aux chantres de l’inclusion et de l’irresponsabilité !

  • 02
  • Juil

CSCDécidément, on verra tout dans cette Transition. Le 07 mai 2015, soit seulement 4 jours après la célébration de la journée mondiale de la liberté de la presse, le Conseil supérieur de la communication (CSC) a rendu publique une décision portant suspension des émissions d’expression directe sur les médias audiovisuels (radio et télé) sur toute l’étendue du territoire national pour une période de 3 mois. Le collège des conseillers prend prétexte de dérapages commis par des radios identifiées et connues d’eux pour justifier une telle punition collective digne des périodes d’Etat d’exception. Cette décision appelle, d’emblée, deux observations majeures. Premièrement, le CSC a manqué de courage d’assumer pleinement ses responsabilités en sanctionnant les organes de presse fautifs comme le lui permet la loi. Il a plutôt préféré le confort de mettre tout le monde dans le même sac. Deuxièmement, c’est une offense à l’ensemble des médias, notamment audio-visuels qui font des efforts pour conduire ces émissions interactives dans le strict respect de l’éthique et de la déontologie. Le CSC décourage donc leurs efforts tout en encourageant et déresponsabilisant les organes de presse fautifs.

Si une radio ou une télé ou encore un journaliste a fauté, le CSC doit sanctionner individuellement les organes fautifs. Mais une mesure générale de cette nature et de cette ampleur s’apparente à une atteinte grave à la liberté de presse et d’expression garantie par la Constitution. Naturellement, la réaction des organisations professionnelles des médias ne s’est pas fait attendre. Dans une déclaration commune rendue publique le 12 mai dernier, elles ont unanimement et fermement condamné cette mesure liberticide qu’elles rejettent avec force. Elles ont donc exigé du collège des conseillers qu’il revienne sur cette décision inique prise en violation de la Constitution en son article 8 qui stipule que « les libertés d’opinion, de presse et le droit à l’information sont garantis.

Finalement, des concertations sont engagées entre les deux parties en vue de parvenir à une entente pour résoudre la question de la qualité technique et éthique des émissions interactives. Ce dialogue aurait pu s’engager avant la prise de la mesure. Ce qui aurait eu le mérite de créer les conditions d’une saine mobilisation des professionnels des médias autour de leurs responsabilités sociales. Mais le CSC, mu par on ne sait quel intérêt, a décidé de sanctionner avant de discuter. Il semblerait que c’est pour l’exemple. Cependant, l’on ne peut empêcher les observateurs de s’interroger sur les visées réelles de cette mesure inattendue et bien curieuse. D’aucuns ont commencé à faire un lien entre cette décision et une prétendue volonté des autorités de la Transition de repousser les échéances. Mais l’on peut constater que la plupart des conseillers sont loin d’être des amis de la Transition. Bien au contraire, presque tous ont plus une proximité avec le pouvoir déchu qui les a propulsés là où ils sont. En tous les cas, quelles que soient les motivations du collège des conseillers, leur décision est inconcevable et inacceptable dans un Etat de droit qui garantit la liberté d’expression et de presse comme faisant partie des piliers essentiels du vivre ensemble. Elle marque, comme le soutiennent les organisations professionnelles des médias, « un recul démocratique par la restriction de la participation de la population à la gestion des affaires publiques ». Dans le contexte actuel post-insurrection où les citoyens sont de plus en plus prompts à exprimer leur opinion sur la conduite des affaires publiques et à dénoncer les inconduites des uns et des autres, il faudrait plutôt créer les conditions d’un meilleur encadrement de l’exercice de liberté d’expression et non de se lancer dans une tentative de les bâillonner.

Le CSC semble donc en retard d’un combat. Il gagnerait à mobiliser tous les acteurs pour l’accompagner dans la régulation des médias et leur production. La régulation ne suffit pas droit de fouetter dans le tas et sans discernement. Cette situation créée par le CSC relance le débat sur sa refonte en vue de repenser sa composition et le mode de désignation de ses membres. Si l’utilité de cet organe de régulation des médias n’est plus à démontrer, il faut œuvrer à en faire un organisme indépendant dont les membres ne tirent pas leur légitimité des officines politiques ou du bon vouloir des gouvernants. Il faut surtout rompre avec cette image d’instrument politique de répression des médias indépendants que traîne l’institution depuis sa création. Cette décision du collège des conseillers n’est pas pour changer les choses. Bien au contraire.

