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Vivement que 2017 soit l’année de la Justice !

11 janvier 2017 Auteur :   Boureima OUEDRAOGO

Ce pouvoir était attendu surtout sur deux plans essentiellement : d’une part, vider les nombreux vieux contentieux qui divisent la société burkinabè comme les dossiers de crimes économiques et de sang que l’ancien régime trainait comme de véritables boulets à ses pieds et auxquels sont venues s’ajouter les tueries lors de l’insurrection populaire ; et d’autre part, offrir de nouvelles opportunités d’améliorations des conditions des Burkinabè des villes et des campagnes. Mais, c’est surtout sur le premier plan que le nouveau pouvoir était attendu, d’autant plus que certains Burkinabè étaient plus que sceptiques quant à ses capacités à vider les contentieux politico-judiciaires du fait de la longue collaboration des nouveaux du pouvoir avec Blaise Compaoré. Toutefois, ils étaient nombreux à espérer le parricide parfait. Pour ceux-là, le Président Kaboré et ses compagnons étaient les mieux placés pour déboulonner le système du déni de justice et de droit de Blaise Compaoré parce qu’ils devraient le connaître mieux que quiconque. Le reste devrait être une question de volonté et de créativité.

Malheureusement, cette première année d’exercice du nouveau pouvoir n’a pas suscité beaucoup d’espoirs, tant les dossiers pendants demeurent encore plus que pendants devant les tribunaux. En somme, rien n’a bougé pour l’instant. Les dossiers emblématiques de crimes impunis (affaires Thomas Sankara, Dabo Boukary, Guillaume Sessouma, Oumarou Clément Ouédraogo, Norbert Zongo pour ne citer que ceux-là) qui devraient connaître un règlement diligent après la chute de Blaise Compaoré sont encore en souffrance. Il y a eu, certes, des évolutions assez sensibles, mais point de procès en 2016. Même les récents dossiers relativement moins complexes que ceux déjà cités tardent à être élucidés. Mais là, l’on peut se réjouir parce que des procès sont annoncés en ce mois de décembre, notamment pour ce qui concerne les attaques de Yimdi et d’autres dossiers d’atteinte à la sûreté de l’Etat par les éléments récalcitrants de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP), la garde prétorienne de Blaise Compaoré.

En tous les cas et comme l’a si bien relevé le Président Kaboré dans son dernier message à la nation, le triptyque « vérité, justice et réconciliation » demeure le seul gage pour retrouver la quiétude indispensable à la construction d’une nation unie et prospère. « La nécessité de vider tous les dossiers pendants est devenue une exigence de crédibilité au regard des attentes du peuple burkinabè en matière de vérité et de justice », a-t-il affirmé. Il faut donc espérer que 2017 sera l’année de la Justice. Elle a été au coeur de toutes les polémiques cette année, avec les avantages qui ont été accordés aux magistrats et largement appréciés comme indus par les Burkinabè au regard des fortes attentes non satisfaites.

Vivement qu’en 2017, elle soit source de fierté pour tous les Burkinabè et de réconciliation de l’Etat avec la société.

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