• 16
  • Fév

La Transition piégée par les survivances du système Compaoré

mikeFaut-il s’inquiéter de l’évolution de la transition ? La question mérite d’être posée, tant l’euphorie née de l’insurrection populaire est en train de se muer progressivement en désillusions. Plus le temps passe, plus l’impression qui se dégage est que (n’ayons pas peur des mots) l’exécutif de la transition ne semble pas à la hauteur de la tâche, à moins qu’il n’y ait des agendas cachés. Du point de vue de la gestion quotidienne de l’Etat, l’on a encore du mal à sentir la différence avec les pratiques du régime déchu, excepté quelques « mesurettes » sans effets significatifs sur les conditions de vie des Burkinabè. Passé le temps des promesses, voici venu celui du silence incompréhensible, même lorsque les situations exigent une prompte réaction. Sans doute affaibli par ses choix hasardeux des hommes et surtout par les remontrances de sa base sociale, le Premier ministre Yacouba Isaac Zida se fait de moins en moins entendre. Il commence sans doute à comprendre que ses compatriotes ne sont pas si dupes qu’il le pensait. Mieux, la gouvernance ce ne sont pas des discours mais des actes. Deux mois après la mise en place du gouvernement, l’on attend toujours des signaux forts en matière de traque des biens mal acquis des anciens dignitaires, l’ouverture des poursuites contre ceux qui ont conduit le pays dans les violences d’octobre. Mais à l’évidence, une telle traque impliquerait bien des acteurs du système déchu qui tentent de profiter de la transition pour jouer les parangons de la vertu. Même la publication des déclarations de biens des autorités de la transition, exigée par la Charte de la transition, se fait toujours attendre.

  • 03
  • Fév

Vite, il faut sauver la Transition

michelPlus rien ne sera comme avant ! C’est désormais la chanson de tous les Burkinabè, aussi bien des gouvernants que des citoyens. Mais les attitudes et pratiques des principaux animateurs des organes de la Transition (gouvernement et Conseil national) laissent transparaître que tout le monde n’est pas si convaincu qu’effectivement plus rien ne devrait être comme avant. Pour certains, c’est juste un slogan pour faire plaisir. Heureusement qu’il y a d’autres, plus nombreux d’ailleurs, qui croient fermement que tout doit être mis en œuvre pour tourner définitivement la page des 27 ans de règne de la gabegie, de la corruption, de la concussion, du déni de justice, du pouvoir personnel et des réseaux de coterie, bref, de la patrimonialisation de l’Etat. Les premiers croient qu’il faut laisser les autorités de transition aller dans tous les sens avec des nominations de complaisance, l’opacité et le flou artistique dans la gouvernance quotidienne de la société. Pour les seconds, la transition ne saurait une occasion de faire n’importe quoi avec n’importe qui, n’importe comment et n’importe où. Ceux-ci sont restés dans la logique de l’insurrection et heureusement les plus nombreux et mobilisés.

  • 18
  • Jan

Un ex-prisonnier dans le gouvernement Zida

moumouni

Nul ne devrait faire partie du gouvernement de transition s’il ne jouit d’une probité et d’une moralité irréprochables.la charte de la transition est pourtant bien claire sur la question, en son article 15. Au regard de ces exigences, on peut légitimement s’interroger sur la présence de certaines personnes dans ce gouvernement. C’est le cas du ministre des infrastructures, du désenclavement et des transports, Moumouni Dieguimdé. Ce monsieur est d’une moralité visiblement douteuse. il a été maintes fois épinglé dans des cas manifestes de faux et usage de faux (cf. le Reporter n°79 du 1er au 14 octobre 2011 et n°81 du 1er au 14 novembre 2011). Mais il n’y a pas que ça. Moumouni Dieguimdé est un repris de justice. Dans une autre vie aux Etats-Unis d’Amérique, dans les années 90, il a été condamné à une peine de prison ferme par la Justice américaine, dans une affaire de corruption. Son parcours, un concentré de frasques, est celui d’un véritable flibustier. le faux, le mensonge, la fourberie, la duplicité sont les maîtres-mots de son sulfureux parcours dont certains hauts faits donnent froid dans le dos. Retour sur les frasques d’un ministre pas comme les autres.

  • 18
  • Jan

L’organisation des élections de 2015 doit être la mission première

zidaLe Premier ministre Yacouba isaac Zida montre de plus en plus des signes inquiétants dans sa conduite de l’action gouvernementale. Le paradoxe entre ses discours et certaines de ses décisions, les voltefaces qui deviennent récurrentes traduisent une certaine limite dans la maîtrise du terrain politique mais aussi des défis et enjeux actuels de gouvernance. Depuis la mise en place des organes de transition (Président, gouvernement, conseil national de transition), les Burkinabès attendent vainement de leur gouvernement, une feuille de route claire, lisible et pragmatique pour les 12 prochains mois. le premier de tous les défis pour la transition, c’est la définition et la validation par l’ensemble des acteurs, de l’agenda du processus électoral. ensuite, il y a la nécessité de créer les conditions pour réconcilier la Justice avec la société, à travers la vérité et la justice pour les martyrs des 30, 31 octobre et 2 novembre 2014, la traque des biens mal acquis des dignitaires du régime déchu, des réformes sérieuses et la relance de certains dossiers pendants comme l’affaire Norbert Zongo, thomas Sankara, etc. au lieu de cela, ce sont des discours et des promesses à n’en pas finir, des gestes et des symboles fort importants mais accessoires par rapport aux attentes citoyennes. il y a urgence de recadrer le gouvernement de transition sur ses missions.