Il faut espérer que des travaux de la Commission de réconciliation nationale et des réformes (CRNR), émergeront des propositions conformes aux exigences de l’éthique de la régulation. Dans le contexte actuel où la presse privée occupe une place indiscutable sur l’échiquier médiatique, il apparaît aberrant que la régulation reste encore l’affaire des fonctionnaires de l’information, pire, les journalistes politiciens et autres envoyés des politiques. Il faut veiller à ce que seuls des acteurs jouissant d’une réputation professionnelle (dans leurs domaines) accèdent au collège des conseillers. Cela crédibilisera davantage l’institution aux yeux des professionnels, mais aussi de l’opinion publique et rendra ses décisions moins suspectes. En attendant, il faut vite lever cette décision du 7 mai dans de plus brefs délais !

  • 23
  • Jui

Le règne des Gnassingbé continue

FaureEt de trois pour Faure Gnassingbé, le fils d’Eyadema, l’homme qui a régné d’une main de fer et à vie sur le Togo. Après un processus électoral laborieux, boycotté par une partie de l’opposition, le président sortant a été proclamé vainqueur de la présidentielle du samedi 25 avril dernier par la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Selon des résultats provisoires, il a obtenu 58,75% des voix, contre 34 % pour son poursuivant immédiat et principal concurrent, l’opposant Jean-Pierre Fabre. Cette proclamation des résultats est intervenue après trois jours de blocage et une montée inquiétante des tensions qui a suscité une mission d’urgence de deux chefs d’Etat de la CEDEAO, le Ghanéen John Dramani, président en exercice de l’institution régionale, et l’Ivoirien Alassane Ouattara.

Ces résultats devraient encore être confirmés par la Cour constitutionnelle. Mais en attendant, l’opposition, à travers son chef de file Jean-Pierre Fabre, les rejette et dénonce un coup de force électoral. Celui-ci affirme même avoir gagné les élections. Il disposerait de procès-verbaux de dépouillement dans les bureaux de vote qui confirment sa victoire. Au cours d’une conférence de presse tenue le mercredi 29 avril dernier, il a pratiquement appelé à la résistance face à ce « coup de force qui ne passera pas ». Pour lui, le peuple togolais a pris ses responsabilités en portant son choix sur sa personne. Il appelle donc ce peuple à défendre son choix. Sans nul doute que lui et ses partisans tenteront de se faire entendre dans les jours à venir. Toute chose qui risque de mettre à mal le fragile équilibre politique de ce pays qui cherche ses marques depuis de longues décennies déjà. Dans un pays où les élections sont généralement sources de violences meurtrières, la nouvelle situation engendrée par cette élection risque de précipiter le Togo dans de lendemains incertains.

Pourtant le vote s’est déroulé dans un climat apaisé à la satisfaction des observateurs et des acteurs politiques. En revanche, entre l’étape du dépouillement et l’annonce des résultats provisoires, il s’est passé trois jours de tension avec des résultats qui tombaient au compte-gouttes. Mais les choses se sont accélérées le mardi 28 avril avec une proclamation rocambolesque à l’ivoirienne des résultats par le président de la CENI à l’insu de ses vice-présidents comme s’il avait des choses à cacher. Cette façon cavalière et solitaire de fonctionner a entraîné des contestations et des divisions au sein de la Commission électorale. D’autant plus que l’analyse des résultats laisse entrevoir trois facteurs de risque pour la stabilité politique et institutionnelle. Le premier est que la carte politique togolaise reste encore dominée par des positions régionalistes et ethnicisâtes, avec l’opposition plus dominante au Sud, notamment dans la capitale Lomé incarnée, et une majorité au Nord à la cause des Gnassingbé depuis le défunt père de Faure. Le deuxième est que Faure a été élu par 1,2 millions de citoyens dans un pays qui en compte plus de 7 millions, avec une forte abstention, surtout au Sud. Le troisième facteur concerne la patrimonialisation du pouvoir avec l’instauration d’une famille régnante depuis près d’un demi-siècle.

