• 28
  • Avr

Inclusion et réconciliation nationale d’accord, mais vérité et justice d’abord

leonceDécidément, la Transition a mal à sa gouvernance et à l’impunité ambiante. Plus le temps passe, plus le duo Kafando – Zida montre des signes inquiétants d’impuissance et d’incapacité à répondre aux attentes citoyennes de plus de justice et de gouvernance éthique. Jusque-là, la publication des déclarations des biens des membres du gouvernement (qui ont pourtant été faites par tous les ministres) semble buter à une certaine volonté de se défiler du devoir de transparence exigé par la Charte de la Transition. Ensuite, aucun acte visible n’a été posé jusque-là dans le sens de traquer les biens mal acquis des anciens dignitaires. Bien au contraire, certains continuent de chiffonner les caisses de leurs entreprises en transférant par des moyens détournés des fonds hors du pays. Pendant ce temps, que fait le gouvernement ? Au contact de la réalité, il se serait rendu compte que le terrain est miné. Mais comme le dirait l’autre, c’est aberrant que des gens appelés en démineurs se ravisent au prétexte que le terrain est miné. Soit ils n’avaient pas une claire conscience de la grandeur de la tâche avant de s’engager, soit c’est un aveu d’incompétence. Il faut donc aider le gouvernement de la Transition à prendre conscience de ses responsabilités devant le peuple et l’histoire. Il faut le pousser à l’action afin de secouer le cocotier. Par leur inaction sur des questions stratégiques, les autorités de la Transition risquent de permettre à Blaise Compaoré et ses ouailles de prendre à nouveau en otage les aspirations et espoirs du peuple.

  • 18
  • Mar

La grosse déception du REN-LAC

relacAu lendemain de l’insurrection populaire, le Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC), conscient du grand pillage des ressources publiques par les dignitaires du régime corrompu de Blaise Compaoré, avait lancé un appel aux autorités de la Transition en vue du gel et du recouvrement des avoirs volés au peuple. Un appel qui semblait avoir eu un écho favorable auprès des premiers responsables de la Transition. A maintes reprises, ceux-ci s’étaient engagés publiquement à tout mettre en œuvre pour recouvrer ces biens spoliés. Mais dans la pratique, que de déceptions ! Près de 4 mois après, les responsables du réseau notent avec amertume qu’au-delà des déclarations de bonnes intentions, rien de concret n’a été fait sur le terrain dans le sens de ce recouvrement. Pire, les chances de parvenir à un recouvrement optimum de ces avoirs s’amenuisent avec le temps qui s’écoule. Face à cette préoccupante situation, le REN-LAC a tenu une fois de plus à interpeller les autorités de la Transition quant au respect de leurs engagements. C’était le 26 février dernier, au cours d’un point de presse animé à ses bureaux de Ouagadougou.

  • 18
  • Mar

unelrLa communauté internationale et certains observateurs se satisfont du bon déroulement de la Transition au Burkina Faso. Mais attention, les racines du mal-être burkinabè qui avait conduit à l’insurrection semblent restées intactes, ou du moins, toujours susceptibles de repousser. Le baobab est tombé mais pas complètement déraciné. Assommés par le réveil du peuple, Blaise Compaoré et ses courtisans et autres sicaires, ont mis du temps (deux mois) avant de tenter de relever de leur chute brutale. La gouvernance de la Transition avec l’oubli de la vérité et de la justice, semble leur redonner progressivement confiance. Ils sortent du bois pour reprendre de l’initiative. Loin de tirer les leçons de la déstructuration de la société voulue et réalisée par leur champion, certains anciens caciques du pouvoir Compaoré continuent de faire dans la provocation. Mais ce n’est pas surprenant. Ils ne savent pas faire la politique autrement que de chanter les louanges de leur dieu. Si ce dernier leur demande de brûler le pays, ils le feront. Et tout semble indiquer que les semaines et mois à venir nous réservent des surprises désagréables. Malheureusement, l’on ne peut pas trop compter sur les autorités de la Transition. Il appartient aux Burkinabè et surtout à tous les acteurs de l’insurrection de se remobiliser pour assurer la veille sur le déroulement de la Transition et son succès. Il y va de notre sécurité individuelle et collective.