  • 16
  • Déc

uuneLe Burkina Faso a tourné définitivement la page Blaise Compaoré. Certains avaient prédit l’apocalypse sans Blaise Compaoré. Certes, ce n’est encore certes pas le paradis. Mais, plus d’un mois après la fuite de leur dieu, le pays tient debout et mieux, avec plus d’espoirs de lendemains meilleurs. D’autres parmi eux se ravisent aujourd’hui pour ne considérer que l’aspect humain de l’homme avec ses qualités mais aussi et surtout ses innombrables défauts comme la boulimie du pouvoir. Lentement mais sûrement, le Faso est en train de retrouver ses marques, sous le regard vigilant d’une jeunesse vaillante et des aînés lucides et déterminés, qui ont décidé de prendre, directement ou indirectement, le contrôle de l’action publique. Plus rien ne sera comme avant. Au-delà du discours, le président intérimaire, Michel Kafando, son Premier ministre et son gouvernement doivent comprendre définitivement que rien ni personne ne pourra dévier le pays des aspirations du peuple à plus de justice, de liberté, de transparence et d’équité dans la gouvernance quotidienne de la société. C’est donc parti pour 12 mois de transition, surveillée de trop près par la communauté nationale et internationale. Echec interdit !

  • 03
  • Déc

blasieBlaise Compaoré est parti, emporté par un entêtement boulimique à la limite suicidaire et poussé par une horde d’irresponsables et d’insouciants trop arrogants et dont les privilèges indus ont totalement obstrué la lucidité, le sens de l’honneur et de la dignité. Il est finalement tombé dans ce qu’il a toujours évité : l’humiliation. L’usure du pouvoir l’a perdu totalement, la rancune tenace et revancharde aussi. En s’entêtant, il a créé les conditions du chaos, le scénario catastrophe de Jean-Baptiste Ouédraogo. Il a joué avec le feu, il s’est brûlé les doigts. Même dans sa fuite, lui qui prétendait être un homme fort n’a pu se passer de l’aide de la France. La France l’a aidé à s’installer à la tête de l’Etat en enjambant le cadavre de Thomas Sankara et de plusieurs autres frères d’armes et concitoyens, elle l’a aidé à fuir piteusement le pays après avoir versé le sang d’une trentaine de Burkinabè. La transition qui s’opère depuis sa démission forcée du 31 octobre dernier, devrait permettre de tourner définitivement la page Blaise Compaoré. Les choses semblent piétiner certes, mais il est désormais établi que le peuple burkinabè a pris le pouvoir et rien ni personne, pas même les militaires et les réseaux « françafricains » ne pourraient changer la trajectoire de la marche du peuple vers la prise en main de son destin.

  • 26
  • Nov

Humilié et chassé, le vieux chef « irremplaçable » se réfugie en belle-famille !

blaise chassé

15 octobre 1987 – 31 octobre 2014 : Blaise Compaoré aura fait 27 ans et 16 jours à la tête du Burkina Faso. Le peuple burkinabè, provoqué et défié, a décidé d’écrire une nouvelle page de son histoire, dans la violence. Blaise Compaoré est chassé du pouvoir qu’il voulait à vie et médite depuis vendredi dernier, sur son entêtement à se maintenir au pouvoir contre la volonté de son peuple. Désormais, il prie sans doute pour ne pas rejoindre Laurent Koudou Gbagbo à la Cour pénale internationale ni d’être rapatrié pour répondre de toutes les trahisons depuis un certain 15 octobre 1987. Depuis sa démission, le pays retient son souffle avec une situation sociopolitique volatile et une transition qui a du mal à démarrer. C’est l’ancien N°2 de sa garde prétorienne qui conduit désormais les opérations à la tête de l’Etat pour la mise en place d’un organe consensuel de transition.

  • 05
  • Nov

L’impasse !

bcComme nous l’annoncions dans notre précédente édition, le dialogue politique initié par le Président Blaise Compaoré et pompeusement bardé du qualificatif « inclusif » fait désormais partie de ces initiatives sans lendemain et sans effet sur l’évolution de la situation sociopolitique nationale. On est revenu à la case départ. Blaise Compaoré va devoir s’assumer, courageusement. C’est lui qui veut rester au pouvoir. Et cette volonté se heurte à un rejet catégorique de l’opposition et une bonne partie de la société civile. Qu’il s’en donne donc les moyens et qu’il aille au bout de sa logique et de ses ambitions. S’il peut trancher, alors qu’il tranche. On le voyait venir. Ce dialogue Majorité – Opposition, n’était donc qu’une vaine tentative d’amuser la galerie car tout le monde, y compris l’initiateur de ce dialogue, savait pertinemment qu’il aboutira à un échec. Pourquoi l’avoir engagé ? Sans doute que ça participe d’une stratégie qui, heureusement, ne surprend ni ne trompe personne.

"Nous rêvons d'un Burkina Faso où le pauvre suscite chez le riche, compassion et solidarité; où le faible bénéficie de la protection des forts; où la solidarité n'est pas seulement un slogan mais une valeur essentielle dans nos rapports avec les autres; où toute vie humaine est sacrée;...Lire la suite