Au pouvoir depuis 2005, après des élections sanglantes qui avaient fait des centaines de morts, Faure Gnassingbé avait réussi une réélection plus tranquille en 2010. Mais ce troisième mandat risque d’être le mandat de trop. Il confirme les réticences de certains opposants qui avaient décidé de boycotter le scrutin. Ils avaient posé comme préalable à leur participation, des réformes constitutionnelles pour, entre autres, limiter le nombre des mandats présidentiels et instaurer des élections à double tour. Mais finalement, ils n’ont pas obtenu gain de cause. Le rejet du processus électoral par une bonne partie des populations, notamment la jeunesse, relance la nécessité pour ce pays de réformes profondes pour sortir de l’archaïsme démocratique. Cette parodie de démocratie qui se joue sous les yeux de la communauté internationale, les organismes régionaux (CEDEAO, UEMOA, Union africaine) est lourde de menace pour la paix dans ce pays. Il ne faudra pas attendre que le pays brûle un jour avant de courir comme d’habitude en pompiers. Le peuple togolais a besoin du soutien de l’Afrique et de la communauté internationale pour construire un processus démocratique digne de ce nom.

L’organisation régulière des élections ne suffit pas pour construire la démocratie. S’y complaire, c’est accompagner le pays progressivement vers des révoltes violentes et dommageables pour la paix et la stabilité.

  • 07
  • Mai

Les états-majors politiques s’enragent dangereusement !

electIl se passe des choses extrêmement graves dans cette transition, tant dans le discours des politiques que dans le comportement de certains acteurs qui, pour on ne sait quelle raison, tentent de provoquer inutilement des tensions. Chaque jour qui passe interpelle les consciences citoyennes sur les menaces qui pèsent sur la fragile stabilité politique et institutionnelle. Après avoir suscité la sympathie du monde entier avec cette insurrection opérée dans une relative stabilité politique et institutionnelle, le Burkina Faso risque de tomber dans les dérives violentes du fait de certaines officines de la terreur et de la calomnie. Des individus, consciemment ou non tentent de se faire peur en menaçant les autres qu’ils accusent d’être des apatrides on non suffisamment intègres à leurs yeux et contre qui, ils décident de la déchéance de leurs droits élémentaires de l’homme, même à celui d’un procès juste et équitable.

  • 28
  • Avr

camjbLa Constitution du Burkina Faso, en son article 12 stipule que « tous les Burkinabè, sans distinction aucune, ont le droit de participer à la gestion des affaires de l’Etat et de la société… ». L’alinéa 2 de cet article précise qu’ils sont « à ce titre, électeurs et éligibles dans les conditions prévues par la loi ». C’est donc clair comme l’eau de roche. Comme leurs compatriotes de l’intérieur, les Burkinabè de la diaspora ont le droit de voter et même d’être candidats aux différents scrutins. Maintes fois réclamé et toujours renvoyé ultérieurement depuis près de deux décennies maintenant, c’est finalement en 2009 que le vote de la diaspora burkinabè a été reconnu et codifié à travers l’adoption de la Loi N°19-2009/AN du 07 mai 2009 portant révision du Code électoral. L’article 265 précise que les dispositions relatives au vote des Burkinabè résidant à l’étranger n’entreront en vigueur que pour les scrutins à compter de 2015. Mais pratiquement rien n’a été entrepris en dehors de quelques missions de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) dans certains pays où des démembrements ont été mis en place. En Côte d’Ivoire, le gouvernement a passé un marché avec une société d’un des protégés de Guillaume Soro, Adama Bictogo, pour la délivrance de la carte consulaire biométrique, à l’insu de la CENI.

