• 23
  • Jui

Dur, dur de faire l’opposition

cdpLe processus de transition est en train d’entrer dans son dernier semestre. Après un premier semestre marqué des louvoiements de toutes sortes qui avaient suscité beaucoup de réticences et des inquiétudes, la transition a amorcé un virage crucial dont la maîtrise conditionnera la suite du processus de rétablissement de l’ordre constitutionnel normal. L’adoption du nouveau code électoral et les arrestations de certains dignitaires du régime déchu pour leur gestion ont provoqué la débandade dans les cercles des anciens inconditionnels de Blaise Compaoré. Ces derniers enchaînent les initiatives malheureuses qui risquent finalement de sonner définitivement la fin du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), de bien d’autres profiteurs, notamment des partis satellites créés pour soutenir Blaise Compaoré et rien d’autre. Après avoir tenté de créer des tensions artificielles sans aucune prise sur le fonctionnement normal des institutions de la Transition, ceux-ci se sont résolus à suivre les voies légales de recours prévues par les lois de la République ainsi que les textes supranationaux aux- quels le Burkina Faso a librement et souverainement souscrit. C’est tout à leur honneur. Ils apprennent ainsi à vivre le calvaire des opposants. Malheureusement, au lieu de s’assumer, ils crient sur tous les toits à l’exclusion, au musèlement. Le CDP et ses alliés s’adaptent difficilement aux dures réalités des luttes politiques. Mais ils n’ont plus le choix. C’est fini les comportements d’enfants gâtés de la politique, les confusions entre l’Etat et le parti, entre le pouvoir exécutif et le bureau exécutif du parti-Etat.

  • 07
  • Jui

unerepC’est désormais Clair. Après avoir définitivement enterré le rêve de Blaise Compaoré d’instaurer une monarchie de fait, l’insurrection populaire commence à produire des effets concrets sur le terrain politique. Le coup de balai devait depuis longtemps toucher tous ceux qui l’ont soutenu dans cette tentative de tripatouillage constitutionnel, par lâcheté ou par égoïsme. Nul ne devrait pouvoir défier impunément son peuple au profit d’un individu ou de ses intérêts. Chacun va devoir assumer pleinement ses responsabilités. Ça commence enfin à bouger dans cette transition. Près de 6 mois après l’insurrection, l’on commence à sentir concrètement le vent de changement intervenu dans ce pays. Les autorités de la Transition, au nom de l’inclusion, avaient donné le sentiment de dévoyer l’insurrection de ses objectifs. Leur attentisme troublant par rapport à la traque des biens mal acquis, aux inévitables opérations « mains propres », ajouté à l’insouciante agitation politique des anciens dignitaires du régime déchu de Blaise Compaoré avaient fini par jeter le doute dans l’esprit de bien des Burkinabè quant à la capacité des autorités de la Transition à répondre aux attentes citoyennes. Mais depuis le début du mois d’avril, les choses reviennent progressivement à l’endroit comme nous l’écrivions dans notre précédente édition. L’adoption de la loi portant révision du Code électoral par le Conseil national de transition (CNT) le 7 avril dernier, les interpellations d’anciens ministres et maires pour leur gestion du bien public a provoqué le désarroi dans les rangs de ceux qui ont cru que l’inclusion et la tolérance étaient synonymes d’impunité de leurs manquements dans la gestion publique et d’absolution totale de leur responsabilité dans la survenue de l’insurrection populaire.

  • 08
  • Mai

Encore une foire aux bonnes intentions ?

jutDu 24 au 28 mars 2015, se sont tenus à Ouagadougou, les états généraux de la Justice. Annoncés comme le prétoire dans lequel devait se discuter les grands maux qui minent la Justice au pays des Hommes intègres et surtout d’où devait être prise la sentence définitive contre l’impunité des crimes économiques et de sang, ces états généraux ont accouché d’un « Pacte national pour le renouveau de la Justice ». Mais ça change quoi au fond ?