  • 05
  • Mar

Manipulations, tentatives de complots ou de prise d’otage !

rspLe Régiment de sécurité présidentielle (RSP) s’est tiré une balle dans le pied, le mercredi 4 février. Nous avons, maintes fois, évoqué l’incompatibilité entre cette unité de l’armée telle qu’elle est aujourd’hui (voulue et formatée à l’image et à l’aune des intérêts de Blaise Compaoré) et l’ordre républicain. Elle ne peut donc rester dans la république sans des réformes en profondeur pour la réorienter. En perturbant le fonctionnement des institutions de la transition au prétexte de revendications d’ordre hiérarchique, certains officiers et éléments du RSP ont simplement défié le peuple et exprimer leur volonté de d’imposer par la force des hommes de leurs choix dans le gouvernement et la hiérarchie de leur unité. C’est l’interprétation que l’on peut avoir de l’exigence de la démission du premier ministre et du chef d’Etat-major particulier de la présidence du Faso, tous deux nommés par décrets Présidentiels. Le RSP a donc défié l’autorité du Chef de l’Etat, Michel Kafando. Celui-ci n’a pas hésité à le faire savoir à qui de droit. Les acteurs de l’insurrection ont été également multipliés par zéro. Naturellement, la réprobation générale ne s’est pas fait attendre. Le RSP, même ayant obtenu satisfaction de la partie visible de ses revendications, est obligé de battre en retraite, se fendant au passage d’un long communiqué qui trahit tout le malaise qui s’est emparé de ce régiment. Le RSP a surtout réussi à sonner la mobilisation générale pour la défense de la transition. Finalement, il a rendu service à Zida, alors que sa côte de popularité était en train de crouler sous le poids de ses choix hasardeux de gouvernance et de ses antécédents judiciaires.

  • 16
  • Fév

La Transition piégée par les survivances du système Compaoré

mikeFaut-il s’inquiéter de l’évolution de la transition ? La question mérite d’être posée, tant l’euphorie née de l’insurrection populaire est en train de se muer progressivement en désillusions. Plus le temps passe, plus l’impression qui se dégage est que (n’ayons pas peur des mots) l’exécutif de la transition ne semble pas à la hauteur de la tâche, à moins qu’il n’y ait des agendas cachés. Du point de vue de la gestion quotidienne de l’Etat, l’on a encore du mal à sentir la différence avec les pratiques du régime déchu, excepté quelques « mesurettes » sans effets significatifs sur les conditions de vie des Burkinabè. Passé le temps des promesses, voici venu celui du silence incompréhensible, même lorsque les situations exigent une prompte réaction. Sans doute affaibli par ses choix hasardeux des hommes et surtout par les remontrances de sa base sociale, le Premier ministre Yacouba Isaac Zida se fait de moins en moins entendre. Il commence sans doute à comprendre que ses compatriotes ne sont pas si dupes qu’il le pensait. Mieux, la gouvernance ce ne sont pas des discours mais des actes. Deux mois après la mise en place du gouvernement, l’on attend toujours des signaux forts en matière de traque des biens mal acquis des anciens dignitaires, l’ouverture des poursuites contre ceux qui ont conduit le pays dans les violences d’octobre. Mais à l’évidence, une telle traque impliquerait bien des acteurs du système déchu qui tentent de profiter de la transition pour jouer les parangons de la vertu. Même la publication des déclarations de biens des autorités de la transition, exigée par la Charte de la transition, se fait toujours attendre.

