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Grève des routiers: l’échec personnel du PM Thiéba !

29 septembre 2017 Auteur :  

Le gouvernement Paul Kaba Thiéba a finalement confirmé qu’il n’est pas à la hauteur des défis actuels de gouvernance au Burkina. Ces défis sont de deux ordres : la reconstruction du pacte républicain pour rompre avec le système de coteries et du pouvoir personnel de Blaise Compaoré) et la relance de l’économie nationale bâtie pendant de longues années sur de réseaux mafieux et de concussions. Plus de 19 mois après son avènement, le gouvernement brille par son incapacité à rassurer qu’il est capable d’offrir une alternative crédible à la crise de la gouvernance, des valeurs et principes cardinaux du vivre ensemble. Bien au contraire, il enchaîne les erreurs et les hésitations qui laissent entrevoir un manque de vision, de feuille de route crédible et surtout d’une incapacité notoire à anticiper. Le pays va mal et le Président Kaboré doit faire quelque chose, ici et maintenant. Demain risque d’être trop tard !

Comme nous l’avons écrit plusieurs fois, ce gouvernement avait tout pour réussir. Mais il fait tout pour échouer. Parfois, il trouve le moyen de provoquer des tensions là où il n’en a pas besoin et surtout dont il n’a pas les moyens de gérer. Ce qui s’est passé avec la grève des routiers est assez révélateur des incohérences de ce gouvernement. Lorsqu’un PM reconnaît que son ministre a merdé et qu’il prend, personnellement, les choses en main, ça devrait donner des résultats, si tant est que ce gouvernement a encore un minimum de crédibilité. L’échec des négociations entre le PM et le syndicat des routiers dans le débrayage illégal de ces derniers, suite aux propos politiquement incorrects du ministre Simon Compaoré, est en fait son échec personnel. Il devrait en tirer les leçons ou à défaut, son patron devrait le faire.

En effet, il a fallu l’intervention du Mogho Naaba mais surtout du président du Faso en dernier ressort pour que les routiers reprennent le travail et libèrent les axes routiers qu’ils avaient bloqués, paralysant des pans entiers de l’économie nationale et occasionnant des pertes énormes pour certaines entreprises. Si pour désamorcer une crise née des propos d’un ministre, fût-il d’Etat, il faut remonter jusqu’au chef de l’Etat ou faire intervenir les autorités morales, force devrait être de constater qu’il y a une remise en cause de ce gouvernement. Pire, dans cette affaire, le gouvernement devait avoir le droit avec lui. Dure est la loi mais c’est la loi. Elle doit s’appliquer à tous et sur toute l’étendue du territoire national. Car, il faut l’avouer, forcer une barrière de police est un acte d’incivisme et qui doit être réprimé conformément à la loi. Ce qui exclut les actes de tortures et de bastonnades par les forces de l’ordre. L’attitude responsable du gouvernement aurait été de condamner l’incivisme des routiers tout en dénonçant les bastonnades dont ils ont été victimes. Du moment où une plainte a été déposée par les victimes, nul ne peut dire que les auteurs présumés de ces bastonnades ne risquent rien, avant toutes décisions judiciaires. Le ministre de la Sécurité a donc outrepassé ses pouvoirs et devait être recadré. Cette énième sortie de route du ministre Simon Compaoré et les tentatives désespérées du PM de colmater les brèches montrent clairement des difficultés de coordination de l’action gouvernementale. Et ce n’est pas nouveau.

Depuis la formation de ce gouvernement, nous n’avions eu de cesse de l’interpeller sur les graves conséquences de son choix de régler les problèmes du monde syndical au cas par cas. Cet échec est le couronnement d’une longue série de tâtonnements, pour ne pas dire d’errements de tous ordres, qui remette progressivement en cause l’autorité de l’Etat, la paix et la cohésion sociale. Avec cet échec qui frise l’humiliation, ce gouvernement a perdu la légitimité et la crédibilité indispensables à la conduite d’une action gouvernementale sereine et à la hauteur des attentes. Il faut sonner la fin de la recréation.

Boureima OUEDRAOGO

Boureima Ouédraogo

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