• 17
  • Nov

L’auto-liquidation du système Compaoré

rspLa deuxième révolution burkinabè entamée avec l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre est encore loin d’être achevée. Lentement mais sûrement, épreuve après épreuve, elle devrait aboutir à l’instauration d’un nouvel ordre politique fondé sur des institutions solides protégées par une armée républicaine. Le système militaro-politique de Blaise Compaoré est en train de sombrer et ses acteurs se cherchent désormais. Le système repose désormais sur une seule béquille bien fragile : la béquille économique. Mais le traumatisme subi par le bras politico-militaire risque d’affecter profondément, tel un cancer, le bras économique. Tout doucement, le système politique de la terreur et de la prédation construit par Blaise Compaoré risque de s’écrouler plus vite que prévu. Le peuple est en train d’avoir raison de l’égoïsme boulimique et prédateur. Mais attention à ne pas trop se perdre dans l’euphorie de la victoire d’étape. Le plus dur est encore devant et le chemin est encore long et périlleux. Car, au fond, la classe politique reste dominée par trop de produits de ce système qui risque de se régénérer autrement.

  • 09
  • Nov

La fin d’une si longue imposture !

gilbL’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 n’aurait sans doute pas produit autant de bouleversements si le Général Gilbert Diendéré et sa « horde d’insoumis » du Régiment de sécurité présidentielle n’avaient pas provoqué la colère de leur peuple à travers ce coup d’Etat stupide. En réaction à cette imposture digne d’une autre époque, le peuple burkinabè, appuyé par son armée, a réaffirmé que personne n’usurpera son pouvoir. Il n’a pas chassé le maître (Blaise Compaoré) pour que l’élève (Gilbert Diendéré) puisse s’installer. Pour ne l’avoir pas compris, Gilbert Diendéré, après plusieurs tentatives déjouées, a persisté diaboliquement dans la félonie. Comme Blaise Compaoré, ses ambitions l’ont perdu. Et avec lui, les derniers soutiens politiques de Blaise Compaoré. Triste fin de parcours de celui qui a été au cœur de tous les complots au sommet de l’Etat depuis bientôt 30 ans. Pour avoir voulu sortir de l’ombre qui lui a bien réussi pendant ces 30 dernières années, il a fait tomber le mythe. Celui que les médias français surnommaient, au lendemain de sa forfaiture, « le nouvel homme fort du Burkina » n’est finalement qu’un « officier félon » prêt à sacrifier les autres au nom de ses ambitions et ses intérêts égoïstes. Gilbert Diendéré, c’est fini ! Le Régiment de sécurité présidentielle (RSP), c’est fini. L’ex-majorité (le CDP et compagnie), c’est également terminé. Le processus de restauration du système Compaoré aura finalement été un processus d’auto-liquidation.

  • 04
  • Nov

L’assaut final des insurgés sur Kosyam

voteDans moins d’un mois, les Burkinabè choisiront démocratiquement leur nouveau président et pouvoir les 127 sièges de députés à l’Assemblée nationale. Pour la première fois de son histoire, le pays va enregistrer une élection présidentielle sans candidat sortant. Le Conseil constitutionnel a validé 14 candidatures sur 22 au départ. Parmi les recalés, il y a : les anciens ministres du dernier gouvernement de Blaise Compaoré (le Général Djibrill Bassolé, ministre des Affaires étrangères, et le Colonel Yacouba Ouédraogo, ministres des Sports) ; d’anciens députés de l’ex-majorité qui avaient signé l’appel du 10 septembre 2014 appelant Blaise Compaoré à convoquer le référendum et ayant adopté l’inscription du projet de loi modificative de l’article 37 dans l’ordre du jour de la session du 30 octobre 2014. Sont de ceux-là, Eddie Komboïgo du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) et Gilbert Noël Ouédraogo de l’Alliance pour la démocratie et la fédération, Rassemblement démocratique africain (ADF/RDA). Quatre autres candidats sans poids réel n’ayant pas pu mobiliser les 25 millions pour la caution ou ne remplissant pas d’autres conditions d’éligibilité ont été également mis hors jeu pour la présidentielle. Ils seront donc 14 au départ. Sauf par revirement extraordinaire de dernière minute, le prochain président du Faso sera un insurgé d’octobre 2014, ou du moins, l’un des leaders des partis politiques ayant porté la désobéissance civile jusqu’à l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014.