  • 03
  • Fév

Vite, il faut sauver la Transition

michelPlus rien ne sera comme avant ! C’est désormais la chanson de tous les Burkinabè, aussi bien des gouvernants que des citoyens. Mais les attitudes et pratiques des principaux animateurs des organes de la Transition (gouvernement et Conseil national) laissent transparaître que tout le monde n’est pas si convaincu qu’effectivement plus rien ne devrait être comme avant. Pour certains, c’est juste un slogan pour faire plaisir. Heureusement qu’il y a d’autres, plus nombreux d’ailleurs, qui croient fermement que tout doit être mis en œuvre pour tourner définitivement la page des 27 ans de règne de la gabegie, de la corruption, de la concussion, du déni de justice, du pouvoir personnel et des réseaux de coterie, bref, de la patrimonialisation de l’Etat. Les premiers croient qu’il faut laisser les autorités de transition aller dans tous les sens avec des nominations de complaisance, l’opacité et le flou artistique dans la gouvernance quotidienne de la société. Pour les seconds, la transition ne saurait une occasion de faire n’importe quoi avec n’importe qui, n’importe comment et n’importe où. Ceux-ci sont restés dans la logique de l’insurrection et heureusement les plus nombreux et mobilisés.

  • 18
  • Jan

Un ex-prisonnier dans le gouvernement Zida

moumouni

Nul ne devrait faire partie du gouvernement de transition s’il ne jouit d’une probité et d’une moralité irréprochables.la charte de la transition est pourtant bien claire sur la question, en son article 15. Au regard de ces exigences, on peut légitimement s’interroger sur la présence de certaines personnes dans ce gouvernement. C’est le cas du ministre des infrastructures, du désenclavement et des transports, Moumouni Dieguimdé. Ce monsieur est d’une moralité visiblement douteuse. il a été maintes fois épinglé dans des cas manifestes de faux et usage de faux (cf. le Reporter n°79 du 1er au 14 octobre 2011 et n°81 du 1er au 14 novembre 2011). Mais il n’y a pas que ça. Moumouni Dieguimdé est un repris de justice. Dans une autre vie aux Etats-Unis d’Amérique, dans les années 90, il a été condamné à une peine de prison ferme par la Justice américaine, dans une affaire de corruption. Son parcours, un concentré de frasques, est celui d’un véritable flibustier. le faux, le mensonge, la fourberie, la duplicité sont les maîtres-mots de son sulfureux parcours dont certains hauts faits donnent froid dans le dos. Retour sur les frasques d’un ministre pas comme les autres.

  • 18
  • Jan

L’organisation des élections de 2015 doit être la mission première

zidaLe Premier ministre Yacouba isaac Zida montre de plus en plus des signes inquiétants dans sa conduite de l’action gouvernementale. Le paradoxe entre ses discours et certaines de ses décisions, les voltefaces qui deviennent récurrentes traduisent une certaine limite dans la maîtrise du terrain politique mais aussi des défis et enjeux actuels de gouvernance. Depuis la mise en place des organes de transition (Président, gouvernement, conseil national de transition), les Burkinabès attendent vainement de leur gouvernement, une feuille de route claire, lisible et pragmatique pour les 12 prochains mois. le premier de tous les défis pour la transition, c’est la définition et la validation par l’ensemble des acteurs, de l’agenda du processus électoral. ensuite, il y a la nécessité de créer les conditions pour réconcilier la Justice avec la société, à travers la vérité et la justice pour les martyrs des 30, 31 octobre et 2 novembre 2014, la traque des biens mal acquis des dignitaires du régime déchu, des réformes sérieuses et la relance de certains dossiers pendants comme l’affaire Norbert Zongo, thomas Sankara, etc. au lieu de cela, ce sont des discours et des promesses à n’en pas finir, des gestes et des symboles fort importants mais accessoires par rapport aux attentes citoyennes. il y a urgence de recadrer le gouvernement de transition sur ses missions.

"Nous rêvons d'un Burkina Faso où le pauvre suscite chez le riche, compassion et solidarité; où le faible bénéficie de la protection des forts; où la solidarité n'est pas seulement un slogan mais une valeur essentielle dans nos rapports avec les autres; où toute vie humaine est sacrée;...Lire la suite