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Commission d'enquête du CSM: Le Juge Bilgho dans les mailles du filet

30 janvier 2018 Auteur :  

Comme nous l'avions annoncé dans nos précéden­tes éditions, le rapport de la commission d'enquête du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), le rapport que l'on a tenté de cacher au peuple, a fini par tomber dans la sphère publique. C'est notre confrère, «Courrier confiden­tiel», dans sa dernière livraison du 25 octobre, qui l'a publié en inté­gralité.

Nous l'avions dit, le temps où l'on pouvait cacher des rapports aussi importants est à jamais révolu. Ce rapport fait froid au dos. Le diable est entré dans la maison des gardiens du temple. Ils sont 37 magistrats à avoir pris des libertés avec l'éthique et la déontologie de leur profession. Les faits sont suffi­samment graves. Certains ont mon­nayé des décisions de justice, soit en accordant indûment des libertés provisoires, soit en maintenant des justiciables injustement en prison. D'autres ont simplement abusé de leurs positions pour s'enrichir sur le dos de pauvres justiciables. D'autres encore ont pris fait et cause pour des escrocs, s'ils ne sont pas eux-mêmes les escrocs.

Le Reporter s'était fait l'écho de cer­tains de ces dossiers sales de magistrats et d'autres auxiliaires de justice. L'un d'entre eux, notamment Rodrigue Bilgho, avait attrait le Journal en Justice. D'autres ont eu la sagesse d'une démarche plus conciliante en nous approchant pour tenter de nous convaincre qu'ils ne sont pas adeptes de ces pratiques sans toutefois exiger que nous revenions sur nos écrits en leur faveur.

Aujourd'hui, l'opinion publique nationale et internationale est témoin de la réalité. Le Juge Bilgho est cité parmi les 37 magistrats qui ont, selon leurs propres collègues, eu des comportements contraires à l'éthique de leur profession. Il lui est particulièrement reproché d'avoir reçu indûment de l'argent, d'avoir refusé de poser des actes de procé­dures, d'avoir vendu une parcelle d'un justiciable dont il avait le dos­sier en charge. Et ce n'est pas le seul dossier dans lequel son nom apparaît. Nous osons espérer qu'il va poursuivre ses collègues pour diffamation.

En tous les cas, notre conviction était et est toujours établie que si le sieur Bilgho n'était pas magistrat, il n'aurait pas eu le courage de porter plainte contre le Journal. Il comp­tait, peut-être, sur une solidarité de ses collègues face à des journalistes impertinents qui ont osé mettre sur la place publique ses pratiques et ses abus sur de pauvres commer­çants. Mais comme le temps est l'autre nom de Dieu, le mensonge ne peut jamais devenir vérité. Il a beau courir, il finira par être rat­trapé par la vérité.

Certes, le rapport de la commission d'enquêtes ne fait pas de lui un coupable confirmé des faits qui lui sont reprochés. Mais il confirme les fortes suspicions qui pèsent sur lui. Du reste, ce rapport est l'œuvre de 6 hauts magistrats bien au fait de toutes les techniques d'enquêtes et des procédures judiciaires. S'ils l'ont écrit dans leur rapport, c'est que c'est leur intime conviction. Que va donc faire le sieur Bilgho pour laver son honneur ? Il avait sollicité la condamnation du Journal à lui payer 50 millions de dommages et intérêts. Oui, 50 millions pour laver son honneur. Combien va-t-il réclamer de ses collègues ?

Nous avions introduit un recours en suspicion légitime (c'est-à-dire que nous suspections le tribunal de risque de partialité) et demandé que le dossier soit transféré à une autre juridiction. Aujourd'hui, les faits nous donnent raison. Il ne nous reste plus qu'à attendre que ce dos­sier soit programmé. Le sera-t-il un jour ? Bien malin qui saura répon­dre. En tous les cas, comme depuis le début, nous sommes sereins ! Vivement donc le procès !

Boureima Ouédraogo

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