• 23
  • Jui

Le poisson pourrit par la tête

pmC’est désormais une réalité acceptée de tous au Burkina Faso. Les villes et campagnes du pays sont progressivement entrain de se transformer en cités inciviques où la rue dicte sa loi au mépris des règles et principes qui régissent le vivre-ensemble. A qui la faute ? A la société dans tous ses segments, des familles aux gouvernants en passant par l’école, les espaces de socialisation des jeunes, etc. Mais la responsabilité première incombe surtout aux gouvernants qui ont contribué à délégitimer l’Etat et les institutions au profit des clans et réseaux de coteries. Quelles actions conduire pour redresser cette pente dangereusement glissante ? Du 30 au 31 mai dernier, près de 400 personnes venues des 13 régions du pays ont été conviées par le ministère en charge des droits humains à une réflexion collective et inclusive. C’était dans le cadre du forum national sur le civisme. Une fois de plus, le gouvernement refuse de mener le vrai combat.

  • 06
  • Jui

Un entêtement aux dessous inavouables

senatDepuis quelques semaines, le gouvernement s’active pour la mise en place du Senat. Issue des propositions consensuelles du Conseil consultatif sur les réformes politiques (CCRP), la mise en place du Sénat divise la classe politique et l’opinion publique nationale. Elle sonne comme un anachronisme incompréhensible avec l’évolution des processus démocratiques en Afrique de l’Ouest mais aussi et surtout du contexte national de vie chère et de ploutocratie institutionnelle étouffante et inopérante. Cet entêtement et cet empressement du gouvernement semblent cacher des dessous inavouables couverts sous le vernis du renforcement de la démocratie. Mais plus que la création de nouvelles institutions de service, le renforcement de la démocratie commence par une volonté politique de respecter les principes élémentaires : séparation des pouvoirs avec son corollaire d’indépendance du législatif et du judiciaire, alternance à la tête de l’Etat, transparence et recevabilité dans la gestion du bien commun, égalité des citoyens en droits et en devoirs, etc. Sur ce terrain-là, le pouvoir Compaoré est terriblement absent. Une absence qui a fini par rendre suspecte toute initiative de réforme qu’il entreprend. Cette fois, la tension monte d’un cran et risque d’accélérer l’explosion.

  • 23
  • Mai

Ce pays est-il vraiment gouverné ?

lat 2La question mérite d’être posée, au regard de la succession des évènements et de la chienlit dans laquelle s’enlise progressivement le pays depuis un certain temps. Cette situation a atteint son point d’orgue avec les derniers développements de ce qu’il était convenu d’appeler bras de fer entre le gouvernement et les travailleurs de la santé, regroupés au sein de leur syndicat, le SYNTSHA. Le dénouement de cette affaire, à travers la pirouette spectaculaire du Premier ministre Luc Adolphe Tiao, quelques jours seulement après son discours de fermeté devant la représentation nationale, montre, si besoin en était encore, le degré d’amateurisme ou de louvoiement, sinon toute la légèreté qui caractérise la gouvernance de ce pays.

  • 03
  • Mai

bc snDepuis quelques mois, l’ambiance politique au Burkina Faso est marquée par un calme plat qui ne présage rien de bon. Au sortir du processus électoral qui a permis de renouveler l’Assemblée nationale et des conseils municipaux, le cap est désormais mis sur la présidentielle de 2015. Cette présidentielle a ceci de particulier qu’elle devrait se tenir pour la première fois sans Blaise Compaoré depuis le retour du pays à l’Etat de droit en 1991. A 62 ans bien sonnés, Blaise Compaoré aura passé la majeure partie de sa vie active à la tête de l’Etat (26 ans déjà). Au terme de ce dernier mandat, il totalisera 28 ans. Il a vu passer bien d’homologues autour de lui. Pour autant, rien dans sa gestion du pouvoir ne semble indiquer qu’il est prêt à partir. Mais pour rester, il lui faut modifier la Constitution en son article 37 pour sauter le verrou de la limitation des mandats. Ce qui ne semble pas gagné d’avance et comporte de risques énormes pour la paix et la stabilité politique.

