• 18
  • Sep

rockLes Burkinabè sont inquiets. Pour les gouvernants, ils sont impatients. De plus en plus, l’optimisme du gouvernement Thiéba est en décalage croissant avec les craintes et le désespoir qui gagnent progressivement une bonne partie des citoyens. Pour qui connaît d’où l’on vient, l’on ne peut que partager les inquiétudes de ceux qui commencent à redouter une prochaine implosion sociale. Certainement, il ne s’agira pas, comme rêvent certains, d’une implosion de nature à provoquer forcément un changement non constitutionnel de régime. Cette implosion pourrait cependant plomber durablement tous les efforts de reconstruction politique, économique et sociale. Ce pays est si fragile par ses ressources qu’un vrai changement impose une détermination à toute épreuve, beaucoup de courage et d’audace. Jusque-là, en dehors des discours, la rupture attendue d’avec les 27 ans de prédation et de l’impunité érigée en fondement du maintien au pouvoir, demeure une vue de l’esprit. Le Président Kaboré et ses compagnons ont du mal à porter le changement qu’ils ont pourtant promis.

  • 06
  • Sep

juticeDepuis l’avènement de la 4e République, la Justice burkinabè est perçue comme la source principale des déficits démocratiques. L’impunité érigée en système de gouvernance sous le règne de Blaise Compaoré avec ses clans, réseaux mafieux et ses « juges acquis » a largement contribué à décrédibiliser le troisième pouvoir, devenu pratiquement un instrument au service des pouvoirs politiques et économiques. De nombreux dossiers pendants de crimes économiques et de sang, des citoyens complètement anéantis et qui garderont pour toujours les séquelles de l’action de certains juges, des justiciables méfiants et même révoltés, préférant parfois se rendre justice, etc. Le tableau peut être davantage plus sombre. L’insurrection populaire qui devrait permettre de relancer le processus démocratique et redonner à la Justice la place qui lui revient dans l’architecture institutionnelle du Burkina nouveau ne semble pas avoir fondamentalement touché les milieux judiciaires. L’actualité de la Justice au cours de ces derniers mois est assez interpellatrice mais aussi révélatrice d’une résistance de certains acteurs de la Justice qui refusent le changement ou tentent d’utiliser les acquis de l’insurrection pour couvrir leurs propres turpitudes.

  • 21
  • Aoû

simonÇa y est ! Le gouvernement s’est enfin décidé à lutter contre l’incivisme, pourrait-on s’écrier. Le Conseil des ministres en sa séance du mercredi a adopté des mesures relatives «à la recrudescence des actes d’incivisme au Burkina Faso». Partant de l’actualité nationale «marquée ces derniers temps par la recrudescence des actes d’incivisme et de troubles à l’ordre public», le Conseil des ministres «appelle au strict respect de la législation en vigueur et instruit les autorités compétentes à l’application rigoureuse de la loi.» Ce n’est pas trop tôt ! Il ne reste plus qu’à espérer que cette fatwa gouvernementale contre l’incivisme ne reste pas une simple incantation. Car jusque-là, le gouvernement est à la peine et donne l’impression d’un aveu d’impuissance face à ces pratiques de défiance de l’autorité de l’Etat par certains citoyens organisés ou non. Il faut passer aux actes. Ici et maintenant.

  • 06
  • Aoû

mppL’heure est grave !

Le rêve du renouveau a fait place à de terribles menaces pour la cohésion sociale et la paix dans plusieurs communes du Burkina Faso. Dans certaines communes, les nouveaux conseils municipaux portent une tare congénitale qui risque d’empoisonner tout le mandat des exécutifs locaux. Les violences aveugles avec parfois morts d’hommes qui ont entaché l’élection des maires issus des municipales du 22 mai 2016, constitueront certainement des épines aux pieds des nouveaux édiles locaux. Ces violences sont des prémisses d’une gestion conflictuelle, voire chaotique des communes. C’est du jamais-vu dans l’histoire récente de ce pays. La faute aux partis politiques, notamment le parti au pouvoir, le mouvement du peuple pour le progrès (MPP) dont des militants sont au cœur de cette tragédie digne d’une autre époque.