Dans la foulée et dans l’euphorie, la Charte de la Transition a entériné la décision du vote des Burkinabè de l’étranger en 2015. Mais à l’épreuve de la réalité du terrain et après avis technique de la CENI, le gouvernement de la Transition, constatant l’impossibilité d’organiser des élections libres et transparentes au niveau national et avec la participation de la diaspora, a décidé de surseoir au vote des compatriotes de l’étranger. Depuis, les partis politiques de l’ex-majorité crient hypocritement au scandale. Certaines personnalités comme le Pr Albert Ouédraogo, n’ont pas hésité à appeler publiquement les compatriotes de la diaspora à marcher sur les ambassades et consulats pour exiger le respect de leur droit. Mieux, il a même dénoncé une certaine « xénophobie » des Burkinabè de l’intérieur vis-à-vis de leurs frères de la diaspora.

Curieusement, c’est en Côte d’Ivoire que des voix continuent de s’élever pour exiger du gouvernement de la Transition qu’il revienne sur sa décision. Le Collectif des associations et mouvements de jeunesse burkinabè en Côte d’Ivoire (CAMJBCI) propose même de reporter les élections et de prolonger la transition jusqu’à ce que la CENI soit prête à organiser le vote des Burkinabè de l’étranger. C’est une revendication légitime, en ce sens qu’il s’agit d’un droit constitutionnel inaliénable. Cependant, compte tenu de la situation de transition dans laquelle vit le pays, toutes ses filles et tous ses fils devraient œuvrer à un retour rapide de la normalité constitutionnelle.

Malheureusement, le CAMJBCI s’est engagé dans une dynamique maximaliste allant jusqu’à menacer de fermer la représentation diplomatique du Burkina en Côte d’Ivoire et de nommer leurs propres diplomates, si le gouvernement ne revenait pas sur sa décision. Pour se faire comprendre et rassurer les compatriotes, le gouvernement a dépêché une mission dans certains pays. Si l’on peut polémiquer sur l’utilité d’une telle mission, l’on ne peut s’empêcher de dénoncer avec la plus grande énergie les incidents causés par des jeunes du CAMJBCI. Ces derniers ont laissé éclater leur colère vis-à-vis de la décision gouvernementale et empêché la tenue de la rencontre avec la communauté vivant à Abidjan. Ce hooliganisme répréhensible traduit, si besoin était, toute la déception de certaines officines de la fraude de voir leur plan tomber à l’eau. Tout porte à croire, après les incidents d’Abidjan, que derrière ces jeunes semblent se cacher des mains invisibles qui veulent à tout prix perturber la Transition. Mais que ce soit clair. Ce qui s’est passé à Abidjan, le 9 mars dernier, n’est nullement représentatif de la position des Burkinabè vivant en Côte d’Ivoire. C’est sans doute l’œuvre de quelques éléments incontrôlés ou manipulés qui s’excitent mais qui ne pourront en rien impacter sur la décision gouvernementale. Heureusement que certains compatriotes de l’extérieur et même de Côte d’Ivoire, ont dénoncé ces agissements et ces dérives violentes qui n’honorent ni leurs auteurs, ni le Burkina Faso. Que ce soit donc clair pour le CAMJBCI et ces jeunes incontrôlés : s’ils sont si patriotes, qu’ils organisent une caravane pour venir s’enrôler et revenir voter. Ce sera le signe qu’ils sont attachés à leurs droits de vote. S’ils ne peuvent pas contribuer à redresser le Burkina Faso, qu’ils aient au moins la décence de ne pas traîner son nom dans la boue. Vivement que la majorité des Burkinabè de Côte d’Ivoire se démarquent de ces comportements de brigands pour apporter leur pierre à l’édification du Burkina nouveau. Toutefois, il convient d’ores et déjà d’interpeller les politiques et la CENI sur la nécessité de tout mettre en œuvre dès maintenant pour que le vote des Burkinabè de l’extérieur soit effectif en 2020.

Boureima OUEDRAOGO    

  • 18
  • Mar

bassDécidément, l’ombre de Blaise Compaoré planera encore longtemps sur l’animation de la vie politique au Burkina. En effet, pendant que ses partisans pleurent son absence qui les rend orphelins et sans repère, ses anciens adversaires continuent de tirer à boulets rouges sur son œuvre de patrimonialisation de l’Etat. Au niveau de la société civile, c’est sa tête qui est réclamée pour qu’il réponde de ses actes devant les tribunaux.

