• 04
  • Nov

L’assaut final des insurgés sur Kosyam

voteDans moins d’un mois, les Burkinabè choisiront démocratiquement leur nouveau président et pouvoir les 127 sièges de députés à l’Assemblée nationale. Pour la première fois de son histoire, le pays va enregistrer une élection présidentielle sans candidat sortant. Le Conseil constitutionnel a validé 14 candidatures sur 22 au départ. Parmi les recalés, il y a : les anciens ministres du dernier gouvernement de Blaise Compaoré (le Général Djibrill Bassolé, ministre des Affaires étrangères, et le Colonel Yacouba Ouédraogo, ministres des Sports) ; d’anciens députés de l’ex-majorité qui avaient signé l’appel du 10 septembre 2014 appelant Blaise Compaoré à convoquer le référendum et ayant adopté l’inscription du projet de loi modificative de l’article 37 dans l’ordre du jour de la session du 30 octobre 2014. Sont de ceux-là, Eddie Komboïgo du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) et Gilbert Noël Ouédraogo de l’Alliance pour la démocratie et la fédération, Rassemblement démocratique africain (ADF/RDA). Quatre autres candidats sans poids réel n’ayant pas pu mobiliser les 25 millions pour la caution ou ne remplissant pas d’autres conditions d’éligibilité ont été également mis hors jeu pour la présidentielle. Ils seront donc 14 au départ. Sauf par revirement extraordinaire de dernière minute, le prochain président du Faso sera un insurgé d’octobre 2014, ou du moins, l’un des leaders des partis politiques ayant porté la désobéissance civile jusqu’à l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014.

  • 15
  • Oct

Le CDP évitent de justesse la bagarre de trop et l’implosion finale

cdpL’élection présidentielle du 11 octobre risque de se dérouler sans le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP). Il paiera ainsi le prix de l’entêtement dans la provocation inutile et improductive. Eddie Komboïgo, son nouveau patron, a eu la réponse à sa question de savoir qui peut l’empêcher d’être candidat : la loi ! Le conseil constitutionnel s’est chargé de lui rappeler et de la manière la plus concrète que comme tous les Burkinabè, il n’est et ne saurait être au dessus de la loi. Il ne sera candidat ni aux législatives ni à la présidentielle. Il ne sera donc pas Président. En tout cas pas en 2015. Et sauf par extraordinaire, il est loin de réunir les conditions pour l’être un jour ! Pire, il y a de forte chance que sa carrière politique tourne court. En politique, il y a des erreurs que l’on paie cash pour toujours ! Eddie Komboïgo gagnerait mieux à retourner à ses affaires qui lui réussissaient d’ailleurs. Son ascension fulgurante de ces derniers mois lui avait apparemment monté la tête. Heureusement, depuis le samedi 29 août, Eddie Komboïgo et ce qui reste encore du CDP ont enfin décidé de rentrer dans la république après avoir tenté la rébellion. Le CDP va devoir aller aux législatives sans la trentaine de candidats recalés par le conseil constitutionnel. Achile Tapsoba, Fatou Diendéré, Eddie Komboïgo, Léonce Koné et les autres ne siègeront pas dans la nouvelle Assemblée nationale post insurrection. Ils sont désormais obligés de céder la place à d’autres personnes, peut-être plus jeunes et plus neuves.

  • 08
  • Oct

Faut-il prendre au sérieux le ménaces d’Eddie Komboïgo?