  • 15
  • Oct

Le CDP évitent de justesse la bagarre de trop et l’implosion finale

cdpL’élection présidentielle du 11 octobre risque de se dérouler sans le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP). Il paiera ainsi le prix de l’entêtement dans la provocation inutile et improductive. Eddie Komboïgo, son nouveau patron, a eu la réponse à sa question de savoir qui peut l’empêcher d’être candidat : la loi ! Le conseil constitutionnel s’est chargé de lui rappeler et de la manière la plus concrète que comme tous les Burkinabè, il n’est et ne saurait être au dessus de la loi. Il ne sera candidat ni aux législatives ni à la présidentielle. Il ne sera donc pas Président. En tout cas pas en 2015. Et sauf par extraordinaire, il est loin de réunir les conditions pour l’être un jour ! Pire, il y a de forte chance que sa carrière politique tourne court. En politique, il y a des erreurs que l’on paie cash pour toujours ! Eddie Komboïgo gagnerait mieux à retourner à ses affaires qui lui réussissaient d’ailleurs. Son ascension fulgurante de ces derniers mois lui avait apparemment monté la tête. Heureusement, depuis le samedi 29 août, Eddie Komboïgo et ce qui reste encore du CDP ont enfin décidé de rentrer dans la république après avoir tenté la rébellion. Le CDP va devoir aller aux législatives sans la trentaine de candidats recalés par le conseil constitutionnel. Achile Tapsoba, Fatou Diendéré, Eddie Komboïgo, Léonce Koné et les autres ne siègeront pas dans la nouvelle Assemblée nationale post insurrection. Ils sont désormais obligés de céder la place à d’autres personnes, peut-être plus jeunes et plus neuves.

  • 08
  • Oct

Faut-il prendre au sérieux le ménaces d’Eddie Komboïgo?

Eddie KomboigoLe Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) et ses alliés de l’ex-majorité n’ont pas encore tiré leçons des pratiques politiques qui leur ont fait perdre le pouvoir. Comme si les soutiens politiques et militaires de Blaise Compaoré ont fait le pari d’imposer la continuité par tous les moyens, y compris la prise en otage du processus électoral et de la Transition, ils essaient de créer et d’entretenir constamment des crises artificielles pour obtenir des concessions ou des compromissions avec le gouvernement de la Transition. Après certains officiers et des éléments du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) qui ont agité toutes sortes de menaces et de stratagèmes pour soutenir des revendications politiciennes, revoilà le CDP et ses alliés qui tentent maladroitement d’exhiber la menace de prise en otage des élections pour se soustraire de la justice et de la rigueur de la loi. Mais c’est surtout le président du CDP, Eddie Komboïgo, qui, au cours d’une conférence de presse, s’est tristement illustré par un discours inutilement guerrier et irrévérencieux. De qui se moque le CDP ou du moins pour qui se prend son président candidat aux prochaines élections présidentielle et législatives ?