  • 07
  • Mai

thom sankLes choses semblent revenir lentement à l’endroit dans cette Transition. On commençait à craindre un nouveau autre rendez-vous manqué avec la démocratie, la justice ou tout au moins avec la fondation pour la reconstruction du pacte républicain. On commençait aussi à s’inquiéter du silence de certains acteurs. Les autorités de la Transition s’étaient lancées dans des slogans et des discours qui avaient convaincu les acteurs de l’insurrection qu’ils pouvaient vaquer tranquillement à leurs occupations. Le gouvernement de la Transition devait faire le nécessaire pour redresser le pays et le conduire vers un renouveau démocratique. Mais à l’épreuve du terrain, elles ont montré leurs limites. Il faut remercier le Régiment de sécurité présidentielle (RSP) et le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) dont les agitations ont réveillé les acteurs de l’insurrection pour, d’une part, protéger la Transition, et d’autre part, lui mettre la pression pour la prise de mesures en vue de rompre avec l’impunité et de remettre les uns et les autres à leur place. Avec la réouverture des dossiers Norbert Zongo et Thomas Sankara et également les plaintes du Mouvement Burkinabè des droits de l’Homme et des peuples (MBDHP) contre les frères Compaoré (Blaise et François), Assmi Kouanda, Luc Adolphe Tiao, les généraux Gilbert Diendéré et Honoré Traoré et Jérôme Bougouma, l’on devrait, logiquement, aboutir, dans les semaines à venir, à la renaissance de l’espoir. Chacun devra répondre de ses actes. Blaise Compaoré et ses ouailles ne devront pas échapper à la Justice. Il est fort probable que toutes les agitations actuelles fassent bientôt place à la débandade générale !

  • 28
  • Avr

Inclusion et réconciliation nationale d’accord, mais vérité et justice d’abord

leonceDécidément, la Transition a mal à sa gouvernance et à l’impunité ambiante. Plus le temps passe, plus le duo Kafando – Zida montre des signes inquiétants d’impuissance et d’incapacité à répondre aux attentes citoyennes de plus de justice et de gouvernance éthique. Jusque-là, la publication des déclarations des biens des membres du gouvernement (qui ont pourtant été faites par tous les ministres) semble buter à une certaine volonté de se défiler du devoir de transparence exigé par la Charte de la Transition. Ensuite, aucun acte visible n’a été posé jusque-là dans le sens de traquer les biens mal acquis des anciens dignitaires. Bien au contraire, certains continuent de chiffonner les caisses de leurs entreprises en transférant par des moyens détournés des fonds hors du pays. Pendant ce temps, que fait le gouvernement ? Au contact de la réalité, il se serait rendu compte que le terrain est miné. Mais comme le dirait l’autre, c’est aberrant que des gens appelés en démineurs se ravisent au prétexte que le terrain est miné. Soit ils n’avaient pas une claire conscience de la grandeur de la tâche avant de s’engager, soit c’est un aveu d’incompétence. Il faut donc aider le gouvernement de la Transition à prendre conscience de ses responsabilités devant le peuple et l’histoire. Il faut le pousser à l’action afin de secouer le cocotier. Par leur inaction sur des questions stratégiques, les autorités de la Transition risquent de permettre à Blaise Compaoré et ses ouailles de prendre à nouveau en otage les aspirations et espoirs du peuple.

  • 18
  • Mar

La grosse déception du REN-LAC

relacAu lendemain de l’insurrection populaire, le Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC), conscient du grand pillage des ressources publiques par les dignitaires du régime corrompu de Blaise Compaoré, avait lancé un appel aux autorités de la Transition en vue du gel et du recouvrement des avoirs volés au peuple. Un appel qui semblait avoir eu un écho favorable auprès des premiers responsables de la Transition. A maintes reprises, ceux-ci s’étaient engagés publiquement à tout mettre en œuvre pour recouvrer ces biens spoliés. Mais dans la pratique, que de déceptions ! Près de 4 mois après, les responsables du réseau notent avec amertume qu’au-delà des déclarations de bonnes intentions, rien de concret n’a été fait sur le terrain dans le sens de ce recouvrement. Pire, les chances de parvenir à un recouvrement optimum de ces avoirs s’amenuisent avec le temps qui s’écoule. Face à cette préoccupante situation, le REN-LAC a tenu une fois de plus à interpeller les autorités de la Transition quant au respect de leurs engagements. C’était le 26 février dernier, au cours d’un point de presse animé à ses bureaux de Ouagadougou.

