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Rétablir la confiance ou pousser : le pays dans le précipice !

03 août 2017 Auteur :  

Le gouvernement continue de chercher à régler les problèmes des travailleurs au cas par cas. Pourtant, la situation a atteint un seuil critique et doit amener les plus hautes autorités à une analyse froide et sans complaisance des revendications de tous les syndicats et autres partenaires sociaux; les mettre en relation avec les capacités de mobilisation des ressources de l’Etat et en perspectives avec les défis à relever pour améliorer sensiblement les conditions de vie de la grande majorité des Burkinabè. Ensuite, il faut ouvrir un dialogue franc et transparent avec les syndicats de tous les secteurs sur les possibilités dont dispose l’Etat.

Il s’agit, dans un tel dialogue, de rassurer les syndicats et tous les autres partenaires sociaux avec des données réelles et concrètes, de la volonté et des efforts réels du gouvernement pour offrir de meilleures conditions de vie et de travail à tous.

Un tel dialogue ne peut avoir les effets escomptés que s’il est initié et conduit par le président du Faso lui-même. Le Président Kaboré doit descendre de sa tour de Kosyam pour constater le divorce entre son gouvernement et les syndicats, avec pour conséquence, une situation de défiance quasi permanente. Cette démarche pourrait justement permettre d’écouter les syndicats, de les associer à la mise en place prochaine du Haut Conseil pour le dialogue social, tant dans sa composition que dans la définition de ses missions, ses modes d’actions, etc. Ce Haut Conseil ne saurait être une institution de plus, juste bon pour amuser la galerie et permettre de caser quelques individus en quête de strapontins leur permettant de vivre au crochet de la République. Pour être utile, crédible et efficace, ce Haut Conseil doit tenir compte des préoccupations du monde du travail, des jeunes, des femmes, des anciens, du secteur privé, l’opposition politique, des organisations de la société civile, bref, de tous les acteurs qui concourent à l’animation de la vie nationale, à la production des richesses, à la préservation du vivre ensemble. Sa composition doit refléter la diversité des légitimités qui peuvent concourir au dialogue social et l’animer en tenant compte de l’intérêt supérieur du Burkina. C’est seulement à cette condition que l’on pourrait avoir un dialogue social véritable, porteur des aspirations de tous.

Le président du Faso devait engager ce dialogue depuis le début de son mandat. Cela lui aurait permis d’éviter bien des situations devenues aujourd’hui de véritables casse-têtes pour l’Exécutif. Il faut tirer leçon des rendez-vous manqués. Les rencontres gouvernement et syndicats ou avec le secteur privé, les journées nationales ou autres fora réunissant annuellement le président et certaines catégories socioprofessionnelles, dans leur format actuel, ont montré leurs limites objectives. Ils sont loin de régler les problèmes de ces acteurs. Pourquoi persister dans des initiatives improductives et sans impact réel sur les conditions de vie des populations ? Pourquoi ne pas recentrer la réflexion autour de perspectives globales d’identification des leviers de progrès économique et social avec des effets réels sur l’ensemble des composantes sociales et professionnelles ?

En tous les cas, les grèves à répétitions et les levers de boucliers sur la proposition de loi en vue d’encadrer l’exercice du droit de grève indiquent clairement qu’il y a urgence à agir. Le ton monte et il est impératif de sortir de cette défiance de l’Etat et des institutions d’autant plus que ces tensions aboutissent, le plus souvent, à des reculades. Il faut rompre avec ces épreuves de forces qui contribuent à l’effritement de l’autorité de l’Etat. Le président du Faso doit urgemment créer les conditions de la confiance de ses compatriotes envers les institutions. Il a, certes, hérité d’une situation de fossé entre les populations et les institutions. Il doit surtout éviter d’agrandir ce fossé au risque de pousser le pays dans le précipice. Il a tardé à prendre les choses en mains. C’est lui qui a été élu et doit des comptes à ses compatriotes. Il peut toujours redresser la pente. Mais s’il persiste dans l’attentisme, demain risque d’être trop tard ! Et ce sera un énorme gâchis.

Boureima OUEDRAOGO

Boureima Ouédraogo

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