Eddie KomboigoLe Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) et ses alliés de l’ex-majorité n’ont pas encore tiré leçons des pratiques politiques qui leur ont fait perdre le pouvoir. Comme si les soutiens politiques et militaires de Blaise Compaoré ont fait le pari d’imposer la continuité par tous les moyens, y compris la prise en otage du processus électoral et de la Transition, ils essaient de créer et d’entretenir constamment des crises artificielles pour obtenir des concessions ou des compromissions avec le gouvernement de la Transition. Après certains officiers et des éléments du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) qui ont agité toutes sortes de menaces et de stratagèmes pour soutenir des revendications politiciennes, revoilà le CDP et ses alliés qui tentent maladroitement d’exhiber la menace de prise en otage des élections pour se soustraire de la justice et de la rigueur de la loi. Mais c’est surtout le président du CDP, Eddie Komboïgo, qui, au cours d’une conférence de presse, s’est tristement illustré par un discours inutilement guerrier et irrévérencieux. De qui se moque le CDP ou du moins pour qui se prend son président candidat aux prochaines élections présidentielle et législatives ?

  • 01
  • Oct

Que d’espoirs déçus !

mikafPlus que deux mois et les Burkinabè seront invités aux urnes pour élire leurs nouveaux président et députés. La Transition a donc amorcé le dernier virage vers le retour à l’ordre constitutionnel normal. Le renouveau politique ne sera certainement pas au rendez-vous, au sortir de ce processus de transition. Cette transition débouchera sur une nouvelle transition avec des organes dotés de la légitimité électorale. A deux mois de la fin de la Transition, le constat est on ne peut plus clair. Le changement en profondeur de la gouvernance attendu de cette période de transition post-insurrectionnelle sera incontestablement un espoir déchu. Heureusement, les horizons ne sont pas bouchés. Il n’y aura certainement pas d’insurrection électorale. La même classe politique restera sans aucun doute aux affaires, sans Blaise Compaoré et son clan. Mais cette génération de politiciens va inéluctablement vers sa fin. Une nouvelle transition s’ouvrira après les prochaines élections présidentielles, législatives et locales. Une nouvelle génération de leaders politiques, secrétés à la fois par les formations politiques actuelles mais également des organisations de la société civile, des mouvements sociaux de tous genres émergera incontestablement dans les prochaines années. Le mandat du prochain président sera donc une autre transition. Le peuple insurgé d’octobre 2014 va devoir donc ronger ses freins. Le changement, ce n’est pas maintenant. C’est après 2015.

  • 23
  • Aoû

une170bDepuis près de trois semaines, le Régiment de sécurité présidentielle (RSP) avec la complicité passive ou active du reste de l’armée, a plongé le pays dans une crise institutionnelle profonde. Cette énième irruption du RSP dans la gestion de la Transition compromet le calendrier électoral dangereusement. Le Président Michel Kafando, au lieu de gouverner, s’est jusque-là comporté en père de famille très tolérant, à la limite laxiste, vis-à-vis des « enfants gâtés » de l’armée burkinabè. Il a laissé pourrir la situation avant de se résoudre à s’adresser à la nation pour exprimer toute la profondeur de la crise. Celle-ci est née d’une bien curieuse animosité entre son Premier ministre Yacouba Isaac Zida et ses chefs et compagnons d’hier. Mais au fond, le problème n’est pas celui du RSP en tant que corps mais bien plus celui de quelques officiers dont les intérêts personnels, égoïstes, semblent désormais inconciliables. Le RSP tout comme la République est désormais embarqué dans une querelle d’individus qui risque de compromettre purement et simplement la Transition. Ce qui est curieux, c’est ce silence complice pour ne pas dire coupable du reste de l’armée. On dit qu’elle est opposée au maintien de Zida et des autres militaires du gouvernement. Mais l’armée reste muette non seulement sur ses positions supposées, mais aussi sur les reproches faits au Premier ministre Zida et aux 3 autres militaires du gouvernement. Il se susurre que les politiques auraient également épousé les positions de l’armée. Mais là encore, personne n’a le courage d’assumer publiquement une telle position, surtout du côté de l’ex-opposition. En attendant, au RSP, l’on semble arrivé au seuil de non-retour. Les protagonistes semblent même prêts à un combat à mort.