  • 18
  • Mar

unelrLa communauté internationale et certains observateurs se satisfont du bon déroulement de la Transition au Burkina Faso. Mais attention, les racines du mal-être burkinabè qui avait conduit à l’insurrection semblent restées intactes, ou du moins, toujours susceptibles de repousser. Le baobab est tombé mais pas complètement déraciné. Assommés par le réveil du peuple, Blaise Compaoré et ses courtisans et autres sicaires, ont mis du temps (deux mois) avant de tenter de relever de leur chute brutale. La gouvernance de la Transition avec l’oubli de la vérité et de la justice, semble leur redonner progressivement confiance. Ils sortent du bois pour reprendre de l’initiative. Loin de tirer les leçons de la déstructuration de la société voulue et réalisée par leur champion, certains anciens caciques du pouvoir Compaoré continuent de faire dans la provocation. Mais ce n’est pas surprenant. Ils ne savent pas faire la politique autrement que de chanter les louanges de leur dieu. Si ce dernier leur demande de brûler le pays, ils le feront. Et tout semble indiquer que les semaines et mois à venir nous réservent des surprises désagréables. Malheureusement, l’on ne peut pas trop compter sur les autorités de la Transition. Il appartient aux Burkinabè et surtout à tous les acteurs de l’insurrection de se remobiliser pour assurer la veille sur le déroulement de la Transition et son succès. Il y va de notre sécurité individuelle et collective.

  • 05
  • Mar

Manipulations, tentatives de complots ou de prise d’otage !

rspLe Régiment de sécurité présidentielle (RSP) s’est tiré une balle dans le pied, le mercredi 4 février. Nous avons, maintes fois, évoqué l’incompatibilité entre cette unité de l’armée telle qu’elle est aujourd’hui (voulue et formatée à l’image et à l’aune des intérêts de Blaise Compaoré) et l’ordre républicain. Elle ne peut donc rester dans la république sans des réformes en profondeur pour la réorienter. En perturbant le fonctionnement des institutions de la transition au prétexte de revendications d’ordre hiérarchique, certains officiers et éléments du RSP ont simplement défié le peuple et exprimer leur volonté de d’imposer par la force des hommes de leurs choix dans le gouvernement et la hiérarchie de leur unité. C’est l’interprétation que l’on peut avoir de l’exigence de la démission du premier ministre et du chef d’Etat-major particulier de la présidence du Faso, tous deux nommés par décrets Présidentiels. Le RSP a donc défié l’autorité du Chef de l’Etat, Michel Kafando. Celui-ci n’a pas hésité à le faire savoir à qui de droit. Les acteurs de l’insurrection ont été également multipliés par zéro. Naturellement, la réprobation générale ne s’est pas fait attendre. Le RSP, même ayant obtenu satisfaction de la partie visible de ses revendications, est obligé de battre en retraite, se fendant au passage d’un long communiqué qui trahit tout le malaise qui s’est emparé de ce régiment. Le RSP a surtout réussi à sonner la mobilisation générale pour la défense de la transition. Finalement, il a rendu service à Zida, alors que sa côte de popularité était en train de crouler sous le poids de ses choix hasardeux de gouvernance et de ses antécédents judiciaires.

"Nous rêvons d'un Burkina Faso où le pauvre suscite chez le riche, compassion et solidarité; où le faible bénéficie de la protection des forts; où la solidarité n'est pas seulement un slogan mais une valeur essentielle dans nos rapports avec les autres; où toute vie humaine est sacrée;...Lire la suite