Mais c’est surtout chez le Général de Gendarmerie Djibrill Yipéné Bassolé, ci-devant son ministre des Affaires étrangères et de la Coopération régionale, son envoyé privilégié dans ses opérations de médiation que la méthode Blaise Compaoré resurgit de la pire des manières. En effet, avec le comité de soutien à la candidature de Bassolé, l’on revoit l’Action des jeunes pour la candidature de Blaise Compaoré (AJCBC) en 2005. Ces jeunes, surgis de nulle part, qui avaient parcouru les villes et campagnes du Burkina pour battre le macadam ou la terre poussiéreuse en vue d’inciter la 3e candidature de Blaise Compaoré. En son temps, l’on avait bien compris que quelqu’un finançait en sous mains, ces marches et meetings au profit de Blaise Compaoré. Mais lui n’était au courant de rien, comme à ses habitudes d’ailleurs. Il a simplement bénéficié de la sympathie de la jeunesse qui voulait qu’il poursuive son œuvre de construction du Faso. Naturellement, il a accepté de répondre favorable à leur appel et s’est porté candidat en 2005.

Depuis début janvier 2015, soit 10 ans plus tard, des transfuges de la Fédération associative pour la paix et le progrès avec Blaise Compaoré (FEDAP/BC) ont été mobilisés pour inviter le Général Bassolé à prendre congé de l’armée et se porter candidat à la présidentielle du 11 octobre 2015. Comme les bêtises du genre « nous n’avons pas de pétrole, mais nous avons Blaise Compaoré » de l’AJCBC en 2005, voici les « âneries » (pour reprendre les termes de notre confrère L’Observateur Paalga) des griots du général. Le coordonnateur dudit comité, Adama Kima, ancien coordonnateur du Comité de soutien à la candidature d’Alassane Ouattara (CADO) en Côte d’Ivoire, transfuge de la FEDAP/BC, a déclaré péremptoirement que « c’est Dieu qui a donné Djibrill Bassolé aux Burkinabè. ». C’est une insulte au peuple burkinabè. Quel fils de ce pays n’a pas été donné par Dieu au peuple ? Et lui, Dieu l’a-t-il donné à Bassolé ?

A peine a-t-on fini de digérer ces âneries qu’un autre témoignage hallucinant nous est servi par notre confrère en ligne Lefaso.net, dans sa livraison du samedi 28 février dernier. Mamoudou H. Dicko, ancien député CDP, qui a rejoint le parti de Djibrill Bassolé, la NAFA (Nouvelle Alliance du Faso) affirme : « Il n’y a jamais eu de relations privées entre El Hadj Djibrill Bassolé et moi. La première fois que je l’ai rencontré dans ma vie, c’est le samedi 17 janvier 2015, vers 12h. J’ai échangé avec lui personnellement pour voir quelles sont ses ambitions dans le futur, quelles sont ses ambitions pour le Burkina. Il m’a convaincu. J’ai vu en lui le futur candidat crédible pour la présidentielle de 2015. Je peux témoigner aussi, en toute sincérité, que ce n’est pas lui qui a voulu être candidat. Il y a eu des jeunes, il y a eu des hommes politiques qui ont voulu porter sa candidature. Ce n’est pas quelque chose qu’il a lui-même instrumentalisé. Et je n’étais même pas sûr qu’il allait accepter, n’eût été tout dernièrement, à Dédougou, où il a dit qu’il répondrait favorablement. Mais, nous sommes très fiers qu’il accepte cette candidature, parce que c’est quelqu’un de vraiment présidentiable. Et Inch Allah, nous allons l’accompagner pour qu’il aille à Kosyam. »

C’est clair comme l’eau de roche, Bassolé a très bien appris de son maître. Il s’est trouvé des gens comme Adama Kima et des intellectuels comme Mamoudou Dicko (professeur d’université) qui sont tous prêts à tout et à crier sur tous les toits qu’il est le messie après le dieu Blaise Compaoré. Une fois qu’ils l’auraient installé à Kosyam, ils en feront un dieu.