  • 14
  • Aoû

Un rendez-vous manqué avec l’histoire !

guiroTrois longues années d’attente, trois chefs d’accusation (corruption passive et spéciale, enrichissement illicite et violation à la réglementation des changes), trois jours d’audiences pour aboutir à deux petites années d’emprisonnement avec sursis : voici résumé cette affaire Guiro qui a livré son verdict le 20 juin dernier, peu avant minuit. Que retenir de cette affaire qui depuis janvier 2012, symbolise le système de prédation du régime Blaise Compaoré. Dans ce système, un Directeur général des douanes n’est pas n’importe qui et peut fièrement brandir des cadeaux offerts par des personnes physiques et morales qui ont tout à gagner en le soudoyant. Mieux, il peut devenir milliardaire grâce principalement à des dons. Que dire alors d’un ministre de l’Economie et des Finances ?

  • 05
  • Aoû

Quand le fauteuil fait tourner des têtes

koyamL’actualité politique s’emballe progressivement à l’approche du rendez-vous électoral du 11 octobre prochain. La liste des candidatures à la présidentielle ne fait que s’allonger. Même la caution trop élevée de 25 millions de FCFA ne freine en rien les ambitions des présidentiables ou ceux qui s’estiment tels. A l’inflation de candidatures s’ajoute la multiplication des bourdes, pour ne pas dire les bêtises à travers des propos déroutants. Cette fois encore, la présidentielle n’échappera pas aux candidatures farfelues et certainement pas aux discours et autres promesses irréalistes, voire surréalistes. Ce qui va manquer, c’est un président candidat, déjà vainqueur avant même le scrutin. Ce sera donc un scrutin relativement ouvert. Car, malgré la pléthore, seuls quelques candidats franchiront la barre des 5%. Mais du point de vue de la crédibilité des candidatures, il faudra attendre encore. Car, sur le plan des projets de société qui crédibilisent les candidatures, rien de sérieux n’a encore été présenté au peuple. Mais aussi curieux que cela puisse paraître, tous se revendiquent porteurs de changement, même ceux qui ont bu et mangé à la table de Blaise Compaoré jusqu’à sa fuite. C’est peut-être là l’une des grandes curiosités de cette présidentielle post-insurrection.

  • 13
  • Juil

Trop de bruits pour rien !

djibrilLe premier et unique général de gendarmerie de l’histoire du Burkina Faso a officiellement lancé sa nouvelle carrière politique (en solo). Il essaie de faire bande à part tout en s’inscrivant dans la logique de défiance des acquis de l’insurrection populaire par les inconditionnels de Blaise Compaoré, notamment ses anciens compagnons du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP). Il tente de se donner une responsabilité dans le succès de l’insurrection populaire tout en continuant d’user des réseaux internationaux et nationaux de Blaise Compaoré. Il confond ses ambitions avec les objectifs de l’insurrection populaire. Il dénonce le nouveau code électoral tout en essayant de montrer qu’il n’est pas concerné par ce code parce qu’en 2011, il a dit dans une interview à RFI (Radio France International) que la révision de l’article 37 n’était opportune. Après avoir tancé les autorités de la Transition dans les médias internationaux et dénié au Conseil national de transition (CNT) le droit d’adopter une nouvelle loi électorale, Bassolé est de retour au pays. Il vient de lancer sa précampagne dans la région du Sahel d’où il a annoncé sa candidature. A-t-il placé la barre si haute qu’il lui est difficile de revenir à la raison ? Son obstination est des plus incompréhensibles et défie la logique, la morale et l’éthique politiques. A l’image de l’entêtement bovin qui a perdu Blaise Compaoré, Bassolé persiste dans la défiance pendant que même le CDP s’est inscrit dans une logique de négociation. Pire, lui et ses courtisans ne cessent de multiplier les menaces.

"Nous rêvons d'un Burkina Faso où le pauvre suscite chez le riche, compassion et solidarité; où le faible bénéficie de la protection des forts; où la solidarité n'est pas seulement un slogan mais une valeur essentielle dans nos rapports avec les autres; où toute vie humaine est sacrée;...Lire la suite