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Le peuple a fait sa part du boulot !

29 novembre 2016 Auteur :   Boureima OUEDRAOGO

Le putsch manqué des 16 et 17 septembre 2015 fut sans doute la dernière occasion qui leur restait de mettre un terme à la Transition voulue et mise en place par les insurgés et le reste des forces vives de la nation. La première tentative remonte sans doute au 31 octobre 2014, lors de l’organisation de la fuite de Blaise Compaoré. Le Général Gilbert Diendéré, en faisant partir Blaise Compaoré, a tenté de récupérer le pouvoir en mettant tout le reste de l’armée au pas pour placer l’un de ses plus fidèles protégés à la tête de l’Etat.

La suite, on la connaît. La vigilance du peuple insurgé a permis de déjouer tous les plans de restauration du pouvoir grâce au dernier pilier du système qui a résisté au cyclone des 30 et 31 octobre, le RSP. Mais la Transition aura été protégée par une extraordinaire mobilisation populaire autour de ses institutions.

Le putsch manqué des 16 et 17 septembre 2015 a finalement permis au peuple de se débarrasser définitivement du RSP, même si certains de ses éléments continuent de semer la terreur. Malheureusement, la gestion du pouvoir par les nouvelles autorités, notamment le Président Roch Kaboré, inquiète très sérieusement plus d’un

Burkinabè. La machine a du mal à démarrer. L’on a déjà perdu l’année 2016 dans les tergiversations et les louvoiements. Il faut vite sortir de là avec des mesures fortes. L’élaboration du Plan national de développement économique et social (PNDES) et la recherche des moyens de son financement ne suffiront pas pour recréer la confiance et réhabiliter les institutions. En plus de l’institution judiciaire qui doit sérieusement être secouée et réformée fondamentalement, il y a l’administration publique qui doit faire l’objet d’audit organisationnel et institutionnel complet, et aussi l’armée qui doit être remise en état de cohésion maximale pour être plus opérationnelle et en phase avec le contexte géo-sécuritaire actuel. Certes, le passage à une nouvelle République ouvre une opportunité pour régler définitivement les problèmes de l’équilibre des trois pouvoirs, l’harmonisation et la rationalisation de certaines institutions. Mais il faut donner des signaux forts au sommet de l’Etat.

En définitive, le peuple a fait sa part du boulot, non seulement en déboulonnant Blaise Compaoré et en protégeant les institutions de la Transition, mais aussi à oeuvrer à un retour à une vie constitutionnelle avec des institutions démocratiquement pourvues d’animateurs légaux et légitimes. Il attend du nouveau pouvoir qu’il fasse convenable le sien.

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