  • 03
  • Juil

Quand les Présidents Kaboré et Ouattara se battent pour l’impunité !

kabore ouattaraL’instruction du dossier du putsch avorté du mort-né CND (Conseil national pour la démocratie) est entachée, depuis l’avènement du régime Kaboré, par des actes tout aussi rocambolesques qu’incompréhensibles avec une immixtion grossière du politique. Celui-ci sera finalement tenu responsable de la mauvaise administration de la justice dans ce dossier. Le mandat d’arrêt contre Guillaume Soro aura donc été l’élément déclencheur d’une mobilisation extraordinaire au sommet de deux Etats (la Côte d’Ivoire et le Burkina) pour tordre le coup aux principes élémentaires de droit et discréditer terriblement la Justice burkinabè. Pire, l’on commence à servir du mensonge à l’opinion (lire page 5) Contrairement à ce que pensent les « Grands » des deux pays, ils contribuent à polluer les relations entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire par un gros mensonge que la postérité se chargera sans doute d’éclairer. C’est simplement scandaleux ! Malheureusement, les Burkinabè ne sont pas encore au bout de leurs surprises. Ce dossier pendant devant le Tribunal militaire s’annonce comme l’une des plus grosses déceptions dans l’histoire politico-judiciaire de ce pays. Il révèle aussi l’idée que se font les autorités actuelles de la Justice. Il ne reste plus à prier que ce ne soit finalement une grosse arnaque politique.

  • 23
  • Nov

En un an le peuple s’est libéré des forces du mal !

chefsVendredi 31 octobre 2014, aux environs de midi des scènes de liesse éclatent dans presque toutes les grandes villes du Burkina pour saluer la chute et la fuite de Blaise Compaoré vers la Côte d’Ivoire. S’installe alors une situation sociopolitique et sécuritaire volatile avec un gouvernement fragile et sous forte pression populaire. Malgré cette fragilité institutionnelle le pays force l’admiration et la sympathie de l’Afrique et du monde. Son peuple est resté mobilisé pour imposer sa soif de changement et de démocratie. Un an après la chute du faucon et la mise en place de la Transition pour conduire les affaires de l’Etat jusqu’aux prochaines élections, que retenir ? Le rêve du Burkina nouveau est-il utopique ou réaliste ? Les Burkinabè ont-ils tout mis en œuvre pour réussir l’après-Blaise Compaoré ? Retour sur un an de transition qui aura connu des hauts et des bas.

  • 17
  • Nov

L’auto-liquidation du système Compaoré

rspLa deuxième révolution burkinabè entamée avec l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre est encore loin d’être achevée. Lentement mais sûrement, épreuve après épreuve, elle devrait aboutir à l’instauration d’un nouvel ordre politique fondé sur des institutions solides protégées par une armée républicaine. Le système militaro-politique de Blaise Compaoré est en train de sombrer et ses acteurs se cherchent désormais. Le système repose désormais sur une seule béquille bien fragile : la béquille économique. Mais le traumatisme subi par le bras politico-militaire risque d’affecter profondément, tel un cancer, le bras économique. Tout doucement, le système politique de la terreur et de la prédation construit par Blaise Compaoré risque de s’écrouler plus vite que prévu. Le peuple est en train d’avoir raison de l’égoïsme boulimique et prédateur. Mais attention à ne pas trop se perdre dans l’euphorie de la victoire d’étape. Le plus dur est encore devant et le chemin est encore long et périlleux. Car, au fond, la classe politique reste dominée par trop de produits de ce système qui risque de se régénérer autrement.

  • 09
  • Nov

La fin d’une si longue imposture !

gilbL’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 n’aurait sans doute pas produit autant de bouleversements si le Général Gilbert Diendéré et sa « horde d’insoumis » du Régiment de sécurité présidentielle n’avaient pas provoqué la colère de leur peuple à travers ce coup d’Etat stupide. En réaction à cette imposture digne d’une autre époque, le peuple burkinabè, appuyé par son armée, a réaffirmé que personne n’usurpera son pouvoir. Il n’a pas chassé le maître (Blaise Compaoré) pour que l’élève (Gilbert Diendéré) puisse s’installer. Pour ne l’avoir pas compris, Gilbert Diendéré, après plusieurs tentatives déjouées, a persisté diaboliquement dans la félonie. Comme Blaise Compaoré, ses ambitions l’ont perdu. Et avec lui, les derniers soutiens politiques de Blaise Compaoré. Triste fin de parcours de celui qui a été au cœur de tous les complots au sommet de l’Etat depuis bientôt 30 ans. Pour avoir voulu sortir de l’ombre qui lui a bien réussi pendant ces 30 dernières années, il a fait tomber le mythe. Celui que les médias français surnommaient, au lendemain de sa forfaiture, « le nouvel homme fort du Burkina » n’est finalement qu’un « officier félon » prêt à sacrifier les autres au nom de ses ambitions et ses intérêts égoïstes. Gilbert Diendéré, c’est fini ! Le Régiment de sécurité présidentielle (RSP), c’est fini. L’ex-majorité (le CDP et compagnie), c’est également terminé. Le processus de restauration du système Compaoré aura finalement été un processus d’auto-liquidation.

"Nous rêvons d'un Burkina Faso où le pauvre suscite chez le riche, compassion et solidarité; où le faible bénéficie de la protection des forts; où la solidarité n'est pas seulement un slogan mais une valeur essentielle dans nos rapports avec les autres; où toute vie humaine est sacrée;...Lire la suite