  • 17
  • Avr

Halte à l'improvisation et aux louvoiements !

uoEn se rendant à l'université de Ouagadougou, Luc Adolphe Tiao s'était donné pour mission de toucher du doigt les réalités du monde universitaire. Mais tout avait été soigneusement préparé pour l'en écarter. L'amphi qui devait accueillir la rencontre aurait reçu une nouvelle couche de peinture, les climatiseurs remis à niveau pour que le PM puisse respirer l'air conditionné, un tapis rouge pour protéger ses souliers de la poussière et bien marquer son naam, le menu du restaurant universitaire actualisé au goût de l'hôte de marque du jour et l'endroit où était dressée sa table pour le déjeuner retouché avec des brasseurs pour lui épargner de grosses sueurs pendant son repas. A cela s'ajoute des voies de passage réajustées. Bref, les organisateurs de la visite du PM ont mis les petits plats dans les grands pour rendre agréable le séjour du Premier ministre dans cet univers impitoyable du campus de Zogona. Mais c'était sans compter avec les étudiants dont une partie a bien voulu rappeler à l'illustre hôte que les " parades " y sont interdites. La suite, on la connaît, tout comme les réalités du monde universitaire étaient bien connues de tous, y compris le PM.

  • 17
  • Avr

Entre trahisons, immobilisme et risque de fortes tensions

mairesLe processus électoral pour le renouvellement des conseils municipaux est arrivé à son terme depuis le 1er mars dernier avec la proclamation définitive des résultats du scrutin municipal complémentaire du 17 février par le Conseil d’Etat. Ainsi le mois de mars a été marqué par la mise en place des conseils municipaux restants. La plupart desdits conseils ont connu des renouvellements avec l’accès de nouvelles personnalités à leur tête. La mise en place ne s’est pas faite sans grincements de dents, voire des dissensions, dans les états-majors politiques. Des conseillers ont outrepassé les consignes de leurs partis, entre autres, à Ouagadougou, à Garango et à Bobo Dioulasso pour jouer leurs propres cartes. Ces agitations politiques laissent entrevoir que la gestion de ces collectivités pendant les 5 prochaines années ne seront pas de tout repos pour les nouveaux édiles ou les reconduits. Mais plus grave, certains partis politiques ont du mal à accepter le jeu de la décentralisation en persistant dans une recentralisation du choix des exécutifs locaux.

  • 11
  • Avr

Luc Adolphe Tiao et Djibrill Bassolé devraient démissionner si…

blaiseÇa y est ! Le CDP, ragaillardi par sa victoire, même moins écrasante que d’habitude, aux élections couplées de décembre dernier, a ouvert une nouvelle brèche, celle du débat sur l’opportunité de relecture de l’article 37 de la Constitution portant limitation des mandats présidentiels à deux. Pour les nouveaux chantres de l’indispensabilité de Blaise Compaoré, maintenir l’article 37 en l’état reviendrait à faire de lui, une victime de discrimination en ce qu’il lui interdit de briguer un nouveau mandat. Ces défenseurs de l’équité en faveur de Blaise Compaoré ont oublié deux choses importantes. D’une part, la loi a ceci de spécial qu’elle garantit l’égalité des chances entre tous les citoyens en leur reconnaissant des droits inaliénables et des obligations auxquelles ils ne peuvent se soustraire ; d’autre part, ce même pouvoir a donné sa parole que l’article 37 ne sera pas révisé s’il n’y a pas de consensus au cours des travaux du Conseil consultatif sur les réformes politiques (CCRP). Y revenir serait donc trahir la parole donnée, si tant qu’elle a encore un sens pour les plumes et les zélateurs du système.

  • 01
  • Avr

Et la République dans tout ça ?

zabreDepuis quelques années, de nombreuses localités burkinabè ont été le théâtre d’affrontements meurtriers entre communautés: entre éleveurs et agriculteurs, entre autochtones et migrants. Ces affrontements résultent le plus souvent de compétitions pour le pouvoir (cas de Guenon en 2012), et les ressources (foncières surtout) ou de l’instrumentalisation politicienne des particularismes ethniques, régionalistes. A cela s’ajoutent les injustices ou le déni de justice qui poussent les populations à se rendre justice dans des bains de sang pourtant évitables. Il y a un an (2 mars 2012), le village de Guenon a défrayé tristement la chronique de l’actualité nationale suite aux massacres (10 morts officiellement) entre frères ennemis pour la conquête du pouvoir coutumier. Le cas le plus récent est celui de Zabré, dans la région du Centre-Est, qui s’est soldé par 7 morts, des blessés, des centaines, voire des milliers de déplacés et des dégâts matériels importants. Les signes d’un risque d’embrasement sont perceptibles dans plusieurs régions. Mais l’Etat semble avoir du mal à imposer son autorité et sa légitimité sur toute l’étendue du territoire national.

"Nous rêvons d'un Burkina Faso où le pauvre suscite chez le riche, compassion et solidarité; où le faible bénéficie de la protection des forts; où la solidarité n'est pas seulement un slogan mais une valeur essentielle dans nos rapports avec les autres; où toute vie humaine est sacrée;...Lire la suite