  • 01
  • Oct

Que d’espoirs déçus !

mikafPlus que deux mois et les Burkinabè seront invités aux urnes pour élire leurs nouveaux président et députés. La Transition a donc amorcé le dernier virage vers le retour à l’ordre constitutionnel normal. Le renouveau politique ne sera certainement pas au rendez-vous, au sortir de ce processus de transition. Cette transition débouchera sur une nouvelle transition avec des organes dotés de la légitimité électorale. A deux mois de la fin de la Transition, le constat est on ne peut plus clair. Le changement en profondeur de la gouvernance attendu de cette période de transition post-insurrectionnelle sera incontestablement un espoir déchu. Heureusement, les horizons ne sont pas bouchés. Il n’y aura certainement pas d’insurrection électorale. La même classe politique restera sans aucun doute aux affaires, sans Blaise Compaoré et son clan. Mais cette génération de politiciens va inéluctablement vers sa fin. Une nouvelle transition s’ouvrira après les prochaines élections présidentielles, législatives et locales. Une nouvelle génération de leaders politiques, secrétés à la fois par les formations politiques actuelles mais également des organisations de la société civile, des mouvements sociaux de tous genres émergera incontestablement dans les prochaines années. Le mandat du prochain président sera donc une autre transition. Le peuple insurgé d’octobre 2014 va devoir donc ronger ses freins. Le changement, ce n’est pas maintenant. C’est après 2015.

  • 23
  • Aoû

une170bDepuis près de trois semaines, le Régiment de sécurité présidentielle (RSP) avec la complicité passive ou active du reste de l’armée, a plongé le pays dans une crise institutionnelle profonde. Cette énième irruption du RSP dans la gestion de la Transition compromet le calendrier électoral dangereusement. Le Président Michel Kafando, au lieu de gouverner, s’est jusque-là comporté en père de famille très tolérant, à la limite laxiste, vis-à-vis des « enfants gâtés » de l’armée burkinabè. Il a laissé pourrir la situation avant de se résoudre à s’adresser à la nation pour exprimer toute la profondeur de la crise. Celle-ci est née d’une bien curieuse animosité entre son Premier ministre Yacouba Isaac Zida et ses chefs et compagnons d’hier. Mais au fond, le problème n’est pas celui du RSP en tant que corps mais bien plus celui de quelques officiers dont les intérêts personnels, égoïstes, semblent désormais inconciliables. Le RSP tout comme la République est désormais embarqué dans une querelle d’individus qui risque de compromettre purement et simplement la Transition. Ce qui est curieux, c’est ce silence complice pour ne pas dire coupable du reste de l’armée. On dit qu’elle est opposée au maintien de Zida et des autres militaires du gouvernement. Mais l’armée reste muette non seulement sur ses positions supposées, mais aussi sur les reproches faits au Premier ministre Zida et aux 3 autres militaires du gouvernement. Il se susurre que les politiques auraient également épousé les positions de l’armée. Mais là encore, personne n’a le courage d’assumer publiquement une telle position, surtout du côté de l’ex-opposition. En attendant, au RSP, l’on semble arrivé au seuil de non-retour. Les protagonistes semblent même prêts à un combat à mort.

  • 14
  • Aoû

Un rendez-vous manqué avec l’histoire !

guiroTrois longues années d’attente, trois chefs d’accusation (corruption passive et spéciale, enrichissement illicite et violation à la réglementation des changes), trois jours d’audiences pour aboutir à deux petites années d’emprisonnement avec sursis : voici résumé cette affaire Guiro qui a livré son verdict le 20 juin dernier, peu avant minuit. Que retenir de cette affaire qui depuis janvier 2012, symbolise le système de prédation du régime Blaise Compaoré. Dans ce système, un Directeur général des douanes n’est pas n’importe qui et peut fièrement brandir des cadeaux offerts par des personnes physiques et morales qui ont tout à gagner en le soudoyant. Mieux, il peut devenir milliardaire grâce principalement à des dons. Que dire alors d’un ministre de l’Economie et des Finances ?

"Nous rêvons d'un Burkina Faso où le pauvre suscite chez le riche, compassion et solidarité; où le faible bénéficie de la protection des forts; où la solidarité n'est pas seulement un slogan mais une valeur essentielle dans nos rapports avec les autres; où toute vie humaine est sacrée;...Lire la suite