Finalement, à force de trop s’accoquiner avec les griots et autres zélateurs, Djibrill Bassolé risque d’infantiliser sa candidature et lui enlever tout crédit ou tout intérêt. Déjà, sa casquette de général, même s’il tente de s’en débarrasser, est un facteur handicapant pour bien des Burkinabè. Si en plus, ses hommes doivent se livrer à de telles dérives langagières, les Burkinabè qui ont encore un bon sens et qui savent que la flatterie et la flagornerie des courtisans ont perdu Blaise Compaoré, s’en démarqueront. Si avant d’être président, on l’affuble de tant de louanges, imaginez-vous ce que l’on fera de ce pays une fois que ce dernier sera investi président.

Du reste, l’on en est encore loin. Les probabilités que cela arrive sont très minces. En tous les cas, si Bassolé veut sortir la tête haute de cette première étape de son aventure politique, il doit bâtir sur du vrai et surtout en toute humilité. Personne ne lui dénie ses qualités d’homme d’Etat, ni son droit de rêver de la Présidence comme tous les Burkinabè. Mais ce n’est pas en chantant qu’il est exceptionnel qu’il convaincra ses compatriotes de ses capacités à incarner le changement. Son ancien patron avait chanté et fait chanter tout le temps que sans lui le Burkina n’existerait plus. Mais voilà qu’après sa fuite, le Burkina tient, même difficilement, sur ces deux pieds et que lui ambitionner de le gouverner !

  • 05
  • Mar

cdpIl y a à peine 5 mois, ils soutenaient tous mordicus que sans Blaise Compaoré, le Burkina ne peut être que ruines et désespoirs. Ils juraient même que celui-ci était leur dieu (Astaghfiroulay) ! Certains étaient dans la salle de conseil des ministres ce mardi 21 octobre 2014, quand Blaise Compaoré et son gouvernement ont décidé d’introduire un projet de loi portant modification de l’article 37 de la constitution en vue de s’offrir une nouvelle virginité politique pour 15 nouvelles années. Ils n’ont jamais soutenu, en tout cas publiquement, la lutte du peuple contre ce projet de monarchie. Bien au contraire, ils continuaient à chanter avec tous les courtisans que Blaise Compaoré reste le seul homme d’Etat de notre époque et que le Burkina ne pouvait se priver de cette divine providence que le ciel lui a faite.

Mais seulement 10 jours après, la résistance du peuple insurgé a eu raison de leur dieu. Ce dernier a plié bagages et a fui avec sa famille et quelques ouailles laissant le gros de la marmaille orpheline. Certains ont rasé les murs pendant quelques semaines après un séjour forcé à la gendarmerie où ils ont trouvé refuge. D’autres ont retourné intelligemment leurs vestes, prétendants avoir joué un rôle dans le succès de l’insurrection. D’autres encore, ont préféré rejoindre l’opposition à Blaise Compaoré.

Mais voilà que subitement, le parti du dieu et ses acolytes se réveillent et tentent de se mettre dans les starting-blocks pour la présidentielle post-Blaise Compaoré. Le congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) de Blaise Compaoré, malgré le cure d’amaigrissement qu’il subit continuellement, découvre finalement que sans son fondateur, le Burkina Faso ne disparaîtra pas de la carte du monde. Il veut donc participer au processus électoral sans lui mais tout en lui réaffirmant sa loyauté. Il compte, sans doute, sur les moyens et les réseaux qu’il mettrait à sa disposition. Depuis leur exil de Yamoussokro et du Bénin, les frères Compaoré (Blaise et François), continueraient de pistonner le parti. Leurs ombres planent sur chaque sortie ou regroupement du parti. Ils seraient également les soutiens de certaines dissidences au sein du parti.

Les dissidences au CDP ont déjà donné naissance à deux partis politiques : la Nouvelle alliance du Faso (NAFA) de Djibril Bassollé et l’Union pour un Burkina nouveau du Colonel Yacouba Ouedraogo, respectivement général de gendarmerie, ministre des affaires étrangères et Colonel, ministre des sports et des loisirs de Blaise Compaoré jusqu’au 30 octobre 2014. Tous deux ont pris congé de l’armée et sont candidats à la candidature pour la présidence du Faso en octobre 2015. Un autre ex-colonel, Jean-Baptiste Natama également diplomate et directeur de cabinet de la Présidente de la commission de l’Union africaine, se prépare pour le rendez-vous de la bataille pour le fauteuil présidentiel. A la différence des deux précédents, lui au moins, ne cachait pas ses ambitions même avant la fuite de Blaise Compaoré. Il avait commencé à susciter sur les réseaux sociaux, des réflexions et débats qui traduisaient clairement son émancipation progressive du système Compaoré. Ses partisans ont également créé un nouveau parti pour soutenir sa candidature : la Convergence patriotique pour la renaissance/ Mouvement progressiste (CPR/MP). D’autres partis suivront à ce que l’ont dit.

Le CDP risque de se retrouver finalement avec un squelette tant son amaigrissement risque de se poursuivre dans les jours à venir. Mieux, en interne, ceux qui resteront risque de se livrer une bataille à mort pour le positionnement sur les listes électorales et même pour le renouvellement de l’organe dirigeant du parti. A l’externe, des voix s’élèvent de plus en plus pour exiger son exclusion aux prochaines élections. Comme on le voit, le parti de Blaise Compaoré risque de payer au prix fort son inconséquence et ses dérives qui ont conduit aux événements des 30 et 31 octobre. Ce ne serait du reste que justice. On ne piétine impunément le peuple pendant 27 ans et croire que celui a la mémoire si courte pour oublier tout de suite ce qu’il a subi et supporté, parfois dans la douleur et le sang.

A quelque chose malheur est bon. Il a donc fallu que Blaise Compaoré s’entête et que des Burkinabè perdent la vie par dizaines afin que certains réalisent qu’il peut avoir une vie au Faso sans ce dernier. A moins que comme le susurrent certains, la plus part de ces candidatures soient suscitées en vue de morceler les voix et d’éviter que ses ennemis jurés du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), ne remportent haut la main la présidentielle dès le premier tour. Mais déjà, l’inflation des candidatures parmi les fidèles de Blaise Compaoré est une première victoire morale contre l’imposture selon laquelle ce pays n’avait pas encore secrété un homme d’Etat capable de prendre le relais.

Dans tous les cas, ces candidatures ont beau être suscitées, elles ne sauraient prospérer dans le contexte actuel. Ceux qui croient encore battre campagne et gagner avec le nom et l’image de Blaise Compaoré se trompent royalement. On ne parle même des incultes et autres somnambules qui rêvent d’un retour aux affaires. C’est fini et bien fini. Les élections d’octobre viendront tout parachever. Il faut espérer que tous sauront enfin penser à l’intérêt général et à la construction d’institutions fortes et non des hommes forts.

  • 16
  • Fév

gouvDepuis quelques semaines, l’échiquier politique national est en pleine effervescence. Des déclarations ou des appels à candidatures par-là, des créations de partis politiques ou des retours sur scène par là. La perspective de la présidentielle du 11 octobre 2015 semble éveiller les appétits, même chez certains de ceux qui il y a à peine quelques mois, rêvaient d’une présidence à vie de Blaise Compaoré. N’est-ce pas Rosalie Bassolé, l’épouse de Djibrill Bassolé, qui le 10 mai 2014, investissait Blaise Compaoré « Roi » à Réo, en présence de son époux. « Ognini Blaise » (le roi bien-aimé Blaise), avait-elle déclaré pour marqué son soutien inconditionnel à Blaise Compaoré dans sa boulimie du pouvoir. Mais ça c’est de l’histoire ancienne déjà. Entre-temps son époux, à ce que l’on dit, est passé dans le camp de ceux qui ont travaillé à faire chuter le roi Blaise. Il a même accepté d’être traité volontiers de Judas de Blaise Compaoré. Du reste, Bassolé ne saurait être prisonnier des excès de zèle de son épouse. Bref, après la mise en échec du projet de monarchie de Blaise Compaoré par le peuple insurgé, certains se découvrent désormais présidentiables, nourrissant de grandes ambitions pour le Burkina et pour son peuple. C’est leur droit de citoyen burkinabè d’avoir des ambitions, quand bien même cela peut heurter la conscience de ceux qui ont une certaine lecture morale de la politique. A côté de Bassolé dont la candidature serait portée par un nouveau parti politique, la Nouvelle Alliance du Faso (NAFA) fondé par des transfuges de l’ancienne majorité présidentielle (CDP, ADF/RDA, UPR, etc.), il y aura sans doute des candidats d’autres partis qui n’avaient de projet politique que le pouvoir à vie de Blaise Compaoré. Il y a également les candidatures annoncées de l’ancien ministre des sports, le Colonel Yacouba Ouédraogo, et de l’ancien Secrétaire permanent du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP), Jean-Baptiste Natama.

Il n’y a donc pas que les ambitieux du MPP qui avaient démissionné parce que Blaise Compaoré refusait de leur céder le pouvoir par l’organisation en interne de sa succession qui sont très ambitieux. D’autres étaient restés fidèles mais rêvaient secrètement de sa chute. Les deux mois de transition sont déjà riches en expressions des ambitions dans les cercles qui formaient le clan Compaoré. A priori, l’on peut se réjouir de ce que la chute de celui-ci favorise la saine émulation des ambitions. D’autant plus que même dans les organes de transition, certains purs produits du système Compaoré ont pu se glisser comme des acteurs de premier plan, tenant des discours révolutionnaires et autres promesses de rupture avec ce système. Il ne faut donc pas s’attendre à ce que la chanson bien prisée des Burkinabè depuis le 31 octobre ne soit juste qu’un slogan populiste. En effet, tout le monde chante que « plus rien ne sera comme avant ». Mais au fond, beaucoup ont intérêt à ce que tout redevienne comme avant. En plus de ceux qui dévoilent leurs ambitions, il y a ceux qui ont des agendas cachés qui travaillent à obstruer la bonne marche de la transition ou à en profiter au maximum. Ceux-là ont intérêt à prolonger la transition ou en tout cas que certains de ses aspects, notamment les questions de justice, ne soient pas réglés.

A côté de ceux-là, il y a tous ceux qui croient que la transition est une occasion pour régler tous leurs problèmes. Ceux-là, à coups de manifestations spontanées, expriment des revendications parfois fondées mais irréalistes au regard du temps et des missions des organes de transition. Ça grogne de partout. Et le gouvernement semble débordé. Malheureusement pour lui, c’est désormais la fin de l’Etat de grâce avec les organisations syndicales. Après les contestations des nominations ou le maintien de certains responsables à leurs postes, voici venu le temps des revendications syndicales. En effet, dès le 4 février prochain, la Coalition contre la vie chère (CCVC) entre en scène. Elle revendique la baisse du prix des hydrocarbures d’au moins 100 à 150 FCFA. Elle dispose des éléments qui montrent que c’est faisable. Mais le gouvernement a déjà opéré une baisse de 25 FCFA jugée insignifiante. Pour se faire entendre, elle annonce un sit-in qui sera suivi d’une grève si rien n’est fait. Bref, le gouvernement Zida va devoir affronter sa véritable première fronde avec les syndicats et les organisations de la société civile réunis au sein de la CCVC.

Deux mois seulement après son installation, le gouvernement de la transition sera confronté à la fois au choc des ambitions des politiques qui auront sans doute des répercussions dans l’animation de la vie politique nationale, d’autant plus que des voix s’élèvent pour exiger la prise des mesures pour interdire certaines candidatures. Mais, il n’y a pas que le terrain politique, le front social va aussi entrer en ébullition et il va falloir trouver des réponses crédibles et concrètes aux revendications. Le dialogue gouvernement-syndicats s’annonce donc très houleux et il faut espérer qu’au bout, chaque camp saura trouver la sagesse pour préserver la transition de tous les poids qui pourraient inutilement la plomber. Mais c’est surtout au gouvernement de faire le choix de la transparence, de la vérité et de la justice.

"Nous rêvons d'un Burkina Faso où le pauvre suscite chez le riche, compassion et solidarité; où le faible bénéficie de la protection des forts; où la solidarité n'est pas seulement un slogan mais une valeur essentielle dans nos rapports avec les autres; où toute vie humaine est sacrée;...Lire la suite